Ces paroles du Seigneur sont très directes. Quelle bénédiction de les recevoir par la foi ! Quelle culpabilité et quelle ruine de les mépriser, ainsi que Lui !
« Moi, je suis le bon berger : le bon berger met sa vie pour les brebis ; mais l’homme qui reçoit des gages, et qui n’est pas le berger, à qui les brebis n’appartiennent pas en propre, voit venir le loup, et laisse les brebis, et s’enfuit ; et le loup les ravit, et il disperse les brebis. Or l’homme à gages s’enfuit, parce qu’il est un homme à gages et qu’il ne se met pas en souci des brebis. Moi, je suis le bon berger, et je connais les miens et je suis connu des miens, comme le Père me connaît et moi je connais le Père ; et je mets ma vie pour les brebis. Et j’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène, elles aussi ; et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne. Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre : j’ai reçu ce commandement de mon Père » (v. 11-18).
En Ésaïe 40, 11, il est dit de l’Éternel Dieu : « Comme un berger il paîtra son troupeau ; par son bras il rassemblera les agneaux et les portera dans son sein ; il conduira doucement celles qui allaitent ». Ici, Lui-même va bien plus loin. Il se montre Lui-même comme le bon Berger en laissant Sa vie pour les brebis : aucun autre ne pouvait le faire, et si l’on pouvait en concevoir un autre, il ne servirait à rien ni pour Dieu, ni pour l’homme.
Il fut rejeté, recevant de la haine pour Son amour ; mais rien ne Le détourna de Son propos de grâce. Il était le bon Berger ; et comme tel, Il met Sa vie pour les brebis. Un tel amour témoigne qu’il est divin ; il caractérisait Sa personne et la nature de Dieu, mais dans l’homme, le seul qui le permettait. Sans aucun doute, ce n’est qu’ainsi qu’elles pouvaient être, et qu’elles étaient, réconciliées avec Dieu ; mais ici, le fait qu’Il donne Sa vie est la preuve et l’apogée de l’amour dévoué qui était en Lui, qui agissait librement et ne fut jamais plus consciemment divin que dans Sa mort expiatoire.
Quel contraste avec celui qui n’est qu’un homme à gages, et non un berger ; à qui les brebis n’appartiennent pas ! En voyant venir le loup, il laisse les brebis et s’enfuit, tandis que le loup les ravit et les disperse. Et il en est ainsi parce qu’il est un homme à gages et ne se met pas en souci des brebis.
Mais ici, Jésus seul est le bon Berger. Il y en a eu d’autres qui ont aimé les brebis, selon leur mesure, et les ont ainsi nourries et s’en sont occupés. Mais là où Il est ainsi introduit, il n’est plus fait mention d’eux, mais ils doivent disparaître. Ils n’avaient pas le droit d’appeler leurs les brebis, qui sont en réalité « le troupeau de Dieu ». Les brebis appartenaient à Christ. Même si le loup devait en ravir une, il ne pouvait pas les ravir (c’est le même mot) de la main de Christ. Tuer le loup aurait été incomparablement plus facile que de laisser sa vie pour elles ; mais c’est ce qu’Il fit, Lui qui n’avait pas de péché, mais de l’amour, pas de crainte ni de but égoïste, qui faisait toujours les choses qui plaisaient à Son Père. Et comme le bon Berger, Il pouvait dire : « Je connais les miens et je suis connu des miens, comme le Père me connaît et moi je connais le Père ; et je mets ma vie pour les brebis ». C’est la preuve la plus complète de Son dévouement pour elles en amour. La connaissance qu’Il avait d’elles, et elles de Lui, Il la comparait à la connaissance qu’a le Père de Lui et Lui du Père. Que peut-on concevoir de plus satisfaisant et de plus parfait ?
