Ici

G. André

[Feuille aux jeunes n° 151]

« Apportez-les-moi ici »

Matt. 14, 18

« Je ne sais pas parler ; car je suis un enfant » (Jér. 1, 6), telle est la réponse que plus d’un jeune a faite (et fera encore !) lorsqu’on lui proposait de prendre un groupe à l’école du dimanche ou de visiter un malade. Et l’assertion est sans doute vraie ; car celui qui ne l’a jamais essayé, et surtout ne connaît pas le secret nécessaire pour apporter à d’autres, est fort emprunté.

N’en était-il pas de même des disciples face à la grande foule qui avait écouté Jésus toute la journée dans un lieu désert ? Le soir approchait, ces gens avaient faim, et les disciples auraient bien voulu qu’ils s’en aillent. Mais Jésus de leur dire : « Vous, donnez-leur à manger ». Qu’avaient-ils pour répondre à l’invitation de leur Maître ? « Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons ». Ils sentaient leur dénuement devant tant de monde et ne pouvaient songer à les rassasier.

Mais la voix du Maître se fit entendre à nouveau : « Apportez-les-moi ici ». Tout change alors. Apporter à Jésus le peu que l’on a (et ne l’a-t-on pas déjà reçu de Lui ?) ; le placer entre Ses mains pour qu’Il le multiplie et réponde ainsi aux besoins de ceux auprès desquels Il nous envoie.

Expérience souvent faite avec joie et… souvent oubliée. Par Sa Parole, le Seigneur nous a donné quelque chose qui a réjoui nos cœurs, ou repris notre conscience, ou nous a encouragés sur la route ; mais c’est peu de chose, semble-t-il. Comment le présenter à des enfants ou à un malade, ou à un ami dans la perplexité ? « Apportez-les-moi ici », répète le Seigneur. En quelque sorte, placer devant Lui dans la prière ce peu que nous avons déjà reçu, et compter sur Lui pour qu’Il le multiplie. Au moment même du besoin, le recevoir de Sa main comme tout à nouveau, en faveur de ceux auxquels nous aurons à parler.


« Amenez-le-moi ici »

(Matt. 17, 17)

Parmi les auditeurs, et surtout si ce sont des enfants, il y en aura de difficiles, d’indisciplinés peut-être, certains qu’on ne sait comment aborder. Que faire ? À l’exemple des disciples, on a fait l’expérience que le Seigneur peut multiplier ce qu’Il nous avait d’abord donné pour notre propre âme. Mais il y en a qui résistent et l’on saisit, comme on ne l’avait peut-être jamais fait jusque-là, que la puissance du diable est grande et qu’il ne laisse pas échapper facilement une âme qu’il croit avoir dans ses mains. Le père du jeune épileptique était venu aux disciples qui n’avaient pu le guérir et s’étonnait de leur impuissance ; Jésus arrive et le pauvre homme Le supplie d’avoir pitié de son fils. Devant l’incrédulité, devant les ravages du péché, Jésus soupire, mais ajoute : « Amenez-le-moi ici ». C’était la seule issue. Amener à Jésus celui qui résistait, le placer devant Lui, et Il le guérira.

Il ne suffit pas de parler à des enfants ou à d’autres ; il faut prier pour eux, non pas en bloc, mais un à un, les amenant pour ainsi dire personnellement au Seigneur pour que Lui opère dans leur cœur. Si les moniteurs d’école du dimanche ou d’autres qui nous lisent, ne l’ont pas fait jusqu’ici, qu’ils aient à cœur chaque jour de mettre un moment à part pour prier individuellement pour deux, trois, quatre des enfants qui leur sont confiés, et ainsi pendant la semaine les avoir présentés au moins une fois l’un après l’autre au Seigneur. C’est le chemin de la bénédiction.


« Amenez-les-moi »

(Matt. 21, 2)

Pour accomplir les prophéties lors de Son entrée à Jérusalem, le Seigneur avait « besoin » d’un ânon. Où trouver l’homme disposé à prêter la monture jeune et encore inemployée que le Maître demandait ? Pourtant quand les disciples s’approchent de celui auquel Jésus les avait envoyés, cet homme ne fait aucune difficulté et laisse aller celui dont le Seigneur avait besoin.

Lorsque l’appel de Dieu se fait sentir dans une âme pour l’appeler à Son service, que de résistance et d’attaches. Ce n’est pas une petite affaire de quitter, pour un moment ou tout à fait, son milieu, son ambiance, ses habitudes, son travail peut-être, pour suivre l’appel qui vous conduira où le Maître veut. De fait, le Seigneur pourrait accomplir Son œuvre dans ce monde, sans nous. Mais, dans Sa grâce, Il veut se servir des siens, et c’est dans ce sens qu’il est dit : « Le Seigneur en a besoin ».

Répondrez-vous si vous entendez Son appel ?