Ces versets nous montrent trois choses, en lien avec « la loi de l’offrande de gâteau » — le sacrificateur, sa place et sa portion.
1. Le sacrificateur. Tous les fils d’Aaron étaient sacrificateurs. Ils devenaient tels par naissance. Ils étaient nés dans cette position hautement privilégiée. Ils ne l’avaient pas atteinte par un effort quelconque, mais simplement par naissance. Étant fils d’Aaron, ils étaient sacrificateurs. Ils pouvaient être disqualifiés pour l’exercice des fonctions associées à leur position, du fait d’un défaut corporel ou d’une souillure cérémonielle (Lév. 21 et 22) ; mais quant à leur position elle-même, elle était un résultat nécessaire de ce qu’ils étaient fils d’Aaron. La position est une chose ; l’aptitude à remplir les fonctions ou la capacité à jouir des privilèges de celle-ci, est une chose toute différente.
Un nain parmi les fils d’Aaron était privé de bien des plus hautes dignités sacerdotales, mais un nain devait « manger le pain de son Dieu, des choses très saintes et des choses saintes ». Dieu ne voulait pas laisser le membre le plus faible ou le plus diminué de la maison sacerdotale sans une portion sainte. « Seulement il n’entrera pas vers le voile, et ne s’approchera pas de l’autel, car il y a en lui un défaut corporel, et il ne profanera pas mes sanctuaires ; car moi, je suis l’Éternel qui les sanctifie ». Un nain ne pouvait pas avoir part à l’autel de Dieu, mais le Dieu de l’autel prenait soin du nain. Les deux choses sont divinement parfaites. Les exigences de Dieu ont reçu leur réponse parfaite, et les besoins de Sa famille sacerdotale ont été parfaitement comblés.
2. La place. La place où le sacrificateur devait prendre part à sa portion nous enseigne une leçon très précieuse de sainteté pratique. « On le mangera sans levain, dans un lieu saint ; ils le mangeront dans le parvis de la tente d’assignation ». C’était dire que c’est seulement dans la puissance de la sainteté personnelle et dans la présence immédiate de Dieu, que nous pouvons réellement avoir part à notre portion sacerdotale. La manière selon laquelle nous obtenons la position manifeste la grâce absolue. La place que nous obtenons exige la sainteté personnelle. Parler d’effort pour atteindre la position est la fausse idée du légalisme. Penser à de l’impureté dans cette position est le blasphème de l’iniquité. J’atteins la position seulement par la grâce. J’occupe la position seulement dans la sainteté. Le chemin vers le sanctuaire a été ouvert par la libre grâce, mais c’est vers le sanctuaire de Dieu que la grâce a ouvert le chemin. Il ne faut jamais oublier ces choses. Nous désirons qu’elles soient gravées sur les tablettes de la conscience et cachées dans les chambres intérieures du cœur.
3. La portion. Et maintenant, quant à la portion. « C’est ici la loi de l’offrande de gâteau : l’un des fils d’Aaron la présentera devant l’Éternel, devant l’autel. Et il lèvera une poignée de la fleur de farine du gâteau et de son huile, et tout l’encens qui est sur le gâteau, et il fera fumer cela sur l’autel, une odeur agréable, son mémorial à l’Éternel. Et ce qui en restera, Aaron et ses fils le mangeront ». La fine fleur de farine et l’huile typifient la parfaite humanité de Christ, conçu et oint de l’Esprit Saint. C’est la portion des sacrificateurs de Dieu, dont ils devaient jouir dans le sanctuaire de la présence divine, dans la séparation de cœur pour Dieu. Il est tout à fait impossible que nous puissions jouir de Christ autre part que dans la présence de Dieu, ou d’une autre manière que dans la sainteté personnelle. Parler de jouir de Christ tout en vivant dans la mondanité, en se laissant aller à l’orgueil, en satisfaisant nos convoitises, en laissant libre cours à notre tempérament et à nos passions, est une illusion fatale. « Si nous disons que nous avons communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons et nous ne pratiquons pas la vérité » (1 Jean 1, 6). Les deux choses sont complètement incompatibles. « La communion avec Dieu » et « marcher dans les ténèbres » sont aussi diamétralement opposés que le ciel et l’enfer.
