« Il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal »
2 Cor. 5, 10
Pensée heureuse et précieuse, quelque solennelle qu’elle soit ; car si nous avons réellement compris la grâce, si nous sommes fondés dans la grâce, si nous savons ce que Dieu est, qu’Il est tout amour pour nous, toute lumière pour nous, nous aimerons à être dans la pleine lumière. C’est une délivrance précieuse que de s’y trouver. Quelque chose de caché c’est un fardeau, un poids sur le cœur, et quoiqu’il y ait eu en nous beaucoup de péchés que personne ne connaît, peut-être même des péchés que nous avons commis et qu’il ne serait d’aucun profit à personne de savoir, c’est un soulagement, si nous connaissons l’amour parfait de Dieu, de savoir que tout est dans la parfaite lumière devant Lui.
Sans la connaissance de la grâce, nous craignons la lumière, et il ne peut en être autrement ; mais quand nous connaissons la grâce, quand nous savons que le péché a été ôté pour ce qui concerne la gloire de Dieu, et que l’offense n’est plus sous Ses yeux, nous aimons à être dans la lumière. C’est une joie pour nous, et c’est ce dont le cœur a besoin. Être ainsi dans la lumière et « être manifesté », c’est une seule et même chose, car la lumière manifeste tout. Nous sommes dans la lumière par la foi quand notre conscience est dans la présence de Dieu ; nous serons selon la perfection de cette lumière quand nous paraîtrons devant le tribunal du Christ.
Mais il y a plus que cela. Quand le chrétien sera ainsi manifesté, il sera déjà glorifié et parfaitement semblable à Christ, et n’aura alors aucun reste de la mauvaise nature dans laquelle il a péché. Il pourra regarder en arrière sur tout le chemin dans lequel Dieu l’aura conduit en grâce, l’aura aidé, soutenu, gardé de chutes, Lui qui ne retire pas Ses yeux de dessus le juste. Il connaîtra comme il a été connu. Quelle histoire de grâce et de miséricorde ! Si maintenant je regarde en arrière, mes péchés ne pèsent pas sur ma conscience, bien que j’en aie horreur : Dieu les a jetés derrière Son dos. Je suis la justice de Dieu en Christ ; mais quel sentiment d’amour et de patience, de bonté et de grâce ! Combien tout apparaîtra plus parfait alors, quand tout sera devant moi. Assurément il y aura un grand gain quant à la lumière et à l’amour, lorsque nous rendrons compte de nous-mêmes à Dieu, sans qu’il reste une trace de mal en nous.
« Il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » ; ils ne viennent pas en jugement, mais chacun sera manifesté devant le tribunal de Christ, et recevra ce qu’il aura fait dans son corps. Le bien ne mérite rien : le croyant a reçu ce par quoi il a fait ce qui est bien ; la grâce l’a produit en lui ; toutefois il en recevra la récompense : ce qu’il a fait est estimé comme étant de lui.
Si, en négligeant la grâce et le témoignage de l’Esprit en lui, les fruits que le chrétien aurait dû produire ont été écartés, il en portera les conséquences. La chair l’a empêché de porter le fruit naturel de la présence du Saint Esprit et de Son opération dans le nouvel homme. Le Saint Esprit aura fait tout ce qui était nécessaire en rapport avec l’état du cœur où Il demeurait ; et le conseil parfait de Dieu à l’égard de la personne elle-même aura été accompli, Sa patience aura été manifestée ; aussi bien que Sa sagesse, Ses voies, Son gouvernement et les soins qu’Il daigne prendre de chaque croyant individuellement dans Son amour plein de condescendance. Mais le fruit naturel de la présence et de l’opération du Saint Esprit dans une âme, qui a eu ou qui aurait dû avoir, d’après les avantages dont elle a joui, une certaine mesure de lumière, ce fruit, dis-je, n’aura pas été produit. Ce qui en a empêché la production sera manifesté.
Tout ce qui était bien ou mal en soi-même sera jugé selon le jugement de Dieu, avec un sentiment solennel de ce que Dieu est, et une fervente adoration à cause de ce qu’Il a été pour nous. La parfaite lumière sera appréciée, les voies de Dieu seront connues et comprises dans toute leur perfection, la lumière parfaite sera appliquée à toute la suite de notre vie et des voies de Dieu envers nous.
