Que faire dans un temps mauvais ?

B. Rossel

[Feuille aux jeunes n° 169]

Comme une sœur âgée entendait parler des temps mauvais que les assemblées traversent, elle s’écria : « Et nos jeunes, que deviendront-ils ? ». Cette question a provoqué les lignes qui vont suivre. Puissent le cœur et la conscience de nos jeunes frères et sœurs être réveillés par les exemples que nous désirons leur présenter !

Tout au cours de l’histoire du peuple hébreu, puis durant les vingt siècles du pèlerinage de l’Église sur la terre, il y a eu des périodes sombres, où il était parfois difficile de discerner nettement quel chemin il fallait choisir. Sans doute est-il plus aisé, à certains égards, de servir le Seigneur quand une réelle prospérité spirituelle se manifeste et que des conducteurs fidèles montrent clairement la voie à suivre. Mais nous le verrons. Si certains éléments, profitant d’une période troublée, s’éloignent de la Parole, d’autres au contraire, dans les difficultés mêmes des bien-aimés de Dieu, font preuve de fidélité et de persévérance.

Examinons quatre cas précis que nous présentent l’Ancien et le Nouveau Testament.

Dathan et Abiram (lire Nomb. 16)

Alors que le peuple de Dieu est harassé par une longue marche dans le désert, Coré, avec deux cent cinquante hommes, « princes de l’assemblée, hommes appelés au conseil, des hommes de renom », se révoltent contre Moïse et Aaron et par là contre l’Éternel Lui-même. La situation est critique pour le peuple. Or, profitant de ces graves difficultés, Dathan et Abiram, au lieu de se ranger aux côtés des conducteurs établis par Dieu, leur adressent des reproches cinglants. « Veux-tu crever les yeux de ces gens ? » s’écrient-ils, c’est-à-dire : « Empêcheras-tu le peuple de constater la différence entre la réalité actuelle et les promesses que vous lui avez faites ? ».

Voilà une attitude pleine d’instruction pour nous ! Quand tout paraît aller mal dans l’assemblée, on met en doute la fidélité de Dieu, on ajoute sa propre révolte à la révolte d’autrui. Mais nous le savons, Dieu intervient au moment qu’Il juge à propos. Puissent les douloureux rappels de Deutéronome 11, 6 et de Psaume 106, 17, nous servir d’avertissements !

Démas

Démas s’associe à l’apôtre Paul, pour saluer les saints et fidèles frères en Christ qui sont à Colosses (Col. 1, 2 et 4, 14). De même, il saluera Philémon, Apphie, Archippe et l’assemblée qui se réunissait chez Philémon (Philém. 1, 2, 24). Hélas ! quand les circonstances de l’apôtre se sont aggravées, voyant les défections se multiplier, lui-même abandonne Paul, parce qu’il a aimé le présent siècle (2 Tim. 4, 10).

Opposons à ces deux cas, ceux de fidèles serviteurs de Dieu, fidèles dès leur jeune âge.

Josias

Monter sur le trône à huit ans pour succéder à un père et à un grand-père tels qu’Amon et Manassé (2 Rois 22, 1), quelle tâche pour un enfant ! En effet, Amon avait servi les idoles que son père avait servies et se prosterna devant elles ; et il abandonna l’Éternel, le Dieu de ses pères, et ne marcha pas dans la voie de l’Éternel (2 Rois 21, 21-22).

Que va faire Josias ? À seize ans, il cherche le Dieu de David (2 Chron. 34, 3), à vingt ans, il commence à déraciner l’idolâtrie dans son royaume (2 Chron. 34, 3), et à vingt-six ans, il fait célébrer la Pâque de l’Éternel avec une grande solennité (2 Chron. 34, 8 à 35, 19).

Seize, vingt, vingt-six ans : trois étapes de la jeunesse d’un roi pieux. Pourrons-nous songer de la même façon à nos seizième, vingtième et vingt-sixième années ?

Timothée

Encore un nom qui nous rappelle la fidélité d’un jeune serviteur de Dieu dans un temps de ruine. Pour se rendre compte de l’état de certaines assemblées à cette époque, il suffit de lire les deux épîtres à Timothée. Quelles expressions trouvons-nous sous la plume de l’apôtre ? Faire naufrage quant à la foi (1 Tim. 1, 19) ; apostasier de la foi (1 Tim. 4, 1) ; renier la foi (1 Tim. 5, 8) ; rejeter la foi (1 Tim. 5, 12).

En outre, comment ont agi certaines personnes de ce temps-là ? Lisons les passages cités en regard de leurs noms :

— Hyménée et Alexandre (1 Tim. 1, 20)

— Phygelle et Hermogène (2 Tim. 1, 15)

— Hyménée et Philète (2 Tim. 2, 16-18)

— Ceux qui résistent à la vérité à l’instar de Jannès et Jambrès (2 Tim. 3, 8-9).

Or Timothée, quoique jeune (1 Tim. 4, 12), est un serviteur de Jésus Christ fidèle, actif, désintéressé (Phil. 2, 19-23).


Dathan, Abiram, Démas : trois noms qui nous rappellent une révolte et une défection favorisées par des temps mauvais.

Josias et Timothée, deux jeunes serviteurs, pleins de piété et de zèle en dépit de circonstances difficiles et troublées.

C’est à nous qui connaissons une période de déchirements et de défections qu’il appartient de nous demander qui nous allons imiter.