Conscience

Jean 1 à 9
(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 37]

Dans l’évangile de Jean, nous voyons le Seigneur venant à la rencontre des pécheurs. Il n’est pas tant le guérisseur d’Israël, opérant des miracles de bonté dans les corps des hommes, purifiant les lépreux, ou rendant la santé à ceux atteints de toutes sortes de maux et de maladies parmi le peuple ; mais c’est plutôt l’âme qu’Il recherche, et donc, c’est de la conscience qu’Il s’occupe. Si la conscience n’est pas devant Lui, Il n’a pas Son sujet ou Son matériau devant Lui. Il n’a rien dont prendre soin, ou sur quoi opérer, selon le caractère qu’Il occupe ou maintient.

Cela nous fait connaître ce qu’Il est, et quels sont Son propos et Son occupation dans chaque scène. Ce peut être une conscience heureuse, une conscience réveillée et mal à l’aise, une conscience endormie et non brisée, ou une mauvaise conscience. Il s’occupe de toutes ces sortes — mais en elles toutes, nous voyons la conscience dans une condition ou l’autre devant Lui.

Dans André, nous avons un tableau simple d’une conscience heureuse, ou d’un pécheur heureux. Il est allé à Jésus comme un pécheur, car il est allé à Lui comme « l’Agneau de Dieu », et avait donc été accepté, accueilli et reçu par Jésus ; et il Le quitte heureux. Son cœur est libre ; et il peut donc penser aux autres, et se faire un devoir de réunir Jésus et d’autres pécheurs comme lui. Il prêche, comme un pécheur heureux prêcherait. Il dit au premier compagnon de péché qu’il rencontre, et c’est son frère Simon, qu’il a trouvé « le Christ », langage qui indique la satisfaction de son âme ; et alors, dans une bienveillance complète et en accord avec cela, il invite Simon à venir et à partager avec lui le Christ de Dieu.

Ici, nous voyons une conscience en liberté, parce que le pécheur a trouvé Jésus. Mais nous avons d’autres conditions de la conscience.

Dans Nathanaël, la conscience a déjà été réveillée. Sous le figuier, je crois, il s’était confessé pécheur, méditant sur sa condition devant Dieu — car c’est l’esprit de confession qui, selon l’estimation divine, nous rend « sans fraude » ; et c’est le caractère dans lequel le Seigneur reconnaît Nathanaël. Et les confessions des lèvres sont les déclarations des fragments du cœur. Si elles ne le sont pas, elles ne sont pas vraies. Nathanaël était ainsi un homme au cœur brisé. Le Seigneur, par conséquent, avait déjà été avec lui en esprit, avant que Philippe l’appelle, car les désirs d’une âme éveillée Lui sont toujours chers. Il lui parle ainsi — comme Il l’avait auparavant annoncé par Son prophète : « Car ainsi dit celui qui est haut élevé et exalté, qui habite l’éternité, et duquel le nom est le Saint : J’habite le lieu haut élevé et saint, et avec celui qui est abattu et d’un esprit contrit » (És. 57, 15).

Et à Sa salutation pleine de grâce, lui faisant savoir qu’Il l’avait ainsi connu, l’âme de Nathanaël est stupéfaite. « Rabbi », dit-il, « tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël ». C’était une revivification pour son cœur. Celui qui est haut et élevé a ainsi accompli une autre partie de ce même oracle du prophète : « pour revivifier l’esprit de ceux qui sont contrits, et pour revivifier le cœur de ceux qui sont abattus ».

Or ce cas nous montre les actes bénis du Seigneur envers une conscience éveillée, revivifiée et s’en réjouissant, ou en faisant une conscience soulagée et délivrée. Dans la Samaritaine, la conscience était encore endormie. Elle devait être réveillée, amenée en présence de Dieu avec tout son fardeau et sa culpabilité sur elle. Le Seigneur, par conséquent, la force à se dévoiler. Tous les secrets coupables de son âme furent tirés à la lumière. Mais elle reste là — quoique submergée, et quoique la nature, pour un moment, se mette à tisser un voile entre elle et son péché, elle reste, comme dans la lumière qui l’avait détectée et exposée ; et c’est la source de sa bénédiction future — car le Seigneur remplit vite cette place avec les gages de Sa grâce, et ne lui permet plus d’être simplement le témoin de sa culpabilité et de sa honte.

