L’homme riche et Lazare

(Traduit de l’anglais)
Luc 16, 19 à 31
W. Kelly

[Bible Treasury N2 p. 117-118]
[Paroles d’évangile 7.12]

Dans la seconde moitié de ce chapitre, le Seigneur fait encore connaître la vérité qui fut mise en évidence par Son rejet. La lumière des choses éternelles et célestes est dirigée vers l’état actuel et la vie sur la terre. Le premier homme est tombé, mauvais et perdu. Si le Juif avait été, de façon prééminente, l’économe de Dieu, il avait été injuste, et son occupation lui avait été ôtée. La prospérité n’était pas une preuve de la faveur divine. Ce qui est exalté parmi les hommes, est une abomination au regard de Dieu. Depuis Jean, le royaume de Dieu est prêché : c’est pourquoi c’est une question urgente dont il faut s’occuper, et cela, de la part de « quiconque » ; car la grâce ouvre la porte à quiconque. Sa mort était imminente, laquelle donne au croyant, même de la tribu de Juda ou de Lévi, une juste délivrance de la loi ; de sorte qu’il n’y a pas d’adultère, quand on est à un autre ressuscité d’entre les morts, afin de porter du fruit pour Dieu, comme l’apôtre l’écrivait aux saints de Rome.

Combien sont solennelles et importantes les questions dans le monde invisible !

« Or il y avait un homme riche qui se vêtait de pourpre et de fin lin, et qui faisait joyeuse chère, chaque jour, splendidement. Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, couché à sa porte, tout couvert d’ulcères, et qui désirait de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; mais les chiens aussi venaient lécher ses ulcères. Et il arriva que le pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Et le riche aussi mourut, et fut enseveli. Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Et s’écriant, il dit : Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. Mais Abraham dit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux ; et maintenant lui est consolé ici, et toi tu es tourmenté. Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous ; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui veulent passer de là ne traversent pas non plus vers nous. Et il dit : Je te prie donc, père, de l’envoyer dans la maison de mon père, car j’ai cinq frères, en sorte qu’il les adjure ; de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de tourment. Mais Abraham lui dit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent. Mais il dit : Non, père Abraham ; mais si quelqu’un va des morts vers eux, ils se repentiront. Et il lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts » (v. 19-31).

Le Sauveur dépeint un homme, dans les aises et le luxe au milieu d’un monde de misère, sans la foi dans un monde de péché, décent moralement, religieux extérieurement, mais vivant pour lui-même et, en pratique, infidèle. Qui ne connaissait pas cela en Israël ? Qui n’est pas familier avec cela dans la chrétienté ? Lazare représente le contraste que forme le mendiant pieux mis de côté, n’ayant que les chiens pour avoir pitié des plaies de son corps. Le vainqueur de la mort lève le voile. Alors apparaît la vérité de l’éternité : Lazare dans le sein d’Abraham, l’homme riche qui se faisait plaisir, dans les tourments ! Qu’importait la pompe funéraire ? ou que l’homme pauvre n’eût pas même un tombeau ? Les anges ont porté l’âme pieuse dans le sein de l’ami de Dieu ; l’homme riche laissa l’apparence vaine et passagère de ce monde, et ouvrit ses yeux dans les flammes du hadès, aggravées par la vue au loin de celui qui est béni — oui, là, de celui qui, sur la terre, ne suscitait que son dégoût. Maintenant, il implore son père Abraham afin que Lazare puisse apaiser sa langue brûlante avec le contact bienfaisant de l’eau au bout de son doigt !

Ce n’est pas une image de la résurrection à venir, mais de ce qui suit immédiatement la mort, quoique exprimé par des images tirées du corps, duquel nous proviennent maintenant nos sensations. Le croyant, autrefois misérable, est consolé, l’impie est dans la détresse. Comme la parabole précédente, celle-ci ne révèle pas le moyen du salut, mais le caractère et la fin, soit du sauvé, soit du perdu. C’est par beaucoup de tribulations que nous devons entrer dans le royaume de Dieu. Si nous souffrons avec Christ, nous serons aussi glorifiés avec Lui. Essayer de régner maintenant est un danger et une illusion : si nous souffrons, nous régnerons aussi avec Lui. Même si Christ ne règne pas encore, mais est rejeté par l’homme, Il attend sur le trône du Père.

Les derniers versets (v. 27-31) mettent en évidence l’importance de la foi ; car le Juif, favorisé pendant longtemps, est maintenant le témoin permanent de la ruine due à l’incrédulité. Le témoignage de Dieu dans Sa Parole, Ancien ou Nouveau Testament, est le fondement de la foi. Même un Lazare envoyé depuis le tombeau ne serait pas en mesure de convaincre ceux qui n’écoutaient pas Moïse et les prophètes en croyant. De fait, un autre Lazare fut ressuscité par le Seigneur peu de temps après ; mais au lieu de convaincre les Juifs, il ne fit qu’exciter la nature meurtrière des principaux sacrificateurs et des pharisiens (Jean 11, 47-53). La pensée de la chair est inimitié contre Dieu, et elle s’élève, orgueilleusement et avant toutes choses, contre Sa grâce en Christ. Cependant, c’est seulement par grâce que quelqu’un est sauvé par la foi. C’est pourquoi c’est en entendant la parole de la vérité ; et c’est actuellement sous sa forme la plus riche et la plus complète, l’évangile de notre salut, comme l’appelle l’apôtre. Car Dieu est allé au-delà de toutes les pensées et de tous les désirs de l’homme, en ressuscitant Jésus notre Seigneur d’entre les morts, Lui qui, ayant été livré pour nos fautes, a été ressuscité pour notre justification.

C’est la mort et la résurrection de Christ qui seules peuvent sauver. C’est pourquoi c’est la justice de Dieu, non celle de l’homme, afin qu’Il soit juste et Celui qui justifie celui qui croit en Jésus.

Il n’y a pas d’autre chemin, pas d’autre salut. L’évangile est prêché aux pauvres ; mais ce n’aurait pas été l’évangile de Dieu, s’il n’avait pas été aussi ouvert et valable pour les riches. Car la vérité de Christ est puissante pour que le pauvre se glorifie dans son élévation, et le riche dans son humiliation. À Lui soit la louange et la gloire, maintenant et à jamais. Amen.

Assurément, pour vous, mes lecteurs, il n’y a pas de grand gouffre établi entre Dieu et vous. Christ parle encore des cieux comme un Sauveur pour que vous croyiez ; et comme la foi vient de ce qu’on entend, ainsi ce qu’on entend vient de la parole de Dieu. Votre conscience coupable peut bien craindre un gouffre infranchissable ; mais il y a un chemin parfait, un pont établi entre Dieu et vous ; et Christ est ce chemin. Oh ! prenez-le maintenant, ce chemin vers le Père qui est dans le Fils ; car le Saint Esprit daigne et aime à vous proclamer la bonne nouvelle.