Après s’être terré tant d’années « dans les déserts et les montagnes, et les cavernes, et les trous de la terre » , il faisait bon se trouver enfin dans une ville. Non seulement les hommes forts qui avaient suivi leur jeune chef dans ces années errantes l’appréciaient, mais surtout leurs familles, femmes, enfants, qu’il était bien difficile d’entraîner avec soi çà et là, de ravitailler, et d’entourer comme on l’aurait voulu.
Mais à quel prix cette tranquillité relative avait-elle été acquise ?
Lassé des poursuites constamment renouvelées de Saül, David s’était découragé. L’Éternel lui avait donné d’épargner pour la seconde fois la vie de son roi ; le jeune homme avait formellement déclaré : « Comme ton âme a été aujourd’hui précieuse à mes yeux, que de même aussi mon âme soit précieuse aux yeux de l’Éternel, et qu’il me délivre de toute détresse ! » (1 Sam. 26, 24 ). Mais la foi s’était éclipsée ; la confiance en Dieu avait baissé : « David dit en son cœur : maintenant je périrai un jour par la main de Saül ; il n’y a rien de bon pour moi que de me sauver en hâte dans le pays des Philistins ».
À première vue ce plan réussit. Akish accueillit favorablement les fugitifs dans sa ville de Gath, où David et tous ceux qui l’accompagnaient, chacun avec sa famille, purent habiter. Apprenant la chose, Saül renonça à leur poursuite.
Mais la petite troupe se trouva rapidement mal à l’aise dans la ville royale des Philistins, pleine d’idoles et de coutumes si contraires aux enseignements de l’Éternel. David obtint donc d’Akish qu’il lui donne Tsiklag, tout au sud du pays, où il put résider avec ses compagnons pendant seize mois.
Tout paraissait bien aller. Mais où sont les psaumes composés durant cette période ? Où est la communion dont David jouissait avec son Dieu, les prières, les chants, les louanges qu’il faisait monter vers Lui ? — L’important était de vivre et de se ravitailler. On se livrait à des incursions, des razzias ; pour éviter qu’Akish n’apprennent aux dépens de qui elles s’effectuaient, on massacrait tous les hommes et les femmes (plutôt que d’en tirer profit en les vendant comme esclaves). Le roi des Philistins fut complètement gagné à la cause de David : « Il s’est mis en mauvaise odeur auprès de son peuple, auprès d’Israël, et il sera mon serviteur à toujours » .
Mais les fruits amers de cet éloignement de Dieu devaient bientôt se faire sentir. Les Philistins rassemblent leurs troupes pour combattre contre Israël ; Akish compte sur David pour sortir avec lui au camp, lui et ses hommes. Que faire ? Le fils d’Isaï va-t-il combattre contre Saül qu’il a épargné par deux fois ? Va-t-il s’exposer à se trouver face à face avec Jonathan, son plus cher ami ? Va-t-il risquer de lutter contre le peuple sur lequel il espère bien régner un jour, et par là même perdre tous ses espoirs ? Il a trompé Akish précédemment, et il lui répond évasivement : « Aussi tu sauras ce que ton serviteur fera ». Akish, persuadé de son dévouement, va l’établir « pour toujours, gardien de sa personne » !
L’attaque est prévue au nord du pays, dans cette plaine d’Esdrélon qui a déjà vu, et verra encore, tant de batailles. Les armées des Philistins s’ébranlent et font le parcours d’une centaine de kilomètres qui les conduit à Aphek. Quelles devaient être les réflexions pénibles de David durant ce voyage ? Ah ! l’ennemi avait su lui tendre un piège dans lequel il n’était que trop facilement tombé ! Autrefois il avait consulté l’Éternel ; Gad le prophète lui indiquait le chemin à suivre ; ou Abiathar, le jeune sacrificateur réfugié auprès de lui, interrogeait l’Éternel pour savoir ce que la troupe devait faire. Mais tout cela, David l’avait délaissé. Il avait décidé « en son cœur » de se réfugier auprès des Philistins ; il récoltait maintenant les fruits douloureux de ce qu’il avait lui-même choisi. Dieu, qui tant de fois l’avait délivré, n’allait-Il pas intervenir pour le tirer d’embarras ? Rien cependant dans le texte biblique ne montre que David ait crié à Lui.
