Exode 33 à 40

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 16]

Un étrange et merveilleux secret se dévoile en passant d’un coup des premiers chapitres de la Genèse aux derniers chapitres de l’Exode. Je veux dire de ces faits — dans les uns, nous voyons l’Éternel Dieu préparant une demeure pour l’homme ; dans les autres, nous voyons l’homme préparant une demeure pour l’Éternel.

Au début de la Genèse, l’Éternel Dieu bâtit les cieux et la terre, et les remplit. Il plante alors un jardin en Éden, l’endroit choisi sur la terre dans ce but, et là, Il place l’homme qu’Il avait créé, et le bénit de toutes sortes de bénédictions, le couronne et l’enrichit, et lui donne une compagne, de sorte qu’il doit proclamer la plénitude d’un cœur comblé jusqu’à déborder.

Nous savons comment l’homme souilla et perdit ce si bel état qui était le sien, et fut chassé, en juste jugement, du jardin pour labourer le sol pour sa subsistance courante. Mais l’Éternel Dieu devint aussi un étranger dans Sa propre création. Une scène non jugée de souillure et de corruption ne pouvait pas être Sa demeure. Il ne pouvait s’y reposer, ni être rafraîchi par elle, comme Il l’avait été autrefois à la vue de la création telle qu’elle était sortie de Ses mains, nette et pure et parfaite. Il visitait Ses élus qui s’y trouvaient ; mais quand Il avait fini de parler avec eux, comme nous le lisons, « Il alla Son chemin ». Le péché l’avait souillée, et L’avait séparé d’elle. Et cela se poursuivit.

Au fil du temps, Il sépara un peuple pour Lui-même hors des nations de cette terre souillée. Il les racheta pour Lui par le sang, et ils furent faits un peuple à part, séparé, dirais-je, comme Lui-même l’était déjà. Et ce peuple, au temps convenable et de la manière appropriée, et dans le bon caractère, Lui prépara une habitation, un tabernacle pour que la gloire y entre et l’occupe, comme nous le voyons à la fin du livre de l’Exode.

Comme autrefois les cieux et la terre avaient été créés, le jardin d’Éden planté, et l’homme placé dedans comme sa demeure, couronné et marié, et comblé d’une pleine mesure de bénédiction, et tout cela de la part de Dieu pour lui, ainsi maintenant, le tabernacle est construit, meublé et dressé par l’homme pour Dieu, et la gloire y entre, et la nuée repose dessus, et l’Éternel Dieu se réjouit en Sa nouvelle demeure, comme Adam l’avait fait dans la sienne.

C’est merveilleux. Il y a quelque chose de mystérieusement excellent et précieux dans ce contraste entre le début de la Genèse et la fin de l’Exode. Mais nous avons encore plus que cela à remarquer.

C’était, bien entendu, en souveraineté, dans l’exercice de Sa propre prérogative élevée et Son bon plaisir, que l’Éternel Dieu avait, au commencement, bâti et garni un lieu pour l’homme — c’est maintenant, dans l’obéissance, que l’homme prépare un lieu pour Dieu. L’Éternel Dieu Lui-même avait ordonné que ce tabernacle fût fait. Il en avait montré toutes les parties, comme modèles, à Moïse ; et dans une pleine et exacte conformité avec ces modèles, toutes choses avaient été maintenant faites. Tout comme cela avait été prescrit par le Seigneur, ainsi toutes choses furent faites par Israël — et tout comme l’Éternel Lui-même avait regardé tout ce qu’Il avait créé et fait, selon Son bon plaisir divin, et l’avait déclaré bon, s’y était reposé et l’avait béni, ainsi Moïse regarde maintenant tout ce qu’Israël avait fait, et comme c’était selon le commandement et la prescription de Dieu, Moïse le déclara, de la même manière, être bon, pour ainsi dire, et bénit le peuple. Et alors, gardant encore tout dans Sa main souveraine, l’Éternel commande à Moïse de rassembler tout ensemble, et de le dresser dans sa forme de sanctuaire ; et Moïse faisant ainsi, toujours dans un esprit d’obéissance, l’Éternel, dans les symboles de la nuée et de la gloire, en prend possession comme Son habitation.

Il y a là, je dirais encore, quelque chose de merveilleux, quelque chose de mystérieusement excellent ; que, bien que l’Éternel bâtisse pour l’homme, et puis l’homme bâtisse pour l’Éternel, il y a cependant encore une distance infinie entre eux ; l’Éternel faisant cela selon la volonté de Ses droits souverains et de Son bon plaisir, l’homme le faisant simplement comme obéissant.

