Christ revenant pour régner

(Traduit de l’anglais)
Luc 19, 12 à 27
W. Kelly

[Bible Treasury N2 p. 180-181]
[Paroles d’évangile 8.4]

Les disciples, connaissant peu la pensée de Dieu, étaient impatients que Son royaume paraisse. Ils pensaient qu’il devait être manifesté immédiatement. Ils oubliaient que « auparavant il faut qu’il souffre beaucoup » et entre dans Sa gloire. Ils omettaient la réconciliation par le sang comme base de tout : de quelle autre manière Dieu pouvait-Il être glorifié ou l’homme sauvé ? Le Seigneur dit donc :

« Un homme noble s’en alla dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir. Et ayant appelé dix de ses propres esclaves, il leur donna dix mines, et leur dit : Trafiquez jusqu’à ce que je vienne. Or ses concitoyens le haïssaient ; et ils envoyèrent après lui une ambassade, disant : Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous. Et il arriva, à son retour, après qu’il eut reçu le royaume, qu’il commanda d’appeler auprès de lui ces esclaves auxquels il avait donné l’argent, afin qu’il sût combien chacun aurait gagné par son trafic. Et le premier se présenta, disant : Maître, ta mine a produit dix mines. Et il lui dit : Bien, bon esclave, parce que tu as été fidèle en ce qui est très peu de chose, aie autorité sur dix villes. Et le second vint, disant : Maître, ta mine a produit cinq mines. Et il dit aussi à celui-ci : Et toi, sois établi sur cinq villes. Et un autre vint, disant : Maître, voici ta mine, que j’ai gardée déposée dans un linge ; car je t’ai craint, parce que tu es un homme sévère : tu prends ce que tu n’as pas mis, et tu moissonnes ce que tu n’as pas semé. Il lui dit : Je te jugerai par ta propre parole, méchant esclave : tu savais que moi je suis un homme sévère, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé ; et pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque, et quand je serais venu je l’eusse retiré avec l’intérêt ? Et il dit à ceux qui étaient présents : Ôtez-lui la mine et donnez-[la] à celui qui a les dix mines. — Et ils lui dirent : Seigneur, il a dix mines. — Car je vous dis qu’à quiconque a, il sera donné ; et à celui qui n’a pas, cela même qu’il a lui sera ôté. Mais ceux-là, mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, amenez-les ici et tuez-les devant moi » (v. 12-27).

La rédemption par la mort de Christ doit avoir lieu d’abord, et le ciel doit être ouvert pour le racheté, là où Lui est exalté comme sa récompense. Il recevra le royaume, comme toutes choses, non pas de l’homme, mais de Dieu. Mais Il reviendra certainement, ayant reçu le royaume. Alors Il prendra en compte le service de ceux à qui Il avait confié des dons pour qu’ils trafiquent, étant responsables de cela envers Lui pendant Son absence. Car nous sommes envisagés ici, non à Sa réception des siens à Lui dans la maison du Père, mais à Son apparition et à Son règne. Et ils sont récompensés selon leur fidélité, l’un davantage, un autre moins. Ce ne sont pas des dons qui diffèrent selon la souveraineté divine, mais tous entrant de même dans la joie de leur Seigneur, comme en Matthieu 25 ; mais ici, chacun reçoit une mine identiquement, et est récompensé respectivement en fonction du résultat différent de son travail. Les deux évangiles présentent les deux côtés, et les deux sont vrais. Tous deux nous montrent aussi le « méchant esclave », qui n’a pas une once de fidélité. Et pourquoi ? Parce qu’il n’a aucune foi dans la grâce de son Seigneur. Au contraire, il insultait Celui qui est plein de grâce et de vérité, Le traitant « d’homme sévère », égoïste et malhonnête comme son propre cœur ; et sa fin est en accord avec cela.

Il y a alors une récompense pour le travail qui plaît au Maître, qui ne sera le débiteur de personne, mais payera sûrement tout de retour dans le jour qui vient. Chaque esclave recevra sa propre récompense selon son propre travail. Mais il y a un fondement nécessaire pour quiconque bâtit ainsi ; et aucun autre fondement ne peut être posé que celui qui l’est, lequel est Jésus Christ. Il y a, et il doit y avoir, foi en Sa grâce, pour que quelqu’un puisse Le servir en vérité. C’est ce qu’avaient les esclaves fidèles, et dans la foi en Lui, ils s’étaient dévoués à Son service. Le méchant esclave n’avait pas cette foi, et c’est pourquoi il ne servit pas. Il s’occupait uniquement de lui-même, il faisait du tort à son maître, et il fit mentir Sa grâce. Mais il ne pouvait échapper au juste jugement, et il fut condamné par ce qui sortit de sa propre bouche ; tout comme ceux qui ont cru dans la grâce du Seigneur, recevront une juste récompense pour leurs bonnes œuvres, dans le royaume de gloire.

Remarquez, mon lecteur, qu’il n’est pas question ici de païens, mais de chrétiens professants, du service qui est dû au Seigneur absent avant qu’Il n’apparaisse dans Son royaume. La foi en Lui, la foi en Sa grâce, peut seule vous convenir. Tel est le tournant décisif pour toute âme qui entend Sa parole ; c’est la source d’un service agréable, tout autant que du salut. Comment pourrait-il en être autrement ? Le Seigneur est le Fils de l’homme qui vint pour sauver ceux qui étaient perdus, quel qu’en soit le coût pour Lui. Dieu ne tolérera pas d’affront à Son Fils. Ne pas croire en Lui d’après la Parole de Dieu, c’est déshonorer et le Père et le Fils ; et comme les hommes ne reçoivent pas ainsi la vie éternelle, ils doivent venir en jugement, et par là, inévitablement, connaître la seconde mort. « Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie ». Ô incrédule, quelle félicité ne perdez-vous pas ? Quel malheur ne gagnez-vous pas ?

Alors le Seigneur parle d’une autre catégorie coupable ; non pas le méchant esclave, mais Ses concitoyens, avaient envoyé une ambassade après Lui, quand Il était monté en haut, disant : Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous. C’étaient les Juifs, qui Le haïssaient, au lieu de professer Le servir. Quand les vrais serviteurs resplendiront dans les honneurs du royaume, quelle sera leur portion, à Ses ennemis déclarés qui ne voulaient pas que Lui, leur Messie et leur Roi, règne sur eux ? Ceux qui se repentent ne tomberont pas sous Son jugement destructeur. « Amenez-les ici et tuez-les devant moi », dit-Il dans la parabole. Car quand Il viendra pour être glorifié dans Ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru, il y aura aussi la révélation du Seigneur Jésus du ciel, exerçant la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu, et contre ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus Christ. Les Juifs qui haïssent le Sauveur et les Gentils qui Le méprisent, devront souffrir la due récompense de leur incrédulité rebelle et de leurs mauvaises œuvres. Qu’en sera-t-il, qu’en est-il de vous qui lisez ces lignes ? Ne supposez pas que Dieu est indifférent, comme vous l’êtes.