Les centaines et les milliers des troupes des Philistins, conduites par leurs princes, défilent, montant à la bataille. À l’arrière-garde, David et ses hommes passent à leur tour. À ce moment, alors que tout espoir semblait perdu, Dieu, dans Son immense grâce, intervient.
Il se sert des princes des Philistins pour s’opposer à la participation des hommes d’Israël au combat : « Renvoie cet homme, qu’il retourne en son lieu, là où tu l’as établi, et qu’il ne descende pas avec nous à la bataille, afin qu’il ne soit pas notre adversaire dans la bataille ». Bien à contre-cœur, Akish est obligé de renvoyer son protégé à Tsiklag « au pays des Philistins ».
Merveilleuse providence divine qui, malgré sa faute et son éloignement, a délivré le serviteur du dilemme terrible où il se trouvait. Mais la discipline suit son cours. Tsiklag est brûlée par le feu ; « David et ses hommes vinrent à la ville… et leurs femmes, et leurs fils, et leurs filles, étaient emmenés captifs. David et le peuple qui était avec lui élevèrent leurs voix et pleurèrent, jusqu’à ce qu’il n’y eut plus en eux de force pour pleurer… et David fut dans une grande détresse. Le peuple parlait de le lapider, car l’âme de tout le peuple était pleine d’amertume, chacun à cause de ses fils et à cause de ses filles » (1 Sam. 30, 3-6 ).
Par la foi, le jeune berger avait vaincu Goliath. Sa confiance en l’Éternel s’était fortifiée à travers les années ; il avait fait l’expérience de délivrances merveilleuses de la part de son Dieu. Dans les nombreux psaumes de sa jeunesse, il avait célébré cette bonté et cette fidélité, tout en exprimant librement les exercices de cœur et les chagrins qu’il traversait. Mais le jour fatal était venu où il avait dit « en son cœur » : il n’y a rien de bon pour moi que de me sauver dans le pays des Philistins. Maintenant la détresse était là. Ceux qui l’avaient suivi pendant tant d’années parlaient, dans l’amertume de leur âme, de le lapider. Les deux femmes qui avaient partagé sa solitude, qui l’avaient entouré de leur affection, avaient disparu. Captives ? esclaves ? blessées ? mutilées ?
Mais chez l’homme de foi, la discipline du Père porte ses fruits. En cette heure si sombre, conséquence de ses fautes, alors qu’il avait perdu tout droit au trône, qu’il ne méritait plus que le juste châtiment divin, « David se fortifia en l’Éternel son Dieu » (1 Sam. 30, 6 ). De nouveau il interroge l’Éternel ; de nouveau il retrouve foi et confiance ; il mène ses hommes à la victoire.
Bien des siècles plus tard, un autre serviteur se proposera « dans son esprit » un chemin qui mettra fin à son ministère public, et l’amènera dans bien des pièges. À son tour, il fera l’expérience de la grâce infinie de son Seigneur, qui est bien au-dessus de ce que nous sommes ou de ce que nous ne sommes pas ; dans la nuit de sa détresse, Il se tiendra près de lui et lui dira : « Aie bon courage » (Act. 23, 11 ).
Pourtant, combien il importe de ne jamais rien décider « dans notre cœur » ou « dans notre esprit », sans avoir eu affaire avec le Seigneur qui nous aime et veut diriger nos pas, chaque jour de notre vie.
Hébreux
11 ◊ 1 Or la foi est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas. ◊ 2 Car c’est par elle que les anciens ont reçu témoignage. ◊ 3 Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par la parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent. ◊ 4 Par la foi, Abel offrit à Dieu un plus excellent sacrifice que Caïn, et par ce sacrifice il a reçu le témoignage d’être juste, Dieu rendant témoignage à ses dons ; et par lui, étant mort, il parle encore. ◊ 5 Par la foi, Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît pas la mort ; et il ne fut pas trouvé, parce que Dieu l’avait enlevé ; car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu. ◊ 6 Or, sans la foi il est impossible de lui plaire ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que [Dieu] est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le recherchent. ◊ 7 Par la foi, Noé, étant averti divinement des choses qui ne se voyaient pas encore, craignit et bâtit une arche pour la conservation de sa maison ; et par cette arche il condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi.