Ainsi, la place de tous les vrais sacrificateurs — de tous les croyants, de tous les membres de la famille sacerdotale — est d’être à l’intérieur des parvis sacrés du sanctuaire, dans la présence immédiate de Dieu, se nourrissant de Christ dans la puissance de la sainteté personnelle. Tout cela nous est enseigné par « la loi de l’offrande de gâteau ».
Que le lecteur remarque en particulier que « tout l’encens » était consumé sur l’autel. Pourquoi cela ? Parce que l’encens typifie la bonne odeur de l’humanité de Christ telle qu’appréciée exclusivement par Dieu Lui-même. Il y avait en Christ comme homme ici-bas, ce que seul Dieu pouvait dûment apprécier. Toute pensée, tout regard, toute parole, tout mouvement, tout acte de « l’homme Christ Jésus », émettait un parfum qui montait directement au trône de Dieu et rafraîchissait le cœur de Celui qui y était assis. Pas un seul atome de la perfection ou de la valeur précieuse de Christ ne fut jamais perdu. Il peut être perdu dans un monde froid et sans cœur, et même parmi des disciples charnels et ayant leurs pensées aux choses de la terre, mais il n’était pas perdu pour Dieu. Tout en montait vers Lui selon sa vraie valeur.
C’est une source de joie et de consolation pour l’esprit spirituel. Quand nous pensons combien le Seigneur Jésus ne fut pas apprécié dans ce monde, combien peu même Ses propres disciples Le comprirent ou L’apprécièrent, combien les touches et les traits les plus rares et les plus exquis de Son humanité parfaite étaient perdus dans un monde grossier et incrédule, et même parmi Son propre peuple, quelle consolation de se souvenir qu’Il était parfaitement compris et apprécié par Celui qui était assis sur le trône ! Il y avait une ligne de communication qui était gardée ininterrompue entre le cœur de Jésus et le cœur de Dieu. La nuée d’encens montait continuellement au trône depuis le seul homme parfait qui ait jamais foulé cette terre maudite et gémissante.
Pas un grain d’encens n’était perdu, parce que pas un grain n’était même confié entre les mains des sacrificateurs. Tout montait vers Dieu. Rien n’était perdu. Le monde pouvait mépriser et haïr, les disciples pouvaient ne pas comprendre ou apprécier ; et alors ? Un seul rayon de la gloire morale de Christ n’aboutissait-il à rien ? Sûrement pas ; tout était dûment estimé par Celui pour qui il était conçu, et qui seul pouvait l’estimer à sa juste valeur. C’était vrai à chaque étape de la précieuse vie de Christ ici-bas. Et quand nous atteignons la fin de cette vie et en voyons le point culminant, quand un des disciples Le vendit pour trente pièces d’argent, qu’un autre fit des imprécations et jura qu’il ne Le connaissait pas, que tous L’abandonnèrent et s’enfuirent, que le monde Le cloua à une croix entre deux brigands, Dieu montra à tout l’univers combien Il différait de toutes les pensées des hommes, en plaçant Celui qui était crucifié sur le trône de la Majesté dans les cieux.
Voilà pour la principale application de l’encens, qui, incontestablement, est Christ. Nous pouvons aussi observer qu’il a une application secondaire pour le croyant, qu’il doit chercher à comprendre. Le vrai christianisme est le reflet de la vie de Christ dans la marche pratique du croyant, et cela est très agréable à Dieu, quoique cela puisse être perdu dans un monde incrédule, et même dans une église professante. Il n’y a pas un mouvement de la vie de Christ dans le croyant, pas une expression de ce qu’Il est, pas la moindre manifestation de Sa grâce, qui ne monte directement au trône de Dieu comme un encens de bonne odeur. Cela peut ne pas attirer l’attention ou susciter les applaudissements de ce monde. Cela peut n’avoir aucune place dans les annales des hommes, mais cela monte vers Dieu. C’est suffisant pour le cœur fidèle. Dieu apprécie tout ce qui est de Christ, rien de plus, rien d’autre. Il peut y avoir bien des choses qui ressemblent à du service — beaucoup d’affichage, beaucoup de bruit, beaucoup de ce dont les hommes font grand cas — mais rien ne monte vers le trône, rien n’est inscrit dans les annales impérissables de l’éternité, sinon ce qui est le fruit de la vie de Christ dans l’âme.
Que Dieu le Saint Esprit nous conduise à comprendre ces choses par expérience, et produise en nous, jour après jour, une manifestation plus brillante et plus complète de Christ, à la gloire de Dieu le Père !