Chanter

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 100]

Nous regrettons que l’ami qui vous a visité n’ai pas cherché à conduire votre âme vers quelque chose de plus édifiant que discuter de la question de l’autorité de l’Écriture pour chanter des hymnes dans nos réunions. De plus, nous nous étonnons que plusieurs chrétiens intelligents passent du temps à discuter d’une telle question. Vous dites : « La question est à première vue étonnante ». Nous ne pouvons rien y voir de « surprenant », sinon dans son impact sur ceux qui la soulèvent.

Voyons ce que dit l’Écriture sur ce point. En Marc 14, 26, nous lisons : « Et ayant chanté une hymne, ils sortirent et s’en allèrent à la montagne des Oliviers ». Vous dites que « Liddell et Scott nous disent que le mot grec peut également être rendu à juste titre par louer ». Voici ce que disent ces savants lexicographes : « chanter, chanter les louanges, louer, chanter de, parler de ». Et alors, ils donnent le latin « cano », qui signifie chanter. Mais vous dites que quelque frère savant vous a informé du fait que « en aucun cas dans l’Écriture le mot chant ne se réfère à la musique vocale ». Si chanter n’est pas vocal, qu’est-ce donc ? Quand Paul et Silas chantaient des louanges à Dieu, n’était-ce pas vocal ? De même en Hébreux 2, 12, nous avons les paroles de Christ Lui-même : « Au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges ». N’est-ce pas vocal ? En 1 Corinthiens 14, 15, nous avons un mot différent : « Je chanterai avec l’esprit, mais je chanterai aussi avec l’intelligence ». Ici, le mot est en contraste avec la prière. Puis, en Apocalypse 5, 9, nous avons un autre mot : « Ils chantent un cantique nouveau ». Le même mot se trouve en Apocalypse 14, 3 ; 15, 3 et en Colossiens 3, 16 : « chantant de vos cœurs à Dieu dans un esprit de grâce ». Et en Éphésiens 5, 19 : « chantant et psalmodiant de votre cœur au Seigneur ».

Nous avons donc là trois mots grecs différents, rendus dans notre très excellente version autorisée par le mot anglais « chanter » (et de même en français, NdT). La question est : quelle est l’idée transmise à l’esprit par ces mots ? N’est-ce pas celle d’une louange ou d’une adoration audible, qu’elle soit rendue individuellement ou collectivement ? Les « psaumes et les hymnes et les cantiques spirituels » ne sont-ils pas divinement reconnus ? Si c’est le cas, dans quel but sont-ils conçus ? N’est-ce pas comme moyens de l’adoration des chrétiens ? Nous ne voyons pas comment cela pourrait être mis en question par quiconque de sensé. Il n’y a aucune analogie entre les formes de prière et les hymnes. Ces derniers sont divinement reconnus ; les premières ne le sont pas. Cela est tout à fait suffisant pour nous.

« Mais », dites-vous, « il y a le danger d’être occupé du ton ou de la simple musique ». Sans doute, et n’y a-t-il pas le danger, en enseignant, en prêchant, en exhortant ou même en priant, d’être occupé du langage, de la grammaire, de la rhétorique ou de l’éloquence ? Devons-nous donc abandonner l’enseignement, la prédication, l’exhortation et la prière ? N’y a-t-il pas de remède au mal supposé, hormis celui de réduire nos réunions à un misérable silence vide de sens ? C’est certainement un grand mal d’oublier, en chantant, le sujet ou l’objet de notre cantique, et d’être occupé du style et de l’effet de nos chants ; et c’est à ce mal lui-même que l’auteur vénéré que vous citez applique le terme d’« iniquité ». Mais très certainement, il n’a jamais voulu enseigner que c’est une iniquité d’utiliser des recueils de cantiques ou de chanter une hymne, car il a fait les deux durant ces quarante dernières années dans le monde entier, et a contribué à certaines précieuses hymnes pour aider à l’adoration de ses frères.

Nous sommes donc, cher frère, entré complètement dans votre question. En prenant congé de vous, nous voudrions affectueusement vous supplier de mettre de côté de telles notions insensées. Quand vous vous retrouvez ensemble, au lieu de discuter de la justesse de chanter, cherchez à avoir vos cœurs en accord pour chanter. Nous craignons que les jeunes chrétiens ne tombent sous l’influence d’une sentimentalité malsaine, de notions transcendantales ou d’une spiritualité plus élevée, faussement ainsi nommée. Ils sont certains d’aboutir à l’erreur. Veillez à vous garder net de ces choses. Cultivez la simplicité, la réalité, la sûreté d’esprit et le sérieux. Il n’est pas possible de dire où nous pouvons aboutir, si nous cédons à toutes les lubies qui se présentent à nous. Certains voudraient suggérer de rompre le pain seul, réduisant ainsi l’Assemblée de Dieu à un état d’isolation complète. D’autres voudraient nous dérober notre recueil d’hymnes et réduire nos réunions à un silence morose. Que notre bon Seigneur nous délivre de toutes les notions folles et insensées semblables ! Qu’Il veuille en grâce remplir nos cœurs d’un désir intense de Sa gloire, pour le bien de Ses bien-aimés et pour le progrès de Sa cause. Que ces réalités impliquent toute notre énergie et remplissent tout notre temps, de sorte que nous n’ayons plus ni temps ni pensée pour la discussion de questions sans profit.

Quant à la question de chanter aux funérailles, elle doit dépendre entièrement de notre puissance spirituelle alors. Une personne peut être si courbée par la tristesse qu’elle est totalement incapable de chanter, mais vous ne pouvez pas en faire un modèle pour d’autres ou empêcher de chanter sous prétexte de sympathie envers elle. Nous croyons que rien ne peut être plus magnifique, plus grand moralement, qu’une hymne de louange, un chant de triomphe, au milieu même de la poussière de la mort. Entendre chanter une congrégation de saints au bord de la tombe d’un frère ou d’une sœur est un triomphe positif sur l’ennemi. Mais si quelqu’un est abattu par la tristesse au point d’être incapable de chanter, nous sommes assurés que le tendre cœur aimant de Jésus sent la peine et met les larmes dans Ses vaisseaux. Celui qui pleura et gémit au tombeau de Lazare ne repoussera pas les larmes et les gémissements d’un cœur brisé et désolé.