Il y a quelque chose dans cet étranger mystérieux qui opère sur son esprit — et elle prononce le nom du « Messie » à Son oreille, comme Celui que, dans un sens, elle attendait. Alors, la conscience ayant été déjà remuée, et le vase étant maintenant ouvert, le Sauveur se révèle Lui-même ; l’étranger se trouve être le Messie qu’elle avait cité, et elle est bénie et satisfaite.

Ici, nous voyons que le Seigneur a affaire avec une conscience qui a besoin d’être réveillée, si le pécheur, en dépit de la honte et du fait qu’il est dévoilé, veut encore demeurer en Sa présence. Car c’est, assurément, le chemin de la bénédiction, d’estimer Christ plus que le caractère. Nous pouvons dire, en un sens, que tout dépend de cela. Elle ne se cache plus désormais, mais dit à ses voisins qu’elle a été entièrement mise à nu.

Dans le cas des pharisiens, ou les accusateurs de la femme adultère, la conscience est mauvaise. Un méchant dessein remplissait leur cœur tout le temps qu’ils étaient en présence de Christ. Que doit-Il faire avec un tel peuple ? Ils trouveront Sa présence intolérable. « Étant repris dans leur conscience, ils sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusqu’aux derniers ».

Que pouvait-on faire de moins avec un tel matériau choquant ? Et il en sera bientôt ainsi. Tous les méchants doivent périr de devant la présence du Seigneur. Ils seront chassés comme la fumée. Ce n’était pas la manière de faire habituelle de Jésus ; car Il n’était pas venu pour juger, mais pour sauver. « La loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ ». Mais quand ces accusateurs de la pécheresse auraient bien voulu l’amener à la montagne brûlante, et la traiter selon la loi, alors le Seigneur peut tourner la chaleur de ce lieu contre eux, et leur donner un exemple de ce jour de damnation, quand les méchants périront de devant la présence du Seigneur.

À l’inverse de la pauvre Samaritaine, ils estimaient leur caractère propre. Étant dévoilés, ils ne voulaient pas demeurer. Ils préféraient cacher leur péché, plutôt que de le voir publié, et emporté. Pour de tels, Christ est mort en vain. Ils frustrent la gloire de Dieu. Ils pèchent contre leur propre âme.

Ainsi, le Seigneur Jésus est vu ayant affaire avec la conscience dans différentes conditions. Avec la conscience réveillée, Il agit en toute grâce, lui donnant, comme au cœur contrit, de savoir qu’Il la vivifie, et demeure en haut avec elle. — Avec le pécheur qui demeure encore avec Lui, quoique dans la peine d’être exposé et mis à nu à sa honte, Il opérera jusqu’à ce qu’Il le relève et le satisfasse. — Avec le méchant qui pratique sa méchanceté, et qui Le laissera quand il sera dévoilé, gardant sa position et son caractère parmi les hommes, plutôt que d’atteindre la vertu de Sa présence, Il montre que cette présence est intolérable.

Ce sont Nathanaël, la Samaritaine, et les pharisiens. Il demeure dans le lieu élevé et saint avec celui qui a le cœur contrit — Il conduit le pauvre convaincu de péché qui languit encore après Lui tout le long du chemin de la lumière et de la vie — Il envoie à la montagne de feu et à la séparation de Lui le méchant qui préfère pratiquer sa méchanceté que rechercher Sa présence, et qui donne plus de valeur à son caractère qu’à l’intérêt trouvé en Christ.

Dans ces récits simples et sans prétention, nous obtenons ces précieux secrets des voies de Dieu en Christ, qui nous sont ainsi découverts. — Il en reste cependant un autre, que je ne dois pas omettre. Je veux parler du mendiant aveugle de Jean 9.

En lui, nous voyons une conscience honnête. Ce n’est pas une conscience heureuse, ou réveillée, ou endormie, ou mauvaise. Nous ne voyons en lui aucun malaise quant à son âme. Il n’a pas été sous un figuier avec Nathanaël — et la flèche de la conviction de péché n’est pas entrée en lui, par la parole de Christ, comme elle avait pénétré jusqu’aux plus profonds secrets de la Samaritaine. Nous ne le voyons pas stimulé dans de telles conditions. Mais il est honnête. Il est vrai quant à la lumière qu’il a, et il tiendra ferme les faits qu’il connaît. Il souffre plutôt que de renoncer à son intégrité ; et les pharisiens le chassent. La religion persécute la sincérité — une chose courante.

Jésus pouvait-Il laisser seul un tel homme ? Pouvait-Il être indifférent à son égard ? Nous savons que non. Il entend dire qu’ils l’ont chassé, et nous pouvons en conclure qu’Il l’a immédiatement cherché ; car nous lisons : « et l’ayant trouvé ». Il fait de lui Son objet — et la vue de Jésus et de ce mendiant se rencontrant pour la seconde fois, est pleine de bénédiction et de consolation.

