Le livre de Néhémie nous a fait voir Juda réinstallé dans son pays, mais privé de la présence de Dieu, sauf en bénédiction générale, et non reconnu de Dieu comme Son peuple ; en sorte que, quel que soit le laps de temps, cet état nous conduit moralement jusqu’au moment où le Messie a dû être présenté pour mettre le sceau à la prophétie, pour qu’il y eût fin à la transgression et pour introduire la justice des siècles . Ce livre nous a donc donné le dernier mot de l’histoire d’Israël, et cela en bonté et en patience de la part de Dieu, jusqu’à la venue de Christ.
Le livre d’Esther nous montre la position d’Israël, ou, plus exactement, la position des Juifs hors de leur pays, et envisagés comme placés sous la main de Dieu et comme objets de Ses soins. L’existence de ces soins, dont le livre d’Esther nous fournit les preuves, lorsque les Juifs étaient en dehors de toute position reconnue de Dieu, et qu’ils avaient pour leur part perdu tout titre quelconque à Sa protection, est un fait infiniment touchant et important dans les voies de Dieu. Si, lorsque Son peuple est dans un tel état, Dieu ne peut se révéler à lui — ce qui est de toute évidence — Il ne manque pas néanmoins de penser à lui. Dieu nous révèle ici, non une intervention ouverte de Sa part en faveur de Son peuple, ce qui ne pouvait plus avoir lieu, mais les soins providentiels qui ont assuré son existence et sa conservation au milieu de ses ennemis. Ceux qui étaient menacés étaient de la captivité de Juda (2, 5, 6 ), et n’étaient pas rentrés dans la terre de Canaan. S’il faut voir en cela un manque de foi et d’énergie, d’affection pour la maison et la cité de Dieu, il faut y voir une preuve d’autant plus grande de l’absolue et souveraine bonté, de l’absolue et souveraine fidélité de ce Dieu Lui-même.
Nous voyons donc, dans cette histoire, les soins secrets et providentiels que Dieu prend des Juifs, lorsque, tout en maintenant leur position de Juifs, ils sont entièrement déchus de toute relation extérieure avec Lui, privés de tous les droits du peuple de Dieu, et dépouillés des promesses, à l’accomplissement desquelles (telles que Dieu, dans Sa miséricorde, les leur offrait alors à Jérusalem), ils ne prenaient pas d’intérêt. Même dans cet état, Dieu les garde et prend soin d’eux — d’un peuple béni et aimé malgré toutes ses infidélités, car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance . Cela, quand on le pèse bien, donne à ce livre un caractère très touchant et instructif : il est l’expression de la souveraine protection et des soins fidèles dont Dieu entoure les siens, quelles que soient les circonstances, et nous montre la place que ce peuple occupe dans Ses pensées.
On a souvent remarqué que le nom de Dieu ne se trouve pas dans le livre d’Esther. C’est ce qui le caractérise. Dieu ne se montre pas. Mais derrière la puissance et les égarements de ce trône auquel est échu le gouvernement du monde, Dieu tient les rênes par Sa providence ; Il veille à l’accomplissement de Ses desseins et à tout ce qui est nécessaire pour que cet accomplissement ait lieu ; et Il a égard à Son peuple, quel qu’en soit l’état et quelle que soit la puissance de ses ennemis. Heureux peuple (comp., pour Israël, Jér. 31, 20 ) !
Il est à remarquer qu’on rencontre la foi dans la protection de Dieu , et que cette dernière est reconnue alors même que les voies de Dieu, à l’égard de Ses promesses, sont ignorées. Nous parlons du gouvernement de Dieu et non pas du salut. Le salut n’est pas ce dont il s’agit ici. Le Gentil domine et fait ce qu’il veut, prenant à sa fantaisie, pour femme, une des filles de Benjamin . Triste position, en effet, du peuple de Dieu ! position contraire à toute loi divine, à toute fidélité en d’autres circonstances, mais ne donnant pas même lieu ici à une réclamation. Ici, Israël est perdu quant à son propre état. Mais Dieu agit en souverain, et se sert de cette triste preuve de leur position, pour les garder de la destruction dont ils étaient menacés.
Néhémie nous révèle la dernière relation de Dieu avec le peuple, avant la venue du Messie ; relation de long support, dans laquelle Dieu ne reconnaît pas le peuple comme sien ; relation provisoire et imparfaite. Le livre d’Esther nous apprend que Dieu garde souverainement les Juifs dispersés, veillant sur eux, même en dehors de toute relation ; et que, sans révoquer en rien le jugement qui les a atteints, Dieu les protège sans se montrer, et, par conséquent, par des moyens cachés.
C’est ce que, historiquement, il restait à faire connaître avant l’intervention publique de Dieu à la fin dans la personne du Messie, que la prophétie seule pouvait révéler.
Cette intervention est, ce me semble, indiquée dans les circonstances de cette histoire ; vaguement, il est vrai, mais d’une manière assez claire pour celui qui a suivi les voies de Dieu révélées dans la Parole. Nous voyons l’épouse gentile, mise de côté à cause de sa désobéissance et pour avoir manqué à montrer sa beauté au monde ; elle est remplacée par une épouse juive qui possède l’affection du roi . Nous voyons la puissance audacieuse de Haman le Gentil, oppresseur des Juifs, détruite , et le Juif, protecteur d’Esther, Mardochée, auparavant méprisé et honni, élevé à la gloire et aux honneurs, à la place du Gentil . Tout ceci, il faut s’en souvenir, se rapporte à la terre.
Enfin il y a, dans les détails de ce livre, un point très intéressant, savoir, les moyens providentiels que Dieu emploie ; l’opportunité du moment auquel toutes choses arrivent — jusqu’à l’insomnie du roi ; montrant, de la manière la plus intéressante, comment la main cachée de Dieu prépare et dirige tout, et de quelle manière ceux qui cherchent Sa volonté peuvent, quoi qu’il en soit, compter sur Lui en tout temps, même quand la délivrance paraît impossible, et malgré toutes les machinations de l’ennemi et leur succès apparent.
