La grande ordonnance de Dieu

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 3]

Nous avons pu observer, dans l’évangile de Jean, la manière zélée et déterminée avec laquelle le Seigneur Jésus met de côté toutes les gloires que les hommes peuvent Lui apporter, afin qu’Il établisse la grâce de Dieu, ou l’amour du Père, en Lui et par Lui, pour de pauvres pécheurs. Il brille là dans la gloire de la grâce, et ne brillera dans aucune autre gloire. Les hommes peuvent bien vouloir L’avoir comme enseignant des secrets, faiseur de merveilles, comme roi, comme juge, ou comme quelqu’un destiné à être grand dans le monde ; mais Il met tout de côté avec un zèle signalé et indigné, et sera connu et reçu seulement comme le ministre de la grâce divine, la grâce de Son Père, pour de pauvres pécheurs.

De la même manière, nous pouvons voir combien Dieu met de côté avec zèle tout ce qui se tiendrait dans la compagnie de Christ, pour partager Sa place avec Lui, ou oser Le remplacer ; et fait place pour Lui, et pour Lui seul, comme Sa propre grande ordonnance.

L’épître aux Hébreux est le témoin principal et concluant de cela — mais il y a eu de beaux gages frappants de la même chose dans les premiers jours.

Et ici, laissez-moi dire qu’il y a une douce correspondance entre ces deux choses. Christ est zélé pour se cacher Lui-même, afin que la grâce du Père puisse seule paraître en Lui, durant Son ministère ; Dieu, en tout temps, à la fois avant et après ce ministère, montrerait combien Il était zélé, soit par Sa main, soit par Son Esprit, soit par Ses actes providentiels, soit par Ses communications inspirées, pour que Christ, et Christ seul, soit honoré comme Son ordonnance. Je relèverai quelques gages et témoins de cela.

Nadab et Abihu, avec une audace impie, mirent de côté le feu qui était descendu du ciel, scellant les offices d’Aaron, qui était le type de Christ ; et la main de Dieu jugea cela de façon péremptoire et terrible, en les tuant sur-le-champ. Le feu du châtiment vengea le feu étranger qui avait remplacé le feu qui avait rendu témoignage à Christ. Cela est plein de signification.

Moïse et Aaron s’exposèrent à un jugement semblable — semblable, je veux dire, dans son caractère, quoique pas dans sa mesure. Ce n’était pas une audace impie, mais sous l’effet de la provocation et de l’irritation du peuple, qu’ils déshonorèrent le Christ de Dieu, aux eaux de Meriba. Mais c’est ce qu’ils firent. Ils ne sanctifièrent pas Dieu dans Son ordonnance. Ils ne connaissaient pas le Rocher qui suivait Israël, et que ce Rocher était le Christ ; et ils furent immédiatement jugés et privés d’entrer dans le pays.

C’était un vif ressentiment, de la part de Dieu, contre tout ce qui touchait aux droits et aux honneurs de Christ. Il y avait une grande distance morale entre l’infidélité de Nadab et Abihu, et la hâte et l’imprudence de Moïse et d’Aaron — mais la main de Dieu tira vengeance de la controverse avec Son Christ avec eux tous.

Quand nous en venons aux jours du Nouveau Testament, nous trouvons le même esprit sur la sainte montagne. Dans l’ignorance, ne sachant pas ce qu’il disait, Pierre proposa de donner une place égale à Moïse, Élie et Jésus. Mais la voix de la gloire magnifique ne voulut pas alors rester silencieuse. C’était seulement de l’ignorance, si nous voulons ; mais le Dieu bienheureux ne souffrirait pas que l’honneur de Christ souffre par la main de quiconque ou de quoi que ce soit. Ce pouvait n’être que de l’ignorance qui toucherait Sa personne ou Sa position, et non pas du mépris ou de la mauvaise humeur — ni une audace impie comme avec Nadab, ni une irritation d’esprit comme avec Moïse ; mais cependant, la main de Dieu ou la voix de Dieu sera présente pour le venger. La voix fit savoir à Pierre que le « Fils bien-aimé » seul devait être écouté.

