Préférences et comparaisons

A. B.P.
[Feuille aux jeunes n° 23]

Préférer un objet à un autre, telle personne à telle autre, est chose commune sous le soleil. Les préférences sont ancrées dans l’homme depuis qu’il est sur la terre ; elles sont naturelles, humaines ; on ne les empêche pas. Vous êtes libre de préférer ce paysage à celui-ci et d’aimer tout particulièrement, entre plusieurs choses de nature différente ou de même nature, celle qui vous plaît le plus. Et si je vous dis que je préfère à ce tableau que vous aimez tel autre qui est spécialement de mon goût, vous n’en serez pas fâché. La gamme des préférences et des goûts est infinie.

Mais il y a pourtant lieu, dans certains cas, d’examiner sérieusement les raisons de nos préférences, et spécialement lorsque des personnes sont en cause. Nous constaterons alors que, émanant de nos cœurs égoïstes et vaniteux, il peut y avoir en elles quelque chose de condamnable, si bien que nous ne devons pas nous laisser gouverner par elles. Si Jacob avait une préférence bien légitime pour son fils Joseph, Isaac aimait d’autre part Ésaü plutôt que Jacob, simplement parce que le gibier était sa viande. Ses préférences étaient charnelles, trop humaines dirons-nous. Toutes ne sont pas aussi basses en apparence, mais participent néanmoins de cette nature égoïste qui est en nous, toute remplie d’orgueil. Elles peuvent me conduire, par exemple, à choisir comme ami tel jeune homme, non seulement parce qu’il m’est sympathique, qu’il y a en lui ce qui répond à certains de mes goûts (ce qui se ressemble ne s’associe-t-il pas tout naturellement ?), mais aussi ce qui peut flatter mon orgueil — et c’est là un point essentiel sur lequel nous avons à veiller.

La vraie et utile amitié selon Dieu[1] doit s’élever au-dessus des préférences purement humaines, au-dessus de l’esprit de classe et de parti qui caractérise nos temps et divise les hommes. L’amitié dégénérée, qui ne mérite plus le nom de chrétienne, nous isole de la masse de nos frères et nous conduit, pour une question de préférence trop intéressée, à nous plaire à nous-mêmes et à satisfaire nos goûts dans le choix de ceux que nous voudrions nous associer.

Or nous devons tendre à passer par-dessus ce qui est le propre de l’homme dans la chair et nous appliquer à aimer sans distinction et sans esprit de parti. « Que rien ne se fasse par esprit de parti, ou par vaine gloire ; mais que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même » (Phil. 2, 3). « Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment d’un cœur pur » (1 Pier. 1, 22).

Évitons aussi les comparaisons, qui peuvent être dangereuses. Soyons prudents en comparant nos frères, les jeunes comme les plus âgés, et ne nous hâtons pas de formuler une appréciation en soulignant que nous préférons de beaucoup tel frère à tel autre. Vous admirez avec raison la rose magnifique au parfum enivrant, mais n’oubliez pas que Dieu a mis Sa gloire aussi bien dans l’humble fleur que foule votre pied. Ne comparez pas, ou plutôt comparez sagement, et appréciez chaque chose à sa place dans l’admirable diversité que vous offre, dans son unité, la merveilleuse création de Dieu. Et cette étonnante diversité dans l’unité se retrouve dans les dons du Seigneur et dans le corps qui est un et où chaque membre doit être apprécié à sa place. Pourquoi comparer la main avec le pied, l’un et l’autre ayant une fonction différente ? Et pourquoi l’un se réclamerait-il du nom de Paul et l’autre d’Apollos ? « Qu’il n’y ait point de division dans le corps, mais que les membres aient un égal soin les uns des autres ».

Combien sont grandes et belles les leçons de l’amour divin qui s’est attaché à ce qui est petit et méprisable ! Et combien mesquines et fragiles sont le plus souvent nos préférences, si petites en regard de cet amour qui nous inonde ! Elles sont habituellement et naturellement basées sur ce à quoi l’homme regarde : l’extérieur, les qualités naturelles, le talent, l’argent, et nous laissent ignorants de tant de vertus cachées chez ceux que nous estimons peu. Fragiles, elles subissent l’influence de tous les vents de médisance et sombrent si vite. Aveugles, injustes, passionnées, elles engendrent si facilement les dissensions, les querelles, la haine même.

