La colonne de nuée

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 12]

Tous, nous sommes dans une position plus riche que nous n’en sommes conscients, et nous avons un intérêt bien plus riche en Christ que ce que nous sommes disposés à admettre. Bien des âmes vivifiées osent à peine se tenir dans la justification de leur personne ; et pourtant, elles lisent qu’il est parlé de « justification de vie » (Rom. 5, 18). « La gloire de Dieu » dans leur propre histoire comme pécheurs qui ont reçu Jésus, doit encore être apprise dans une brillance encore plus grande.

Cela me suggère le souvenir de la colonne de nuée qui accompagnait le camp d’Israël — et je suis trop attiré par cet objet pour ne pas en détourner mon regard et le considérer un petit peu.

Israël en Égypte avait eu un merveilleux témoignage de ce que Dieu était pour eux. Plaie après plaie, dans lesquelles eux avaient été préservés, s’était répandue sur tout le pays ; et dans la nuit de l’ange destructeur, le sang sur le linteau les avait abrités. La colonne de nuée avait aussi commencé à les conduire dans le chemin hors du pays. Cependant, après tout cela, quand ils se trouvèrent entre l’armée de l’Égypte et la mer Rouge, tout cela fut oublié. Ils craignirent et murmurèrent.

Combien nous sommes sourds pour apprendre, combien lents de cœur à croire, les secrets de la grâce et la fidélité de Dieu ! Que ce soit en Israël se tenant au bord du désert en présence de la colonne de nuée, ou, pourrais-je dire, que ce soit dans les disciples se tenant au tombeau de Lazare en présence de Jésus (Ex. 14 ; Jean 11), nous le voyons.

Mais, encore et encore, Il montre que ce n’est pas en Lui que nous sommes à l’étroit.

Cette colonne mystique, comme je pourrais l’appeler, a accompagné le camp tout le long du chemin, depuis le cœur même du pays d’Égypte jusqu’aux frontières mêmes du pays de Canaan. C’est-à-dire, aussitôt qu’il en eut besoin jusqu’à ce qu’il n’en ait plus besoin.

Cela nous fait savoir, de même, qu’elle avait de nombreuses vertus variées en elle, et toutes appropriées aux exigences croissantes et changeantes du peuple. Elle ne voyagea le long de cette route que dans l’intérêt d’Israël. Elle était là parce qu’Israël y était. Elle était donc ce qu’Israël avait besoin qu’elle soit. C’était la condition du camp, quelle qu’elle fût, qui en tirait ses gloires et ses vertus secrètes. C’était son caractère. C’est ainsi que nous lisons son histoire.

Aussitôt qu’Israël eut été racheté par le sang sur le linteau, et eut commencé son voyage, cette colonne les rencontra, et se plaça elle-même devant eux pour être leur guide. Ils allaient entrer dans un désert sans trace. Personne n’habitait là où Israël devait bientôt voyager. Il n’y avait ni repères, ni poteaux indicateurs. Sa stérilité nécessiterait le pain du ciel, son aridité, l’eau du Rocher ; mais son absence de chemin réclamerait tout autant un conducteur — et Celui qui devait ouvrir les greniers des anges pour eux, et les rivières dans le rocher, élèverait pour eux une colonne pour être une nuée de jour et un feu de nuit, afin qu’ils puissent poursuivre encore leur route, de nuit ou de jour. Et ainsi, ils seraient indépendants des routes et des poteaux indicateurs dans ce désert sans trace, comme ils le seraient des champs de blé et des vignobles dans le désert stérile.

Mais la colonne de nuée était bien plus que cela, pour Israël. Ce n’était pas seulement une nuée et du feu alternativement, alors que le jour et la nuit se succédaient ; elle était aussi lumière et ténèbres au même moment, quand Israël avait besoin d’une telle chose.

L’armée de l’Égypte était sortie, et se pressait sur les talons des enfants d’Israël ; et alors, la colonne se plaça entre les deux armées ; et au lieu d’être éclairée et lumineuse partout, elle devint ténèbres du côté tourné vers les Égyptiens, et lumière du côté tourné vers les Israélites, de sorte que les uns ne pouvaient pas s’approcher des autres. Elle était maintenant un bouclier, comme elle avait été un conducteur auparavant. C’était tout juste ce dont le peuple avait besoin. C’est le juste compte-rendu qu’il faut en faire. C’était son chemin. Elle exprimait la grâce de Celui qui avait désormais sauvé Israël. Elle était alternativement nuée et feu, si le camp en avait besoin ; lumière et ténèbres, au même moment, s’ils en avaient besoin.

