Le Berger des brebis

(Traduit de l’anglais)
Jean 10, 1 à 6
W. Kelly

[Bible Treasury N2 p. 198-199]
[Paroles d’évangile 8.5]

Les similitudes du quatrième évangile diffèrent des paraboles des trois autres, et ont un nom différent. Elles sont des adages à propos ou des allégories proverbiales, et comme tous les actes et paroles de l’évangile de Jean, elles manifestent le Seigneur personnellement, la grâce et la vérité qui vinrent par Lui. Voici la première de l’ensemble.

« En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie des brebis, mais qui y monte par ailleurs, celui-là est un voleur et un larron. Mais celui qui entre par la porte, est le berger des brebis. À celui-ci le portier ouvre ; et les brebis écoutent sa voix ; et il appelle ses propres brebis par leur nom, et les mène dehors. Et quand il a mis dehors toutes ses propres brebis, il va devant elles ; et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix ; mais elles ne suivront point un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. Jésus leur dit cette similitude [ou, allégorie] ; mais ils ne comprirent pas ce que c’était qu’il leur disait » (v. 1-6).

Avec la formule solennelle qui revient si souvent dans cet évangile, le Seigneur introduit Sa description, non pas du berger des brebis, mais d’un voleur et d’un larron. Il n’entre pas dans la bergerie des brebis par la porte, mais y grimpe par ailleurs. Dieu distinguait la porte par des marques claires, afin que les brebis puissent discerner le Berger, qui venait de Lui et était envoyé par Lui. Car elles Lui étaient aussi précieuses que le Fils. Et le Fils était plein de zèle pour la maison du Père et entrerait par le chemin désigné, et par aucun autre. Lui, le Dieu puissant, daignait être le Messie, le Berger d’Israël, et ainsi devenir la semence d’Abraham, le fils de David, et être né de la vierge. Par le moyen de Michée (Mich. 5, 2), l’Éternel avait désigné Bethléhem comme le lieu de Sa naissance. De là devait sortir pour Lui Celui qui devait dominer en Israël, duquel les origines ont été d’ancienneté, dès les jours d’éternité. La période n’était pas non plus laissée dans le vague. Par le moyen de Daniel, Il l’avait déterminée en semaines (d’années) qui devaient s’écouler, depuis le commandement de rétablir et rebâtir Jérusalem (émis par Artaxerxès Longimanus), après quoi le Messie serait (non pas né ni manifesté ni régnant, mais) « retranché et n’aurait rien ». C’est ce qu’Il ne manque pas d’annoncer non plus dans ce chapitre, comme aussi en Jean 3, 14.

D’autres ont recherché ce qui leur appartenait par l’habileté ou par la violence. Lui vint en amour indéniablement divin, dans une obéissance qui ne laissait rien à désirer, faisant toujours les choses qui plaisaient au Père, dans un monde mauvais. La prophétie Le désignait de façon toute aussi claire que la grâce et la vérité qui vinrent par Lui, ou que les signes d’une puissance bienfaisante qui parsemait le chemin lumineux qui ne pouvait être caché. Il est entré par la porte, et « à celui-ci le portier ouvre ». L’Esprit de Dieu daigna opérer en cela comme dans toutes les autres choses, pour glorifier le Seigneur. Nous le percevons en particulier par le témoignage de Siméon et d’Anne, une prophétesse dans ces premiers jours, mais par-dessus tout par Jean le baptiseur, le héraut du Messie divinement préparé, quand le temps fut proche pour Son ministère public.