◊ 8 Par la foi, Abraham, étant appelé, obéit pour s’en aller au lieu qu’il devait recevoir pour héritage ; et il s’en alla, ne sachant où il allait. ◊ 9 Par la foi, il demeura dans la terre de la promesse comme dans [une terre] étrangère, demeurant sous des tentes avec Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse ; ◊ 10 car il attendait la cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l’architecte et le créateur. ◊ 11 Par la foi, Sara elle-même aussi reçut la force de fonder une postérité, et [cela], étant hors d’âge, puisqu’elle estima fidèle celui qui avait promis ; ◊ 12 c’est pourquoi aussi d’un seul, et d’un homme déjà amorti, sont nés des gens qui sont comme les étoiles du ciel en nombre et comme le sable qui est sur le rivage de la mer, lequel ne peut se compter.
◊ 13 Tous ceux-ci sont morts dans la foi, n’ayant pas reçu les choses promises, mais les ayant vues de loin et saluées, ayant confessé qu’ils étaient étrangers et forains sur la terre. ◊ 14 Car ceux qui disent de telles choses montrent clairement qu’ils recherchent une patrie ; ◊ 15 et en effet, s’ils se fussent souvenus de celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu du temps pour y retourner ; ◊ 16 mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste ; c’est pourquoi Dieu n’a point honte d’eux, savoir d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité.
◊ 17 Par la foi, Abraham, étant éprouvé, a offert Isaac ; et celui qui avait reçu les promesses offrit son fils unique, ◊ 18 à l’égard duquel il avait été dit : « En Isaac te sera appelée [une] semence », ◊ 19 — ayant estimé que Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts, d’où aussi, en figure, il le reçut. ◊ 20 Par la foi, Isaac bénit Jacob et Ésaü à l’égard des choses à venir. ◊ 21 Par la foi, Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph, et adora, [appuyé] sur le bout de son bâton. ◊ 22 Par la foi, Joseph, en terminant sa vie, fit mention de la sortie des fils d’Israël et donna un ordre touchant ses os.
◊ 23 Par la foi, Moïse, étant né, fut caché trois mois par ses parents, parce qu’ils virent que l’enfant était beau, et ils ne craignirent pas l’ordonnance du roi. ◊ 24 Par la foi, Moïse, étant devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, ◊ 25 choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, ◊ 26 estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte ; car il regardait à la rémunération. ◊ 27 Par la foi, il quitta l’Égypte, ne craignant pas la colère du roi, car il tint ferme, comme voyant celui qui est invisible. ◊ 28 Par la foi, il a fait la pâque et l’aspersion du sang, afin que le destructeur des premiers-nés ne les touchât pas. ◊ 29 Par la foi, ils traversèrent la mer Rouge comme une terre sèche, ce que les Égyptiens ayant essayé, ils furent engloutis. ◊ 30 Par la foi, les murs de Jéricho tombèrent, après qu’on en eut fait le tour sept jours durant. ◊ 31 Par la foi, Rahab, la prostituée, ne périt pas avec ceux qui n’ont pas cru, ayant reçu les espions en paix.
◊ 32 Et que dirai-je davantage ? Car le temps me manquera si je discours de Gédéon, de Barac et de Samson et de Jephté, de David et de Samuel et des prophètes, ◊ 33 qui par la foi subjuguèrent des royaumes, accomplirent la justice, obtinrent les choses promises, fermèrent la gueule des lions, ◊ 34 éteignirent la force du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, de faibles qu’ils étaient furent rendus vigoureux, devinrent forts dans la bataille, firent ployer les armées des étrangers. ◊ 35 Les femmes reçurent leurs morts par la résurrection ; et d’autres furent torturés, n’acceptant pas la délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection ; ◊ 36 et d’autres furent éprouvés par des moqueries et par des coups, et encore par des liens et par la prison ; ◊ 37 ils furent lapidés, sciés, tentés ; ils moururent égorgés par l’épée ; ils errèrent çà et là, vêtus de peaux de brebis, de peaux de chèvres, dans le besoin, affligés, maltraités, ◊ 38 (desquels le monde n’était pas digne,) errant dans les déserts et les montagnes, et les cavernes et les trous de la terre.
