« Cinq paroles »

1 Corinthiens 14, 19
(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 63]

Il est souvent merveilleux de remarquer la manière dont les paroles de l’Écriture s’emparent du cœur. Elles sont « comme des aiguillons, comme des clous enfoncés ». Parfois, une courte phrase ou une partie d’une phrase étreindra le cœur, pénétrera la conscience ou occupera la pensée, d’une manière qui prouve au-delà de toute question la divinité du livre dans lequel elle se trouve. Quelle force du raisonnement, quelle plénitude de signification, quelle puissance d’application, quelle révélation des sources de la nature, quel dévoilement du cœur, quelle pertinence et quelle acuité, quelle énergie condensée, nous rencontrons tout au long des pages sacrées ! On se plaît à s’attarder sur ces choses en tout temps, mais plus particulièrement dans un moment tel qu’actuellement, où l’ennemi de Dieu et de l’homme cherche de tant de diverses manières à jeter du discrédit sur le volume inspiré.

Le train de pensées ci-dessus a été suggéré à mon esprit par l’expression qui forme le titre de cet article. « J’aime mieux », dit l’apôtre dépouillé de lui-même et dévoué, « prononcer cinq paroles avec mon intelligence, afin que j’instruise aussi les autres, que dix mille paroles en langue ». Combien il est important, pour tous ceux qui parlent, de se souvenir de cela ! Nous savons que les langues avaient de la valeur. Elles étaient un signe pour les incrédules. Mais dans l’assemblée, elles étaient inutiles à moins qu’il n’y ait un interprète.

Le grand but de parler dans l’assemblée est l’édification, et ce but ne peut être atteint qu’avec des personnes qui comprennent ce qui est dit. Il est impossible que quelqu’un m’édifie si je ne peux pas comprendre ce qu’il dit. Il doit parler une langue intelligible et d’une voix audible, sinon je ne peux recevoir aucune édification. Cela est assurément clair et digne de l’attention sérieuse de tous ceux qui parlent en public.

De plus, nous ferions bien de garder à l’esprit que notre seule raison de nous lever pour parler dans l’assemblée est que le Seigneur Lui-même nous a donné quelque chose à dire. Si ce ne sont que « cinq paroles », disons-les et asseyons-nous. Rien ne peut être moins intelligent qu’un homme qui essaye de prononcer « dix mille paroles » quand Dieu ne lui en a donné que « cinq ». Il est regrettable que des choses semblables se produisent si souvent ! Quelle grâce ce serait si nous pouvions seulement nous en tenir à notre mesure ! Cette mesure peut être petite. Peu importe ; soyons simples, sérieux et vrais. Un cœur sérieux vaut mieux qu’une tête intelligente. Un esprit fervent vaut mieux qu’une langue éloquente. Quand il y a un authentique désir de cœur d’encourager le vrai bien des âmes, cela se trouvera être plus efficace pour moi et plus agréable pour Dieu, que les plus brillants dons sans cela. Nous devrions désirer ardemment les meilleurs dons, mais nous devrions aussi nous souvenir du « chemin bien plus excellent », à savoir le chemin de l’amour, qui se cache toujours soi-même et cherche seulement le profit des autres. Ce n’est pas que nous appréciions moins les dons, mais nous apprécions davantage l’amour.

Enfin, cela contribuerait grandement à élever le ton de l’enseignement public et de la prédication, de se souvenir de la règle suivante, très simple : « Ne vous mettez pas à chercher quelque chose à dire parce que vous devez parler, mais parlez parce que vous avez quelque chose qui doit être dit ». C’est très simple. C’est une bien pauvre chose, pour quelqu’un, de simplement assembler autant de matériau que possible pour remplir un certain laps de temps. Ce ne devrait jamais être le cas. Que celui qui enseigne ou qui prêche se consacre diligemment à son ministère. Qu’il cultive son don ; qu’il s’attende à Dieu pour la direction, la puissance et la bénédiction ; qu’il vive dans un esprit de prière et respire l’atmosphère de l’Écriture ; alors, il sera toujours prêt pour le service du Maître. Alors ses paroles, qu’il y en ait « cinq » ou « dix mille », glorifieront assurément Christ et feront du bien aux hommes. Mais quelqu’un ne doit en aucun cas se lever pour s’adresser à ses compagnons sans la conviction que Dieu lui a donné quelque chose à dire et sans désirer le dire pour l’édification.