La foi

H. Abel

[Feuille aux jeunes n° 162]

Trois mille âmes ont été ajoutées à l’assemblée à la suite d’une prédication de Pierre. Aujourd’hui encore, des milliers acceptent la grâce. Si de telles choses sont possibles, ce n’est pas par la puissance de l’homme, mais par celle de Dieu seul. Car Dieu s’est révélé, et c’est par la foi que l’homme peut s’approcher de Lui.

La foi initiale

La foi est une faculté par laquelle l’homme s’approprie la Parole de Dieu. Pour le croyant, c’est une faculté de la nouvelle nature qui ne se limite pas à une partie de cette nature, mais s’étend à son ensemble.

La Parole donne encore d’autres acceptions de ce terme : « La foi est l’assurance des choses qu’on espère et la conviction de celles qu’on ne voit pas » (Héb. 11, 1). Tout en étant une définition, ce verset ne parle que d’un côté spécifique de la foi, de certains de ses caractères, l’assurance et la conviction. La foi est l’assurance (ou la ferme conviction) des choses qu’on espère et la conviction (ou démonstration intérieure) de celles qu’on ne voit pas. Les choses invisibles sont donc démontrées à l’âme par la foi, par contre si l’homme est dirigé par ce qu’il voit, la foi n’entre pas en jeu. Il résulte des verbes espérer et ne pas voir (Héb. 11, 1) que la foi signifie croire Dieu, croire ce que Dieu a dit, en avoir l’assurance, en être convaincu. Pour que l’espérance devienne une certitude, et que les choses invisibles convainquent l’homme, il faut la foi, il faut croire. Or croire, c’est tenir pour vrai ce qui est dit, c’est recevoir comme étant vrai quelque chose qui vient de Dieu, Sa Parole, le témoignage qu’Il a rendu. Ainsi Abraham, sur la simple parole de Dieu, obéit, ayant foi en la promesse qu’Il lui faisait. Il croyait ce que Dieu lui disait, étant certain que c’était la vérité, bien que pour lui rien n’ait été évident (« il s’en alla ne sachant où il allait » — Héb. 11, 8). L’évidence, il est vrai, n’existe pas relativement aux sens de l’homme. Mais la conviction intérieure de l’âme, de l’esprit, amène à reconnaître que la Parole de Dieu est la vérité.

Le point de départ de la foi, sa raison d’être et la possibilité de son existence sont subordonnés à la révélation que Dieu a donnée de Lui-même. Car on ne peut avoir foi en quelqu’un dont on ne connaît rien. Or le Seigneur a révélé le Père et maintenant le croyant est Son enfant ; « tu n’es plus esclave, mais fils » (Gal. 4, 7). Alors la foi s’attache à ce qui lui est présenté. Elle est déterminée par ce que Dieu a fait connaître, et l’homme régénéré peut s’approcher de Lui sans aucune crainte, s’adressant à Lui comme à son papa : « Abba Père ».

La foi a son origine dans l’acceptation de la Parole de Dieu, sans que l’esprit ou l’intelligence humains puissent démontrer sa réalité par des raisonnements : « La foi est de ce qu’on entend et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10, 17). Ce verset, remarquable par son absolutisme, décrit la sphère dans laquelle la foi s’exerce. Il y a action de cette Parole sur l’âme et acceptation de ses vérités, vertus qui ne proviennent pas des capacités naturelles de l’homme, mais qui sont des dons de Dieu par grâce. La foi ne peut donc en aucune manière venir de l’homme, elle ne se base pas sur des raisonnements humains, mais elle requiert l’adhésion de l’être tout entier. En conséquence, il ne peut y avoir de vraie foi si Dieu ne s’est pas révélé à l’homme. Il l’a fait par Sa Parole, et c’est cette Parole qu’il faut croire.

La Parole de Dieu s’impose, avec l’autorité divine, d’une façon différente suivant les personnes à qui elle s’adresse. La foi est toujours la même, mais elle peut être plus ou moins intense suivant les croyants. Son intensité a varié suivant la révélation que Dieu a donnée de Lui-même. Ainsi en Romains 4, 22 à 25, on a le caractère distinctif de la foi chrétienne. L’objet de notre foi est différent de celui qu’Abraham possédait. Mais la foi dans son essence est la même. Par contre la foi en un Dieu simplement créateur ne suffit pas : ce n’est pas cette foi qui sauve.

La foi pratique

La foi est la faculté d’avoir Christ continuellement avec soi, sans toutefois Le voir. Par elle le croyant est en communion avec Celui qui s’est révélé à lui, bien qu’Il ne se fasse plus connaître de façon visible aujourd’hui.

Cette foi est de même nature que celle qui sauve, car nous croyons en la même personne, que ce soit lors de la conversion ou après. Il en résulte que l’homme sauvé par la foi, doit marcher selon les principes exigés par cette faculté nouvelle qui l’habite. Ainsi Saul de Tarse, après sa conversion, change totalement de vie. « Aussitôt il prêcha Jésus dans les synagogues, disant que lui est le Fils de Dieu » (Act. 9, 20). Conversion de pensées, conversion d’attitude, conversion d’actions ; l’être de Saul est entièrement changé : autrefois pharisien et sans reproche quant à la loi, il applique maintenant à la foi le même zèle et la même intensité de convictions.

