Le Fils de l’homme dans le ciel

Actes 1 à 9
(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 42]

La seconde des lettres de saint Luc à son ami Théophile, ne reprend pas, de façon rigide et formelle, le récit inspiré, là où la première l’avait laissé ; il y a plutôt un mélange ou une superposition facile et plein de grâce des deux : la seconde revenant un peu sur les scènes et les époques qui terminaient la première, leur donnant le même caractère général, avec quelques traits distinctifs légers. Mais chacune de ces lettres, « l’évangile selon Luc » et « les Actes des apôtres », a bien entendu, comme je n’ai pas besoin de le dire, son sujet propre.

Dans les premiers chapitres de la seconde d’entre elles, à savoir « les Actes des apôtres », sur laquelle je vais m’arrêter un moment, nous trouvons un récit de Jésus comme homme glorifié dans les cieux ; comme, dans les premiers chapitres de la première, nous trouvons un récit de Dieu manifesté en chair sur la terre. Je veux dire que cela est caractéristique, individuellement, de chacune d’elles. La personne est, assurément, la même et unique dans les deux, l’homme-Dieu.

Nous apprenons beaucoup de choses en lien avec le Fils de l’homme dans le ciel, des évangélistes, où ce mystère est de temps en temps anticipé. Le Seigneur Lui-même nous dit qu’Il doit être vu là par la foi tout le long de la période actuelle, assis à la droite de la puissance ; et qu’au temps convenable, Il viendra de là sur les nuées du ciel (Matt. 26, 64). Il nous dit aussi que quand il viendra, Il s’assiéra sur le trône de Sa gloire (Matt. 25, 31). Ce ne sont que de simples exemples de la manière selon laquelle ce grand mystère était ainsi anticipé. Mais la personne vue dans les évangiles est Dieu manifesté en chair, et comme tel, en action sur la terre. Dans ces chapitres dans les Actes, qui succèdent aux évangiles, c’est, d’un autre côté, l’homme glorifié dans le ciel, et agissant là.

En Actes 1, Jésus de Nazareth, qui était Dieu manifesté en chair ici-bas, est vu montant aux cieux.

En Actes 2, l’Esprit promis est donné, et Pierre commence sa prédication en prenant ce don, selon la prophétie de Joël, comme sujet. Et après l’avoir citée, il dit : « Hommes israélites, écoutez ces paroles : Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez, ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu, — lui, vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques ». Et il montre alors, d’après les psaumes 16 et 110, que cet homme ainsi approuvé de Dieu sur la terre, était maintenant ressuscité d’entre les morts et glorifié à la droite de Dieu dans le ciel.

Ainsi, le mystère est établi, le mystère du Fils de l’homme, Jésus de Nazareth, exalté dans les cieux. Alors, comme les évangélistes avaient déjà considéré Jésus tandis qu’Il marchait, et servait, et travaillait, et souffrait ici-bas sur la terre, ainsi maintenant, dans sa prédication là et dans les chapitres qui suivent, Pierre nous donne quelques-unes des voies et des vertus de ce même Jésus désormais monté au ciel.

Ainsi, en Actes 2, toujours avec le texte de Joël, il nous dit qu’Il est le Dieu mentionné dans cette prophétie, qui a maintenant envoyé l’Esprit. Selon Joël, en conséquence, c’est le Dieu d’Israël qui opère cette grande merveille de la Pentecôte ; selon Pierre, c’est l’homme désormais dans le ciel qui l’accomplit.

C’est assurément une façon magnifique selon laquelle commencer l’histoire des vertus et des gloires de Jésus de Nazareth, désormais glorifié en haut à la droite de Dieu ; où aussi Pierre déclare qu’Il est assis jusqu’à ce que vienne le jour où Ses ennemis seront faits Son marchepied, comme le « mon Seigneur » du psaume 110.- Et alors, sur l’autorité de ces choses, il appelle toute la maison d’Israël à reconnaître l’homme autrefois crucifié comme étant à la fois Seigneur et Christ. Et quand un certain nombre de ses auditeurs furent réveillés par cette prédication, il leur annonce la vertu du « nom » de cet homme glorifié, qu’Il peut assurer la vie éternelle et le don de l’Esprit à tous les pécheurs qui Le reçoivent.

Alors, en Actes 3, ce même apôtre nous parle de plusieurs autres grandes choses concernant Jésus dans les cieux — que c’était Son nom, par la foi en lui, qui venait de guérir le mendiant boiteux à la porte du temple — qu’Il était le prophète promis par Moïse en Deutéronome 18 — que les cieux Le gardent maintenant, mais qu’Il doit les quitter de nouveau au temps convenable, et amener des temps de rafraîchissement et le rétablissement de toutes choses, avec Lui, pour la terre.