Et encore bien davantage. Il y en a un qui a fait de cette nuée Sa demeure, dont le regard se trouvera être le renversement de tous ceux qui complotent du mal contre le camp. La fleur de l’Égypte sèche sous ce regard ; les chevaux et les chars du Pharaon sont noyés dans la mer Rouge devant lui. « L’Éternel, dans la colonne de feu et de nuée, regarda l’armée des Égyptiens, et mit en désordre l’armée des Égyptiens. Et il ôta les roues de leurs chars, et fit qu’on les menait difficilement ».

Quelles gloires emplissent ce merveilleux endroit — quelles énergies aussi bien que quelles vertus à la disposition d’Israël ! Et comment se révèlent-elles à mesure qu’Israël en a besoin !

Et encore plus. Elle peut exprimer la répréhension et le ressentiment, quand elle devient une discipline salutaire pour Israël. Aux jours de leurs murmures répétés, la gloire dans la nuée leur fait savoir que son repos a été perturbé. Elle leur apparaît au jour de la manne, et des espions, et de la rébellion de Coré ; et ils la voient dans la conscience de la juste colère divine. Elle est comme le ressentiment de l’Esprit attristé dont le saint de Dieu est maintenant conscient. Et tout ceci montre que la nuée n’était pas simplement le compagnon, mais le compagnon intéressé du camp. Elle sympathisait tout comme elle partageait leur condition.

Mais là encore, nous trouvons que si elle les reprenait et était irritée contre eux quand la discipline était requise, elle était prête, avec toute bonne volonté, à accueillir et répondre aux approches de la foi. Quand le tabernacle fut dressé par le peuple bien disposé et obéissant, et qu’en lui la foi eut accepté les communications que l’Éternel leur avait faites par Moïse touchant l’ordre, l’agencement et le service de Sa maison, combien immédiatement la gloire, et avec un plaisir évident, remplit-elle cette maison, et la nuée y demeura-t-elle dessus (Ex. 40) ! Avec quelle plénitude de cœur et d’âme l’Éternel reconnut-Il la position où la foi avait répondu aux riches provisions de Sa grâce !

Oh, quelle gloire et quelle vertu variées sont ainsi vues dans ce compagnon mystique du camp d’Israël. Il avait la lumière pour le guider, la terreur pour ses ennemis, un bouclier aussi impénétrable que les ténèbres épaisses elles-mêmes pour leur sécurité — elle a des reproches pour leur entêtement, et les plus riches et les plus prompts encouragements et consolations pour leur foi — et encore plus, elle est infatigable même jusqu’à la fin, et s’occupera d’Israël jusqu’à ce qu’ils n’en aient plus besoin.

C’est ce que nous voyons en Deutéronome 31. Là, la colonne de nuée patiente, pleine de grâce et fidèle, si je puis parler ainsi, est de nouveau vue, juste comme le voyage dans le désert se termine.

Le camp a amené sur lui-même un pèlerinage de quarante années, quand ils auraient pu n’avoir qu’un voyage de quelques mois. Ils ont été renvoyés en arrière depuis Kadès-Barnéa vers la mer Rouge, à cause de leur péché et de leur provocation ; mais la colonne de nuée ira sûrement en arrière avec eux. Elle fera le tour d’une montagne désolée après l’autre, et suivra la route d’un désert à l’autre, si Israël s’est lui-même soumis à ces errances dans le désert. Et elle est infatigable. Nous la voyons à la fin, comme nous l’avons dit, en Deutéronome 31, comme nous l’avons vu au début en Exode 13.

Et maintenant, l’application de tout cela se suggère facilement.

Comme nous le lisons dans la bienheureuse histoire des évangélistes, les disciples virent les œuvres du Seigneur jour après jour ; et cependant, en dépit de tout cela, ils ne savaient que faire, encore et encore, quand de nouvelles difficultés apparaissaient. La faim de la foule sur le rivage était trop pour eux ; les vents et les vagues sur le lac étaient trop pour eux. Le Seigneur devait révéler, de façon réitérée, comme la colonne de nuée dans le désert, les vertus secrètes qui étaient en Lui pour les reprendre et les illuminer. Ses gloires en grâce et en puissance, Sa souveraineté sur les forces de la nature, et Ses ressources en face de la stérilité de la nature, toutes étaient produites selon le besoin du moment.

