La suffisance et l’autorité des Écritures

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 83]

Nous sommes d’accord avec vous en disant : « Je reconnais la voix de Jésus seul dans Sa Parole ». Où d’autre pourrions-nous l’entendre ? C’est sur cette Parole bénie que nous sommes rejetés pour toute chose. C’est le solide fondement sur lequel la foi repose. Nous n’avons besoin de rien d’autre que Sa fidèle Parole pour nous donner une pleine assurance. Aucune preuve extérieure, aucun sentiment intérieur, ne peut jamais ajouter à la vérité et à la stabilité de la Parole. Comment sais-je que je suis un pécheur ? Par la Parole. Comment sais-je que Jésus Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ? Par la Parole. Comment sais-je que mes péchés sont pardonnés ? Est-ce par mes sentiments ? Non, mais par la Parole. Cette Parole me dit que « Christ a souffert une fois pour les péchés ». Mais comment sais-je qu’Il a souffert pour mes péchés ? Parce que la Parole dit : « le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu ». Je sais que je suis « injuste » parce que la Parole me le dit. C’est pourquoi Christ a souffert pour mes péchés, et je suis pardonné selon l’efficace des souffrances expiatoires de Christ. Je suis amené à Dieu selon la vertu et la valeur de la personne et de l’œuvre de Christ. « Il a été livré pour mes fautes et a été ressuscité pour ma justification ». Ainsi, « étant justifié sur le principe de la foi, j’ai la paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ ».

Cher ami, vous devez vous appuyer sur la Parole comme un petit enfant. Il est vrai que c’est par la puissance du Saint Esprit que nous croyons la Parole et nous en nourrissons, mais la Parole est le solide fondement sur lequel votre précieuse âme doit toujours se reposer. Que tous vos doutes et vos craintes s’évanouissent dans la pure et précieuse lumière de cette Parole qui est « établie à toujours dans les cieux » !

Vous savez d’où procède une telle pensée infidèle. C’est du père des mensonges. Traitez-la comme telle. Jugez-la et rejetez-la entièrement. Il semble étrange qu’après avoir connu le Seigneur pendant quarante ans, vous soyez même un instant troublé par la suggestion de quelqu’un que vous savez être « un menteur dès le commencement ». Demandez à un pauvre homme ignorant comment il sait que le soleil brille. Demandez à un simple croyant comment il sait que la Bible est la Parole de Dieu. Il vous dira qu’il a senti sa puissance. Le Saint Esprit ne vous a-t-Il pas donné de sentir la puissance de la Parole de Dieu ? Si Dieu ne peut pas me faire savoir que c’est Lui qui me parle dans Sa Parole, qui d’autre le pourrait ?

Si nous devions simplement croire à l’inspiration divine des Écritures d’après le témoignage de l’homme — quelque puissant que puisse être ce témoignage — ce ne serait pas du tout de la foi. Je crois ce que Dieu dit parce qu’Il le dit, et non à cause de quelque autorité humaine. Si tous les pères qui ont jamais écrit, tous les docteurs qui ont jamais enseigné, tous les conciles qui ont jamais siégé, tous les anges dans le ciel et tous les saints sur la terre, devaient être d’accord pour déclarer que la Bible est la Parole de Dieu, et que nous devions croire leur témoignage, ce ne serait pas une foi accordée divinement. D’un autre côté, si tous s’accordaient pour déclarer que la Bible n’est pas la Parole de Dieu, cela n’ébranlerait pas un instant notre confiance dans cette révélation incomparable. Renvoyez, cher ami, immédiatement à la face de l’ennemi sa suggestion insensée et blasphématoire, et reposez-vous comme un petit enfant sur l’amour et la vérité de ce Bien-aimé que vous avez connu depuis tant d’années.

Nous n’avons pas vu le livre dont vous parlez, et en jugeant d’après l’extrait que vous nous en avez envoyé, nous n’avons aucun désir de le voir. Nous croyons de tout cœur et avec révérence à l’inspiration absolue des saintes Écritures, données de Dieu dans les langues hébreue et grecque. Sans doute, il y a des erreurs dans les diverses versions, copies et traductions. Nous ne parlons que des Écritures telles que données de Dieu.

Oh, cher ami, quelle consolation indicible d’avoir une révélation divine ! Que ferions-nous, où courrions-nous, si nous étions livrés aux pensées des hommes sur ce sujet ? Quelle pauvre chose ce serait pour nous, si nous devions regarder aux hommes pour accréditer la Parole de Dieu ! Ils nous déroberaient bien vite son autorité et sa valeur. Quelle présomption effrontée, pour de pauvres vers de terre, d’oser s’asseoir en jugement contre la Parole de Dieu, de se prononcer sur ce qui est ou n’est pas digne de Dieu ! Si Dieu ne pouvait pas nous faire comprendre Sa Parole, s’Il ne pouvait pas nous donner l’assurance que c’est Lui-même qui nous parle dans les saintes Écritures, que devrions-nous faire ? L’homme peut-il mieux gérer la chose ? Si Dieu ne peut pas nous faire comprendre Sa Parole, aucun homme ne le peut ; s’Il le fait, aucun homme n’a besoin de le faire. Nous aimerions vous conseiller vivement, cher ami, de mettre de côté de tels livres, quelque hautement recommandés qu’ils soient.