Aussi, poursuivons plutôt les choses qui tendent à la paix et à l’édification mutuelle et n’insistons pas sur les excellentes raisons que nous avons pour « aimer mieux » celui-ci plutôt que celui-là, ceux-ci plutôt que ceux-là, en cachant peut-être dans nos paroles ou dans nos cœurs quelque secret mépris à l’adresse de ceux que nous abaissons.

Mais si, après tout, nous aimons à cultiver les préférences, penchons-nous alors avec prédilection sur les délaissés, sur ceux de nos frères qui réunissent le moins de suffrages parmi nous, mais toujours sans oublier les autres, « ayant, les uns envers les autres, un même sentiment ; ne pensant pas aux choses élevées, mais nous associant aux humbles ».


Cantiques

L’intérêt rencontré il y a deux ans par les recherches que nous avions proposées aux jeunes dans les deux recueils de cantiques les plus en usage parmi nous, nous a engagés à renouveler cette tentative.

Il est, en effet, bien à désirer que les beaux cantiques que le Seigneur nous a donnés par le moyen de plusieurs des siens soient mieux connus et appréciés. Dans le rassemblement et la famille, on ne se bornera pas alors à chanter quelques numéros seulement — toujours les mêmes — mais les richesses variées à notre disposition seront davantage mises à profit.

En regard de chaque citation, indiquer le recueil, numéro et verset d’où elle est tirée.

L’amour

Nous pouvons chaque jour… savourer ton amour

À chaque instant j’éprouve ton amour

Ta voix d’amour… nous conduisait chaque jour

Dans ton amour suprême tu m’as donné… ton Fils

Ton fidèle amour (2)

Son amour suprême nous embrasse tous

Notre seul droit, c’est ton amour

Tout, dans ta personne… est amour

L’amour… te fit descendre à… Gethsémané

Qui devrait mieux que nous… célébrer ton amour ?

Nous voulons célébrer… ton ineffable amour

Dans la maison du Père… contempler… l’amour

L’amour du Rédempteur… est… magnifique

L’éternel hymne d’amour

Dans ton amour il est un doux repos

Ranime… notre amour

Bientôt… nous comprendrons tout ton amour

Ils disent… à chacun… ton amour

Amour… insondable… nos yeux ont pu te voir

L’amour fidèle

Ton amour me tient à couvert

Ton amour tout-puissant couvre notre misère

Pour un si grand amour, que te rendre ?

L’amour dont Son cœur est rempli

Son amour que rien n’altère

Ton Église… objet constant de ton amour

Devant ton grand amour disparut notre peine

La joie

Ma joie et ma victoire

Le ciel retentit de chants et d’allégresse

Ici-bas… épreuve… joie… combats

Joie… au ciel… près de Jésus

En toi nous avons paix… et joie

Pleins d’une joyeuse espérance

Son consolant regard les réjouit

Tu seras ma joie

Nous réjouir en toi… est notre lot

Chantons avec allégresse

Dans ta communion… plein de force et de joie

Profonde joie !… Jésus pardonne

Joyeux, dans l’immense avenir

L’Église te verra… quelle joie infinie !

Notre joie est entière

Le vrai bonheur… c’est d’avoir Jésus

Cet astre d’allégresse

Ta paix et ta parfaite joie

Les félicités de la maison du Père

Sous ton regard, la joie est sainte

Là… tout est allégresse

Toi la source de nos joies

Ma joie c’est Jésus

Dans l’épreuve… ta voix nous réjouit

Jouir… de ses doux rayons

Une félicité sans fin

Se réjouir à ta lumière

Les souffrances de Christ

Sauveur méprisé

L’homme de douleur(s) (2)

Fils de l’homme, élevé sur la croix

D’amertume abreuvé

Son œuvre expiatoire

Sa cruelle agonie

La coupe… a débordé pour toi

L’homme humble et solitaire

Avec toi n’ayant personne

De nos péchés tu subis l’affreux sort

Sauvé par tes blessures

Couronné d’épines… sur la croix

Tous les maux qu’Il endura pour nous

Pour nous Il a souffert la croix

Tu te laissas attacher à la croix

Toi qui pour nous t’offris en sacrifice

Nous contemplons… ta mort sanglante

Ce suprême abaissement

Dans de saintes douleurs Jésus est mort

Divin supplice

Sur le bois infâme, Il a voulu mourir

De la gloire… aux profondes douleurs

Tes deux mains percées

Tu parcourus… ton chemin solitaire

Tu… fus anathème

Tu reçus tous les coups

Cœur qui souffris pour moi

Il a pris notre place comme un agneau