Et, comme la colonne, Il était infatigable. Il accompagna les disciples du début à la fin. Et il était assurément patient, souffrant, sans fatigue. Il les avait pris comme des pêcheurs ignorants sur les rives du lac de Galilée, et Il ne les abandonna jamais, bien qu’à la fin Il les trouva pratiquement encore les mêmes pêcheurs ignorants. « Je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ? », dut-Il dire, tout à la fin de Son séjour avec eux. Mais alors, une nouvelle révélation de Lui-même est faite en réponse à cela ; un autre rayon de Sa gloire est laissé échapper, et Il ajoute : « Celui qui m’a vu, a vu le Père ».

Et il en est ainsi, de la même manière, dans l’occasion éminente de Jean 11. Le Seigneur laisse la maladie de Lazare aboutir à la mort. Il demeure là où Il était jusqu’à ce qu’Il puisse dire : « Lazare s’est endormi » — car alors, Il pouvait se présenter Lui-même dans cette forme de la gloire divine : « Je vais pour l’éveiller ». C’était au sépulcre, et non seulement au lit du malade, qu’Il devait être manifesté et glorifié. C’était dans le lieu du fruit complet, et du triomphe apparent et temporaire du péché, que « la gloire de Dieu » devait être vue. Aucun autre endroit ne pouvait fournir l’occasion de la manifestation de cette gloire dans sa forme la plus brillante. Et là aussi, les disciples devaient apprendre les provisions inépuisables qu’Il portait en Lui-même pour répondre à tous leurs besoins, et consommer toutes leurs bénédictions.

Une grande partie de la gloire divine, dans la personne et les œuvres de Christ, avait déjà été révélée à la famille de Béthanie, et aux disciples qui étaient maintenant rassemblés au sépulcre de Lazare. André et Philippe avaient, longtemps avant cela, quitté la présence de l’Agneau de Dieu, satisfaits et heureux (Jean 1). Pierre L’avait reconnu comme Celui qui avait les paroles de la vie éternelle (Jean 6). Jean et Jacques, tout comme Pierre, avaient vu la transfiguration (Matt. 17). La chère maison de Béthanie L’avait accueilli et reçu, L’avait servi de son mieux, et avait entendu Ses paroles avec des cœurs ravis (Luc 10). Ce sont quelques-uns des nombreux témoins qui avaient déjà donné leurs divers témoignages à ce qu’Il était et qui Il était, en présence de ce peuple qui était maintenant autour du sépulcre de Lazare. Et cependant, ils trahissaient, l’une d’eux et tous, leur ignorance de la pleine gloire qui Lui appartenait, et des énergies divines qui avaient leur source en Lui et était prêtes à s’exercer selon Son bon plaisir. Aucun d’eux, jusqu’à présent, ne savait qu’Il pouvait dire de Lui : « Je suis la résurrection et la vie ». Tous parlaient de mort. Il y avait une vertu dans « le dernier jour » comme ils pouvaient le reconnaître (v. 24) ; mais aucun d’entre eux n’était dans le secret de « la première résurrection ». Ils L’avaient connu comme le Christ, et étaient allés à Lui comme des pécheurs, voyant Sa gloire (si je puis prendre la liberté de l’exprimer ainsi) au sépulcre de leur âme ; mais ils n’avaient pas encore compté la voir au sépulcre de leur corps, à tout moment qu’il Lui plaise qu’il en soit ainsi.

Il y avait un trésor supplémentaire en Lui, et en Lui pour eux, que jusqu’à présent, ils n’avaient pas saisi. La colonne de nuée où la gloire demeurait avait des vertus en elle pour le profit d’Israël, sur lesquelles cet Israël du Nouveau Testament, comme leurs frères autrefois, n’avaient pas compté. Car nous sommes tous dans une position plus riche que ce dont nous sommes conscients. Et le Maître patient et plein de grâce poursuit encore avec nous, jusqu’aux rives mêmes du Jourdain. Pierre avait appris sa condition frappée à mort, sans le Fils du Dieu vivant, et il Lui avait donc dit : « Auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » — mais Pierre avait encore à apprendre que le sépulcre dans le jardin est vide (Jean 20), et que le sépulcre à Béthanie le sera aussi. Car il sera dans la compagnie de Son divin Maître jusqu’à la fin, quoique jusque-là il connaisse si imparfaitement les gloires et les vertus qui demeurent cachées dans cette colonne de nuée dans ce monde désert et ruiné.