Expiation

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 112]

Le témoignage de l’Écriture sainte est clair, explicite et abondant quant à la grande vérité cardinale, que l’expiation est par l’effusion du sang. Les vêtements de peau que l’Éternel Dieu fit pour Adam et Ève furent procurés par des victimes mortes. Le « plus excellent sacrifice » d’Abel consistait dans le sang et la graisse. De même aussi dans l’histoire de Noé en Genèse 8, et dans l’histoire d’Abraham en Genèse 15. Israël fut protégé du jugement en Égypte par le sang de l’agneau pascal, comme nous le lisons : « je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous » (Ex. 12). Tout le livre du Lévitique est un grand courant qui tend à renforcer le flot de preuves sur cette question vitale. L’holocauste, le sacrifice de prospérités, le sacrifice pour le péché et celui pour le délit, étaient tous basés sur l’effusion du sang. Voyez aussi ce fameux passage en Lévitique 17 : « L’âme de la chair est dans le sang ; et moi je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation pour vos âmes ; car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme » (v. 11).

Le temps nous manque pour présenter le millième des preuves de l’Écriture sur ce sujet. Nous donnerons simplement deux passages souvent cités dans le Nouveau Testament, puis vous laisserons suivre la chaîne des preuves par vous-même. « Et presque toutes choses sont purifiées par du sang, selon la loi ; et sans effusion de sang il n’y a pas de rémission » (Héb. 9, 22). « À celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang » (Apoc. 1, 5, 9, avec Act. 20, 28). Ces passages parlent d’eux-mêmes. Nous désirons nous incliner avec une soumission respectueuse devant l’autorité de l’Écriture sainte. Nous ne voulons pas raisonner ou discuter. « Ainsi dit le Seigneur » nous suffit amplement.

Votre question au sujet de Jean 1, 29 et 1 Jean 2, 2 est très importante. Il vous sera très utile de distinguer entre Christ comme la propitiation pour le monde entier et comme le substitut pour les siens. Les deux boucs en Lévitique 16 Le typifient dans ces deux aspects de Son œuvre. Le sort pour l’Éternel tombait sur l’un. C’était Christ la propitiation. Le sort pour le peuple tombait sur l’autre. C’était Christ le substitut. Jean 1, 29 fait référence au premier : « L’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ». Voyez aussi Hébreux 9, 26. Christ fit une œuvre sur la croix en vertu de laquelle toute trace de péché devra être effacée de la création entière. Le plein résultat de cette œuvre ne se verra pas jusqu’à ce que les nouveaux cieux et la nouvelle terre brillent comme demeure éternelle de la justice. C’est en vertu de l’œuvre expiatoire de Christ que Dieu a eu affaire en miséricorde et en bonté avec le monde et avec l’homme, depuis la chute jusqu’à maintenant. Il a envoyé Son soleil et Sa pluie sur la terre. Il a rempli le cœur des hommes de nourriture et de joie. Il a usé de patience et de longanimité avec la famille humaine. Et c’est en vertu du même sacrifice expiatoire que l’évangéliste va en avant avec une bonne nouvelle pour le monde entier, pour les oreilles de toute créature sous le ciel.

L’évangéliste ne peut pas aller et dire à toute créature que Christ est mort comme son substitut, mais il peut lui dire qu’Il est mort comme propitiation ; et quand, par grâce, l’âme croit au Seigneur Jésus Christ, elle peut apprendre la nouvelle vérité qui l’apaise, qu’Il est mort comme un substitut et a porté tous ses péchés en Son corps sur le bois. Voyez Hébreux 9, 28 : « Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs » — tous les siens. Au verset 26, nous lisons : « Il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice ». Il n’est jamais dit que Christ a porté les péchés du monde. C’est une doctrine complètement fausse ; c’est l’universalisme. Il a porté les péchés des siens, et Il a accompli une œuvre en vertu de laquelle toute trace de péché devra être complètement abolie de tout l’univers de Dieu.

Ces distinctions, cher ami, sont de la plus grande importance. L’Écriture les maintient. La théologie les confond, et en résultat, déconcerte les âmes.

1 Pierre 2, 24 fait référence à toute l’œuvre du sacrifice de Christ. C’est une citation de Ésaïe 53. La version des Septante rend le mot « meurtrissures » par un nom au singulier. L’œuvre expiatoire de Christ est présentée de diverses manières tout au long des Écritures — « mort », « effusion du sang », « meurtrissures », « croix », etc. Il y a toujours un but distinct dans l’utilisation d’un terme en particulier. Acceptez, cher ami, nos plus chaleureux remerciements pour votre lettre vraiment aimable et encourageante. Que Dieu vous bénisse très abondamment !