Vingt-cinq ans

G. André

[Feuille aux jeunes n° 149]

Voici vingt-cinq ans que le Seigneur avait mis au cœur de quelques amis de faire paraître de temps en temps — d’abord dans la Bonne Nouvelle, puis comme feuille indépendante — un article spécialement destiné « aux jeunes ». Le numéro d’aujourd’hui est donc le premier d’un nouveau quart de siècle.

Année après année, divers frères ont continué à donner quelque message à la jeunesse, conseils pratiques, réflexions sur une portion de la Parole, expériences de la marche, du témoignage et du service.

Ceux qui, il y a vingt-cinq ans, étaient « à la tête parmi nous dans le Seigneur et nous avertissaient », sont maintenant presque tous auprès de Lui. Avec quelle reconnaissance nous repensons au ministère qui leur avait été confié. Depuis lors, le Seigneur a suscité parmi ceux que nous appelions avec quelque impertinence « la génération silencieuse », des serviteurs qui continuent à nourrir les âmes et à présenter la parole de la grâce.

Mais que dire de cette génération à qui s’adressaient les premiers numéros de notre feuille, maintenant plus ou moins au milieu du chemin de la vie ? Les rangs se sont éclaircis. Un certain nombre s’en sont allés : pour les uns, ce fut le port désiré ; pour d’autres, une séparation douloureuse d’avec les leurs, mais dans la foi que si Dieu les retirait de ce monde, Il pourvoirait ; pour d’autres, hélas, ce fut la fin tragique et le point d’interrogation qui plane sur l’issue d’une vie où l’on a d’abord confessé appartenir au Seigneur pour montrer ensuite, dans sa conduite, qu’il n’en était peut-être rien. Qu’en est-il de ceux, bien plus nombreux, qui ont été laissés dans ce monde pour être « manifestés… par l’épreuve » ? Par la grâce de Dieu, plusieurs cherchent à suivre le Seigneur et à rendre témoignage à Son nom, soit individuellement, soit collectivement ; mais certains ne se sont-ils pas refroidis, ou endormis, ou découragés ? Et d’autres encore, ne se sont-ils pas franchement détournés ? À tous s’adresse l’exhortation de l’apôtre : « Nous devons porter une plus grande attention aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne nous écartions » (Héb. 2, 1). Ne vaut-il pas la peine de faire le point, et selon Deutéronome 8, de nous souvenir de tout le chemin parcouru ? chemin où Il nous a humiliés, éprouvés, mais aussi fait faire l’expérience de Sa grâce ? L’un des grands pièges ne reste-t-il pas celui prévu par ce chapitre : dire en son cœur « ma puissance et la force de ma main m’ont acquis ces richesses » (spirituelles pour nous, chrétiens) ? Pourtant la Parole insiste : « C’est lui qui te donne de la force pour acquérir… ».

Un mot aussi à la nouvelle génération de « jeunes » encore au début de la vie chrétienne. Il ferait beau vous avoir tous présents, réunis en un grand cercle sous le regard du Seigneur, pour nous sentir ensemble devant Lui, afin d’écouter ce qu’Il aurait à nous dire. Vous avez vos problèmes, vos perplexités, mais aussi votre sincère désir de suivre le divin modèle ; chez vos aînés, vous constatez beaucoup de déficiences, de choses qui vous étonnent. C’est vrai, à quoi bon le cacher. Mais il est une leçon que vous apprendrez, comme eux dans leur petite mesure ont essayé de l’apprendre : seule la grâce de Dieu peut nous amener au but. La grâce qui nous a sauvés, la grâce qui nous enseigne et nous relève, la grâce qui nous sera apportée à la révélation de Jésus Christ — « la vraie grâce de Dieu dans laquelle vous êtes » (1 Pier. 5, 12).

Ne pas nous reposer sur quoi que ce soit que nous ayons appris, reçu ou atteint, mais sur la seule grâce de Dieu. Ne pas contempler avec satisfaction nos privilèges (si reconnaissants que nous soyons de tout ce que le Seigneur nous a donné), pour nous en parer comme d’un manteau de propre justice ; mais reconnaître que seule la grâce a pu nous ouvrir les yeux et seule les maintiendra ouverts dans la contemplation de l’unique personne en laquelle soient renfermés « tous les trésors de la sagesse et de la connaissance ».

Veuille le Seigneur nous garder tous, et continuer, s’Il le juge bon, à nous donner par notre petite feuille quelques exhortations et encouragements pour nous aider à mieux Le suivre dans le chemin étroit où Sa grâce nous a fait entrer.