La fin du livre présente, historiquement, les grands faits caractéristiques de la domination des Gentils ; mais on ne peut guère manquer d’y voir typiquement, dans la situation de Mardochée, le Seigneur Lui-même, comme chef des Juifs, dans la relation la plus étroite avec le trône qui a domination sur tout.
Les circonstances mêmes au milieu desquelles ce livre nous introduit sont appropriées à ce but. Quand une relation reconnue existe, les voies de Dieu sont selon la conduite de ceux qui se trouvent dans cette relation ; mais ici nous ne trouvons aucune relation pareille. La scène est remplie, justement remplie, de circonstances païennes et de mœurs païennes. Israël est comme perdu au milieu des païens. Sa conduite n’apparaît pas, mais bien sa préservation, quand pour l’œil de l’homme le paganisme est tout et que les ennemis d’Israël sont en apparence tout-puissants. Tout cela est à sa place : tout autre tableau n’eût pas été la vérité, n’eût pas donné la vraie représentation de l’état des choses, ni mis en évidence dans leur vrai caractère les voies de Dieu.
On comprendra facilement que ce livre termine la suite profondément intéressante des livres historiques, que, par la bonté de notre Dieu, nous venons de parcourir, en exposant, autant que nous l’avons pu, leurs traits principaux. Que l’Esprit, qui nous a fait jouir de ce que Dieu a daigné nous y révéler, continue de nous instruire en méditant ceux qu’il nous reste à examiner !
Esther
7 ◊ 1 Et le roi et Haman vinrent pour boire avec la reine Esther. ◊ 2 Et le roi dit à Esther, le second jour aussi, pendant qu’on buvait le vin : Quelle est ta demande, reine Esther ? et elle te sera accordée. Et quelle est ta requête ? [Quand ce serait] jusqu’à la moitié du royaume, ce sera fait. ◊ 3 Et la reine Esther répondit et dit : Si j’ai trouvé faveur à tes yeux, ô roi, et si le roi le trouve bon, qu’à ma demande il m’accorde ma vie, et mon peuple à ma requête ! ◊ 4 Car nous sommes vendus, moi et mon peuple, pour être détruits [et] tués, et pour périr. Or si nous avions été vendus pour être serviteurs et servantes, j’aurais gardé le silence, bien que l’ennemi ne pût compenser le dommage fait au roi. ◊ 5 Et le roi Assuérus parla et dit à la reine Esther : Qui est-il, et où est-il, celui que son cœur a rempli [de la pensée] de faire ainsi ? ◊ 6 Et Esther dit : L’adversaire et l’ennemi, c’est ce méchant Haman. Et Haman fut terrifié devant le roi et la reine. ◊ 7 Et le roi, dans sa fureur, se leva du festin, [et s’en alla] dans le jardin du palais. Et Haman resta pour faire requête pour sa vie auprès de la reine Esther ; car il voyait que son malheur était décidé de la part du roi. ◊ 8 Et le roi revint du jardin du palais dans la maison du festin. Et Haman était tombé sur le divan sur lequel était Esther. Et le roi dit : Veut-il encore faire violence à la reine, chez moi, dans la maison ? La parole sortit de la bouche du roi, et on couvrit la face d’Haman. ◊ 9 Et Harbona, l’un des eunuques, dit devant le roi : Voici, le bois, haut de cinquante coudées, qu’Haman avait préparé pour Mardochée, qui a parlé pour le bien du roi, est dressé dans la maison d’Haman. Et le roi dit : Qu’on l’y pende ! ◊ 10 Et on pendit Haman au bois qu’il avait dressé pour Mardochée. Et la colère du roi s’apaisa.
Esther
6 ◊ 1 * Cette nuit-là le sommeil fuyait le roi, et il ordonna d’apporter le livre d’annales des chroniques, et on les lut devant le roi ; ◊ 2 et on y trouva écrit que Mardochée avait fait connaître, à l’égard de Bigthan et de Théresh, les deux eunuques du roi, gardiens du seuil, qu’ils avaient cherché à porter la main sur le roi Assuérus. ◊ 3 Et le roi dit : Quel honneur et quelle distinction a-t-on conférés à Mardochée, à cause de cela ? Et les serviteurs du roi qui le servaient, dirent : On n’a rien fait pour lui. ◊ 4 Et le roi dit : Qui est dans la cour ? Or Haman était venu dans la cour extérieure de la maison du roi, pour dire au roi de faire pendre Mardochée au bois qu’il avait dressé pour lui. ◊ 5 Et les serviteurs du roi lui dirent : Voici Haman, qui se tient dans la cour. ◊ 6 Et le roi dit : Qu’il entre. Et Haman entra. Et le roi lui dit : Que faut-il faire à l’homme que le roi se plaît à honorer ? Et Haman pensa dans son cœur : À quel autre qu’à moi plairait-il au roi de faire honneur ? ◊ 7 Et Haman dit au roi : Quant à l’homme que le roi se plaît à honorer, ◊ 8 qu’on apporte le vêtement royal dont le roi se revêt, et le cheval que le roi monte, et sur la tête duquel on met la couronne royale ; ◊ 9 et que le vêtement et le cheval soient remis aux mains d’un des princes du roi les plus illustres ; et qu’on revête l’homme que le roi se plaît à honorer, et qu’on le promène par les rues de la ville, monté sur le cheval, et qu’on crie devant lui : C’est ainsi qu’on fait à l’homme que le roi se plaît à honorer.