Il y a toutefois bien plus à voir en cela.

Cette élévation d’une habitation pour Dieu était, comme nous le voyons, un acte d’obéissance, et l’obéissance de la foi, l’obéissance à une révélation. La désobéissance à un commandement, une violation de la loi, L’avait au commencement privé d’une place dans Sa propre création ; mais maintenant, l’obéissance, l’obéissance de la foi à une révélation, Lui avait construit un lieu pour Sa gloire. Mais il nous faut encore voir qui étaient ceux qui furent ainsi obéissants, dans quel caractère le peuple d’Israël avait-il érigé ce tabernacle pour la gloire. Et là, nous sommes amenés à cette vérité très bénie et nécessaire.

Nous devons revenir de Exode 40 à Exode 33, pour trouver satisfaction à cet égard — mais là, nous sommes abondamment satisfaits, et instruits de façon heureuse et toute pleine de grâce.

Israël s’était détruit sous la loi, sous leur propre, ou ancienne, alliance. Ayant fait le veau d’or, ils transgressèrent le premier commandement de la loi, et devaient être ôtés du pays. Mais le médiateur retarda l’exécution de la justice ; et sous ses paroles (qui leur étaient apportées par l’Éternel), ils prirent une nouvelle position, ils revêtirent un nouveau caractère ; ils se dépouillèrent de leurs ornements, et cherchèrent l’Éternel dans le lieu où Il s’était retiré hors de leur camp.

C’était, par conviction, prendre la place de pécheurs sous le regard de Dieu. Et c’était une chose nouvelle. Mais c’était la seule chose que l’Éternel pouvait accepter. C’était la seule chose vraie, la seule position véritable ; car ils étaient des pécheurs, et ils devaient être devant Lui comme des pécheurs. Mais, étant condamnés, ils firent savoir au médiateur qu’il avait toute leur confiance. Ils le regardèrent tandis qu’il entrait dans le lieu où Dieu était descendu, ils quittèrent leurs tentes, ils se tinrent, chaque homme à sa porte, et de là, comme convaincus de péché et humiliés, tout en s’inclinant et en adorant, ils regardent au médiateur.

C’était magnifique — le second pas dans le chemin d’un pécheur convaincu. Comme dépouillés de leurs ornements, ils sortent hors du camp, comme s’ils étaient impurs, et font savoir au médiateur qu’il est toute leur confiance. Et il ne les désappointe pas, et ne le pouvait pas. Je n’entrerai pas particulièrement dans cette scène de sa relation avec l’Éternel, quand ils sont ensemble face à face, et parlant comme un homme avec son ami. Mais nous pouvons voir ceci, et nous pouvons dire — que Moïse fait usage de sa position et de son intimité entièrement pour la cause d’Israël. Le zèle avec lequel il plaide avec l’Éternel pour qu’Il reconnaisse Israël comme Son peuple, et lui donne le bénéfice de la grâce dans laquelle lui-même demeurait, est magnifique à considérer — et nous savons qu’en tout cela, il représente un plus grand que lui, qu’il n’est que l’ombre ou le reflet du vrai et seul Médiateur. Mais il réussit. Il ne pouvait pas, comme il le proposait, faire propitiation pour eux — cela reste dans les mains de Celui dont il était écrit au rouleau du Livre, qu’il dit : « Voici, je viens », pour qui « un corps » fut préparé — mais il obtient que l’Éternel et le camp soient de nouveau ensemble, sous la promesse que Canaan serait atteinte. Le médiateur ne déçut pas les espérances du peuple. Il s’était retiré d’eux tout ce temps. Ils ne le voyaient pas, mais il les servait en la présence de Dieu avec cet amour zélé, dévoué et qui se renonçait à lui-même.

Finalement, il revient vers eux, et il apporte avec lui, pourrais-je dire, deux choses : la gloire sur son visage, et les modèles de ce qu’il avait vu sur la montagne. La gloire qu’il portait sur son visage était l’expression de la loi, et ils la trouvèrent insupportable — les modèles étaient les ombres des biens à venir, témoins de la grâce, ou des provisions de Dieu pour les pécheurs, et ils sont appelés à les adopter comme leur seul moyen de bénédiction. C’est ce qu’ils firent. C’était l’obéissance de la foi, l’obéissance rendue par des pécheurs condamnés à la révélation des provisions de Dieu en grâce pour leur condition. Et avec un plein zèle de cœur, ils accomplirent ce service de foi. Ils apportèrent leurs offrandes pour cette œuvre avec des cœurs bien disposés, et travaillèrent à cette œuvre avec des mains habiles et divinement instruites.

