Le lavage des pieds

(Traduit de l’anglais)
Jean 13, 1 à 15
W. Kelly

[Bible Treasury N2 p. 244-246]
[Paroles d’évangile 8.8]

Le Seigneur allait monter en haut. C’est de cela qu’Il traite désormais, jusqu’aux dernières scènes sur la terre. C’était une immense surprise pour les disciples, qui s’attendaient à ce qu’Il restaure le royaume pour Israël en ce temps-ci. Son départ pour le Père allait débuter ce nouvel ordre de choses que nous connaissons sous le nom de christianisme.

« Or, avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. Et pendant qu’ils étaient à souper, le diable ayant déjà mis dans le cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, de le livrer, — Jésus, sachant que le Père lui avait mis toutes choses entre les mains, et qu’il était venu de Dieu, et s’en allait à Dieu, se lève du souper et met de côté ses vêtements ; et ayant pris un linge, il s’en ceignit. Puis il verse de l’eau dans le bassin, et se met à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vient donc à Simon Pierre ; et celui-ci lui dit : Seigneur, me laves-tu, toi, les pieds ? Jésus répondit et lui dit : Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite. Pierre lui dit : Tu ne me laveras jamais les pieds. Jésus lui répondit : Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi. Simon Pierre lui dit : Seigneur, non pas mes pieds seulement, mais aussi mes mains et ma tête. Jésus lui dit : Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net ; et vous, vous êtes nets, mais non pas tous. Car il savait qui le livrerait ; c’est pourquoi il dit : Vous n’êtes pas tous nets. Quand donc il eut lavé leurs pieds et qu’il eut repris ses vêtements, s’étant remis à table, il leur dit : Savez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis ; si donc moi, le seigneur et le maître, j’ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez » (v. 1-15).

C’était un nouveau et profond témoignage de Son amour — un amour extrême : non pas dans Son œuvre à la croix, en souffrant une fois pour leurs péchés, mais dans Ses dispositions pour Ses bien-aimés contre toute souillure dans le chemin. Dans cet acte de laver les pieds des disciples, nous trouvons, de façon mystique, Son office d’avocat auprès du Père, si quelqu’un a péché. Le diable était-il alors en train de pousser le traître ? Notre Seigneur Jésus montre ce que Son amour ferait dans le ciel pour les siens en chute. Il accomplirait complètement ce que signifiait se baisser pour laver leurs pieds. La gloire qui Lui était conférée, l’infinie pureté qui retournait à Dieu immaculée comme quand Il était sorti d’auprès de Lui, ne faisaient qu’attester de Sa grâce et de son adéquation à leur besoin et à ce qui était dû à la majesté divine. C’était une question de restauration de la communion interrompue par la souillure ; et le Seigneur y répond par un moyen aussi infaillible pour le saint, que l’est Sa mort expiatoire pour le pécheur. « C’est lui qui est venu par l’eau et par le sang, Jésus le Christ ».

Ici, il ne s’agit pas de sang, mais d’eau. Tout comme Son sang seul pouvait nous purifier de tout péché devant Dieu, de même avons-nous besoin de ce que l’eau typifie. Selon Sa miséricorde, Dieu nous a sauvés par le lavage de la régénération et le renouvellement de l’Esprit Saint. Ainsi, nous sommes baignés ou lavés entièrement, une nouvelle création en Christ. Mais cela ne dispense pas du besoin de se laver les pieds, souillés par la marche à travers ce monde bourbeux. Christ seul peut effectuer l’un et l’autre ; et Il les opère tous deux par le Saint Esprit et la Parole. Il est l’Avocat auprès du Père.

Les saints sont enclins à mal comprendre cela, comme nous le voyons en Pierre ; et le Seigneur corrigea ses pensées précipitées. Combien Pierre avait à apprendre ! Combien avez-vous aussi à le faire ! L’œuvre de grâce du Seigneur dans le ciel est aussi indispensable que Son œuvre accomplie une fois pour toutes sur la croix. Non pas que la régénération soit répétée. « Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ». Pierre, qui comprenait encore bien peu, apprit bientôt ce que c’était que de souiller ses pieds, et ce que c’est que les laver, pour le Sauveur. Car en effet, Il pria que la foi de Pierre ne défaille pas, quoique sa fidélité ait grandement failli. Mais Sa grâce le restaura, et fit de lui ensuite quelqu’un qui fortifierait ses frères comme jamais auparavant. Quand Pierre atteignit le point le plus bas du bourbier, « le Seigneur, se tournant, regarda Pierre ; et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur ». Quel témoignage de ce service que le Seigneur opère maintenant en haut pour les siens qui tombent sur la terre ! C’est le lavage d’eau par la parole, qui s’applique pour notre régénération au départ, et pour notre restauration chaque fois que nécessaire. S’il n’en était pas ainsi, personne ne pourrait avoir de part avec Christ ; mais c’est ce qu’Il assure par Son amour constant, en lavant nos pieds quand ils sont souillés.

Ô mon lecteur, avez-vous donc été lavé entièrement ? Êtes-vous régénéré et renouvelé par l’Esprit ? Si ce n’est pas le cas, il n’y a qu’une seule porte, qu’un seul chemin. Jésus seul peut vous le procurer. Croyez la Parole de Dieu à Son sujet. C’est la foi, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu. Toutes choses, dit-Il, sont possibles à celui qui croit. Ceux qui sont tels sont lavés, sanctifiés, justifiés au nom du Seigneur Jésus et par l’Esprit de notre Dieu. Sinon, vous êtes encore dans vos péchés. Si vous ne faites que professer le nom du Seigneur, mais ne croyez pas dans votre cœur, votre cas est d’autant plus terrible.

Ne demeurez pas plus longtemps sous la colère de Dieu, comme c’est le cas si vous ne vous soumettez pas, mais désobéissez à Son Fils. Il veut et Il peut le faire. Ne vous détournez pas de Sa grâce. Il ne refuse personne, mais accepte quiconque vient à Lui, et Il le ressuscitera au dernier jour. Du début à la fin, le Seigneur Jésus s’engage en faveur du croyant. Ses brebis, comme Il le déclare, ne périront pas, et personne ne les ravira de Sa main.

Combien il est merveilleux que nous qui croyons soyons appelés à une grâce semblable les uns vis-à-vis des autres ! Christ voudrait que nous nous lavions les pieds les uns aux autres. Est-ce notre chemin, ou notre désir, devant notre Dieu et Père ? C’est en vain, si nous ne sommes pas spirituels. Seul celui qui l’est peut restaurer un frère en chute dans un esprit de douceur. Que nous recherchions donc cette grâce de la part de notre Dieu.