◊ 10 Et le roi dit à Haman : Hâte-toi, prends le vêtement et le cheval, comme tu l’as dit, et fais ainsi à Mardochée, le Juif, qui est assis à la porte du roi. N’omets rien de tout ce que tu as dit. ◊ 11 Et Haman prit le vêtement et le cheval, et revêtit Mardochée et le promena à cheval par les rues de la ville, et il criait devant lui : C’est ainsi qu’on fait à l’homme que le roi se plaît à honorer ! ◊ 12 Et Mardochée revint à la porte du roi. Et Haman se rendit en hâte à sa maison, triste et la tête couverte. ◊ 13 Et Haman raconta à Zéresh, sa femme, et à tous ses amis, tout ce qui lui était arrivé. Et ses sages et Zéresh, sa femme, lui dirent : Si Mardochée devant lequel tu as commencé de tomber est de la race des Juifs, tu ne l’emporteras pas sur lui, mais tu tomberas certainement devant lui. ◊ 14 Comme ils parlaient encore avec lui, les eunuques du roi s’approchèrent et se hâtèrent de conduire Haman au festin qu’Esther avait préparé.
Esther
8 ◊ 1 Ce jour-là, le roi Assuérus donna à la reine Esther la maison d’Haman, l’oppresseur des Juifs. Et Mardochée entra devant le roi, car Esther avait déclaré ce qu’il lui était. ◊ 2 Et le roi ôta son anneau qu’il avait retiré à Haman, et le donna à Mardochée. Et Esther établit Mardochée sur la maison d’Haman. ◊ 3 Et Esther parla encore devant le roi, et tomba à ses pieds et pleura, et le supplia de mettre à néant le mal médité par Haman, l’Agaguite, et le dessein qu’il avait formé contre les Juifs. ◊ 4 Et le roi tendit à Esther le sceptre d’or, et Esther se leva et se tint devant le roi, et elle dit : ◊ 5 Si le roi le trouve bon, et si j’ai trouvé faveur devant lui, et que le roi estime la chose avantageuse, et que moi, je sois agréable à ses yeux, qu’on écrive pour révoquer les lettres ourdies par Haman, fils d’Hammedatha, l’Agaguite, qu’il a écrites pour faire périr les Juifs qui sont dans toutes les provinces du roi. ◊ 6 Car comment pourrai-je voir le malheur qui atteindra mon peuple, et comment pourrai-je voir la destruction de ma race ? ◊ 7 Et le roi Assuérus dit à la reine Esther et à Mardochée, le Juif : Voici, j’ai donné à Esther la maison d’Haman ; et lui, on l’a pendu au bois parce qu’il a étendu sa main contre les Juifs. ◊ 8 Vous donc, écrivez au nom du roi à l’égard des Juifs ce qui vous paraîtra bon, et scellez-le avec l’anneau du roi. Car un écrit qui a été écrit au nom du roi et scellé avec l’anneau du roi ne peut être révoqué.
◊ 9 Et les scribes du roi furent appelés en ce temps-là, au troisième mois, qui est le mois de Sivan, le vingt-troisième [jour] du mois ; et, selon tout ce que Mardochée commanda, on écrivit aux Juifs, et aux satrapes, et aux gouverneurs, et aux chefs des provinces, depuis l’Inde jusqu’à l’Éthiopie, cent vingt-sept provinces, à chaque province selon son écriture, et à chaque peuple selon sa langue, et aux Juifs selon leur écriture et selon leur langue. ◊ 10 Et [Mardochée] écrivit au nom du roi Assuérus et scella avec l’anneau du roi ; et il envoya des lettres par des courriers à cheval, montés sur des coursiers, des chevaux de race, produits des haras. ◊ 11 [Ces lettres portaient] que le roi accordait aux Juifs, dans chaque ville, de s’assembler et de se mettre en défense pour leur vie, [et] de détruire, tuer, et faire périr toute force du peuple et de la province qui les opprimerait, — eux [et leurs] enfants et [leurs] femmes, et de mettre au pillage leurs biens, ◊ 12 en un même jour, dans toutes les provinces du roi Assuérus, le treizième [jour] du douzième mois, qui est le mois d’Adar. ◊ 13 Pour que l’édit fût rendu [public] dans chaque province, une copie de l’écrit fut portée à la connaissance de tous les peuples, afin que les Juifs fussent prêts pour ce jour-là, pour se venger de leurs ennemis. ◊ 14 Les courriers, montés sur les coursiers, des chevaux de race, partirent, hâtés et pressés par la parole du roi. Et l’édit fut rendu à Suse, la capitale.
◊ 15 Et Mardochée sortit de devant le roi, avec un vêtement royal bleu et blanc, une grande couronne d’or, et un manteau de byssus et de pourpre ; et la ville de Suse poussait des cris de joie et se réjouissait. ◊ 16 Pour les Juifs il y avait lumière et joie, et allégresse et honneur. ◊ 17 Et, dans chaque province et dans chaque ville, partout où parvenait la parole du roi et son édit, il y eut de la joie et de l’allégresse pour les Juifs, un festin et un jour de fête ; et beaucoup de gens parmi les peuples du pays se firent Juifs, car la frayeur des Juifs tomba sur eux.
Romains
11 ◊ 1 Je dis donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Qu’ainsi n’advienne ! Car moi aussi je suis Israélite, de la semence d’Abraham, de la tribu de Benjamin. ◊ 2 Dieu n’a point rejeté son peuple, lequel il a préconnu. Ne savez-vous pas ce que l’écriture dit dans [l’histoire d’]Élie, comment il fait requête à Dieu contre Israël ? ◊ 3 « *Seigneur, ils ont tué tes prophètes ; ils ont renversé tes autels ; et moi, je suis demeuré seul, et ils cherchent ma vie ». ◊ 4 Mais que lui dit la réponse divine ? « Je me suis réservé sept mille hommes qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal ». ◊ 5 Ainsi donc, au temps actuel aussi, il y a un résidu selon [l’]élection de [la] grâce. ◊ 6 Or, si c’est par la grâce, ce n’est plus sur le principe des œuvres, puisque autrement la grâce n’est plus [la] grâce. ◊ 7 Quoi donc ? Ce qu’Israël recherche, il ne l’a pas obtenu, mais l’élection l’a obtenu, et les autres ont été endurcis, ◊ 8 selon qu’il est écrit : « Dieu leur a donné un esprit d’étourdissement, des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre, jusqu’au jour d’aujourd’hui ». ◊ 9 Et David dit : « Que leur table devienne pour eux un filet, et un piège, et une occasion de chute, et une rétribution ; ◊ 10 que leurs yeux soient obscurcis pour ne point voir ; et courbe continuellement leur dos ».