L’amour que l’Ancien Testament révèle dans le Messie pour Son troupeau, est plein de grâce et puissant, « le troupeau de sa gloire », comme il le sera certainement. Mais qu’est-ce même que cela, vis-à-vis d’une connaissance aimante et réciproque entre le Berger et les brebis, si intime qu’elle ne peut être comparée qu’à la connaissance qu’ont le Père et le Fils l’un de l’autre ! Dans ce dernier cas, l’excellence absolue et intrinsèque dépasse toute pensée ou question ; dans l’autre, oh ! combien de fautes nombreuses de notre côté ! Mais l’amour en Lui ne faillit jamais ; et nous avons le droit de compter sur lui, dans la connaissance que nous avons de Lui, comme Lui de nous. C’est la grâce divine, supérieure à tout ce que l’on peut trouver, et éternelle.
Telle est la profondeur de l’amour du bon Berger ; mais Il laisse entrevoir une largeur bien au-delà des pensées de Ses disciples. « Et j’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène [ou, conduise], elles aussi ; et elles écouteront ma voix, et il y aura [ou, deviendra] un seul troupeau, un seul berger ».
Il indique ici l’appel des Gentils par l’évangile. Si la plupart des Juifs ont fait la sourde oreille, beaucoup de Gentils ont entendu et entendent encore. Car il n’y a pas de critère plus vrai que celui-ci. Comme Il daigne les amener aussi, « elles écouteront ma voix ».
Ô mon lecteur, qu’en est-il de vous ? Sa voix n’est pas celle de celui qui crie dans le désert, comme Son héraut. Lui, quand Il était ici-bas, ne fréquentait pas seulement le désert, mais les coteaux et les rivages et les villages et les villes et les cités. Il prêchait l’évangile aux pauvres avec insistance ; et quand Son œuvre ici-bas fut achevée, Il chargea Ses serviteurs de prêcher l’évangile à toutes les nations, à toute la création. Jérusalem avait-elle été la plus coupable ? À tous, disait-Il, « en commençant par Jérusalem ».
Cette bonne nouvelle n’est-elle pas pour vous, qui que vous soyez, quoi que vous ayez pu être ? La rédemption ne dépend que du Rédempteur, non de ceux qui sont rachetés, sauf qu’ils doivent « écouter Sa voix ». Oh ! repentez-vous donc et croyez à l’évangile. Vous ne pourrez jamais L’adorer ou Le servir en vérité, jusqu’à ce que vous L’ayez reçu, en croyant en Son nom. Toute autre ressource est vaine ; non, se confier en quelque ordonnance que ce soit, afin d’être réconcilié avec Dieu, déshonore et le Père et le Fils. Quand vous L’avez comme votre vie, tout y trouve sa place.
Le Seigneur parle ici d’un grand privilège supplémentaire. « Ils (Juifs et Gentils) seront un seul troupeau, un seul berger ». C’était une chose tout à fait nouvelle, de la part de Dieu : « un seul troupeau » (non plus une « bergerie », comme auparavant), « un seul Berger ». Oh, quel triste changement que celui qu’a effectué l’homme ! et combien est coupable l’excuse qui voile cela comme étant un troupeau constitué de nombreuses bergeries ! Pourquoi les chrétiens lèsent-ils ainsi le Seigneur, dissimulant ou corrompant la Parole, et abandonnant leur propre fidélité et leur bénédiction plus complète ? Il n’en devrait pas être ainsi. Établir une bergerie maintenant, ne vaut pas mieux que judaïser. Il n’y a, selon la volonté et la vérité du Seigneur, qu’un seul troupeau, comme il n’y a qu’un seul Berger, dans le sens suprême. Et tout chrétien est tenu de Le reconnaître, sans aucun rival. En Lui habite toute la plénitude.
Mais écoutons aussi Ses merveilleuses paroles. « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne ». Christ omet ici « pour les brebis » et présente Sa mort comme fournissant en elle-même un motif pour l’amour du Père. Nul autre que Lui ne le pouvait ; nul autre que Sa personne divine. Comme tel, Il déclare : « personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir [ou, le droit] de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre ». Nul autre que Celui qui est à la fois Dieu et homme en une personne, ne pouvait parler ainsi ; et, en parlant ainsi comme Dieu, Il ne manque pas de rappeler la place qu’Il avait prise, comme envoyé et serviteur. « J’ai reçu ce commandement de mon Père ».