Hélas, ce semble être la mode aujourd’hui, dans les domaines où nous nous y attendrions le moins, de recommander en des termes très élogieux toutes sortes de livres infidèles et d’attaques blasphématoires à l’égard de la Parole de Dieu et de la personne de Christ. Nous estimons que c’est une très grande erreur de fait, pour les chrétiens, de lire de tels livres, à moins qu’ils n’y soient appelés et rendus propres par Dieu pour les dénoncer. Voudriez-vous lire un livre intitulé : « Un traité cherchant à prouver que deux et trois ne font pas cinq » ? Nous pensons bien que non. Si Dieu vous a donné par grâce de vous reposer par la foi sur Sa Parole éternelle, de quoi avez-vous besoin de plus ? Des livres infidèles ne peuvent pas vous aider. Dieu est Son propre interprète, dans les Écritures aussi bien que dans la providence. Penseriez-vous vous tourner vers quelque livre sceptique ou rationaliste pour vous aider à résoudre les mystères du gouvernement de Dieu ? Nous ne le croyons pas. Alors, pourquoi se tourner vers de tels ouvrages pour juger de l’inspiration ? Nous ne pouvons nous empêcher de vous citer ce magnifique passage de 2 Timothée 3 : « Et que, dès l’enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le christ Jésus. Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre ».

Nous craignons grandement, cher ami, que vous ne soyez pas à l’abri du bouclier de la foi en lisant ce livre dont vous parlez, mais nous prions vivement que votre âme précieuse puisse ôter avec une calme décision toutes les suggestions ténébreuses et sceptiques qui pourraient vous troubler, et revenir à la stabilité éternelle de la révélation divine. Que Dieu l’accorde dans Sa miséricorde infinie.

Le Livre inspiré porte en lui-même sa propre accréditation. Il parle pour lui-même. Il vient à nous avec un ensemble de preuves écrasant, à la fois internes et externes. Les livres apocryphes, à l’inverse, portent leur propre condamnation. Ils contiennent des passages qu’il vous suffit de lire pour être convaincu qu’ils n’ont jamais été inspirés par l’Esprit de Dieu. Nous les rejetons sur la base de preuves à la fois internes et externes.

Le passage en 1 Corinthiens 11, 2 devrait être rendu par « traditions » ou « directions ». L’apôtre ne spécifie pas ce qu’elles sont, mais grâces à Dieu, nous savons que toutes les ordonnances, traditions ou directions essentielles à l’Assemblée jusqu’à la fin des temps, sont clairement énoncées dans les Écritures du Nouveau Testament. C’est tout à fait suffisant pour nous. Les hommes n’ont aucune autorité pour établir des rites et des cérémonies dans l’Assemblée de Dieu ; qu’ils agissent ainsi ne peut qu’être regardé, par tout cœur loyal envers Christ, comme une usurpation hardie de Son autorité qu’Il jugera très certainement avant longtemps.

Nous sommes de plus en plus, cher ami, sous l’impression du sentiment du besoin urgent d’éprouver toutes choses par la Parole de Dieu, et de rejeter tout ce qui ne peut en supporter l’épreuve. Il est non seulement profondément affligeant, mais aussi très solennel, de remarquer la manière selon laquelle l’autorité de Christ telle qu’elle est établie dans Sa précieuse Parole, est virtuellement mise de côté par ceux qui professent être Son peuple et Ses serviteurs. Il ne semble jamais venir à l’esprit des gens qu’ils sont en vérité responsables devant Dieu de juger, à la lumière de Sa Parole, les diverses choses dans lesquelles ils sont engagés. De là vient qu’ils continuent, semaine après semaine et année après année, avec tout un ensemble de choses qui n’ont pas l’ombre d’un fondement dans l’Écriture sainte. Combien il est épouvantable de penser à la fin de tout cela ! Ce ne sera pas avec un fouet de cordes que toutes ces choses seront chassées du temple ! Que Dieu le Saint Esprit suscite, par Son ministère puissant, dans l’ensemble de l’Assemblée, un sentiment plus profond de l’autorité suprême et de la toute-suffisance de l’Écriture sainte !

Que tous les bien-aimés du Seigneur soient gardés de l’esprit de ce siècle ! Nous désirons cultiver un esprit réellement humble et contrit, un esprit d’humble obéissance, un esprit qui nous conduise à nous incliner, avec une soumission sans réserve, devant l’autorité de l’Écriture sainte. « Il est écrit » est une formule qui a le pouvoir de commander. C’est une phrase prononcée par notre bien-aimé Seigneur et Maître au début de Sa carrière publique, et constamment rappelée tout au long de Son merveilleux ministère. Elle a été réitérée avec une solennelle emphase à Ses disciples, au moment où Il était sur le point d’entrer dans les cieux. Que cette phrase importante soit gravée sur les tablettes de nos cœurs !

Si on nous demandait de déclarer ce que nous considérons être le plus grand besoin du jour dans lequel nous sommes, nous dirions sans hésitation que nous désirons donner à la Parole de Dieu sa véritable place comme base de notre paix individuelle, et comme la seule autorité pleinement suffisante pour notre chemin individuel. Unissons-nous, cher ami, dans une prière fervente à notre Dieu, pour qu’Il nous accorde la grâce de faire ainsi, à la louange de Son saint nom !