Écoute… Souviens-toi

Capelle M.

[Feuille aux jeunes n° 135]

Deutéronome…

Lorsque Moïse exposait la loi au peuple une seconde fois (c’est le sens du mot Deutéronome), « en deçà du Jourdain, dans la plaine », au seuil du pays de la promesse, ses auditeurs n’étaient plus, Caleb et Josué exceptés, ceux auxquels il s’était adressé en Sinaï. Selon la parole de l’Éternel, tous ceux qui n’avaient pas cru étaient tombés dans le désert, les petits enfants d’alors étaient devenus des hommes, et une nouvelle génération s’était levée, celle-là même qui devait être établie en Canaan.

Ce livre du Deutéronome a donc été adressé principalement à des « jeunes ». Le vénérable serviteur par qui Dieu l’a donné était à la fin de sa carrière, ce livre contient en quelque sorte ses dernières recommandations à la jeune génération. L’intérêt qu’il présente pour vous, jeunes gens, en est d’autant plus grand.

Ce n’est pas ici le législateur sévère, mais bien cet homme « très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre » (Nomb. 12), qui laisse parler son cœur, plein d’amour pour le peuple de Dieu. Même le style employé dans ce livre lui donne un charme particulier. Dès les premiers chapitres, son langage direct nous frappe : Moïse interpelle le peuple, non seulement par un « vous » collectif, mais par ce « tu » si fréquemment employé qui forçait chacun à se sentir personnellement désigné, comme si l’affectueux et pressant intérêt de Moïse se portait en propre sur lui.

Ce qui ajoute enfin au caractère de ce livre, c’est que, comme on l’a souvent remarqué, le Seigneur lui emprunte les différentes paroles dont Il se sert pour répondre à Satan lors de la tentation.

Autant de raisons pour recommander vivement aux jeunes croyants la lecture de ce livre si attachant. Sans insister sur sa structure, rappelons les trois divisions qu’on peut y voir. Les quatre premiers chapitres sont un rappel du passé. La deuxième partie, qu’on pourrait dire législative, se subdivise elle-même en deux : du chapitre 5 au chapitre 11, Moïse présente aux Israélites tous les motifs qu’ils ont d’obéir, puis dans les chapitres 12 à 26, il leur enseigne la manière dont ils devront se conduire en Canaan. Dans la troisième partie enfin dominent les vues prophétiques, en particulier avec le cantique de Moïse et les bénédictions dont il bénit le peuple.

Ce qui ressort partout, comme sujet principal du livre, c’est l’obéissance requise du peuple. Deux expressions reviennent sans cesse (trente-deux fois, sauf erreur, pour l’une d’entre elles), et c’est sur elles que je désire vous arrêter : « Écoute » et « Souviens-toi ».

C’est là le message-clef du Deutéronome. Il est particulièrement approprié à la jeunesse.

Écouter, c’est se mettre en état d’obéir ; et obéir, c’est d’abord écouter. Écouter est une des choses qu’il nous est le plus difficile de réaliser parce que nous sommes par nature désobéissants. Un enfant a de la peine à obéir, et plus tard, quand la personnalité s’épanouit, la volonté propre se manifeste encore plus nettement. Moïse savait bien ce qu’il en est, d’où l’insistance avec laquelle, enseigné de Dieu, il répète : « Écoute, Israël… ».

Écouter, qu’est-ce à dire, sinon prêter l’oreille ? Comment entendre la voix du Seigneur, si on la laisse couvrir par les bruits de ce monde ? Comme pour le prophète autrefois, le Seigneur n’est pas actuellement dans le « grand vent impétueux déchirant les montagnes et brisant les rochers » (1 Rois 19), ni dans le tremblement de terre ni dans le feu, mais dans la « voix douce, subtile » ; puissiez-vous avoir l’oreille attentive qui seule peut discerner une telle voix.