La conscience que nous devons tous être manifestés devant le tribunal de Christ engage le cœur du croyant accepté de Dieu à chercher à plaire au Seigneur à tous égards ; et, dans le sentiment de tout ce qu’il y a de solennel pour un pécheur de paraître devant Dieu, l’amour pousse le cœur du racheté à chercher, par amour, les âmes en danger de ce jugement. L’amour est stimulé envers les autres pas seulement par la crainte du jugement à venir pour eux ; l’amour du Christ étreint — l’amour manifesté dans la mort.
Les pensées que l’on vient de lire sont tirées des « Études sur la Parole » de J.N. Darby, sur la seconde épître aux Corinthiens. Nous les avons citées pour leur valeur propre, mais aussi pour montrer aux jeunes qui désirent faire des progrès dans les choses d’en haut quel intérêt profond il y a à mettre à profit les écrits de ce serviteur. Les Études sur la Parole ne sont pas un commentaire, verset après verset, du texte biblique. On trouvera dans la collection des Messagers Évangéliques de nombreux travaux de ce genre. La Synopsis de J.N. Darby, comme on a appelé ses Études sur la Parole, donne les grandes lignes, les principes fondamentaux.
C’est une lecture qui demande réflexion et prière et ne peut pas être faite superficiellement. Mais que l’effort spirituel nécessaire pour entrer dans ces choses ne rebute pas ceux qui désirent croître. On ne saurait grandir en se contentant de lait ! Prenons plutôt garde que le reproche de l’apôtre aux Hébreux ne mérite de nous être adressé : « Vous êtes devenus paresseux à écouter. Car lorsque vous devriez être des docteurs, vu le temps, vous avez de nouveau besoin qu’on vous enseigne quels sont les premiers rudiments des oracles de Dieu… Vous avez besoin de lait et non de nourriture solide » (Héb. 5, 11-12).
Dans sa préface, J.N. Darby écrivait : Rien de plus nuisible que cette paresse qui aime mieux s’arrêter à quelques pensées, que de sonder la Parole divine elle-même, car celle-ci se refuse à l’âme qui ne cherche pas auprès du Seigneur, dans la diligence, la spiritualité et le dévouement, l’intelligence que Lui seul peut donner… Je prie le lecteur de ne pas faire la lecture de ces pages sans l’accompagner de celle de la Parole, de n’en prendre connaissance que pour étudier la Parole. Mon but est de la faire étudier, et j’espère même qu’il sera impossible de s’en servir autrement qu’en étudiant la Parole elle-même. Que l’effet n’en soit pas seulement la joie de l’intelligence, mais une vraie communion avec Dieu.
Recueil de pensées de J.N. Darby
Nous désirons à nouveau recommander à nos lecteurs cet ouvrage.
Après la mort de J.N. Darby, des amis ont recueilli dans ses écrits et sa correspondance nombre de pensées intéressantes, classées en cinquante-deux chapitres, un pour chaque semaine de l’année. Voici quelques titres : Le péché — La grâce — Les perfections de Christ — Le besoin d’une direction — Le combat — La joie — Regardant à Jésus — Le service — Le secours venant du sanctuaire — Chute et restauration — Bon courage aux pèlerins — La lumière céleste, etc.
Sous chaque titre sont donc groupées des pensées s’y rapportant. Citons-en quelques-unes :
— C’est une bonne chose d’en avoir fini avec nous-mêmes et de concentrer nos regards sur Jésus dans le ciel. Nous avons le droit de nous oublier nous-mêmes ; nous avons le droit d’oublier nos péchés ; nous avons le droit d’oublier toutes choses… sauf Jésus.
— J’aimerais vous voir dans la jouissance habituelle d’une joie plus profonde que démonstrative ; si Jésus est au fond de votre cœur, votre joie sera profonde.
— Un peu de repos à l’écart nous permet souvent de voir toutes choses paisiblement avec l’œil de Christ.
— La foi me fait voir que Dieu est plus grand que mon péché, et non pas que mon péché est plus grand que Dieu.
— Une nouvelle position donne lieu à de nouvelles tentations, mais si celles-ci sont nouvelles, la grâce nécessaire pour en triompher est aussi fraîche, aussi variée, aussi infinie que l’exigent les circonstances, quand nous sommes où Dieu veut nous avoir.
— Il y a dans les joies et les afflictions, une intimité avec Jésus, une communion avec Lui, une dépendance intime de Son approbation, auxquelles nul autre ne peut participer. Un cœur qui Le connaît ne pourrait se passer de ces expériences.
— Le temps viendra où toutes nos souffrances auront pris fin, mais notre ami demeurera. Il est entré dans les angoisses les plus profondes de nos cœurs et veut nous faire partager Sa joie à toujours.