Intimité divine

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 36]

L’intimité entre le Seigneur et Ses élus va au-delà, pouvons-nous dire, de ce qui est connu par ailleurs. Les anges font Son bon plaisir, servent en Sa présence, ont gardé leur premier état, et excellent dans cette force qui Le sert. Mais ils ne sont pas là où sont les pécheurs élus. Ils apprennent, par l’Assemblée, la sagesse si diverse de Dieu — pour nous, tout ce que le Fils a reçu du Père, Il nous l’a fait connaître.

Le Sauveur se familiarise avec les secrets du sein du pécheur ; tandis qu’Il communique à celui qui est tel les secrets du sein de Dieu. C’est en réalité l’intimité. Voyez-la illustrée au puits de Sichar. Voyez-la dans les histoires d’Abraham, de Moïse, de David, et d’autres. C’est une chose merveilleuse à dire — mais il en est bien ainsi. Nous ne sommes pas appelés à la démontrer — l’Écriture le fait à la fois par la doctrine et par l’illustration. Nous sommes appelés à la croire et à en jouir.

Nous voyons l’Esprit de Dieu, par l’apôtre, dans l’épître aux Romains, conduire les saints le long de deux chemins différents — le chemin de la grâce, en Romains 1 à 8 ; le chemin de la connaissance, en Romains 9 à 11.

Il nous trouve, au commencement, dans notre ruine. Nous sommes pris comme pécheurs, n’atteignant pas à Sa gloire, et étant en révolte et loin de Lui. C’est depuis un tel point que nous commençons le chemin. Mais Il nous conduit tout du long, depuis nos profondeurs jusqu’à Ses hauteurs, depuis nos ruines jusqu’à Ses merveilles et les richesses de Sa bonté. Et à la fin, Il nous plante sur un sommet d’où nous pouvons défier tous nos ennemis, et nous trouver au-dessus de tout ce qui pourrait être contre nous. Qui peut être contre nous ? voilà le langage du cœur, là ; qui peut accuser, qui peut condamner, qui peut séparer ?

Nous ayant ainsi conduit tout du long, dans le chemin de la grâce, et ayant réglé pour toujours les questions nous concernant, Il nous prend de nouveau par la main, pour nous conduire le long d’un autre chemin, le chemin de la sagesse ou de la connaissance, où nous apprenons, non pas nos propres intérêts comme pécheurs, mais les richesses et les secrets variés de Ses propres conseils, depuis le commencement jusqu’à leur fin. Et Il ne lâche pas la main du pécheur sauvé qu’Il conduit là, jusqu’à ce qu’Il le plante sur un autre sommet, et place une autre extase devant son esprit — non pas une exultation dans sa propre bénédiction sous les dons de la grâce, comme nous le voyons à la fin du chemin précédent, mais un triomphe dans les voies et les propos de Dieu dans toute la lumière de ces communications divines qui lui sont maintenant faites.

Et tout ceci n’est-il pas l’intimité ? Tout d’abord, ramener à la maison un banni, rendre un pécheur propre pour Sa présence, et le placer là dans la liberté, la force et la joie, et puis lui dire tous Ses conseils ?

La femme de Sichar obtint la première de ces choses, mais non la seconde ; du moins, à ce moment-là. C’était tout à fait approprié. Le Sauveur lui dit tout au sujet d’elle-même, et puis se montra Lui-même à elle, afin que son esprit soit rempli de l’exultation que nous trouvons à la fin du premier de ces chemins que nous avons suivis dans l’épître aux Romains — c’est-à-dire, ce que nous lisons à la fin de Romains 8. Mais le temps n’était pas encore venu pour la conduire le long du second chemin. Je le répète, tout cela était très approprié pour elle.

Mais si nous regardons loin en arrière, en Genèse 18 et 19, nous voyons là le cas d’un pécheur sauvé, un saint de Dieu, conduit le long de chacun de ces chemins ; ou plutôt, un tel se tenant déjà à la fin de l’un, et conduit tout du long, comme depuis cette position, dans l’autre.

