Le Maître est venu, et Il t’appelle (Jean 11, 28)

G. André

[Feuille aux jeunes n° 179]

Le Maître est venu — Il est là, présent, Il se fait connaître à toi, et par Son appel un lien direct se forme entre ton âme et Lui.

Que d’exemples n’avons-nous pas dans la Parole d’une telle présence, d’un tel appel.

Le jeune Samuel, couché dans la pénombre du temple (la lampe de Dieu n’était pas encore éteinte) « ne connaissait pas encore l’Éternel » (1 Sam. 3, 7). Dans le silence de la nuit, la voix se fait entendre : Samuel, Samuel ! Docile, le jeune homme se lève, va à trois reprises vers Éli, sans réaliser qui lui parle. Averti par le vieux sacrificateur, il peut enfin dire : « Parle, Éternel, car ton serviteur écoute ». Par cette réponse, sa vie entière a été transformée, et « tout Israël a su que Samuel était établi prophète de l’Éternel ».

Au milieu des idoles et des richesses d’Ur, le Dieu de gloire apparut à Abraham pour lui dire : Sors de ton pays et de ta parenté et viens au pays que je te montrerai (Act. 7, 2-3). Révélation du Dieu glorieux, à l’appel duquel la foi répond, pour quitter le milieu où le croyant se trouve et s’en aller vers un but, inconnu des saints de l’Ancien Testament, mais pleinement révélé pour nous. Appel à sortir du monde, de ses liens et de ses pièges, non pas par devoir, ou par mérite, mais « par la connaissance de Celui qui nous a appelés par la gloire et par la vertu » (2 Pier. 1, 3).

« Le Maître est venu », fait dire Marthe à sa sœur ; non pas un inconnu, mais un Maître, aux pieds duquel elle a aimé s’asseoir pour écouter Sa parole. Maintenant, dans ce jour de chagrin et de deuil, Il l’appelle, non pas à aller pleurer sur la tombe de son frère, comme le font ceux qui n’ont pas d’autre consolation (v. 31), mais à venir à Ses pieds, répandre sa peine. Elle va trouver en Lui, Parole faite chair, Celui qui peut entrer dans toutes les douleurs et les peines des siens. À Ses pieds, dans Sa présence, elle avait écouté ; à Ses pieds, répondant à Son appel, maintenant elle pleure ; bientôt, elle viendra, là où deux ou trois qui L’aiment sont réunis autour de Lui, pour verser sur les pieds du Fils de Dieu le parfum de grand prix d’une adoration muette qui pressent Sa mort.

Dans sa nacelle, Pierre ne s’est pas tout de suite rendu compte qui il avait pris à son bord (Luc 5). Le Maître enseignait les foules ; Simon écoute. Il faut l’appel direct du Seigneur, la manifestation de Sa puissance, pour qu’il réalise quelle présence est là. Tout effrayé, Pierre ne peut que dire : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ». Adam, conscient de sa faute, se cache parmi les arbres du jardin ; Caïn, marqué par le meurtre de son frère, sort de devant l’Éternel et devient errant et vagabond sur la terre. Pierre répond à l’appel du Seigneur ; il reconnaît son péché ; aux genoux de Jésus, il se jette, pour y trouver la grâce et entendre Son appel à Le suivre : « Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes ». Appel du Maître au service, où pas à pas l’envoyé du Seigneur sera formé, instruit, relevé ; appel plus d’une fois renouvelé : « Pais mes agneaux… pais mes brebis » (Jean 21, 15-17).

À la fin de la course, un autre appel résonne : « Rends compte de ton administration ; car tu ne pourras plus administrer » (Luc 16, 2). Souvenir d’une visite, qui s’est révélée la dernière, à un serviteur de Dieu, aimé et apprécié, dont le ministère, d’abord dans l’évangélisation, puis au milieu des brebis du Seigneur, s’était poursuivi pendant bien des années. La dernière réunion où nous nous étions trouvés ensemble avait porté sur Luc 16. « Cette nuit, me dit-il, il m’a semblé voir le Seigneur qui me disait : Rends compte de ton administration, car tu ne pourras plus administrer. Et comme dans Sa présence, j’ai repassé ma vie, les années de jeunesse, celles de travail, celles de ministère… et sans cesse revenait la pensée : tu ne pourras plus administrer ». Quelques jours plus tard, le vieux serviteur entrait dans la présence de son Maître. Pour chacun de nous qui sommes à Lui, viendra le moment où, comme dans la parabole, « longtemps après, le Maître vient et règle compte ». L’un apporte cinq talents, l’autre deux, l’autre rien. Pourrons-nous répondre avec joie à cet appel et rendre compte de ce qu’Il nous aura confié : richesses injustes ou vraies richesses (Luc 16, 11) ? Quelle reconnaissance si l’on peut alors L’entendre dire : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en peu de chose… entre dans la joie de ton Maître ». La fidélité aura pu être grande, les talents produits nombreux, mais dans l’appréciation du Maître, ce sera toujours « peu de chose », car « nous sommes des esclaves inutiles ; ce que nous étions obligés de faire, nous l’avons fait » (Luc 17, 10).

Appel à écouter, appel à sortir, à suivre et à servir, à venir aussi pleurer et adorer à Ses pieds ; appel suprême du jour où Il viendra, quand le cri de commandement et la voix d’archange rassemblera autour de Lui Ses rachetés, « et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur ». Écoutons Sa voix qui répète : « Je viens bientôt ».

Et, cri d’amour et d’espérance,
La réponse de tes élus
Par l’Esprit Saint vers toi s’élance :
« Amen, oh viens, Seigneur Jésus ! »

(Hymnes et cantiques 212, strophe 4)