La Sunamite

2 Rois 4
(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 27]

Dans les temps de l’Ancien Testament, nous trouvons le Seigneur produisant de nouvelles ressources face à des manquements répétés, et la foi est toujours prête à les adopter, et même, par moments, à compter sur elles et à les attendre. Le manquement de toute chose sous la main de l’homme, ou comme sous son administration, est témoignée à de multiples reprises, mais les ressources de Dieu sont inépuisables, et la foi n’est pas découragée ni distraite.

Quand Israël, dans le désert, fit le veau d’or, et rompit ainsi le tout premier article de l’alliance sous laquelle tout était alors établi, Moïse agit comme quelqu’un qui comptait trouver quelque chose en Dieu pour répondre à la catastrophe (Ex. 33).

Quand la nation, introduite dans le pays sous Josué, rompit de nouveau l’alliance, comme ils le firent souvent, le Seigneur, dans l’énergie de Son Esprit, appela des juges pour leur délivrance, et la foi en eux est prête pour l’occasion.

Quand la sacrificature se fut ruinée ensuite, et qu’I-Cabod fut écrit sur le front d’Israël, Dieu a un prophète (une nouvelle et étrange ressource) dans le lieu secret de Son conseil et de Ses ressources, et Samuel, comme tel, conduit par la foi ce peuple tombé à Ében-Ézer, ou aide de Dieu.

Quand le royaume, dans le cours du temps, se ruina lui-même, comme l’avait fait le peuple dans le désert, et comme la nation sous les juges, et que le trône et la maison de David furent dans la poussière, et qu’Israël fut un captif, la foi attend toujours, dans l’assurance que Dieu n’a pas manqué, si même tout le reste l’a fait. Le temple peut être une désolation, l’arche peut avoir disparu, tout ce qui était sacré peut avoir été perdu, le pays lui-même être la propriété des incirconcis, et le peuple de Dieu les esclaves des Gentils — toutefois, un Daniel, un Néhémie et une Esther, et d’autres cœurs semblables, peuvent maintenir leur nazaréat, et attendre des jours de nouvelles découvertes de ce que Dieu est et a pour Israël.

Les ressources de Dieu ne peuvent ainsi pas être épuisées par les manquements de l’homme, ni la foi en être distraite.

Mais dans les jours actuels du Nouveau Testament, nous avons encore une autre chose à remarquer — et c’est celle-ci : la pleine satisfaction que la foi trouve dans ce que Dieu a déjà fourni, et la jalousie et le soin de l’Esprit que nous l’utilisions, et y tenions, dans la parfaite satisfaction de le trouver à la hauteur de toutes les nouvelles exigences croissantes.

La différence est donc celle-ci — en d’autres jours, la foi comptait sur ce qu’elle devait encore obtenir ; dans les jours actuels, elle est fidèle à et demeure dans ce qu’elle a déjà obtenu. Car elle a obtenu Christ, la fin de toutes les ressources divines.

Nous n’avons qu’à lire les épîtres pour le percevoir. Christ, le Christ de Dieu, et l’Écriture, la parole de Sa grâce, deviennent notre provision permanente. De quelle manière l’Esprit, là, garde-t-Il tout ce dont le cœur se glorifie, dans ce qui est ainsi déjà avec nous ! Et assurément, la foi saisit la pensée de l’Esprit. Comment les épîtres parlent-elles de Christ comme étant tout pour nous, nous exhortant à poursuivre avec Lui comme nous avons commencé avec Lui, à être édifiés en Lui comme nous avons été enracinés en Lui, à tenir ferme, à persévérer dans les choses que nous avons déjà apprises, et à demeurer tranquilles, refusant tout ce qui n’est pas Christ et la Parole. « Je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce », est le langage apostolique.

Il y a ici une différence. Mais il y a de la similarité entre le passé et le présent, entre les jours de l’Ancien et du Nouveau Testament, en ceci : que le manquement de la part de l’homme et la confusion qui en découle dans la scène qui nous entoure, ont un caractère semblable qui leur est donné. Et la foi est la même, connaissant et utilisant les ressources de Dieu en face de la confusion ; seulement, je le redis, avec cette différence, que la ressource, dans le passé, dans les jours de l’Ancien Testament, était quelque chose de nouveau ; maintenant, elle est toujours une et la même ; à savoir, Dieu et la parole de Sa grâce, Christ et l’Écriture.

Autrefois, la foi agissait de cette manière- ; aujourd’hui, elle agit selon celle-ci.