◊ 11 Je dis donc : Ont-ils bronché afin qu’ils tombassent ? Qu’ainsi n’advienne ! Mais par leur chute, le salut [parvient] aux nations pour les exciter à la jalousie. ◊ 12 Or, si leur chute est la richesse du monde, et leur diminution, la richesse des nations, combien plus le sera leur plénitude ! ◊ 13 Car je parle à vous, nations, en tant que moi je suis en effet apôtre des nations, je glorifie mon ministère, ◊ 14 si en quelque façon je puis exciter à la jalousie ma chair et sauver quelques-uns d’entre eux. ◊ 15 Car si leur réjection est la réconciliation du monde, quelle sera leur réception, sinon la vie d’entre les morts.
◊ 16 Or, si les prémices sont saintes, la masse l’est aussi ; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi. ◊ 17 Or, si quelques-unes des branches ont été arrachées, et si toi qui étais un olivier sauvage, as été enté au milieu d’elles, et es devenu coparticipant de la racine et de la graisse de l’olivier, ◊ 18 ne te glorifie pas contre les branches ; mais si tu te glorifies, ce n’est pas toi qui portes la racine, mais c’est la racine qui te porte. ◊ 19 Tu diras donc : Les branches ont été arrachées, afin que moi je fusse enté. ◊ 20 Bien ! elles ont été arrachées pour cause d’incrédulité, et toi tu es debout par la foi. Ne t’enorgueillis pas, ◊ 21 mais crains (si en effet Dieu n’a pas épargné les branches [qui sont telles] selon la nature), qu’il ne t’épargne pas non plus. ◊ 22 Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : la sévérité envers ceux qui sont tombés ; la bonté de Dieu envers toi, si tu persévères dans cette bonté ; puisque autrement, toi aussi, tu seras coupé. ◊ 23 Et eux aussi, s’ils ne persévèrent pas dans l’incrédulité, ils seront entés, car Dieu est puissant pour les enter de nouveau. ◊ 24 Car si toi, tu as été coupé de l’olivier qui selon la nature était sauvage, et as été enté contre nature sur l’olivier franc, combien plus ceux qui en sont selon la nature seront-ils entés sur leur propre olivier ? ◊ 25 Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère-ci, afin que vous ne soyez pas sages à vos propres yeux : c’est qu’un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée ; ◊ 26 et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu’il est écrit : « Le libérateur viendra de Sion ; il détournera de Jacob l’impiété. ◊ 27 Et c’est là l’alliance de ma part pour eux, lorsque j’ôterai leurs péchés ». ◊ 28 En ce qui concerne l’évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l’élection, ils sont bien-aimés à cause des pères. ◊ 29 Car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir. ◊ 30 Car comme vous aussi vous avez été autrefois désobéissants à Dieu et que maintenant vous êtes devenus des objets de miséricorde par la désobéissance de ceux-ci, ◊ 31 de même ceux-ci aussi ont été maintenant désobéissants à votre miséricorde, afin qu’eux aussi deviennent des objets de miséricorde. ◊ 32 Car Dieu a renfermé tous, [Juifs et nations], dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous. ◊ 33 Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables ! ◊ 34 Car qui a connu la pensée du *Seigneur, ou qui a été son conseiller ? ◊ 35 ou qui lui a donné le premier, et il lui sera rendu ? ◊ 36 Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! À lui soit la gloire éternellement ! Amen.
Jérémie
31 ◊ 1 En ce temps-là, dit l’Éternel, je serai le Dieu de toutes les familles d’Israël, et ils seront mon peuple. ◊ 2 Ainsi dit l’Éternel : Le peuple des réchappés de l’épée a trouvé grâce dans le désert ; je m’en vais donner du repos à Israël. ◊ 3 L’Éternel m’est apparu de loin : Je t’ai aimée d’un amour éternel ; c’est pourquoi je t’attire avec bonté. ◊ 4 Je te bâtirai encore, et tu seras bâtie, vierge d’Israël ! Tu te pareras encore de tes tambourins, et tu sortiras dans la danse de ceux qui s’égaient. ◊ 5 Tu planteras encore des vignes sur les montagnes de Samarie ; les planteurs les planteront, et en mangeront le fruit. ◊ 6 Car il y a un jour auquel les gardes crieront sur la montagne d’Éphraïm : Levez-vous, et nous monterons à Sion, vers l’Éternel, notre Dieu.
◊ 7 Car ainsi dit l’Éternel : Exultez d’allégresse au sujet de Jacob, et poussez des cris de joie, à la tête des nations ; faites éclater la louange, et dites : Éternel, sauve ton peuple, le reste d’Israël. ◊ 8 Voici, je les fais venir du pays du nord, et je les rassemble des extrémités de la terre, [et] parmi eux l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et celle qui enfante, [tous] ensemble, — une grande congrégation : ils retourneront ici. ◊ 9 Ils viendront avec des larmes, et je les conduirai avec des supplications ; je les ferai marcher vers des torrents d’eaux par un chemin droit ; ils n’y trébucheront pas ; car je serai pour père à Israël, et Éphraïm sera mon premier-né. ◊ 10 Nations, écoutez la parole de l’Éternel, et annoncez-la aux îles éloignées, et dites : Celui qui a dispersé Israël le rassemblera et le gardera comme un berger son troupeau. ◊ 11 Car l’Éternel a délivré Jacob, et l’a racheté de la main d’un plus fort que lui. ◊ 12 Et ils viendront et exulteront avec chant de triomphe sur les hauteurs de Sion, et ils afflueront vers les biens de l’Éternel, au blé, et au moût, et à l’huile, et au fruit du menu et du gros bétail ; et leur âme sera comme un jardin arrosé, et ils ne seront plus languissants. ◊ 13 Alors la vierge se réjouira dans la danse, et les jeunes gens et les vieillards, [tous] ensemble. Et je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai, et je les réjouirai [en les délivrant] de leur douleur ; ◊ 14 et je rassasierai de graisse l’âme des sacrificateurs, et mon peuple sera rassasié de mes biens, dit l’Éternel.
