Le souper

P. Jeannin

[Feuille aux jeunes n° 187]

Le souper est souvent, à la fin d’un jour de travail, une halte bienfaisante. Chacun oublie sa fatigue, ses soucis, et retrouve pour un moment l’atmosphère intime de la maison.

Notre vie, elle aussi, est faite d’étapes au terme desquelles, bien souvent, le Seigneur nous invite à nous asseoir un moment avec Lui, et nous répète, comme jadis à Simon : « J’ai quelque chose à te dire ».

D’ailleurs, plusieurs passages de la Parole nous parlent de soupers, et de l’un à l’autre nous pénétrons graduellement dans une intimité plus grande avec le Seigneur.

Le souper de la grâce (Luc 14, 15-24)

« Venez, car déjà tout est prêt ». C’est la voix accueillante du Seigneur qui invite au souper de la grâce.

Hier, tu avais répondu : « J’ai acheté un champ… tiens-moi pour excusé. Et aujourd’hui tu dis : « J’ai acheté cinq couples de bœufs… tiens-moi pour excusé ».

C’était, hier, ton jeune âge ou tes études qui t’avaient retenu ; c’est aujourd’hui une situation qui prend tout ton temps et toutes tes facultés. Pauvre jeune homme, qui restes dehors ; il est peut-être, pour ton âme, plus tard que tu ne penses. Et si demain Dieu, dans Sa grâce, vient encore te dire : « Venez, car déjà tout est prêt », la voix de ta conscience, trop longtemps étouffée, ne dira même plus : « Tiens-moi pour excusé ». Seul ton cœur, pris tout entier par un autre objet qui lui suffit, répondra : « J’ai épousé une femme, et à cause de cela, je ne puis aller ».

Jeune homme, qui pourrais être encore dehors, ne laisse pas ce soir se refermer la porte du grand souper de la grâce. Se rouvrira-t-elle pour toi ?

Le souper de l’intimité (Apoc. 3, 20)

Et toi, mon ami ! Tu dis aimer le Seigneur depuis longtemps peut-être ; tu le dis pour faire plaisir à tes parents, à tes amis ; tu le dis pour éviter des questions que tu juges indiscrètes ; tu te le dis à toi-même pour apaiser ta conscience troublée. Serais-tu « tiède » seulement ? Tu es un familier du souper de la grâce ; on t’y a souvent rencontré. Mais ce soir, le Seigneur que tu as jusqu’ici laissé dehors vient frapper à la porte même de ton cœur : si tu entends ma voix et si tu ouvres, dès ce soir, je souperai avec toi et toi avec moi.

Ton cœur serait-il assez dur pour refuser asile à Celui qui heurte ? Resterait-il insensible à la voix de ton Sauveur quand elle se fait si pressante ? Il te sait accablé et t’apporte Sa paix, Il te sait malheureux et t’apporte Sa joie.

Le souper d’Emmaüs (Luc 24, 13-35)

Au voyageur qui s’était approché d’eux et leur avait demandé : « Quels sont ces discours que vous tenez entre vous en marchant, et vous êtes tristes ? », les disciples avaient parlé d’un Jésus mort.

Dans notre vie pratique, chers jeunes amis, n’est-il pas souvent un Jésus mort, un Jésus dont on parle un peu à la maison ou à ses amis, par convenance, mais dont on cache le nom à ses voisins, à ses compagnons de travail, par crainte de l’opprobre qui s’attache à ce nom ?

Alors Jésus s’est approché des deux disciples, et commençant par Moïse et par tous les prophètes, Il leur a expliqué, dans toutes les Écritures, les choses qui Le regardent. Puis Il est entré pour rester avec eux.

Souper combien béni ! Tristesse du cœur changée en une joie débordante, regard qui s’ouvre enfin pour découvrir un Christ vivant, un Christ présent, un Christ qui se révèle à l’âme. Dès ce soir-là, la route jusqu’à Jérusalem n’est pas trop longue pour les deux messagers qui vont crier à d’autres : Il vit, nous L’avons vu de nos yeux et Il a parlé à nos cœurs.

Le souper de l’adoration (Jean 12, 1-8)

Marie ne s’est pas assise ce soir-là ; ce n’est déjà plus pour elle l’heure de se réjouir avec son frère retrouvé. Un secret lie son cœur à celui de son Seigneur : tout à l’heure, il faudra, elle le sait, que Jésus aille prendre dans la mort la place de Lazare qu’Il vient de ressusciter. C’est le moment unique de témoigner à Celui qu’elle reconnaît comme Sauveur la profondeur de son attachement. C’est déjà pour elle, sans qu’aucun mémorial ait été institué, l’heure du souvenir. Et l’amour, joint à une intelligence spirituelle délicate, dicte à cette femme prosternée un acte d’adoration unique, et certainement le plus précieux au cœur de Celui qui se rend au Calvaire.

Quelle place prenons-nous, jeunes amis, quand nous entrons au culte, le dimanche pour adorer ? Sachons dans un tel moment suivre le chemin de Marie ; le Seigneur n’est pas réjoui seulement par les chants et les actions de grâces ; ce qui Lui est encore plus précieux, c’est le moment où l’un des siens, laissant le vase se briser, lui offre ce qu’il avait personnellement mis à part pour Lui : « Mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi » (Cant. 7, 13).

Le souper du souvenir (Luc 22, 14-23)

« Faites ceci en mémoire de moi » ; voilà ce que le Seigneur, après avoir Lui-même rendu grâces, dit aux quelques-uns qui étaient groupés autour de Lui, leur présentant le pain rompu et la coupe après le souper. Combien cette prière dut rester gravée dans le cœur des disciples !

Ils comprirent plus tard qu’ils venaient de vivre là un moment qui n’avait pu être accordé ni à un Moïse, ni à un Élie, ni même à un Jean le baptiseur.

À leur suite, des générations de croyants sont venus prendre place autour du même Seigneur, autour des mêmes signes ; certains ont été fidèles à ce mémorial jusqu’à la persécution, d’autres même jusqu’au martyre.

… « Faites ceci en mémoire de moi ». Cette invitation a traversé vingt siècles, pour venir aujourd’hui jusqu’à nous. Serait-il possible que le Seigneur, un jour, doive dire à l’un de nous : « Mais toi, tu ne l’as pas voulu » ?

Chers jeunes amis croyants, laissons souvent le Seigneur venir « s’asseoir chez nous », dans les occupations ou les loisirs de nos journées, dans notre foyer comme dans notre cœur. De l’intimité de tels moments dépendent bien souvent la paix et la joie que nous éprouverons quand Il nous accordera le privilège de venir « nous asseoir chez Lui ».

Poursuivez la sainteté — M. Tapernoux

Cette brochure, qui résume nos entretiens de l’été dernier avec divers frères, jeunes gens, et jeunes filles, est destinée à tous les jeunes qui aiment le Seigneur et désirent Le suivre. Elle souligne à la fois notre position en Christ et notre responsabilité de marcher en nouveauté de vie, comme il convient à ceux qui désirent rendre témoignage à leur Seigneur qui a tant fait pour eux.