Les esclaves inutiles

(Traduit de l’anglais)
Luc 17, 7 à 10
W. Kelly

[Bible Treasury N2 p. 133-134]
[Paroles d’évangile 8.1]

On a besoin d’être sauvé par Christ avant de pouvoir Le servir. Le salut est par la grâce et par la foi. Ce fut Christ seul qui porta le fardeau. Nous y avons contribué par nos péchés, et par rien d’autre ; mais, réveillés par la Parole et par l’Esprit de Dieu, nous nous sommes repentis et avons cru à l’évangile. Qu’en est-il de vous, cher lecteur ? Prenez garde de ne pas continuer dans une incertitude ténébreuse. La vraie lumière luit déjà, depuis que le Fils de Dieu est venu. Ne Lui tournez pas le dos, de peur que votre véritable caractère et celui de vos œuvres ne soient manifestés tels qu’ils sont. Soyez honnête envers Dieu. Reconnaissez que vous êtes un pécheur, et que vos œuvres sont mauvaises. Recevez Jésus comme le seul Sauveur divin, expressément envoyé par et de Dieu, pour sauver ceux qui étaient perdus. Nous étions en effet les esclaves du péché ; mais libérés du péché par le Sauveur, nous livrons désormais nos membres comme esclaves à la justice pour la sainteté, chacun étant l’affranchi du Seigneur, désormais l’esclave de Christ.

Nous sommes dans un monde de pièges, d’embûches et de maux. Christ est non seulement le Sauveur, mais Il est le seul chemin sûr. C’est pourquoi une conscience exercée, et un esprit de compassion, conviennent à ceux qui confessent Christ et sont sauvés par grâce. Le jugement de soi, une marche soigneuse, et la disposition à pardonner, en sont le fruit. Comme nous ne devrions pas nous lasser de faire le bien, de même nous ne devrions pas nous lasser de pardonner. Les pierres d’achoppement abondent et font des ravages ; malheur à celui par qui elles arrivent ! Une mort terrible valait mieux que d’en être une au plus petit disciple. L’exhortation de notre Seigneur est : « Prenez garde à vous-mêmes ». Que la fidélité envers Dieu reprenne le péché ; que la grâce le pardonne à celui qui se repent, serait-ce sept fois le jour. Ne la connaissons-nous pas sans limite en Christ ? C’est le royaume et la patience, actuellement. Bientôt, ce sera la puissance et la gloire, quand Il régnera.

Il n’est pas étonnant que les apôtres disent : « Seigneur, augmente-nous la foi ». Toutes choses sont possibles à celui qui croit. Si leur foi était aussi petite qu’un grain de moutarde, Il la ferait compter sur la puissance de Dieu qui répond aux demandes qui sont faites pour Sa gloire, qui déracinerait un arbre, par exemple ce mûrier, et le planterait dans la mer en obéissance. L’homme peut être faible en lui-même ; toutefois, c’est le propos de Dieu dans et par l’homme, de se glorifier Lui-même. Le Seigneur Jésus n’en est-Il pas la sûre promesse et la preuve manifeste ?

Achetés à prix (et à quel prix !), nous sommes ici-bas pour obéir en toute humilité et douceur. Dieu aime à opérer en nous, et le vouloir et le faire, pour Son bon plaisir. Tandis que la foi est encouragée à l’extrême, la satisfaction de soi est condamnée absolument et exclue. Un esprit brisé est la préparation qui convient à l’énergie de la foi. Le chrétien ici-bas est simplement un témoin de Celui qui n’est pas ici, son Seigneur et le Seigneur de tout. Nous ne sommes pas collaborateurs avec Dieu, mais sous Lui. Nous sommes Ses compagnons de travail, mais dans une entière soumission à Lui, et en aucun cas sur un même niveau que Lui. La traduction de 1 Corinthiens 3, 9 et 2 Corinthiens 6, 1 dans les versions autorisée et révisée, est équivoque et dangereuse ; si elle est interprétée, comme cela a souvent été le cas, pour mettre sur un même plan Dieu et Ses serviteurs, c’est mauvais et présomptueux. Ce passage nie cela, et la nouvelle nature ne l’apprécie assurément pas. La parabole qui suit réduit en poussière une telle revendication.