◊ 15 Ainsi dit l’Éternel : Une voix a été ouïe à Rama, une lamentation, des pleurs amers, Rachel pleurant ses fils, refusant d’être consolée au sujet de ses fils, parce qu’ils ne sont pas. ◊ 16 Ainsi dit l’Éternel : Retiens ta voix de pleurer et tes yeux [de verser] des larmes ; car il y a un salaire pour ton travail, dit l’Éternel ; et ils reviendront du pays de l’ennemi. ◊ 17 Et il y a espoir pour ta fin, dit l’Éternel, et tes fils reviendront dans leurs confins.
◊ 18 J’ai très bien entendu Éphraïm se lamentant : Tu m’as corrigé, et j’ai été corrigé comme un veau indompté ; convertis-moi, et je serai converti, car tu es l’Éternel, mon Dieu. ◊ 19 Car, après que j’ai été converti, je me suis repenti ; et, après que je me suis connu, j’ai frappé sur ma cuisse ; j’ai été honteux, et j’ai aussi été confus, car je porte l’opprobre de ma jeunesse. ◊ 20 Éphraïm m’est-il un fils précieux, un enfant de prédilection ? Car depuis que j’ai parlé contre lui, je me souviens de lui encore constamment ; c’est pourquoi mes entrailles se sont émues pour lui ; certainement j’aurai compassion de lui, dit l’Éternel.
◊ 21 Dresse-toi des signaux, place-toi des poteaux, mets ton cœur au chemin battu, au chemin par lequel tu es venue. Retourne, vierge d’Israël, retourne à ces tiennes villes. ◊ 22 Jusques à quand seras-tu errante, fille infidèle ? Car l’Éternel a créé une chose nouvelle sur la terre : une femme entourera l’homme. ◊ 23 Ainsi dit l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël : On dira encore cette parole dans le pays de Juda et dans ses villes, quand j’aurai rétabli leurs captifs : L’Éternel te bénisse, demeure de justice, montagne de sainteté ! ◊ 24 Et Juda y habitera, et toutes ses villes ensemble, les laboureurs, et ceux qui partent avec les troupeaux. ◊ 25 Car j’ai rassasié l’âme lassée, et j’ai rempli toute âme languissante. ◊ 26 — Là-dessus je me suis réveillé, et j’ai regardé, et mon sommeil m’a été doux.
◊ 27 Voici, des jours viennent, dit l’Éternel, où j’ensemencerai la maison d’Israël et la maison de Juda de semence d’hommes et de semence de bêtes. ◊ 28 Et il arrivera que, comme j’ai veillé sur eux pour arracher, et pour démolir, et pour renverser, et pour détruire, et pour faire du mal, ainsi je veillerai sur eux pour bâtir et pour planter, dit l’Éternel. ◊ 29 En ces jours-là on ne dira plus : Les pères ont mangé du raisin vert et les dents des fils en sont agacées. ◊ 30 Car chacun mourra dans son iniquité : tout homme qui mangera du raisin vert, en aura ses dents agacées.
◊ 31 Voici, des jours viennent, dit l’Éternel, et j’établirai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une nouvelle alliance, ◊ 32 non selon l’alliance que je fis avec leurs pères, au jour où je les pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, mon alliance qu’ils ont rompue, quoique je les eusse épousés, dit l’Éternel. ◊ 33 Car c’est ici l’alliance que j’établirai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit l’Éternel : Je mettrai ma loi au-dedans d’eux, et je l’écrirai sur leur cœur, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple ; ◊ 34 et ils n’enseigneront plus chacun son prochain, et chacun son frère, disant : Connaissez l’Éternel ; car ils me connaîtront tous, depuis le petit d’entre eux jusqu’au grand, dit l’Éternel ; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché.
◊ 35 Ainsi dit l’Éternel, qui donne le soleil pour la lumière du jour, les ordonnances de la lune et des étoiles pour la lumière de la nuit ; qui soulève la mer, et ses flots mugissent ; l’Éternel des armées est son nom : ◊ 36 Si jamais ces ordonnances s’en vont de devant moi, dit l’Éternel, la semence d’Israël cessera aussi d’être une nation devant moi pour toujours ! ◊ 37 Ainsi dit l’Éternel : Si on mesure les cieux en haut, et qu’on sonde les fondements de la terre en bas, alors aussi moi, je rejetterai toute la race d’Israël, à cause de tout ce qu’ils ont fait, dit l’Éternel. ◊ 38 Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, où la ville sera bâtie à l’Éternel depuis la tour de Hananeël jusqu’à la porte du coin ; ◊ 39 et le cordeau à mesurer sortira encore vis-à-vis d’elle jusqu’à la colline de Gareb et fera le tour jusqu’à Goath ; ◊ 40 et toute la vallée des cadavres et des cendres, et tous les champs jusqu’au torrent du Cédron, jusqu’au coin de la porte des chevaux vers le levant, seront saints, [consacrés] à l’Éternel : elle ne sera plus arrachée ni renversée, à jamais.
