La cène du Seigneur

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 99]

L’Écriture est claire et précise sur le sujet de la cène du Seigneur. Les mots sont aussi clairs que possible : « Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ». Et encore : « Faites ceci en mémoire de moi ». Nous nous souvenons de Lui dans la mort — la base, le centre et la source de toutes choses, pour nous. L’apôtre attire l’attention sur le fait que c’était la nuit même qu’Il fut livré, que notre Seigneur bien-aimé, dans Son amour attentionné et désintéressé pour nous, a institué la fête, et cela est plein d’un touchant intérêt pour notre cœur. Mais quant à la fête elle-même — sa signification — son but — sa place — l’Écriture est des plus précises : « vous annoncez la mort du Seigneur », « Faites ceci en mémoire de moi ». Nous nous souvenons d’un Christ qui a été mort ; nous pensons à Lui dans cette condition dans laquelle, grâce à Dieu, Il n’est plus. Tout ceci ne peut être que par la foi, par la puissance du Saint Esprit. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans des détails sensationnels ; en réalité, de telles choses sont très blessantes, pour tout vrai sentiment spirituel. Nous ne pouvons pas rester trop près du langage réel et parfait de l’Écriture sainte.

Il est tout à fait vrai que le but spécial dans la cène du Seigneur est de se souvenir de Lui et de mettre en avant Sa mort, mais Jean 14 à 16 prouve clairement qu’après le souper, notre Seigneur parla de divers sujets. S’Il fit ainsi, assurément Ses serviteurs devraient faire de même. Ce serait donc une grave erreur de fermer la bouche à tout enseignement et exhortation qui n’aurait pas pour sujet le fait de la mort de Christ ou les circonstances qui s’y rapportent. Nous croyons qu’en cela, comme en toute autre chose, le Saint Esprit doit diriger et mettre en ordre. Il y a toujours un grand danger à s’emparer d’une certaine idée et à la pousser jusqu’à l’extrême. Nous entrons complètement dans la pensée de la vraie nature et de l’objet de la cène elle-même, mais nous croyons aussi qu’une fois que la fête a été dûment célébrée, il y a alors un vaste champ libre pour l’action du Saint Esprit dans l’enseignement et l’exhortation. « Que tout se fasse pour l’édification ».

Vous demandez : « Si vous trouvez une jeune personne qui vous donne la plus parfaite assurance qu’elle est sauvée, qu’elle jouit de la paix avec Dieu et de la communion au sujet de ce qui concerne Christ, et dont la conduite chez elle en montre la puissance, si une telle personne exprimait le désir de s’approcher de la table du Seigneur, la recevriez-vous ou la laisseriez-vous dehors un certain temps, si elle n’était âgée que de treize ou quatorze ans ? ». Très certainement, nous recevrions avec joie une telle personne et ne la laisserions pas dehors une seule heure. Qu’est-ce que la question de l’âge a à voir avec la vie divine ? Quel âge avait Samuel quand il connut l’Éternel pour la première fois ? ou Josias ? ou Timothée ?

Nous considérons votre message comme tout sauf présomptueux, mais nous devons persister à dire que nous ne voyons aucune base dans l’Écriture pour qu’une personne rompe le pain seule. C’est clairement un acte de communion, pour l’intégrité duquel la présence de deux est absolument essentielle.

« Et le soir étant venu, il se mit à table avec les douze » (Matt. 26, 20). De même aussi Marc 14, 17. Et encore en Luc 22, 14 : « Et quand l’heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui ». De plus, Judas est distinctement mentionné comme prenant part à la fête et posant une question. Et alors, non seulement à la pâque, mais aussi à la cène, notre Seigneur dit : « Voici, la main de celui qui me livre est avec moi à table ». Nous ne voyons pas comment quelqu’un pourrait mettre en doute le fait de la présence de Judas à la cène. Son caractère n’était connu que du Seigneur. Ses compagnons apôtres ne semblent avoir eu aucun soupçon à son encontre. Mais alors, prendre prétexte de ce cas pour dire que nous devons autoriser un mal connu à la table du Seigneur, est purement mauvais. Dire que nous pouvons avoir des traîtres à la table, c’est confesser notre propre faiblesse ; mais dire que nous devons avoir des traîtres connus, est parfaitement choquant pour tout esprit saint.

Où y a-t-il, dans l’Écriture, quelque justification pour limiter la cène du Seigneur au premier jour de la semaine ? Sans doute que les disciples la célébraient spécialement en ce jour, mais elle fut instituée à l’origine un jour de semaine. Nous devrions nous réjouir de rompre le pain n’importe quand, à condition que les personnes soient à la hauteur, et que toutes les circonstances particulières soient selon la pensée de Dieu.

« La fête », en 1 Corinthiens 5, 8, est l’antitype de la fête des pains sans levain, qui, comme nous l’apprenons par Exode 12, était basée sur la pâque, et en lien indissoluble avec elle. Le linteau aspergé de sang ne devait pas être séparé du pain sans levain. La paix et la pureté, le salut et la sainteté, doivent toujours aller ensemble.

Ce serait une étrange et misérable application de 1 Corinthiens 5, 8 que d’en tirer un motif pour avoir du pain sans levain ou du vin non fermenté à la cène du Seigneur. Nous croyons, cher ami, que la fête parle de l’ensemble de notre vie chrétienne dans ce monde. Elle devrait, du début à la fin, être une fête de pains sans levain, basée sur le grand fait que « Christ, notre pâque, a été sacrifié pour nous » — une vie de sainteté personnelle découlant de la rédemption accomplie, connue et appliquée par la puissance du Saint Esprit.