◊ 39 Et tous ceux-ci, ayant reçu témoignage par la foi, n’ont pas reçu ce qui avait été promis, ◊ 40 Dieu ayant eu en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas à la perfection sans nous.
Actes
23 ◊ 1 Et Paul, ayant arrêté les yeux sur le sanhédrin, dit : Hommes frères, je me suis conduit en toute bonne conscience devant Dieu jusqu’à ce jour… ◊ 2 Mais le souverain sacrificateur Ananias commanda à ceux qui étaient près de lui de le frapper sur la bouche. ◊ 3 Alors Paul lui dit : Dieu te frappera, paroi blanchie ! Es-tu assis là pour me juger selon la loi ; et, contrairement à la loi, tu ordonnes que je sois frappé ? ◊ 4 Et ceux qui étaient présents dirent : Injuries-tu le souverain sacrificateur de Dieu ? ◊ 5 Et Paul dit : Je ne savais pas, frères, que ce fût le souverain sacrificateur ; car il est écrit : « Tu ne diras pas du mal du chef de ton peuple ». ◊ 6 Et Paul, sachant qu’une partie [d’entre eux] étaient des sadducéens et l’autre des pharisiens, s’écria dans le sanhédrin : Hommes frères, je suis pharisien, fils de pharisien ; je suis mis en jugement pour l’espérance et la résurrection des morts. ◊ 7 Et quand il eut dit cela, il s’éleva une dissension entre les pharisiens et les sadducéens ; et la multitude fut partagée ; ◊ 8 car les sadducéens disent qu’il n’y a pas de résurrection, ni d’ange, ni d’esprit ; mais les pharisiens confessent l’un et l’autre. ◊ 9 Et il s’éleva une grande clameur ; et quelques scribes du parti des pharisiens se levèrent et contestèrent, disant : Nous ne trouvons aucun mal en cet homme ; mais si un esprit lui a parlé, ou un ange… ◊ 10 Et un grand tumulte s’étant élevé, le chiliarque, craignant que Paul ne fût mis en pièces par eux, commanda à la troupe de descendre et de l’enlever du milieu d’eux et de le conduire à la forteresse.
◊ 11 Et la nuit suivante, le Seigneur se tint près de lui et dit : Aie bon courage ; car comme tu as rendu témoignage des choses qui me regardent, à Jérusalem, ainsi il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome.
◊ 12 Et quand le jour fut venu, les Juifs s’unirent et s’obligèrent par un serment d’exécration, disant qu’ils ne mangeraient ni ne boiraient jusqu’à ce qu’ils eussent tué Paul. ◊ 13 Et ils étaient plus de quarante qui avaient fait cette conjuration. ◊ 14 Et ils vinrent aux principaux sacrificateurs et aux anciens, et dirent : Nous nous sommes obligés par un serment d’exécration à ne goûter de rien jusqu’à ce que nous ayons tué Paul. ◊ 15 Vous donc, maintenant, avec le sanhédrin, avertissez le chiliarque pour qu’il le fasse descendre vers vous, comme si vous vouliez vous informer plus exactement de ce qui le regarde ; et, avant qu’il approche, nous sommes prêts pour le tuer. ◊ 16 Mais le fils de la sœur de Paul, ayant ouï parler de ce guet-apens, s’en alla et entra dans la forteresse, et le rapporta à Paul. ◊ 17 Et Paul, ayant appelé l’un des centurions, dit : Conduis ce jeune homme au chiliarque, car il a quelque chose à lui rapporter. ◊ 18 Il le prit donc et le conduisit au chiliarque et dit : Le prisonnier Paul m’a appelé, et m’a prié de t’amener ce jeune homme qui a quelque chose à te dire. ◊ 19 Et le chiliarque, l’ayant pris par la main et s’étant retiré à part, lui demanda : Qu’est-ce que tu as à me rapporter ? ◊ 20 Et il dit : Les Juifs se sont entendus pour te prier que demain tu fasses descendre Paul devant le sanhédrin, comme si tu voulais t’enquérir plus exactement à son sujet. ◊ 21 Toi donc n’y consens pas, car plus de quarante hommes d’entre eux lui dressent un guet-apens, lesquels se sont obligés par un serment d’exécration de ne manger ni ne boire jusqu’à ce qu’ils l’aient tué ; et ils sont maintenant prêts, attendant de toi la promesse. ◊ 22 Le chiliarque donc renvoya le jeune homme, lui ayant enjoint de ne divulguer à personne qu’il lui eût déclaré ces choses. ◊ 