Puis, en Actes 4, il prêche par ce même Jésus, « la résurrection d’entre les morts » — et proclame ensuite qu’Il était « la pierre du coin », selon le psaume 118, et le seul que Dieu mette pour salut, dans ce monde coupable. Et jusqu’à la fin de ce chapitre, lui et ses saints compagnons à Jérusalem invoquent le nom de ce même Jésus devant le Seigneur Dieu, le Créateur des cieux et de la terre, comme toute leur confiance et leur droit à la bénédiction.

Puis, en Actes 5, Pierre et les autres apôtres témoignent, en face du conseil des Juifs, que cette même personne bénie qu’ils ont mis à mort et pendu à un bois, Dieu l’a exaltée à Sa droite pour être prince et sauveur, tout de fait pour Israël, que ce soit pour la bénédiction ou le gouvernement.

De cette manière, dans le cours de cette prédication, nous trouvons un témoignage large et varié rendu à l’homme dans le ciel. Il peut être bon de suivre le témoignage ineffablement béni et important des évangélistes rendu au Fils du Père, Dieu manifesté en chair, sur la terre. Mais ici, avec ce chapitre 5, le témoignage apostolique sous la conduite de l’Esprit donné, se termine. Nous passons de celui-ci à une vision. Car après avoir entendu cela au sujet de l’homme glorifié, nous trouvons, pour un petit moment, une vue de Lui. Pierre L’a prêché, Étienne Le fait voir maintenant. Tous deux sont des témoins, quoique de manière différente, du même grand mystère, que le Fils de l’homme était dans le ciel à la droite de Dieu. Étienne est emmené par des hommes méchants en dehors de la ville pour être lapidé, tandis que son visage brille comme celui d’un ange ; et son œil est ouvert, et il regarde en haut et à l’intérieur d’un ciel ouvert — et il voit là la gloire de Dieu, et Jésus, « le Fils de l’homme », se tenant à la droite de Dieu.

Ainsi, c’est l’homme dans le ciel auquel est rendu témoignage par l’œil d’Étienne, comme Il l’avait été par les lèvres de Pierre. L’Esprit remplit l’un d’un récit inspiré à Son sujet, et Dieu ouvre les yeux de l’autre avec une vue glorieuse de Lui. Mais l’objet est le même — l’homme glorifié, le Fils de l’homme dans le ciel, Jésus de Nazareth à la droite de la majesté en haut — Celui qui, ayant été ici-bas « Dieu manifesté en chair », humble, servant, crucifié, enseveli et ressuscité, était désormais exalté là dans Son humanité à la place d’honneur la plus élevée.

Il reste cependant une chose dans la révélation de ce grand mystère. En Actes 9, cet homme glorifié descend du ciel, et se montre, pour un court instant, ici-bas sur la terre. Dans une gloire sainte et paisible, et dans l’attitude de quelqu’un qui était reçu par Lui avec un accueil bienheureux et parfait, Il a juste été vu, à Sa place convenable dans le ciel, par Son saint souffrant. Mais maintenant, dans une majesté terrible, dans la splendeur brûlante de la gloire judiciaire, Il est vu par le persécuteur de Son saint, ici sur la terre. Il apparaît ainsi comme Celui qui est prêt et tout-puissant pour venger le sang de Son troupeau mis à mort. La miséricorde se glorifie cependant vis-à-vis du jugement, dans le cas présent, et le persécuteur deviendra un témoin et un apôtre ; mais la vision nous dit que l’homme dans le ciel attend là, comme parmi d’autres caractères, ainsi dans celui-ci, le vengeur, au temps convenable, des méfaits commis sur la terre. Il en est ainsi, et c’est ce qui est ici promis et présagé. Car nous savons que Jésus est monté dans différents caractères. Il est monté comme dans Son lieu natal, la gloire qu’Il avait auprès du Père avant que le monde fût — Il est monté pour préparer des demeures dans la maison du Père pour les élus — Il est monté comme leur précurseur — Il est monté pour s’asseoir dans le tabernacle dressé par Dieu, comme notre souverain Sacrificateur — Il est monté comme l’auteur et le consommateur de la foi, et comme le purificateur des péchés — mais Il est monté aussi pour prendre Sa place comme Adonai à la droite de l’Éternel, jusqu’à ce qu’Il mette Ses ennemis pour marchepied de Ses pieds. Et Il doit revenir sur la terre pour accomplir ce dernier caractère, comme là Il descend sur la route entre Jérusalem et Damas pour en donner, en quelque sorte, un échantillon, et pour placer la sentence de mort dans ce Saul de Tarse persécuteur.