2 Chroniques 6, 1 et 2

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 28]

Ce n’était pas un moment habituel, dans l’expérience d’un homme de Dieu, que celui où Salomon prononça ces paroles. « L’Éternel a dit qu’il habiterait dans l’obscurité profonde. Mais moi j’ai bâti une maison d’habitation pour toi, un lieu fixe pour que tu y demeures à toujours ».

C’était une pensée merveilleuse, que quelque chose de fait ou d’érigé à la surface de cette terre souillée, au milieu de ce monde révolté, puisse solliciter le Dieu de gloire depuis cette distance à laquelle le péché L’avait repoussé, si je puis m’exprimer ainsi. Car le péché L’avait rendu étranger à cette scène de Sa création. Une distance infinie, des ténèbres impénétrables, se trouvent entre Lui et le monde qui s’est rebellé — et la pensée, la conscience de cela, était assurément merveilleuse, qu’Il a été ramené pour avoir de nouveau Son tabernacle avec l’homme.

Mais il en est ainsi. Et ainsi, il fut donné à l’esprit de Salomon de le goûter et de le connaître, en cette grande occasion.

C’était une anticipation passagère et momentanée du royaume. Salomon se trouvait alors dans la gloire combinée de roi et de sacrificateur. Il était comme un sacrificateur sur son trône. Les sacrificateurs habituels avaient été mis de côté, et lui, comme le sacrificateur royal, allait bénir le peuple, et adorer le Seigneur, comme dans les jours de ce royaume qui est encore devant nous.

Car il en sera ainsi alors. Le tabernacle de Dieu sera avec les hommes, et Il habitera avec eux. La gloire sera alors de retour sur la terre.

Mais cette venue depuis les ténèbres profondes, ou la distance infinie, où le péché avait séparé Dieu, est connue d’une autre manière. En esprit, nous sommes appelés à marcher dans la pleine lumière sans ombre de la présence divine déjà maintenant — nous devrions le faire dans les circonstances, et dans le royaume bientôt.

Il est maintenant ramené de cette distance, ou hors des ténèbres dans lesquelles le péché L’avait forcé à se retirer, par l’évangile, qui est Sa propre ressource pour un pécheur. Et notre foi dans cette ressource Le ramène. — Sa grâce a bâti une route par laquelle Il peut venir à nous — et quand la foi utilise ce chemin, Il vient tout près de nous, et trouve de nouveau Sa place, Son habitation, Sa demeure avec nous. « Nous avons connu et cru l’amour que Dieu a pour nous. Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu et Dieu en lui » (1 Jean 4, 16).

Mais il y a d’autres ténèbres dans lesquelles Dieu demeure encore. Je veux parler de ce qui plane ou règne sur toute la scène qui nous entoure, dans les circonstances ou la providence. Dans ce lieu, Dieu travaille sans être vu ; du moins, de façon générale. En ce lieu, Il dit, si je puis l’exprimer ainsi : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant », et nous devons encore marcher par la foi, là où Dieu habite encore dans les ténèbres. Nous connaîtrons plus tard. Nous verrons alors face à face, quoique maintenant ce ne soit qu’obscurité. « Dieu est Son propre interprète, et Il rendra tout clair ». Et tout comme la foi dans Ses ressources de grâce en Christ Le tirent actuellement des ténèbres distantes dans lesquelles Il s’était justement caché loin des pécheurs, ainsi bientôt, la gloire Le ramènera des ténèbres dans lesquelles Il dirige actuellement la providence pour Ses saints. « Il n’y aura plus de nuit là » ; comme maintenant en esprit, quoique pas dans les circonstances, nous disons : « Les ténèbres s’en vont, et la vraie lumière luit déjà » (1 Jean 2, 8 ; Apoc. 22, 5).