23 Et ayant appelé deux des centurions, il dit : Préparez deux cents soldats pour aller à Césarée, et soixante-dix cavaliers, et deux cents porte-lances, dès la troisième heure de la nuit ; ◊ 24 et procurez-vous des montures, afin qu’ayant mis Paul dessus ils le conduisent en sûreté auprès de Félix le gouverneur. ◊ 25 Et il écrivit une lettre conçue en ces termes : ◊ 26 Claude Lysias, au très excellent gouverneur Félix, salut ! ◊ 27 Cet homme ayant été saisi par les Juifs et étant sur le point d’être tué par eux, je suis survenu avec la troupe et je l’ai délivré, ayant appris qu’il est Romain. ◊ 28 Et voulant connaître le motif pour lequel ils l’accusaient, je l’ai fait descendre devant leur sanhédrin ; ◊ 29 et j’ai trouvé qu’il était accusé touchant des questions de leur loi, mais qu’il n’était sous le coup d’aucune accusation qui méritât la mort ou les liens. ◊ 30 Et ayant été averti des embûches que [les Juifs] allaient dresser contre cet homme, je te l’ai aussitôt envoyé, ayant donné l’ordre à ses accusateurs aussi de dire devant toi les choses qu’ils ont contre lui. Porte-toi bien.
◊ 31 Les soldats donc, selon les ordres qui leur avaient été donnés, prirent Paul et le menèrent de nuit à Antipatris. ◊ 32 Et le lendemain, ayant laissé les cavaliers s’en aller avec lui, ils retournèrent à la forteresse. ◊ 33 Et ceux-là, étant arrivés à Césarée, remirent la lettre au gouverneur et lui présentèrent aussi Paul. ◊ 34 Et quand il eut lu [la lettre] et qu’il eut demandé de quelle province il était, ayant appris qu’il était de Cilicie : ◊ 35 Je t’entendrai à fond, dit-il, quand tes accusateurs aussi seront arrivés. Et il donna ordre qu’il fût gardé au prétoire d’Hérode.
1 Samuel
26 ◊ 1 Et les Ziphiens vinrent vers Saül, à Guibha, disant : David ne se tient-il pas caché à la colline de Hakila qui est en face de Jeshimon ? ◊ 2 Et Saül se leva et descendit au désert de Ziph, et avec lui trois mille hommes d’élite d’Israël, pour chercher David dans le désert de Ziph. ◊ 3 Et Saül campa sur la colline de Hakila, qui est en face de Jeshimon, sur le chemin. Or David habitait dans le désert ; et il vit que Saül était venu après lui au désert. ◊ 4 Et David envoya des espions, et il sut très certainement que Saül était venu. ◊ 5 Et David se leva, et vint au lieu où Saül était campé ; et David vit le lieu où étaient couchés Saül et Abner, fils de Ner, chef de son armée : et Saül était couché dans l’enceinte des chars, et le peuple était campé tout autour de lui.
◊ 6 Et David prit la parole, et dit à Akhimélec, le Héthien, et à Abishaï, fils de Tseruïa, frère de Joab, disant : Qui descendra avec moi vers Saül, au camp ? Et Abishaï dit : Moi, je descendrai avec toi. ◊ 7 Et David et Abishaï vinrent de nuit vers le peuple ; et voici, Saül dormait, couché dans l’enceinte des chars, sa lance fichée en terre à son chevet ; et Abner et le peuple étaient couchés autour de lui. ◊ 8 Et Abishaï dit à David : Dieu a livré aujourd’hui ton ennemi en ta main ; et maintenant, je te prie, que je le frappe de la lance jusqu’en terre, une seule fois, et je ne le referai pas. ◊ 9 Et David dit à Abishaï : Ne le détruis pas ! car qui étendra sa main sur l’oint de l’Éternel et sera innocent ? ◊ 10 Et David dit : L’Éternel est vivant, si ce n’est l’Éternel qui le frappera, soit que son jour vienne et qu’il meure, soit qu’il descende à la bataille et soit emporté ! ◊ 11 Loin de moi, de par l’Éternel, que j’étende ma main sur l’oint de l’Éternel ! Mais prends maintenant, je te prie, la lance qui est à son chevet et la cruche à eau, et allons-nous-en. ◊ 12 Et David prit, du chevet de Saül, la lance et la cruche à eau, et ils s’en allèrent ; et personne ne [les] vit, et personne ne [le] sut, et personne ne s’éveilla ; car ils dormaient tous, car un profond sommeil [envoyé] par l’Éternel était tombé sur eux.