Daniel
9 ◊ 1 La première année de Darius, fils d’Assuérus, de la semence des Mèdes, qui fut fait roi sur le royaume des Chaldéens, ◊ 2 la première année de son règne, moi, Daniel, je compris par les livres que le nombre des années touchant lequel la parole de l’Éternel vint à Jérémie le prophète, pour l’accomplissement des désolations de Jérusalem, était de soixante-dix années. ◊ 3 Et je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, pour [le] rechercher par la prière et la supplication, dans le jeûne, et le sac et la cendre. ◊ 4 Et je priai l’Éternel, mon Dieu, et je fis ma confession, et je dis : Je te supplie, Seigneur, le *Dieu grand et terrible, qui gardes l’alliance et la bonté envers ceux qui t’aiment et qui gardent tes commandements ! ◊ 5 Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons agi méchamment, et nous nous sommes rebellés et nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances ; ◊ 6 et nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes, qui parlaient en ton nom à nos rois, à nos princes, et à nos pères, et à tout le peuple du pays. ◊ 7 À toi, Seigneur, la justice, et à nous la confusion de face, comme [elle est] aujourd’hui, — aux hommes de Juda et aux habitants de Jérusalem et à tout Israël, à ceux qui sont près et à ceux qui sont loin, dans tous les pays où tu les as chassés, à cause de leurs infidélités par lesquelles ils ont été infidèles envers toi. ◊ 8 Seigneur, à nous la confusion de face, à nos rois, à nos princes, et à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. ◊ 9 Au Seigneur notre Dieu sont les compassions et les pardons, car nous nous sommes rebellés contre lui, ◊ 10 et nous n’avons pas écouté la voix de l’Éternel, notre Dieu, pour marcher selon ses lois qu’il a mises devant nous par ses serviteurs les prophètes. ◊ 11 Et tout Israël a transgressé ta loi et s’est détourné en n’écoutant pas ta voix. Alors ont été versés sur nous l’exécration et le serment qui sont écrits dans la loi de Moïse, serviteur de Dieu, parce que nous avons péché contre lui ; ◊ 12 et il a accompli ses paroles qu’il a prononcées contre nous et contre nos juges qui nous jugeaient, en faisant venir sur nous un mal si grand que rien ne s’est fait sous tous les cieux comme ce qui a été fait à Jérusalem. ◊ 13 Selon qu’il est écrit dans la loi de Moïse, tout ce mal est venu sur nous ; et nous n’avons pas imploré l’Éternel, notre Dieu, afin de revenir de nos iniquités et de comprendre ta vérité. ◊ 14 Et l’Éternel a veillé sur le mal, et l’a fait venir sur nous ; car l’Éternel, notre Dieu, est juste dans toutes les œuvres qu’il a faites ; et nous n’avons pas écouté sa voix. ◊ 15 — Et maintenant, Seigneur, notre Dieu, toi qui as fait sortir ton peuple du pays d’Égypte à main forte, et qui t’es fait un nom, comme [il paraît] aujourd’hui : nous avons péché, nous avons agi méchamment ! ◊ 16 Seigneur, selon toutes tes justices, que ta colère et ta fureur se détournent, je te prie, de ta ville de Jérusalem, ta sainte montagne. Car à cause de nos péchés, et à cause des iniquités de nos pères, Jérusalem et ton peuple sont en opprobre à tous ceux qui nous entourent. ◊ 17 Et maintenant, écoute, ô notre Dieu, la prière de ton serviteur et ses supplications, et, pour l’amour du Seigneur, fais luire ta face sur ton sanctuaire désolé. ◊ 18 Incline ton oreille, ô mon Dieu, et écoute ; ouvre tes yeux, et vois nos désolations, et la ville qui est appelée de ton nom. Car ce n’est pas à cause de nos justices que nous présentons devant toi nos supplications, mais à cause de tes grandes compassions. ◊ 19 Seigneur, écoute ; Seigneur, pardonne ; Seigneur, sois attentif et agis ; ne tarde pas, à cause de toi-même, mon Dieu ; car ta ville et ton peuple sont appelés de ton nom.
◊ 20 Et je parlais encore, et je priais et confessais mon péché et le péché de mon peuple Israël, et je présentais ma supplication devant l’Éternel, mon Dieu, pour la sainte montagne de mon Dieu, ◊ 21 — je parlais encore en priant, et l’homme Gabriel que j’avais vu dans la vision au commencement, volant avec rapidité, me toucha vers le temps de l’offrande de gâteau du soir. ◊ 22 Et il me fit comprendre, et me parla, et dit : Daniel, je suis maintenant sorti pour éclairer ton intelligence. ◊ 23 Au commencement de tes supplications la parole est sortie, et je suis venu pour [te la] déclarer, car tu es un bien-aimé. Comprends donc la parole, et sois intelligent dans la vision : ◊ 24 Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta sainte ville, pour clore la transgression, et pour en finir avec les péchés, et pour faire propitiation pour l’iniquité, et pour introduire la justice des siècles, et pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le saint des saints. ◊ 25 Et sache, et comprends : Depuis la sortie de la parole pour rétablir et rebâtir Jérusalem, jusqu’au Messie, [le] prince, il y a sept semaines et soixante-deux semaines ; la place et le fossé seront rebâtis, et [cela] en des temps de trouble. ◊ 26 Et après les soixante-deux semaines, [le] Messie sera retranché et n’aura rien ; et le peuple du prince qui viendra, détruira la ville et le lieu saint, et la fin en sera avec débordement ; et jusqu’à la fin [il y aura] guerre, un décret de désolations. ◊ 27 Et il confirmera une alliance avec la multitude [pour] une semaine ; et au milieu de la semaine il fera cesser le sacrifice et l’offrande ; et à cause de la protection des abominations [il y aura] un désolateur, et jusqu’à ce que la consomption et [ce qui est] décrété soient versés sur la désolée.
Esther
1 ◊ 1 Et aux jours d’Assuérus (cet Assuérus régnait depuis l’Inde jusqu’à l’Éthiopie sur cent vingt-sept provinces), ◊ 2 en ces jours-là, il arriva que le roi Assuérus, étant assis sur le trône de son royaume, à Suse, la capitale, ◊ 3 la troisième année de son règne, fit un festin à tous ses princes et ses serviteurs, les puissants de la Perse et de la Médie, les nobles et les chefs des provinces étant devant lui, ◊ 4 — montrant les richesses glorieuses de son royaume et le faste magnifique de sa grandeur pendant nombre de jours, pendant cent quatre-vingts jours.