Jusqu’à présent, ce pauvre homme ne Le connaissait que dans Sa puissance pour le guérir. Il n’y avait eu aucun exercice d’âme en tant que pécheur, quoiqu’il y eût une conscience honnête. Mais en voyant maintenant Jésus pour la deuxième fois, hors du camp, son âme est exercée. Jésus l’invite à cet exercice. « Crois-tu au Fils de Dieu ? ». Et le pauvre homme est immédiatement rendu prêt à recevoir quelque chose de Jésus. « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? ». Et Jésus se révèle à lui comme Celui qui lui a donné la vue lorsqu’il était aveugle, et qui l’accepte maintenant, quand tous l’ont chassé. « Et tu l’as vu », dit le Seigneur, « et celui qui te parle, c’est lui ». L’âme découvre alors Jésus. L’amour et la puissance ainsi combinés, et agissant ainsi en vertu divine, cela suffisait. « Je crois, Seigneur », répondit-il, et puis « il lui rendit hommage ».

Ainsi, Il atteignit cette âme et eut affaire avec elle. Et nous sommes conscients que tandis qu’il n’était auparavant qu’un honnête homme, il est maintenant une âme vivifiée. — Car une conscience honnête n’est pas une âme sauvée.

Mais en plus de tout ceci, laissez-moi remarquer les actions de Paul envers la conscience, dans ses épîtres. Il ne voit aucune de ces sortes. Il voit le pécheur simplement tel qu’il est, un pécheur. Il instruit la conscience sur la manière dont elle doit avoir affaire avec Dieu et Son évangile, plutôt que nous montrer, comme dans l’évangile, comment Christ a affaire avec elle. Il parle à la conscience afin qu’elle jouisse d’une condition purifiée — non pas simplement dans une condition éveillée, ou convaincue de péché, ou honnête, mais une condition purifiée.

Cette argumentation se trouve en Hébreux 9 et 10. L’apôtre enseigne là que nous pouvons avoir une bonne conscience purifiée, par la foi en Christ, parce qu’après avoir fait Son unique offrande, Il est entré dans le lieu très saint, pour ne plus jamais le quitter comme le faisaient les sacrificateurs sous la loi, Son offrande étant efficace pour ôter les péchés, et cela, à cause du caractère admirable d’un tel sacrifice, offert « sans tache » et « par l’Esprit éternel », et parce que ce sacrifice répond à Dieu et Le satisfait quant au péché, répondant à « Sa volonté » et l’accomplissant. Le Saint Esprit Lui-même, en révélant la nouvelle alliance, ou l’alliance de Dieu, a aussi établi le fait, qu’Il ne se souvient plus jamais des péchés et des iniquités.

Ainsi, par l’enseignement de l’apôtre, la conscience est enseignée à avoir affaire avec Dieu, et le pécheur est exhorté à être heureux dans Son amour, et satisfait de Ses ressources — pour entrer ainsi dans le royaume comme un petit enfant, non pas en raisonnant, mais en recevant.

Dans Jean, nous voyons des cas vivants dans lesquels le Seigneur avait affaire avec la conscience ; dans les Hébreux, nous apprenons de quelle manière la conscience doit avoir affaire au Seigneur, et comment elle doit atteindre la condition dans laquelle la conscience d’André, de Nathanaël, de la Samaritaine, de la femme adultère, et du mendiant, fut laissée par Jésus.


Nous pouvons marcher de manière à nous tenir en présence du Seigneur, ou dans Sa compagnie.

Nous pouvons agir de manière à amener nos compagnons, saints ou pécheurs, dans Sa présence ou dans Sa compagnie.

Nous pouvons vivre de manière à nous mettre en avant devant nos semblables ou nos compagnons.

Le premier point est le chemin d’un adorateur.

Le deuxième est l’activité d’un vrai serviteur.

Le troisième est le fruit de la vanité et du manque de sincérité, et nous gardera certainement dans l’incertitude, sans joie et sans force, et se trouvera être un piège aussi bien qu’une amertume, à la fin.


Que nous L’ayons Lui, et non pas seulement Sa vérité ! Car il y a une différence, et il peut y avoir une distance entre ces choses, comme nous le dit l’expérience. Que nous L’atteignions Lui, par la lecture, le ministère, la prière ou la communion ! Nous avons besoin de plus d’affection et d’attention, afin que nous L’ayons Lui personnellement.