◊ 13 Et David passa de l’autre côté, et se tint sur le sommet de la montagne, de loin : il y avait un grand espace entre eux. ◊ 14 Et David cria au peuple et à Abner, fils de Ner, disant : Ne répondras-tu pas, Abner ? Et Abner répondit et dit : Qui es-tu, toi qui cries au roi ? ◊ 15 Et David dit à Abner : N’es-tu pas un homme ? et qui est comme toi en Israël ? Et pourquoi n’as-tu pas gardé le roi, ton seigneur ? car quelqu’un du peuple est venu pour tuer le roi, ton seigneur. ◊ 16 Ce que tu as fait là n’est pas bien. L’Éternel est vivant, que vous êtes dignes de mort, vous qui n’avez pas gardé votre seigneur, l’oint de l’Éternel ! Et maintenant, regarde où est la lance du roi, et la cruche à eau qui était à son chevet.
◊ 17 Et Saül reconnut la voix de David et dit : Est-ce là ta voix, mon fils David ? Et David dit : C’est ma voix, ô roi, mon seigneur ! ◊ 18 Et il dit : Pourquoi mon seigneur poursuit-il son serviteur ? car qu’ai-je fait, et quel mal y a-t-il dans ma main ? ◊ 19 Et maintenant, que le roi, mon seigneur, écoute, je te prie, les paroles de son serviteur. Si c’est l’Éternel qui t’a incité contre moi, qu’il accepte une offrande ! mais si ce sont les fils des hommes, qu’ils soient maudits devant l’Éternel, parce qu’ils m’ont chassé aujourd’hui pour que je ne sois pas associé à l’héritage de l’Éternel, disant : Va, sers d’autres dieux ! ◊ 20 Et maintenant, que mon sang ne tombe point en terre loin de la face de l’Éternel, car le roi d’Israël est sorti pour chercher une puce, comme on poursuivrait une perdrix dans les montagnes.
◊ 21 Et Saül dit : J’ai péché ; reviens, mon fils David ; car je ne te ferai plus de mal, puisque aujourd’hui mon âme a été précieuse à tes yeux. Voici, j’ai agi follement et j’ai commis une très grande erreur.
◊ 22 Et David répondit et dit : Voici la lance du roi ; qu’un des jeunes hommes passe ici, et la prenne. ◊ 23 Et l’Éternel rendra à chacun sa justice et sa fidélité, puisque l’Éternel t’avait livré aujourd’hui en [ma] main, et que je n’ai pas voulu étendre ma main sur l’oint de l’Éternel. ◊ 24 Et voici, comme ton âme a été aujourd’hui précieuse à mes yeux, que de même aussi mon âme soit précieuse aux yeux de l’Éternel, et qu’il me délivre de toute détresse ! ◊ 25 Et Saül dit à David : Béni sois-tu, mon fils David ! certainement tu feras de grandes choses et tu en viendras à bout. Et David alla son chemin, et Saül retourna en son lieu.