L’Éternel vient à Abraham alors qu’il était assis à la porte de sa tente, près de Hébron. Comme quelqu’un qui Le connaissait bien, Abraham se lève et adore, et propose de Lui préparer quelque rafraîchissement. En conséquence, le repas est préparé et partagé. Abraham jouit ainsi de la grâce dans laquelle il se trouvait. La présence de Dieu est sa demeure. Il est l’image d’une âme en Romains 8, 31 à 39. Mais se trouvant là, il est prêt à entreprendre une marche supplémentaire en compagnie de son divin Maître. Et c’est ce qu’il fait. Ils se lèvent ensemble de dessous l’arbre, où le festin avait été partagé ; et alors qu’ils vont ensemble, l’Éternel communique Ses secrets à Abraham.

L’intimité peut-elle dépasser cela ? « Je ne vous appelle plus esclaves, car l’esclave ne sait pas ce que son maître fait ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai ouï de mon Père »[1]. Les anges, je le répète, ne nous sont pas présentés ainsi — ni non plus Adam dans l’innocence du jardin d’Éden. Mais les pécheurs sauvés occupent ces places, sans que ce soit un vol. Ils prennent le caillou blanc et y lisent un nouveau nom, que nul ne connaît sinon celui qui le reçoit.

Voyez l’évangile de Jean et l’Apocalypse de Jean, comme d’autres illustrations de ces mêmes choses. Là, dans cet évangile, un pécheur après l’autre est conduit tout du long du chemin de la grâce, comme depuis sa propre ruine, jusqu’aux hauteurs de Dieu du salut et de la paix, pour exulter là dans cet esprit qui clôture Romains 8. Et dans l’Apocalypse, combien Jean lui-même (pécheur sauvé, se tenant à la fin du chemin de la grâce) est conduit tout du long du chemin des conseils divins, et instruit des secrets des sceaux, des trompettes et des coupes, jusqu’à ce qu’il soit laissé en vue de la sainte Jérusalem, comme dans le ravissement qui clôture Romains 11.

Ces chemins sont en effet brillants — le pécheur, à la fin de l’un, exulte dans sa propre condition, sauvé d’un salut assuré et éternel — le saint, à la fin de l’autre, exulte dans les conseils de Dieu, qui lui sont tous révélés, de sorte qu’il peut marcher dans la lumière comme Dieu est dans la lumière. Que sera-t-il fait aux élus, nous pouvons dire, que le Seigneur se plaît à honorer.

Maintenant, je dirais de plus que les psaumes 23 et 24 sont des déclarations d’une âme alors qu’elle se trouve sur ces deux chemins que je viens de considérer. Dans le psaume 23, le saint marche le long du chemin où l’a placé la grâce. Il compte donc sur toute chose. Tout est à lui ; et il peut assurément tout désirer. Il sait qu’il est sous la conduite et les soins d’un Berger qui peut tout lui apporter : édification, rafraîchissement, restauration, un bâton et une houlette dans la vallée de l’ombre de la mort, une table et une coupe débordante, et une onction d’huile en présence même des ennemis ; et une provision de bonté et de gratuité jusqu’à ce que le chemin se termine dans la maison de l’Éternel, jusqu’à ce que les soins, la sollicitude et les ressources de la grâce se terminent, dans la demeure de gloire.

Ainsi, le pécheur sauvé contemple sa propre bénédiction, la célèbre dans le secret de son propre esprit, selon qu’il est enseigné à la connaître en Romains 1 à 8. Il est vu dans ce psaume sur le chemin que ce passage déroule devant lui.

Dans le psaume 24, le saint marche le long d’une ligne de lumière merveilleuse, sur laquelle l’a placé l’Esprit de sagesse et de révélation. Il contemple, non ses propres bénédictions et sa béatitude, comme il l’avait fait dans le psaume 23, mais le propos de Dieu, les secrets des conseils divins, les gloires de Christ, Ses œuvres, Ses jugements, Ses vertus, Ses droits, Sa destinée. Il écoute, en esprit, cet accueil de bienvenue qui L’attend après qu’Il a achevé les jugements qu’Il avait à exécuter, et maintenu le caractère qu’Il avait à manifester, aux portes mêmes des domaines de la gloire — et les interpellations que Lui adressaient ceux qui se plaisaient à écouter encore et encore l’histoire de Ses œuvres et de Ses honneurs.

Ainsi, le pécheur sauvé contemple la sagesse et la voie de Dieu ; non pas la grâce qui l’a visité, mais les conseils qui ont donné à Christ Sa place et Ses gloires. Il est vu ici sur ce chemin même que Romains 9 à 11 a déroulé devant lui.