Quand, autrefois, comme nous l’avons vu, le veau d’or fut fait, la foi rechercha une nouvelle révélation du nom de Dieu. Quand la nation dans le pays eut perdu sa place sous l’aile de l’Éternel, la foi trouva son objet dans le juge ou le libérateur nouvellement suscité. Quand la sacrificature fut souillée, la foi utilisa le prophète. Quand le royaume fut en ruine, la foi attendit encore, dans l’espérance d’un repos souverain sûr et certain, dans de nouvelles manières adaptées à de nouvelles conditions — comme Mardochée le dit dans un temps semblable : « le soulagement et la délivrance surgiront pour les Juifs d’autre part ». Mais maintenant, en face de la faillite et de la confusion, quelque forme qu’elles prennent, la foi a Dieu et Sa Parole, Christ et l’Écriture, ressources pérennes et durables connues de même à tout moment dans les temps du Nouveau Testament ; rien de nouveau, mais ce qui est donné en grâce, la foi en fait usage, et reste calme et non distraite, quoique peinée et humiliée. Car « les fins des siècles » nous ont atteints (1 Cor. 10, 11). Nous ne recherchons pas de manifestations supplémentaires, mais nous utilisons ce que nous avons, quelles que soient la ruine de l’Église et la confusion dans la chrétienté. La foi tient ferme le commencement de son assurance jusqu’à la fin. La foi est préparée au manquement dans les administrations de Dieu ; mais L’ayant atteint, Lui, elle se repose à l’aise et est satisfaite.

La Sunamite, en 2 Rois 4, illustre ces magnifiques voies de la foi, et le fait magnifiquement. Elle n’était pas découragés ou distraite par un jour de manquement et de confusion ; elle était prête à ceux-ci, sous la main de l’homme ; mais ayant saisi et atteint Dieu et Ses ressources, elle est satisfaite, et demeure là.

Cela se voit d’une belle manière dans son histoire. Au début de celle-ci, elle appréhende justement Élisée. Sans introduction, elle perçoit qu’il est « un homme de Dieu », et comme tel, elle l’accueille et l’entretient. Elle peut compter sur Dieu qui a Ses ressources à disposition, quoique le royaume soit réprouvé. Et elle fait cela de la manière qui convient. Elle connaît son caractère aussi bien que sa personne. S’il est un homme de Dieu, elle a confiance qu’il aura les goûts et les sympathies d’une telle personne, et comme tel, elle prépare pour lui une petite chambre sur le mur, et puis l’ameublement nécessaire, un lit, une table, un siège, et un chandelier. Sa pensée n’est pas d’étaler les richesses de sa maison, mais de répondre à son caractère ; et c’est la communion. Ses instincts sont justes, tout comme sa foi est forte et intelligente.

Le décor était céleste. Je veux dire que tout dans cette chambre parle d’étrangers célestes sur la terre, dans des jours de corruption et d’apostasie. Les choses étaient alors dans une ruine morale complète. La famille d’Achab, la maison d’Omri, était sur le trône, et rien dans le royaume n’était alors digne de Dieu. Alors, de petites choses conviennent, et conviennent seules, pour le peuple de Dieu. Dans les jours de Salomon, il pouvait en être autrement. Maintenant, un lit, une table, un siège et un chandelier, cela suffit — alors, des serviteurs, leur habillement et leur tenue, avec tout le reste, présentaient la grandeur terrestre et mondaine.

Tout ceci est plein de beauté et de signification. Cette chère femme comprend le témoin de Dieu dans ce jour mauvais. Elle sait que Dieu est vrai, quoique tout homme soit menteur. Elle sait que si les fondements sont détruits, Dieu est encore dans le temple de Sa sainteté. Dans ce jour mauvais, elle voit les ressources de Dieu dans ce vase. Il est un étranger, un homme seul, une sorte de Jonas à Ninive, non présenté, non accrédité. Mais elle le comprend — et l’ayant accepté, elle reste fermement attachée à lui. Son mari peut parler de nouvelles lunes et de sabbats ; Élisée lui-même peut parler du serviteur et du bâton — mais pour elle, le vase de Dieu est tout. Il a été le commencement de sa confiance, et elle veut l’avoir comme tel inébranlablement jusqu’à la fin.

Pour la foi, en ces jours actuels comme en ceux-là, tenons ferme les ressources de Dieu. La foi s’attend encore et encore, comme je l’ai dit, à de nouvelles ressources, tandis que de nouvelles exigences surgissent ; mais tandis que ces ressources étaient dans la main de Dieu pour Son peuple, jusqu’à ce qu’elles aient laissé la place à de nouvelles, à cause de nouvelles corruptions, la foi s’attache à elles. Ainsi, cette Sunamite envers le prophète, quand tout dans le royaume des dix tribus, que ce soit sur le trône ou dans le sanctuaire, était en ruines.