L’économe prudent

(Traduit de l’anglais)
Luc 16, 1 à 13
W. Kelly

[Bible Treasury N2 p. 102-103]
[Paroles d’évangile 7.11]

Cette parabole, quoiqu’adressée par le Seigneur à Ses disciples, est une parole d’avertissement et d’instruction pour tous. Elle montre, non pas le chemin vers les demeures célestes, mais le caractère de ceux qui y accèdent.

« Il y avait un homme riche qui avait un économe ; et celui-ci fut accusé devant lui comme dissipant ses biens. Et l’ayant appelé, il lui dit : Qu’est-ce que ceci que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration ; car tu ne pourras plus administrer. Et l’économe dit en lui-même : Que ferai-je, car mon maître m’ôte l’administration ? Je ne puis pas bêcher la terre ; j’ai honte de mendier : je sais ce que je ferai, afin que, quand je serai renvoyé de mon administration, je sois reçu dans leurs maisons. Et ayant appelé chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier : Combien dois-tu à mon maître ? Et il dit : Cent baths d’huile. Et il lui dit : Prends ton écrit, et assieds-toi promptement et écris cinquante. Puis il dit à un autre : Et toi, combien dois-tu ? Et il dit : Cent cors de froment. Et il lui dit : Prends ton écrit, et écris quatre-vingts. Et le maître loua l’économe injuste parce qu’il avait agi prudemment. Car les fils de ce siècle sont plus prudents, par rapport à leur propre génération, que les fils de la lumière. Et moi, je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses injustes, afin que, quand vous viendrez à manquer, vous soyez reçus dans les tabernacles éternels. Celui qui est fidèle dans ce qui est très petit, est fidèle aussi dans ce qui est grand ; et celui qui est injuste dans ce qui est très petit, est injuste aussi dans ce qui est grand. Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera les vraies ? Et si, dans ce qui est à autrui, vous n’avez pas été fidèles, qui vous donnera ce qui est vôtre ? Nul serviteur ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre : vous ne pouvez servir Dieu et les richesses » (v. 1-13).

D’une manière générale, l’homme, et en particulier le Juif, a dilapidé les biens qui lui avaient été confiés, et a perdu sa place. Mais la grâce lui donne l’opportunité de faire tourner ces choses terrestres en un avoir éternel. C’est de la pure folie que de s’attacher au présent si bref, sans prendre en compte l’avenir éternel. Le Seigneur loue, non pas le gaspillage passé, pas plus que l’injustice égoïste, mais la prudence qui sacrifie le temps présent et ses intérêts qui passent, en vue de l’éternité invisible et de la gloire céleste.

Christ, par Ses souffrances infinies pour le péché et pour les pécheurs, a rendu cela possible. Le premier homme a introduit la ruine par le péché ; Israël a fait le mal de façon bien pire, et a obtenu une malédiction par sa transgression et son apostasie. La grâce et la vérité ne sont pas venues par la loi, mais par Jésus Christ, que Dieu a fait péché pour nous alors qu’Il portait la malédiction, afin que par la foi en Lui, le plus coupable puisse aller libre. Celui dont la grâce a ouvert le chemin en bénédiction au-delà de toute pensée, a été lésé et dépouillé sans limite. Le but de cette parabole n’est pas de montrer le moyen par lequel Il est justifié, et par lequel les méchancetés du pécheur sont ôtées, et par lequel Sa propre justice, par la foi, prend la place de la justice de l’homme, quelqu’assidûment qu’elle ait pu être recherchée, mais toujours en vain. Ainsi en est-il que nulle chair ne peut se glorifier, mais que celui qui se glorifie en vérité, doit se glorifier dans le Seigneur.

C’est Christ seul qui, étant entendu par la foi, donne un jugement divinement sain sur nous-mêmes et sur les choses autour de nous. La conscience seule est sans puissance pour faire face à la tentation et aux ruses aveuglantes de l’ennemi, séduisant toujours par ce qui se voit, et qui est en apparence bon et désirable. Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. Croire en Christ, la Parole devenue chair et mourant pour nous, la propitiation pour nos péchés, afin que nous vivions de Sa vie, quelle bénédiction pour nous ! et combien cela est digne de Dieu ! C’est la grâce, c’est la vérité. Son centre est en Christ, l’objet de la foi ; qui donne une nouvelle vue pour discerner, et la décision pour abandonner le présent entaché de péché, pour un héritage incorruptible, sans souillure, immarcescible, conservé dans les cieux pour le fidèle.

Qu’en est-il donc de vous, cher lecteur ? Votre pensée est-elle fixée sur les choses terrestres ? s’accrochant à la poussière en quête des richesses injustes, au lieu de se faire des amis par elles, afin que vous soyez reçus quand elles manqueront, dans les tabernacles éternels ?

Toutes les choses comme le judaïsme sont désormais obsolètes, de la part de Dieu. Ce n’est plus un système de récompenses ou de punitions terrestres, de sanctuaire mondain, d’aise, d’honneur ou d’avantage présents. Les choses célestes sont révélées par Celui qui fut alors rejeté sur la terre et qui est maintenant glorifié en haut. C’est seulement là que se trouvent les vraies richesses. L’appât de Satan est le mammon de l’injustice. Cela peut procurer les délices du péché pour un temps, et des résultats actuels sur la terre. Mais quelle en sera la fin ? Où doivent aller ceux qui, en méprisant Christ, ont vécu seulement pour ce qui doit périr ?

La prudence de l’économe est une leçon pour les disciples. Voyez la promptitude de son action et sa considération soigneuse des débiteurs, la générosité aussi qui donnait à droite et à gauche. Cela, et seulement cela dans l’économe peu scrupuleux, est recommandé pour que nous l’imitions. Ce que les hommes appellent nôtre appartient en réalité à un autre (v. 12). Il est facile d’être généreux avec les biens d’un autre ; et c’est ainsi que la foi les considérera. Tel est le joug de Christ ; et Son joug est aisé, Son fardeau léger. Accumuler et conserver ou utiliser pour soi, c’est de l’incrédulité et de la convoitise. La foi donne librement, se fait des amis avec ce qui n’est que mammon, et le fait tourner en un profit éternel, quand, fidèles dans ce qui est très petit, nous aurons bien plus. Les vraies richesses seront alors en effet à nous : car avec Christ, Son propre Fils, Dieu nous donnera aussi librement toutes choses. Nous ne sommes actuellement que des économes, et nous sommes exhortés par le Maître à la générosité de la grâce. Il est vain, il est impossible, de servir Dieu et mammon.