« Mais qui est celui d’entre vous, qui, ayant un esclave labourant ou paissant le bétail, quand il revient des champs, dise : Avance-toi de suite et mets-toi à table ? Ne lui dira-t-il pas au contraire : Apprête-moi à souper et ceins-toi, et me sers jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; et après cela, tu mangeras et tu boiras, toi ? Est-il obligé à l’esclave de ce qu’il a fait ce qui avait été commandé ? Je ne le pense pas. Ainsi, vous aussi, quand vous aurez fait toutes les choses qui vous ont été commandées, dites : Nous sommes des esclaves inutiles ; ce que nous étions obligés de faire, nous l’avons fait » (v. 7-10).

C’est une perversion honteuse du service pour Christ, d’en faire le terrain d’acceptation devant Dieu, ou une mesure de son aisance ou de son rang parmi les hommes. Introduisez le Maître, et voyez ! tout prétexte semblable est manifesté comme mauvais et disparaît. Christ Lui-même ne s’est pas plu à Lui-même, mais selon ce qui était écrit : Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi. Et le grand apôtre des Gentils aimait à se présenter lui-même comme « esclave de Jésus Christ ». Quel renversement des sentiments humains et de l’orgueil du monde, pour lui, le citoyen libre de Rome, que de se présenter ainsi lui-même à tous les bien-aimés de Dieu qui étaient à Rome, saints par appel ! Ainsi en fut-il en effet au plus haut degré du Seigneur de tout, lequel, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de [la] croix.

Ici, le Seigneur prend la position de serviteur, qui disparaît si facilement de nos cœurs légers. Il a montré ce que la foi, même la plus petite, pouvait faire par la puissance de Dieu. Ici, Il veut nous rappeler que nous sommes Ses esclaves. C’est un grand honneur pour nous, mais c’est une grande réalité. C’est la communion avec Lui dans ce que Son amour L’a conduit à devenir.

Il fut un temps où nous étions ennemis de Dieu. La mort et le jugement étaient alors notre part assurée et réservée. Lui s’est interposé et, par Son sacrifice, a tout changé, pour ceux qui croient. Son amour qui a fait de Lui un esclave, nous contraint au même service d’amour. Quels que soient nos privilèges, c’est là notre place : des serviteurs non seulement de Lui, mais pour l’amour de Lui. La grâce n’a-t-elle pas fait de nous des débiteurs envers tous, les saints et les pécheurs, les concitoyens et les étrangers, les sages et ceux sans intelligence ? Mais avant toutes choses et de façon inaliénable et permanente, nous sommes les esclaves de Christ. À cet égard, n’oublions pas que celui qui aime sa vie la perdra, et que celui qui hait sa vie dans ce monde-ci, la conservera pour la vie éternelle. Rappelons-nous que la règle pour quiconque veut servir Christ, c’est de Le suivre, et le résultat en sera que là où Il est, là aussi sera Son serviteur, et il sera honoré de Son Père.

Assurément, le Seigneur ne nous doit aucun remerciement. C’est notre privilège, tout comme notre devoir, de Le servir en toutes choses, grandes ou petites, jour et nuit, malade ou bien portant. Nous sommes à Lui, entièrement et pour toujours. Un maître est-il « obligé à l’esclave de ce qu’il a fait ce qui avait été commandé ? Ainsi, vous aussi, quand vous aurez fait toutes les choses qui vous ont été commandées, dites : Nous sommes des esclaves inutiles ; ce que nous étions obligés de faire, nous l’avons fait ». Jamais homme ne parla comme cet homme, notre Maître. D’autres, sans exception, ont pensé qu’il était suffisant de nous déclarer comme inutiles, quand nous avons manqué à faire notre devoir ; Lui nous enseigne à le dire, quand nous avons fait toutes les choses qui nous étaient commandées.

Combien Sa parole détruit entièrement le vain rêve incrédule des œuvres de surérogation[1] ! Il n’y a pas un saint qui soit autre chose que Son esclave ; pas une seule bonne œuvre qui soit faite par l’un d’eux, qu’il n’ait été de son devoir de faire. Ils étaient l’ouvrage de Dieu, créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin qu’ils marchent en elles. Quel défaut ont-ils trouvé dans ce que les autres considéraient comme le meilleur ! Quels qu’ils aient été, ils n’ont fait que ce qu’ils Lui devaient.