La venue de Christ

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 115]

Ce doit toujours être le désir du cœur qui aime Jésus, de Le voir tel qu’Il est et d’être avec Lui et comme Lui pour toujours. De là vient que le cri approprié d’un cœur plein d’affection est : « Viens, Seigneur Jésus ». Mais c’est notre privilège d’avoir communion avec Lui dans Sa patience envers ce pauvre monde. « La patience de notre Seigneur est salut ». Béni soit Son nom, « Il ne veut pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3). Nous ne pensons pas qu’il y ait de difficulté à concilier les deux choses. Une femme aimante peut s’attrister sur l’absence de son mari et désirer ardemment son retour ; mais il est au loin pour prêcher l’évangile, et elle peut avoir une pleine communion avec lui dans son œuvre de manière à tout à fait vouloir qu’il prolonge son absence, si seulement une âme pouvait par là être amenée à Jésus.

Quant à votre difficulté concernant l’expression « apostasie » en 2 Thessaloniciens 2, elle provient, estimons-nous, de ce que vous ne voyez pas la distinction entre la venue du Seigneur pour recevoir les siens, et Sa venue pour juger le monde — entre Sa venue comme l’Époux et Sa venue comme le Juge. « Le jour du Seigneur » fait référence à cette dernière, et avant que vienne ce jour, il y aura une grande apostasie ou déclin, et « l’homme de péché sera révélé ». Il est très nécessaire de comprendre cette distinction. L’espérance propre du croyant est la venue du Seigneur, qui peut devenir une bienheureuse réalité à tout moment ; mais quand l’Assemblée sera partie pour être avec son Seigneur, l’homme de péché sera révélé, « que le Seigneur Jésus consumera par le souffle de sa bouche et qu’il anéantira par l’apparition de sa venue ». C’est un sujet bien trop important et étendu pour pouvoir le traiter dans une courte lettre, mais vous devriez étudier avec prière 1 Thessaloniciens 4, 3 à 10 comparé avec 2 Thessaloniciens 2, 12.

En 2 Thessaloniciens 2, 1 et 2, l’apôtre corrige une erreur dans laquelle étaient tombés les saints de Thessalonique. Ils avaient été conduits à penser que « le jour du Seigneur » avait déjà commencé. Dans la première épître, il leur avait enseigné à attendre la venue du Seigneur et leur rassemblement avec Lui en l’air, pour être pour toujours avec Lui. De plus, il leur avait enseigné que « le jour » ne devait pas les surprendre comme un voleur. Alors, dans la seconde épître, l’apôtre les exhorte « par » ou sur la base de la venue de Christ, à ne pas être troublés quant au « jour ». La première était leur espérance propre ; le second ne pouvait pas avoir lieu avant la manifestation de « l’homme de péché », qui était alors, et est toujours, future. Votre difficulté provient de ce que vous ne distinguez pas entre « la venue » de Christ pour Ses saints et « le jour » de Sa manifestation en jugement sur le monde. Nous sommes exhortés par la première à n’être pas troublés par le dernier. Les deux choses sont aussi distinctes que possible. L’une est la brillante et merveilleuse consommation de l’espérance de l’Assemblée ; l’autre, le glas de toute la gloire de ce monde. La distinction est très importante.

Nous ne pensons pas que Matthieu 16, 27 et 1 Thessaloniciens 4, 16 parlent de la même chose. Matthieu parle de la manifestation publique, 1 Thessaloniciens de la venue de Christ pour Ses saints, selon Jean 14, 3. L’espérance propre de l’Assemblée est la venue de son Seigneur pour la recevoir à Lui. Elle est appelée à L’attendre, et non des récompenses. Il y aura des récompenses, mais elles appartiennent à la manifestation du royaume, et ne sont pas notre espérance propre, ni le vrai motif du service. L’amour de Christ est notre vraie source de motivation — Lui-même notre espérance.

Quant à l’expression : « ceux-ci qui sont mes frères », elle se rapporte aux messagers qui iront partout vers les nations avant l’établissement du royaume. Ils feront partie des Juifs. Toute la scène parle du jugement des nations vivantes. Il n’y a rien dans l’Écriture au sujet d’un jugement général simultané. Il y aura le jugement des « vivants » avant le millénium, et le jugement des « morts » après le millénium, et le jugement guerrier exécuté sur « la bête ».

Nous estimons que Philippiens 4, 5 se rapporte à la venue du Seigneur. « Que votre douceur [modération] soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche ». Si nos cœurs sont fixés sur la bienheureuse espérance de la venue du Seigneur, nous n’insisterons pas sur nos droits ni n’empoignerons les choses de ce monde qui périssent. Il peut venir cette nuit. Alors nous laisserons derrière toutes ces choses pour toujours. Il est intéressant de remarquer les deux expressions dans ce passage. Notre douceur doit être connue des hommes ; nos requêtes doivent être présentées à Dieu. Les hommes doivent voir que nous sommes parfaitement contents de notre part et de notre perspective. Nous ne devrions jamais aller vers les hommes avec nos besoins. Dieu est suffisant. Nous sommes assurés d’être déçus par l’homme. Dieu ne fait jamais défaut à un cœur confiant, béni soit Son saint nom.

Le jugement, en Apocalypse 19, est ce que nous appelons le « jugement guerrier ». Très certainement, il a lieu après que l’Assemblée a quitté cette scène. Cela est évident du fait que les saints viennent avec Celui qui monte le cheval blanc.

Nous croyons que le cri de minuit a été poussé. Nous reconnaissons le résultat de ce cri dans l’attention donnée, dans une grande mesure, depuis environ les années 1830, à la glorieuse vérité de la venue du Seigneur. Pendant des siècles, pas un son ne s’était fait entendre au sujet du retour de l’Époux. « Mon maître tarde à venir » était le langage clair de l’Église professante. La chrétienté était endormie. Mais, par la grâce de Dieu, le cri a retenti — ce cri qui émeut l’âme : « Voici l’époux ; sortez à sa rencontre ». Sommes-nous prêts ? Avons-nous de l’huile dans nos vaisseaux — la vraie grâce de l’Esprit de Dieu dans notre cœur ? Solennelle question ! Ceux qui sont « prêts » entreront avec l’Époux. Le reste sera laissé dans les ténèbres de dehors — la région affreuse des pleurs, des gémissements et des grincements de dents ; ce lieu où aucune espérance ne peut jamais entrer, où aucun rayon de lumière ne peut jamais briller sur toutes les ténèbres de l’éternité.

Oh ! que l’Esprit de Dieu ranime tous nos cœurs et nous rende vraiment sérieux ! Que nous soyons trouvés avec les reins ceints et les lampes allumées, comme des hommes qui attendent vraiment leur Seigneur ! Que nous cherchions à faire résonner une note d’avertissement aux oreilles de nos prochains, tandis que nous cheminons jour après jour. Seigneur, rend-nous sérieux !