◊ 5 Et quand ces jours furent accomplis, le roi fit à tout le peuple qui se trouvait à Suse, la capitale, depuis le grand jusqu’au petit, un festin de sept jours, dans la cour du jardin du palais du roi : ◊ 6 [des draperies] blanches, vertes, et bleues, étaient attachées par des cordons de byssus et de pourpre à des anneaux d’argent et à des colonnes de marbre blanc ; les lits étaient d’or et d’argent, [placés] sur un pavement de marbre rouge et blanc, d’albâtre, et de marbre noir. ◊ 7 Et on donna à boire dans des vases d’or, les vases différant les uns des autres, et il y avait du vin royal en abondance, selon la puissance du roi. ◊ 8 Et on buvait, selon l’édit : on ne forçait personne ; car c’est ainsi que le roi avait ordonné à tous les grands de sa maison, de faire selon le gré de chacun.
◊ 9 La reine Vasthi aussi fit un festin pour les femmes de la maison royale du roi Assuérus.
◊ 10 Au septième jour, comme le cœur du roi était gai par le vin, il dit à Mehuman, à Biztha, à Harbona, à Bigtha, et à Abagtha, à Zéthar, et à Carcas, les sept eunuques qui servaient devant le roi Assuérus, ◊ 11 d’amener la reine Vasthi devant le roi, avec la couronne du royaume, pour montrer sa beauté aux peuples et aux princes, car elle était belle de figure. ◊ 12 Mais la reine Vasthi refusa de venir à la parole du roi transmise par les eunuques. Et le roi se mit fort en colère, et sa fureur s’embrasa en lui.
◊ 13 Et le roi dit aux sages qui connaissaient les temps (car les affaires du roi [se traitaient] ainsi devant tous ceux qui connaissaient la loi et le droit : ◊ 14 et les plus rapprochés de lui étaient Carshena, Shéthar, Admatha, Tarsis, Mérès, Marsena, Memucan, les sept princes de la Perse et de la Médie qui voyaient la face du roi, qui siégeaient au premier rang dans le royaume) : ◊ 15 Que faut-il faire à la reine Vasthi, selon la loi, pour n’avoir pas fait ce que le roi Assuérus a commandé par l’intermédiaire des eunuques ? ◊ 16 Et Memucan dit devant le roi et les princes : Ce n’est pas contre le roi seulement que la reine Vasthi a mal agi, mais contre tous les princes et contre tous les peuples qui sont dans toutes les provinces du roi Assuérus ; ◊ 17 car cette affaire de la reine se répandra parmi toutes les femmes, de manière à rendre leurs maris méprisables à leurs yeux, en ce qu’elles diront que le roi Assuérus a commandé d’amener la reine Vasthi devant lui, et qu’elle n’est pas venue. ◊ 18 Et aujourd’hui les princesses de la Perse et de la Médie qui auront appris l’affaire de la reine parleront [de même] à tous les princes du roi ; et il y aura assez de mépris et de colère. ◊ 19 Si le roi le trouve bon, qu’un ordre royal émane de lui et soit inscrit dans les lois de la Perse et de la Médie, et ne passe pas, que Vasthi n’entrera plus devant le roi Assuérus ; et que le roi donne la dignité royale de Vasthi à une autre qui sera meilleure qu’elle ; ◊ 20 et l’édit du roi, qu’il aura fait, sera connu dans tout son royaume, car il est grand, et toutes les femmes rendront honneur à leurs maris, depuis le grand jusqu’au petit. ◊ 21 Et cette parole fut bonne aux yeux du roi et des princes. Et le roi fit selon la parole de Memucan, ◊ 22 et il envoya des lettres à toutes les provinces du roi, à chaque province selon son écriture, et à chaque peuple selon sa langue, [portant] que tout homme serait maître dans sa maison, et parlerait selon la langue de son peuple.
Esther
2 ◊ 1 * Après ces choses, quand la colère du roi Assuérus se fut calmée, il se souvint de Vasthi et de ce qu’elle avait fait, et de ce qui avait été décrété contre elle. ◊ 2 Et les serviteurs du roi, qui le servaient dirent : Qu’on cherche pour le roi des jeunes filles vierges, belles de figure ; ◊ 3 et que le roi prépose des commissaires dans toutes les provinces de son royaume, et qu’ils rassemblent toutes les jeunes filles vierges, belles de figure, à Suse, la capitale, dans la maison des femmes, sous la surveillance d’Hégaï, eunuque du roi, gardien des femmes ; et qu’on [leur] donne les parfums nécessaires pour leur purification ; ◊ 4 et que la jeune fille qui plaira au roi soit reine à la place de Vasthi. Et la chose fut bonne aux yeux du roi. Et il fit ainsi.
◊ 5 Il y avait à Suse, la capitale, un homme juif, et son nom était Mardochée, fils de Jaïr, fils de Shimhi, fils de Kis, Benjaminite ; ◊ 6 il avait été transporté de Jérusalem avec les captifs qui avaient été transportés avec Jéconias, roi de Juda, que Nebucadnetsar, roi de Babylone, avait transportés. ◊ 7 Et il élevait Hadassa (qui est Esther), fille de son oncle, car elle n’avait ni père ni mère. Et la jeune fille était belle de taille et belle de figure. Et à la mort de son père et de sa mère, Mardochée la prit pour fille. ◊ 8 Et il arriva que, lorsque la parole du roi et son édit furent connus et que beaucoup de jeunes filles furent rassemblées à Suse, la capitale, sous la surveillance d’Hégaï, Esther aussi fut amenée dans la maison du roi, sous la surveillance d’Hégaï, gardien des femmes. ◊ 9 Et la jeune fille lui plut et trouva faveur devant lui ; et il se hâta de lui donner les parfums nécessaires pour sa purification, et ses portions, et de lui donner les sept jeunes filles choisies de la maison du roi ; et il la transféra avec ses jeunes filles dans le meilleur [appartement] de la maison des femmes. ◊ 10 Esther n’avait pas fait connaître son peuple et sa naissance, car Mardochée lui avait commandé de ne pas les faire connaître. ◊ 11 Et chaque jour Mardochée se promenait devant la cour de la maison des femmes, pour savoir comment Esther se trouvait et ce qu’on faisait à son égard.