1 Samuel
30 ◊ 1 * Et il se trouva que, lorsque David et ses hommes arrivèrent à Tsiklag, le troisième jour, les Amalékites avaient fait une incursion sur le [pays du] midi, et sur Tsiklag ; et ils avaient frappé Tsiklag et l’avaient brûlée par le feu ; ◊ 2 et ils avaient emmené captives les femmes qui y étaient ; depuis le petit jusqu’au grand, ils n’avaient fait mourir personne, mais ils les avaient emmenés et s’en étaient allés leur chemin. ◊ 3 Et David et ses hommes vinrent à la ville ; et voici, elle était brûlée par le feu, et leurs femmes, et leurs fils, et leurs filles, étaient emmenés captifs. ◊ 4 Et David et le peuple qui était avec lui élevèrent leurs voix et pleurèrent, jusqu’à ce qu’il n’y eut plus en eux de force pour pleurer. ◊ 5 Et les deux femmes de David, Akhinoam, la Jizreélite, et Abigaïl, femme de Nabal, le Carmélite, étaient emmenées captives. ◊ 6 Et David fut dans une grande détresse, car le peuple parlait de le lapider ; car l’âme de tout le peuple était pleine d’amertume, chacun à cause de ses fils et à cause de ses filles. Et David se fortifia en l’Éternel, son Dieu.
◊ 7 Et David dit à Abiathar, le sacrificateur, fils d’Akhimélec : Je te prie, apporte-moi l’éphod. Et Abiathar apporta l’éphod à David. ◊ 8 Et David interrogea l’Éternel, disant : Poursuivrai-je cette troupe ? l’atteindrai-je ? Et il lui dit : Poursuis, car tu l’atteindras certainement, et tu recouvreras tout. ◊ 9 Et David s’en alla, lui et les six cents hommes qui étaient avec lui, et ils arrivèrent au torrent de Besçor ; et ceux qui restaient en arrière s’arrêtèrent. ◊ 10 Et David et quatre cents hommes firent la poursuite, et deux cents hommes s’arrêtèrent, qui étaient trop fatigués pour passer le torrent de Besçor.
◊ 11 Et ils trouvèrent dans les champs un homme égyptien, et ils l’amenèrent à David ; et ils lui donnèrent du pain, et il mangea, et ils lui donnèrent de l’eau à boire ; ◊ 12 ils lui donnèrent aussi un morceau de gâteau de figues sèches et deux gâteaux de raisins secs, et il mangea ; et l’esprit lui revint, car il n’avait pas mangé de pain et n’avait pas bu d’eau, pendant trois jours et trois nuits. ◊ 13 Et David lui dit : À qui es-tu ? et d’où es-tu ? Et il dit : Je suis un garçon égyptien, serviteur d’un homme amalékite ; et mon maître m’a abandonné, il y a trois jours, car j’étais malade. ◊ 14 Nous avons fait une incursion au midi des Keréthiens, et sur ce qui est à Juda, et sur le midi de Caleb, et nous avons brûlé Tsiklag par le feu. ◊ 15 Et David lui dit : Me ferais-tu descendre vers cette troupe ? Et il dit : Jure-moi par Dieu que tu ne me feras pas mourir, et que tu ne me livreras pas en la main de mon maître, et je te ferai descendre vers cette troupe.
◊ 16 Et il l’y fit descendre. Et voici, ils étaient répandus sur la face de tout le pays, mangeant et buvant, et dansant, à cause de tout le grand butin qu’ils avaient enlevé du pays des Philistins et du pays de Juda. ◊ 17 Et David les frappa depuis le crépuscule jusqu’au soir du lendemain, et aucun d’eux n’échappa, sauf quatre cents jeunes hommes qui s’enfuirent montés sur des chameaux. ◊ 18 Et David recouvra tout ce qu’Amalek avait pris, et David recouvra ses deux femmes. ◊ 19 Et il n’y eut rien qui leur manquât, petits ou grands, fils ou filles, butin, ou quoi que ce fût qu’on leur avait pris : David ramena tout. ◊ 20 Et David prit tout le menu et le gros bétail qu’on fit marcher devant ce troupeau-là ; et on dit : C’est ici le butin de David.