Le croyant doit marcher par la foi, c’est-à-dire d’après la connaissance qu’il a de Dieu. Il a donc une responsabilité. Et plus cette connaissance augmente, plus sa responsabilité est grande. Ses relations avec Dieu sont donc de toute importance. C’est pourquoi le Seigneur Lui-même exhorte les croyants à demeurer en Lui (Jean 15, 4) ; Jean dans son épître dit, d’autre part, que « notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1 Jean 1, 3), la communion avec Celui qui nous conduit étant cette intimité que nous avons avec Lui pour Le connaître mieux. De cette manière le croyant parvient à discerner quelle est la volonté de Dieu et à marcher selon Ses exigences.

Le discernement de la volonté de Dieu

Romains 12, 1 et 2 nous enseigne le secret du discernement de la volonté de Dieu : « Je vous exhorte… à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent… Soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite ». Notons bien qu’il est impossible à un croyant qui désire encore goûter des plaisirs du monde de discerner correctement quelle est la volonté de Dieu. « Si on acceptait la position que Dieu nous a faite, on ferait l’expérience que les choses que recherche la vieille nature n’ont pas de place devant Dieu dans le ciel ; on commencerait à haïr et à redouter les choses qui nuisent à la joie de demeurer en Christ ou qui l’interrompent… » (Traité « La nouvelle naissance… » pages 27-28). Le racheté est appelé à se remettre entièrement, corps, âme et esprit, à Dieu, sans pensées ou volonté personnelles. Ainsi le discernement de la volonté du Seigneur sera facile. Mais la communion avec Celui à qui nous voulons obéir et la connaissance de Sa personne sont nécessaires. Car on ne peut faire la volonté de quelqu’un qu’on ne connaît pas. C’est pourquoi notre marche doit être conforme aux révélations que Dieu a données de Ses exigences. Et pour les connaître, il faut les apprendre dans Sa Parole, que le croyant est tenu de lire.

La vie de la foi selon la volonté de Dieu, est fonction du degré de spiritualité du croyant, de ses relations intimes avec le Seigneur et de l’amour pour Lui. Étienne en est un exemple. Il fut choisi comme diacre parce qu’il avait « un bon témoignage », et était « plein de foi et de l’Esprit Saint » (Act. 6, 3, 5). Sa spiritualité était intense, elle se traduisait en actes merveilleux : « Étienne plein de grâce et de puissance, faisait parmi le peuple des prodiges et de grands miracles » (Act. 6, 8). Ses relations intimes avec le Seigneur se reflétaient sur son visage qui était « comme le visage d’un ange » (Act. 6, 15). Et plus loin : « Lui, étant plein de l’Esprit Saint, et ayant les yeux attachés sur le ciel, vit la gloire de Dieu… et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Act. 7, 55), exprimant par là sa parfaite communion avec son Seigneur. Alors, les hommes du sanhédrin se précipitèrent sur lui, le poussèrent hors de la ville, le lapidèrent… Mais « Étienne priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Act. 7, 59), manifestant ainsi son amour immense pour son Sauveur, allant jusqu’à la mort pour la gloire de Son nom.

La manifestation de la foi

La foi ne peut prétendre exister sans se manifester. Par les œuvres, elle prouve cette existence aux hommes et à Dieu. Étant faites en Dieu, ces œuvres justifient la foi, prouvent ou manifestent que la foi existe chez celui qui les accomplit.

Ainsi Abraham a donné à Dieu la meilleure justification de sa foi en offrant Isaac à Morija, alors qu’il en donnait la preuve aux hommes en disant « nous reviendrons » (Gen. 22, 5).

Nous connaissons plusieurs choses de la Parole de Dieu. Prenons garde que notre foi ne soit pas intellectuelle. Il doit y avoir un contact personnel avec cette Parole et l’assimilation pour soi-même de la connaissance de Dieu dans le cœur.

Simon Pierre — H. Rossier

Depuis la première rencontre du Seigneur Jésus avec Pierre au bord du Jourdain jusqu’au jour où « le moment de déposer sa tente approche rapidement », la Parole nous montre, à travers les évangiles et les Actes, comment la foi de Pierre, souvent chancelante, fut affermie, épurée et toujours plus concentrée sur un seul objet.

Que de scènes précises sont placées devant nos yeux sur les rives du lac de Galilée, sur la mer, sur la montagne, puis à Jérusalem, à Gethsémané et chez Caïphe. Pierre pouvait déclarer avec ferveur : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », mais peu après, être un instrument de Satan auprès de son Maître. Il pouvait affirmer avec force : « Avec toi je suis prêt à aller en prison et à la mort », et quelques heures plus tard, renier Celui qu’il aimait. Mais le regard de Jésus, l’entrevue au jour de la résurrection, le matin merveilleux au bord du lac de Galilée, ont relevé celui qui devait paître les agneaux et les brebis du troupeau du Seigneur.

Objet suprême de tout son amour, c’est Lui encore qu’il place au soir de la vie devant ceux à qui il écrit : « Croyant en lui, quoique maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse ».

La brochure que nous recommandons aujourd’hui nous aide à suivre à travers les évangiles les contacts divers du Seigneur Jésus avec celui qu’Il forme pour Son service.