« Des eaux où il fallait nager » (lire Ézéchiel 47, 1 à 12)

B. Rossel

[Feuille aux jeunes n° 130]

Au bord du fleuve Kebar, parmi les captifs d’Israël qui pleuraient en pensant à Sion, qui ne pouvaient plus chanter ni jouer de la harpe sur un sol étranger (Ps. 137), Ézéchiel suit en vision le cours d’un fleuve merveilleux, au milieu d’une végétation luxuriante recouvrant la terre promise, bénie par l’Éternel.

Si seulement jeunes gens et jeunes filles chrétiens, animés par la foi que Dieu donne, pouvaient parcourir le même itinéraire que notre prophète ! Il convient tout d’abord de détourner les yeux des plaines de Babylone, où règne la désolation, pour les fixer sur la scène glorieuse que la révélation divine fait apparaître.

Efforçons-nous de dégager la valeur actuelle et pratique de ce chapitre, valeur bien propre à nous faire réfléchir.

Les eaux sortent de dessous le seuil de la maison, le temple millénaire, rempli de la gloire de l’Éternel. Il est répété au verset 12 : « Ses eaux sortent du sanctuaire ».

N’est-ce pas dans l’assemblée, là où Jésus est présent, que nous goûtons des bénédictions spirituelles qu’il nous appartient d’approfondir par l’étude de la Parole, avec l’assistance du Saint Esprit ? Remarquons comment un dialogue s’établit et se développe entre Ézéchiel et cet homme qui tient un cordeau dans sa main. Tous deux se dirigent vers l’orient, d’où viennent les bénédictions d’en haut. Sommes-nous suffisamment remplis de l’Esprit pour marcher résolument dans cette direction ? Pour nous assimiler les pensées de Dieu ? Tant de choses agréables nous sollicitent et nous prennent du temps, amitiés, lectures, excursions, peut-être même vie de famille, que nous manquons de vigilance pour sonder les Écritures. Souvent notre ignorance de la Parole est coupable, découlant d’une absence d’énergie.

Ne désirons-nous pas, comme notre prophète, continuer à marcher en compagnie de cet homme, qui nous fait des communications remarquables ? En effet, la rivière s’enfle ; les chevilles, les reins, puis tout le corps sont plongés dans l’eau. Expérience bénie d’un enfant de Dieu qui ouvre les yeux et voit les merveilles qui sont dans la loi (Ps. 119). « Les eaux avaient crû, des eaux où il fallait nager, une rivière qu’on ne pouvait traverser » (v. 5). Jamais nous ne saisirons l’immensité de la révélation de Dieu, mais sommes-nous conscients de cette immensité ? N’arrive-t-il pas souvent que nous ouvrons notre Bible et que nous ne parvenons pas à découvrir ses richesses ? N’oublions pas que nous avons besoin du Consolateur, qui Lui, nous conduit dans toute la vérité (lire Jean 14, 26 et 16, 13).

Considérons maintenant les effets bénis dus aux eaux qui se sont répandues. Nous pouvons faire une nouvelle application pratique des versets 6 à 12 en les rapprochant des versets 1 à 3 du psaume 1. Sommes-nous semblables à ces arbres dressés au bord de la rivière, dont la feuille ne se flétrit pas et dont le fruit ne cesse pas ? En d’autres termes, puisons-nous dans la Parole ce dont nous avons besoin pour rendre un témoignage vivant et pour accomplir les œuvres de foi ? L’arbre porte des feuilles et des fruits. Ne nous contentons pas de parler des choses de Dieu, mais agissons pour Lui. Rien n’est plus attristant que l’absence de fruit dans la vie d’un croyant. Discernons-nous « les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles ? » (Éph. 2, 10). Un pardon total accordé pour une offense reçue, un don joyeux, une visite à un isolé, un service rendu au moment opportun, et nous pourrons allonger la liste, constituent ces bonnes œuvres dans lesquelles nous négligeons si souvent de marcher.

L’attitude d’Ézéchiel comporte un enseignement pour nous. Nous l’avons dit, c’est sur une terre étrangère, parmi ses concitoyens dont l’âme était pleine d’amertume, qu’il se plaît à décrire cette vision. Si les difficultés de la vie nous assaillent, songeons-nous à la réalisation de notre espérance ? Un serviteur de Dieu, quittant un groupe de chrétiens qu’il avait visités, leur demanda de chanter un cantique, dont voici les premières paroles : « Repos des saints en haut, en toi, Jérusalem céleste ! ». La tristesse de la séparation l’incitait à contempler par la foi tous les bien-aimés du Seigneur dans la gloire. Étienne, tout près d’être frappé par les pierres, n’a-t-il pas vu « la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu » (Act. 7, 55) ?

Pour terminer, nous dirons quelques mots de la portée prophétique de notre passage. Dans le règne de mille ans, la bénédiction s’étendra sur la terre d’Israël à partir du temple nouveau, établi en Sion. Le miracle, dont nous parlent les versets 1 à 5, consiste dans le fait qu’une eau abondante s’échappe du sommet d’une colline. Les effets du miracle apparaissent dans les versets 6 à 12. La région désolée de la plaine, c’est-à-dire l’embouchure du Jourdain, est fertilisée. Le Jourdain lui-même, fréquent symbole de la mort, dans l’Écriture, mêle ses eaux à celles du fleuve nouveau, et la double rivière fait tout prospérer sur son passage. Les flots salés de la mer Morte, qui ont englouti les villes coupables de Sodome et Gomorrhe, sont rendus sains, mais ses marais et ses étangs demeurent privés de vie. La bénédiction millénaire, si abondante qu’elle soit, n’est pas totale, alors que la part céleste des rachetés sera sans ombre, éternelle.