◊ 12 Et quand venait le tour pour chaque jeune fille d’entrer auprès du roi Assuérus, après qu’il lui avait été fait pendant douze mois selon la règle établie pour les femmes (car c’est ainsi que se complétaient les jours de leur purification : six mois avec de l’huile de myrrhe, et six mois avec des aromates, et les parfums nécessaires à la purification des femmes : ◊ 13 et ainsi la jeune fille entrait auprès du roi), tout ce qu’elle demandait lui était donné pour passer avec elle de la maison des femmes dans la maison du roi. ◊ 14 Le soir elle allait, et le matin elle s’en revenait à la seconde maison des femmes, sous la surveillance de Shaashgaz, eunuque du roi, gardien des concubines. Elle n’entrait plus auprès du roi, à moins que le roi ne trouvât plaisir en elle, et qu’elle ne fût appelée par [son] nom.
◊ 15 Et quand arriva le tour d’Esther, fille d’Abikhaïl, oncle de Mardochée, qui l’avait prise pour fille, d’entrer auprès du roi, elle ne demanda rien, sauf ce que dit Hégaï, eunuque du roi, gardien des femmes. Et Esther trouvait faveur aux yeux de tous ceux qui la voyaient. ◊ 16 Et Esther fut conduite auprès du roi Assuérus, dans sa maison royale, au dixième mois (c’est le mois de Tébeth), la septième année de son règne. ◊ 17 Et le roi aima Esther plus que toutes les femmes, et elle trouva grâce et faveur devant lui plus que toutes les vierges, et il mit la couronne du royaume sur sa tête et la fit reine à la place de Vasthi. ◊ 18 Et le roi fit un grand festin à tous ses princes et ses serviteurs, le festin d’Esther ; et il octroya un dégrèvement aux provinces et fit des dons selon la puissance du roi.
◊ 19 Et lorsque les vierges furent rassemblées pour la seconde fois, Mardochée était assis à la porte du roi. ◊ 20 Esther, ainsi que le lui avait commandé Mardochée, n’avait pas fait connaître sa naissance et son peuple ; et Esther faisait ce que Mardochée disait, comme lorsqu’elle était élevée chez lui. ◊ 21 — En ces jours-là, Mardochée étant assis à la porte du roi, deux des eunuques du roi, d’entre les gardiens du seuil, Bigthan et Théresh, se mirent en colère et cherchèrent à porter la main sur le roi Assuérus. ◊ 22 Et la chose vint à la connaissance de Mardochée, et il la rapporta à la reine Esther, et Esther la dit au roi au nom de Mardochée. ◊ 23 Et on fit une enquête sur la chose, et elle fut trouvée telle, et les deux [eunuques] furent pendus à un bois. Et cela fut écrit dans le livre des chroniques en présence du roi.
Esther
4 ◊ 1 Et Mardochée sut tout ce qui s’était fait ; et Mardochée déchira ses vêtements et se couvrit d’un sac et de cendre, et sortit au milieu de la ville et poussa un cri grand et amer. ◊ 2 Et il vint jusque devant la porte du roi, car il n’était pas permis d’entrer, vêtu d’un sac, dans la porte du roi. ◊ 3 Et dans chaque province, partout où parvint la parole du roi et son édit, il y eut un grand deuil parmi les Juifs, des jeûnes et des pleurs, et des lamentations ; beaucoup firent leur lit du sac et de la cendre. ◊ 4 Et les jeunes filles d’Esther et ses eunuques vinrent et le lui rapportèrent, et la reine en fut dans une grande angoisse ; et elle envoya des vêtements pour vêtir Mardochée, et pour lui faire ôter son sac de dessus lui, mais il ne les accepta pas. ◊ 5 Et Esther appela Hathac, l’un des eunuques du roi, qu’il avait placé auprès d’elle, et elle lui commanda [d’aller] vers Mardochée pour savoir ce que c’était et pourquoi c’était. ◊ 6 Et Hathac sortit vers Mardochée sur la place de la ville qui était devant la porte du roi. ◊ 7 Et Mardochée l’informa de tout ce qui lui était arrivé, et de la somme d’argent qu’Haman avait dit qu’il payerait au trésor du roi en vue des Juifs, pour les détruire ; ◊ 8 et il lui donna une copie de l’écrit de l’édit qui avait été rendu à Suse pour les détruire, afin de le montrer à Esther et de le lui faire connaître, et pour lui commander d’entrer vers le roi, de le supplier et de faire requête devant lui en faveur de son peuple.
◊ 9 Et Hathac vint et rapporta à Esther les paroles de Mardochée. ◊ 10 Et Esther dit à Hathac et le chargea [de dire] à Mardochée : ◊ 11 Tous les serviteurs du roi et le peuple des provinces du roi savent que pour quiconque, homme ou femme, entre auprès du roi, dans la cour intérieure, sans avoir été appelé, [il existe] une même loi [prescrivant] de le mettre à mort, à moins que le roi ne lui tende le sceptre d’or, pour qu’il vive ; et moi, je n’ai pas été appelée à entrer vers le roi ces trente jours. ◊ 12 Et on rapporta à Mardochée les paroles d’Esther. ◊ 13 Et Mardochée dit de répondre à Esther : Ne pense pas en ton âme d’échapper, dans la maison du roi, plutôt que tous les Juifs ; ◊ 14 car, si tu gardes le silence en ce temps-ci, le soulagement et la délivrance surgiront pour les Juifs d’autre part, mais toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? ◊ 15 Et Esther dit de répondre à Mardochée : ◊ 16 Va, rassemble tous les Juifs qui se trouvent à Suse, et jeûnez pour moi, et ne mangez ni ne buvez pendant trois jours, ni la nuit, ni le jour ; moi aussi, et mes jeunes filles, nous jeûnerons de même ; et ainsi, j’entrerai vers le roi, ce qui n’est pas selon la loi ; et si je péris, je périrai. ◊ 17 Et Mardochée s’en alla et fit selon tout ce qu’Esther lui avait commandé.