Mais comment, d’une manière effective, écouter ? Vous le savez, c’est en lisant la Parole écrite de la part de Dieu pour notre instruction, en prenant l’attitude de Marie assise aux pieds de Jésus pour « écouter sa parole » (Luc 10, 39). Lisez régulièrement le saint Livre, pour vous-même. Rien ne remplace ce contact personnel, ni une méditation, ni la lecture des écrits qui nous aident à comprendre cette Parole, si précieux que l’une et l’autre soient à leur place. Lisez-la avec prière, avec foi, demandant au Seigneur de l’éclairer et de la bénir pour vous. Lisez-la dès l’enfance, n’écoutez pas l’ennemi qui vous suggère d’attendre à plus tard, quand vous serez en âge de mieux comprendre. Pensez à Samuel, tout jeune, répondant : « Parle, Seigneur, car ton serviteur écoute ». Avec beaucoup d’autres, celui qui écrit ces lignes regrette de ne pas avoir lu davantage cette Parole, comme il l’aurait pu, dans ses jeunes années. Mettez à profit, pour lire « les saintes lettres qui peuvent rendre sage à salut » par la foi qui est dans le Christ Jésus (2 Tim. 3, 15), ces années favorisées où la mémoire est fraîche, où le cœur n’a pas encore été durci par les soucis de la vie, et où il est plus facile de se ménager chaque jour un moment de répit.

Le Seigneur m’avait accordé de lire, étant jeune, ce livre du Deutéronome, qui m’avait beaucoup frappé ; plus tard, étudiant, seul dans une grande ville, que de fois n’ai-je pas entendu, à des moments critiques, l’écho réconfortant et avertisseur de la voix du fidèle conducteur répétant à son peuple : « Écoute… ». Soyez nombreux à faire après Salomon cette prière : « Donne à ton serviteur un cœur qui écoute » (1 Rois 3, 9), et à disposer ainsi votre cœur à écouter, de façon à vivre une vie de dépendance et de communion. Seule cette dépendance rendra votre service utile. Vous désirez, n’est-ce pas, ne pas vivre pour vous-mêmes mais pour Celui qui pour vous est mort et a été ressuscité ; il n’en peut être ainsi que si votre cœur est attentif et écoute Sa voix. Bien des années après Moïse, Samuel insiste à son tour sur l’obéissance : « L’Éternel prend-il plaisir aux holocaustes et aux sacrifices comme à ce qu’on écoute la voix de l’Éternel ? Voici, écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers » (1 Sam. 15, 22).

Écouter pour apprendre. Écouter pour servir. Par-dessus tout considérez l’exemple du Seigneur Jésus Lui-même. En communion constante avec Son Père, Il n’avait, penserions-nous, nul besoin d’écouter, et cependant Il a voulu qu’il puisse être dit de Lui : « L’Éternel me réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne. Le Seigneur l’Éternel m’a ouvert l’oreille, et moi je n’ai pas été rebelle, je ne me suis pas retiré en arrière » (És. 50, 5). « Tu m’as creusé des oreilles… Alors j’ai dit : Voici, je viens… pour faire ta volonté » (Ps. 40, 6, 7 ; Héb. 10, 9).

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« Souviens-toi… » « Et tu te souviendras… » « N’oublie pas… ». Ces paroles aussi reviennent constamment dans la bouche de Moïse. Il fallait donc encore, il faut aujourd’hui, il faut toujours, se souvenir. Cette exhortation peut paraître étrange, adressée à des jeunes gens. La jeunesse regarde vers l’avenir qui est devant elle et non pas vers le passé, si proche pour elle du présent, si peu fourni encore d’expérience, et bien propre cependant à témoigner de la miséricorde du Seigneur.

« Et tu te souviendras de tout le chemin par lequel l’Éternel t’a fait marcher »… Si court qu’il ait été encore pour vous, le chemin n’est-il pas jalonné des soins du bon Berger ? Souvenez-vous de ce foyer chrétien où Dieu vous a fait naître, de ces moments passés en famille à lire le saint Livre, des précieux instants de communion fraternelle dans l’assemblée. Souvenez-vous des chrétiens qui vous ont entouré dès l’enfance, « souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu » (Héb. 13, 7). Souvenez-vous de tous les moyens par lesquels le Seigneur a voulu vous instruire, vous retenir, vous avertir, vous encourager… Souvenez-vous aussi de vos inconséquences, et de la grâce qui s’est occupée de vous ; souvenez-vous des faux pas, des désobéissances, de tout ce par quoi vous avez dû faire connaissance avec vous-même, hélas ! « Souviens-toi et n’oublie pas » (Deut. 9, 7).

