Ta famille

H. A.

[Feuille aux jeunes n° 136]

« Va dans ta maison, vers les tiens »

Marc 5, 19

Bartimée, le mendiant aveugle de Jéricho, ayant recouvré la vue, suivit Jésus dans le chemin. Dans le Nazaréen méprisé, Bartimée avait discerné le Roi, le Fils de David, le Sauveur. Et maintenant, il fixait les yeux sur Jésus, exclusivement sur Jésus (Héb. 12, 1, 2).

Le démoniaque du pays des Gadaréniens, une fois guéri, désirait lui aussi suivre Jésus. Cet homme, terreur des siens, avait vécu dans les sépulcres, brisant ses chaînes, emporté dans les déserts ; nous le retrouvons « aux pieds de Jésus, assis, vêtu et dans son bon sens ». Il supplie son Sauveur de lui permettre d’être avec Lui. Mais Jésus le renvoya en disant : « Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a usé de miséricorde envers toi » (Marc 5, 19). Chaque membre de sa famille, voyant les merveilles de la grâce, la victoire sur Satan, écoutait l’histoire de la miséricorde divine. « Un homme appelé Jésus… ». Qu’elle était persuasive, la parole sortant d’une telle bouche, venant d’un tel cœur, bien plus agissante qu’elle ne l’eût été pour ceux qui n’auraient pas connu le démoniaque avant sa guérison ! Maintenant il connaissait Jésus. Son désir était que ceux qu’il aimait viennent à la bienheureuse connaissance de ce Sauveur.

Ce sentiment n’est-il pas naturel ? Si je bénéficie du parfait bonheur, d’une riche bénédiction, ne voudrais-je pas que mes bien-aimés en jouissent aussi ? Ainsi, la première pensée de Rahab, après avoir attaché le fil d’écarlate à la fenêtre — sa propre sécurité — fut de faire entrer dans sa maison son père, sa mère, ses frères, toute la maison de son père (Jos. 2, 18). Sa parole convaincue et convaincante fut écoutée. Elle fut l’instrument du salut de toute sa famille (Jos. 6, 23, 25).

Bien au contraire, « il sembla aux yeux des gendres de Lot qu’il se moquait » alors que leur beau-père leur disait : « Levez-vous, sortez de ce lieu, car l’Éternel va détruire la ville » (Gen. 19, 14). Comment pouvaient-ils croire la parole d’un homme qui avait convoité la plaine du Jourdain arrosée partout comme le pays d’Égypte ? Lot avait oublié de laisser choisir son oncle Abraham, qui pourtant était à l’origine de sa prospérité. Elle était sans poids, la parole de celui qui avait dressé ses tentes jusqu’à Sodome, et ensuite « habitait Sodome », où les hommes étaient méchants, grands pécheurs devant l’Éternel. Si la grâce de Dieu pouvait discerner en Lot un juste (2 Pier. 2, 7), les membres de sa famille n’y voyaient qu’un « individu » qui jouait au « juge » (Gen. 19, 9). Ils périrent avec les villes de la plaine et leurs habitants. Quelle confusion et quelle douleur pour Lot !

Il en est assez de ces courts exemples pour qu’à cette lumière nous sondions nos cœurs. Sans doute des peuplades lointaines attendent-elles encore le message de la bonne nouvelle ; sans doute que tout le long du chemin, j’ai à « saisir l’occasion ». Mais si vraiment il y a de la joie dans mon cœur, c’est d’abord aux miens que je dois en faire part. Posséder Jésus pour son Sauveur et savoir que son frère et sa sœur, que l’on aime d’un amour vrai, n’ont de joie que dans les « délices du péché », indifférents au jugement qui pèse sur ce monde, sont deux choses inconciliables. Bien sûr quelqu’un de proche nous voit dans le détail de notre vie ! La critique de notre témoignage — taquinerie, raillerie ou jugement — ne nous sera pas épargnée. Raison de plus pour juger nos voies. Mais aussi « la parole à propos, assaisonnée de sel » sera d’autant mieux écoutée et portera des fruits. Dans les choses matérielles de la vie de chaque jour, quel que soit son caractère ou l’estimation qu’il a de lui-même ou les moyens dont il dispose, l’enfant de Dieu « doit apprendre premièrement à montrer sa piété envers ceux de sa propre maison, car cela est agréable devant Dieu » (1 Tim. 5, 4). « Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère » (1 Jean 4, 21).

Premier témoignage du croyant ! Envers ses parents ou ses frères, dans la maison paternelle. Et si, jeune père à son tour, il a fondé un foyer, sa responsabilité première, avant le service au-dehors, ne sera-t-elle pas envers sa compagne et les jeunes âmes que Dieu lui aura confiées ? « Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte… ».