Dans Jean le baptiseur, l’Esprit, d’une autre manière, fit la même œuvre, plaidant la cause de Christ. Les disciples de Jean étaient un peu bouleversés par la foule qui semblait s’éloigner de leur maître — et ils ressentaient cela, comme Josué le fit pour la cause de son maître, quand Eldad et Médad commencèrent à prophétiser. Mais Jean, avec toute délicatesse, mais avec une pleine décision, répondit à cela. Comme au nom de tous ses frères les prophètes, il se retire, afin que Jésus seul puisse être vu et entendu. Il est Élie parlant le langage de la gloire excellente sur la sainte montagne. La voix là appela Moïse et les prophètes loin de l’œil et de l’oreille de Pierre ; les paroles de Jean ici le retirent, lui et tous ses disciples, les amis de l’Époux, de Ses disciples et de tout le reste, afin que le même « Fils bien-aimé » seul soit connu. Jean et la gloire excellente avaient les mêmes pensées au sujet de Jésus.

Tout cela est cohérent aussi bien que béni — et il est précieux de voir la main de Dieu et l’Esprit de Dieu ainsi en accord pour glorifier Jésus.

Les épîtres se joignent à ce service ; ou plutôt, devrais-je dire, le Saint Esprit en elles. Il n’est pas besoin de le préciser ou de le prouver. Chaque épître a son propre témoignage à ces choses. Celle aux Colossiens se distingue avec un tel caractère. Mais dans les Hébreux, nous voyons ce propos dominant dans la pensée de l’Esprit tout du long. C’est la mise de côté d’une chose après l’autre, afin d’avoir le Seigneur Jésus, le Christ de Dieu, la grande ordonnance de Dieu, seul devant nous.

Et elles sont mises de côté avec une main forte — comme dans les premiers jours.

Les anges sont tout d’abord retirés de notre vue ; et Celui qui a obtenu un nom plus excellent qu’eux, est introduit — et cela, sur l’autorité de passage après passage (chap. 1 et 2).

Moïse est alors mis de côté, comme serviteur dans la maison d’un autre, pour faire place à Celui qui est Seigneur sur Sa propre maison (chap. 3).

Josué ne donna pas le repos à Israël, et donc n’est rien ni personne ; alors que Jésus, le vrai Josué, donne le repos de Dieu (chap. 4).

Aaron doit céder la place au vrai Melchisédec — car sa sacrificature, établie par la loi d’un commandement charnel, est faible et inutile, et doit faire place à cette sacrificature du Fils, qui est établie dans la puissance d’une vie impérissable (chap. 5 à 7).

La vieille alliance doit disparaître, et celle dont Christ est le ministre, continuer nouvelle à jamais (chap. 8).

Le sanctuaire sous la loi témoignait qu’il n’y avait aucune perfection dans l’adorateur, mais le gardait toujours éloigné de la présence divine. Il doit être abattu en faveur de ce sanctuaire qui témoigne, par un voile déchiré, de la perfection de l’adorateur (chap. 9).

La victime sous la loi n’accomplissait jamais l’expiation ; mais le seul sacrifice de Christ a purifié la conscience à jamais (chap. 10).

Ainsi, la grande ordonnance de Dieu est mise à Sa place, et y est placée là seule — les anges, Moïse, Josué, Aaron, la vieille alliance, le premier tabernacle, les sacrifices de la loi, tous appelés à faire place et à quitter toute la scène, et tout ce qui lui appartient ou la remplit, au profit de Lui seul. Et introduit ainsi, de cette manière, par l’Esprit de Dieu, Il doit demeurer devant nos âmes à jamais. « Jésus Christ, le même hier, et aujourd’hui, et éternellement — n’étant pas porté… »

Et ce que l’Esprit fait ainsi dans Ses vases — ce que l’Esprit fait ainsi dans ceux qui enseignent avec Son autorité — la foi des élus, opérée intérieurement par le même Esprit, le fait de même. Paul dira : « Qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre seigneur Jésus Christ ». Et n’est-ce pas se glorifier en Jésus, que cette glorification en la croix, la propriété commune instinctive de tout esprit renouvelé — l’opération intérieure, et ainsi, le sentiment et le jugement naturels de toute âme sauvée ?

Et quelles harmonies que celles-ci ! harmonies autant du ciel que de la terre, de tous les temps et de toutes les dispensations, de la gloire excellente et des pauvres vases de terre ! La main de Dieu, la voix du Père, le Saint Esprit dans Ses ministres accrédités et faisant autorité, le Saint Esprit dans tout homme vivifié, dans tout pécheur illuminé, tous unis en vengeant les torts faits à Christ, et en honorant la grande ordonnance de Dieu.