« Souviens-toi », dit Moïse en rappelant les épisodes tour à tour humiliants et réconfortants de la traversée du désert. En vain la jeune génération aurait-elle pu dire : Il s’agit là de nos pères ! L’histoire du peuple est la tienne, tu en es solidaire. Il en est ainsi, jeune chrétien, de l’Église, dont tu ne peux te détacher. Courbe la tête en constatant l’irrémédiable déclin. Relève-la et regarde en haut avec confiance et reconnaissance en voyant la fidélité du Seigneur en toute chose.

Par-dessus tout, il faut « que tous les jours de ta vie tu te souviennes du jour de ta sortie d’Égypte… » (Deut. 16, 3). Souviens-toi de ta rédemption. Souviens-toi du Rédempteur. Chers jeunes croyants, la voix du Seigneur Lui-même s’adresse à votre cœur : « Faites ceci en mémoire de moi ». Nous oublions facilement, mais Lui n’oublie pas (És. 49, 16), et s’Il nous a « gravés sur les paumes de ses mains », les mains qui furent percées pour nous et qui des choses souffertes gardent le souvenir, Il réveille notre souvenir pour que nous fassions ce qui est précieux à Son cœur, « en mémoire de lui ».

Chers jeunes croyants, comme le peuple autrefois sur le point d’entrer en Canaan, nous sommes sur le point d’arriver à la maison du Père. Bientôt le Seigneur va prendre les siens auprès de Lui. Alors nous n’aurons plus à prêter l’oreille pour écouter, nous connaîtrons comme nous avons été connus, nous contemplerons à jamais le Seigneur, nos yeux Le verront, tel qu’Il est. Mais le souvenir de ce qu’Il a fait, et de ce qu’Il a été pour nous, restera vivant pour l’éternité. En attendant, prenons garde à Sa voix qui nous dit, pour notre sûreté et notre bénédiction : « Écoute… Souviens-toi ».

C.H. Mackintosh — Notes sur le Deutéronome

Les « Notes » de C.H. Mackintosh sur les cinq livres de Moïse sont parmi les ouvrages les plus connus. Traduits dans la plupart des langues occidentales et en arabe, ils ont été en bénédiction à bien des générations successives.

L’auteur n’explique pas seulement le texte biblique, verset après verset, mais développe plutôt les principes qui s’y trouvent. L’ensemble des cinq volumes donne ainsi un enseignement vraiment complet des doctrines de la Parole, et présente surtout l’enseignement pratique qui en découle pour notre marche individuelle et collective. « Une chose est d’avoir la Bible entre nos mains, dans nos demeures ou dans les assemblées, et autre chose d’avoir les vérités de la Bible agissant dans nos cœurs et nos consciences et se montrant dans nos vies ».

Aussi recommandons-nous vivement à tous nos lecteurs ces « Notes » sur le Deutéronome qui, tout en les aidant à mieux entrer dans la révélation de Dieu, leur feront aussi mieux comprendre comment nous sommes appelés à marcher et à obéir dans un monde hostile.

G. André — Le tabernacle et le service des Lévites

Aux « Notes sur le tabernacle » révisées et élargies (« Les vêtements du souverain sacrificateur ») — accessibles aux jeunes dès 15-16 ans — une deuxième partie a été ajoutée sur « Le service des Lévites », destinée spécialement à placer devant les jeunes frères la responsabilité de servir le Seigneur selon la mesure de grâce donnée à chacun.

G. André — Le nom qui rassemble

Cette brochure — simple exposé des vérités relatives à l’Assemblée — s’adresse à tous ceux qui désirent mieux comprendre la joie et le sérieux qu’il y a à se réunir autour du Seigneur Jésus, seul centre de rassemblement.