Il est en effet très heureux et très nécessaire de voir tout cela. Des pécheurs condamnés, qui ont accepté par la foi ce que Dieu a fourni pour leur condition ruinée, sont les artisans de ce tabernacle que l’Éternel allait occuper. Et ils le firent, comme avec des cœurs disposés qui avaient été touchés par Sa grâce, et avec des mains habiles qui avaient été douées par Son Esprit.

Tout cela doit être considéré en premier lieu. Quand nous parlons de l’homme préparant une demeure pour l’Éternel, c’est seulement dans un tel caractère, et d’une manière semblable à celle-ci, qu’une telle œuvre peut être faite. Dieu ne pouvait rien recevoir de l’homme, sinon d’hommes prenant la place de pécheurs condamnés. Mais qu’il s’humilie lui-même, et Dieu pourra l’exalter. Qu’il reçoive par la foi les provisions de Dieu pour son propre état de culpabilité et de jugement qu’il s’était infligé, et alors l’Éternel recevra de lui le tribut, le service et l’adoration, et, comme cela nous est montré dans ces grands chapitres, une demeure pour Sa gloire. Car Salomon, parlant par l’inspiration de Dieu, dit, comme de fait Moïse et le camp obéissant dans le désert auraient pu le dire, à la fin du livre de l’Exode : « L’Éternel a dit qu’il habiterait dans l’obscurité profonde. Mais moi j’ai bâti une maison d’habitation pour toi, un lieu fixe pour que tu y demeures à toujours » (2 Chron. 6).

Que peut-il y avoir de plus grand et de plus excellent dans les voies de Dieu et de Sa grâce ? L’évangile, dans une grande partie de son éclat, brille ici — car l’Éternel accepte là le service de pécheurs condamnés qui, par la foi, font usage de ce qu’Il a fourni pour leur état de ruine et de condamnation. Oui, Il habite encore dans des sanctuaires que la foi, par l’opération de Son Esprit, Lui prépare — comme, parlant du Père et de Lui-même, le Seigneur Jésus dit, concernant chacun de Ses saints bien-aimés : « Nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » — et l’apôtre parle de l’assemblée des saints, comme « une habitation de Dieu par l’Esprit » (Jean 14 ; Éph. 2).

Et en lien avec cela, laissez-moi dire de quelles manières merveilleuses le Seigneur Jésus, le Christ de Dieu, est plus qu’un réparateur de toutes les brèches, ou qu’un restaurateur des sentiers, pour s’y attarder. Il est assurément cela — mais Il est plus que cela.

Nous savons comment tout ce qui a été confié à l’homme, de temps à autre, a failli entre les mains de l’homme, et a déçu (en parlant à la manière d’un homme) les attentes divines. Adam en Éden ou dans la belle création intacte ; Noé dans le nouveau monde ; Israël en Canaan ; la maison de David sur le trône ; la maison de Lévi dans le sanctuaire ; les Gentils avec l’épée et le pouvoir, comme un dieu terrestre ; le chandelier ; tous se sont montrés infidèles. Mais tous les desseins en eux, toutes les attentes divines en chacun de ceux-ci, auront leur réponse et seront accomplis par Christ. La terre fleurira de nouveau. Israël, et David, et Lévi, peuple, roi et sacrificateur, seront tous dans leurs divers positions et services, aux jours du Messie. Le gouvernement dans le monde sera selon la justice, et l’Assemblée sera présentée dans sa pleine beauté, une Église glorieuse et sans tache.

Tout sera ainsi, comme dans la main du grand réparateur de toutes les brèches. Mais plus que cela. Au commencement, l’Éternel Dieu a préparé un sabbat. Adam l’a profané. Au temps convenable, l’Éternel a préparé un autre sabbat en Canaan et en Salomon. Israël et la maison de David l’ont profané. Mais maintenant, il est béni de pouvoir le dire, Christ a préparé un sabbat pour Dieu. « J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire », dit-Il, s’adressant au Père. Et Dieu est entré dans ce sabbat. Il se repose dans l’œuvre accomplie du Seigneur Jésus ; et Il s’y reposera pour l’éternité.

Merveilleux et précieux mystère ! L’homme, le premier homme, Adam, a profané le sabbat que Dieu avait sanctifié — l’homme, le second homme, Christ, a rendu parfait et préparé un sabbat pour l’Éternel Dieu, et Il en jouira pour l’éternité.

Nous pouvons bien dire que Christ est un réparateur des brèches, oui, et bien davantage, à Sa louange, dans l’admiration des voies de Dieu.