◊ 21 Et David vint vers les deux cents hommes qui avaient été trop fatigués pour suivre David, et qu’on avait fait rester auprès du torrent de Besçor ; et ils sortirent à la rencontre de David et à la rencontre du peuple qui était avec lui ; et David s’approcha du peuple, et les interrogea touchant leur bien-être. ◊ 22 Et tout homme méchant et inique, d’entre les hommes qui étaient allés avec David, répondit et dit : Puisqu’ils ne sont pas venus avec nous, nous ne leur donnerons pas du butin que nous avons recouvré, sauf à chacun sa femme et ses fils ; et qu’ils les emmènent et s’en aillent. ◊ 23 Mais David dit : Vous ne ferez pas ainsi mes frères, avec ce que nous a donné l’Éternel, qui nous a gardés et a livré entre nos mains la troupe qui était venue contre nous. ◊ 24 Et qui vous écoutera dans cette affaire ? Car telle qu’est la part de celui qui descend à la bataille, telle sera la part de celui qui demeure auprès du bagage : ils partageront ensemble. ◊ 25 Et il en fut [ainsi] depuis ce jour-là et dans la suite, et on l’établit comme statut et comme ordonnance en Israël, jusqu’à ce jour.
◊ 26 Et David revint à Tsiklag, et envoya du butin aux anciens de Juda, à ses amis, disant : Voici un présent pour vous, sur le butin des ennemis de l’Éternel. ◊ 27 [Il en envoya] à ceux qui étaient à Béthel, et à ceux qui étaient à Ramoth du midi, et à ceux qui étaient à Jatthir, ◊ 28 et à ceux qui étaient à Aroër, et à ceux qui étaient à Siphmoth, et à ceux qui étaient à Eshtemoa, ◊ 29 et à ceux qui étaient à Racal, et à ceux qui étaient dans les villes des Jerakhmeélites, et à ceux qui étaient dans les villes des Kéniens, ◊ 30 et à ceux qui étaient à Horma, et à ceux qui étaient à Cor-Ashan, et à ceux qui étaient à Athac, ◊ 31 et à ceux qui étaient à Hébron, et dans tous les lieux où David était allé et venu, lui et ses hommes.
1 Samuel
27 ◊ 1 * Et David dit en son cœur : Maintenant, je périrai un jour par la main de Saül ; il n’y a rien de bon pour moi que de me sauver en hâte dans le pays des Philistins, et Saül renoncera à me chercher encore dans tous les confins d’Israël, et j’échapperai à sa main. ◊ 2 Et David se leva et passa, lui et six cents hommes qui étaient avec lui, vers Akish, fils de Maoc, roi de Gath. ◊ 3 Et David habita chez Akish, à Gath, lui et ses hommes, chacun avec sa famille, David et ses deux femmes, Akhinoam, la Jizreélite, et Abigaïl, femme de Nabal, la Carmélite. ◊ 4 Et on rapporta à Saül que David s’était enfui à Gath ; et il ne le chercha plus.
◊ 5 Et David dit à Akish : Je te prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, qu’on me donne un lieu dans l’une des villes de la campagne, et je demeurerai là ; car pourquoi ton serviteur habiterait-il dans la ville royale avec toi ? ◊ 6 Et, en ce jour-là, Akish lui donna Tsiklag ; c’est pourquoi Tsiklag appartient aux rois de Juda jusqu’à ce jour. ◊ 7 Et le nombre des jours que David habita dans la campagne des Philistins fut d’un an et quatre mois.
◊ 8 Et David et ses hommes montèrent et firent des incursions chez les Gueshuriens, et les Guirziens, et les Amalékites ; car ces [nations], dès les temps anciens, habitaient le pays, quand tu viens vers Shur et jusqu’au pays d’Égypte. ◊ 9 Et David frappa le pays ; et il ne laissait vivre ni homme ni femme, et il prenait le menu et le gros bétail, et les ânes, et les chameaux, et les vêtements ; et il s’en retournait et venait vers Akish. ◊ 10 Et Akish disait : N’avez-vous pas fait d’incursion aujourd’hui ? Et David disait : Vers le midi de Juda, et vers le midi des Jerakhmeélites, et vers le midi des Kéniens. ◊ 11 Et David ne laissait vivre ni homme ni femme pour les ramener à Gath, de peur, disait-il, qu’ils ne rapportent quelque chose contre nous, disant : Ainsi a fait David. Et telle fut sa coutume pendant tous les jours qu’il habita la campagne des Philistins. ◊ 12 Et Akish crut David, et disait : Il s’est mis en mauvaise odeur auprès de son peuple, auprès d’Israël, et il sera mon serviteur à toujours.