Il lui revenait, à lui qui n’était qu’« une voix de celui qui crie dans le désert », de dire : « Préparez le chemin de l’Éternel, aplanissez dans le désert une route pour notre Dieu ». Ce n’était pas en vain, pour ceux à qui il avait été donné de voir selon Dieu. Car « les brebis écoutent sa voix » ; et comme Il le disait en Jean 5, 25, « ceux qui l’auront entendue vivront ». Il y avait la foi, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu ; et avec la foi, la vie. Car la vie était en Lui de toute éternité. Elle appartenait à Sa personne éternelle, comme la Parole et le Fils (Jean 1, 3 ; 1 Jean 5, 11) ; et quand Il prit la place de l’homme, comme Celui qui était envoyé, le Père Lui donna d’avoir la vie en Lui-même, mais pas seulement pour Lui-même, mais afin que quiconque croirait en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle, et cela, en entendant Sa voix (v. 24, 25). Ce n’est peut-être pas encore la vie en résurrection, mais c’était la vie éternelle ; car elle était dans le Fils, et le Fils n’en a pas d’autre pour le croyant. « En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit en moi a la vie éternelle » (Jean 6, 47). Il n’y a pas d’exception. Un brigand tout juste converti, et un apôtre sans précédent, ont exactement la même vie. Christ vivait dans les deux ; et Il est le Dieu véritable et la vie éternelle.

Mais quels tendres soins se trouvent chez le Berger ! « Il appelle ses propres brebis par leur nom ». Son amour est tout à fait personnel. Son intérêt se trouve en chacun personnellement, et Il le fera savoir à tous. Qu’est-ce qui peut le montrer davantage que d’appeler Ses propres brebis par leur nom ? Ainsi, l’apôtre écrivait à ceux qui croyaient comme lui-même : Il m’a aimé et s’est livré Lui-même pour moi.

Un changement de grande importance est ensuite annoncé, surtout pour les Juifs. Il « les mène dehors ». Dieu avait donné à Son peuple d’autrefois bien des avantages à tous égards. Mais ils n’avaient pas reçu Son Fils, le Berger d’Israël, L’avaient haï au plus haut point, et étaient sur le point de crier : Crucifie, crucifie-Le ! Et Lui, connaissant la fin depuis le commencement, conduisit Ses brebis hors de la bergerie, qui était toujours plus une caverne de voleurs et de brigands, et déjà le siège de Ses ennemis. Cela pouvait être produit par la violence des autres, comme quand l’aveugle qui voyait désormais fut chassé par les Juifs qui l’injuriaient. Mais comme effet, Il les mène dehors, comme ce sera le cas pour tous les siens au temps convenable.

Mais il y a plus ; et c’est d’une importance merveilleuse. « Quand il a mis dehors toutes ses propres brebis, il va devant elles ; et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix ». Plus loin dans le chapitre, Il explique comment cela devait avoir lieu. Il se donnerait Lui-même pour elles. Ce ne serait rien de moins que Sa mort et Sa résurrection : tel était Son amour, et tel était leur besoin. C’est seulement ainsi qu’elles pourraient être mises en sécurité, ou rendues propres pour la nouvelle position de bénédiction. Car même Caïphe, peu après, prophétisa que Jésus devait mourir pour cette nation, et non seulement pour la nation, mais afin de rassembler en un les enfants de Dieu dispersés (Jean 11, 51-52) — une vue bien plus large que ce que présente le verset 4, et qui nécessite le verset 16 pour la compléter. Et quelle sauvegarde fournit la grâce aux brebis, dans leurs difficultés et leurs dangers ! « Elles connaissent sa voix ». Cela leur permet de « le suivre », comme cela les préserve de ceux qui les égarent.

« Mais elles ne suivront point un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers ». Le Seigneur établit ainsi la vérité pour les siens. Il ne mentionne pas ici l’errance possible d’une brebis, mais présente le seul chemin de la vie. D’autres peuvent s’occuper des erreurs et du mal, une recherche qui n’est pas sans danger de souillure. La sagesse d’un chrétien est d’être satisfait de Sa voix, qui lui a donné la vie au commencement, et de se réjouir toujours plus en Christ jusqu’à la fin, s’enfuyant loin des étrangers et ne connaissant pas leur voix.

C’était une allégorie profonde, et donnée en vue de ce qui n’était pas encore accompli. Nous ne devons donc pas nous étonner que pour le moment, les paroles du Seigneur ne fussent pas comprises.