Le chemin individuel de la foi : Encouragement et exhortation pratiques

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 120]

La vie de foi, dans chacune de ses étapes et à chaque pas, doit être intensément individuelle. Nul ne peut avoir la foi pour un autre, et nul ne devrait oser s’immiscer dans le chemin d’autrui. Nous pouvons et devons nous encourager l’un l’autre à nous confier en Dieu — nous fortifier les mains l’un l’autre en Dieu — mais que quelqu’un conseille à un autre de faire ceci ou cela, à moins qu’il n’y ait une foi claire pour cela, est de fait, à notre avis, une très grave erreur. C’est pourquoi, cher ami, si vous n’êtes pas totalement au clair dans votre propre âme quant à savoir si ce serait « de la foi ou de la folie » d’abandonner votre position actuelle, nous vous recommandons très vivement de faire une pause. C’est une chose très sérieuse d’aller au-delà de votre capacité, d’affronter les flots de la marée des circonstances, si votre pied n’est pas sur le roc. Nous n’avons aucune crainte sur ce sujet du côté de Dieu. Il ne fait jamais défaut à un cœur confiant. Mais vu le style et le ton de votre lettre, nous avons de grandes craintes pour vous.

Pouvez-vous imaginer Abraham demandant à quelqu’un si ce serait « de la foi ou de la folie » pour lui de quitter Ur des Chaldéens ? Pouvez-vous supposer Moïse demander si ce serait « de la foi ou de la folie » pour lui de quitter la cour du Pharaon ? Nous croyons tout à fait que votre position serait pour nous une fausse position, et que l’abandonner serait la vraie sagesse, mais vous devez le voir pour vous-même. Vous devez le recevoir de Dieu et agir devant Lui, sinon, tout finira dans la confusion et le désastre. « N’allez jamais au-delà de votre foi, et ne restez jamais en arrière de votre conscience ». C’est un principe très excellent. Que nous soyons tous capables d’agir d’après lui ! Le Seigneur vous bénisse, vous guide et vous garde !

Nous concluons de ce que vous dites que votre propre esprit est mal à l’aise par rapport au sujet sur lequel vous demandez conseil. Nous vous recommandons donc de ne rien faire avec une pensée de doute. « Tout ce qui n’est pas sur le principe de la foi est péché ». Regardez au Seigneur pour la direction en cela. Voyez si vous pouvez le faire à Sa gloire, et si non, laissez-le de côté. Ce doit être entre votre propre âme et le Seigneur. Ne faites rien avec une pensée de doute. Combien il est précieux de pouvoir Lui apporter toute chose, grande ou petite !

La question que vous proposez est une question que votre propre conscience doit peser à la lumière de l’Écriture. Il vous serait tout à fait inutile que nous vous disions que nous ne pourrions pour rien au monde occuper une position ou demeurer dans une relation telle que vous la décrivez, dans la mesure où chacun doit agir selon la lumière qu’il a. Nous croyons que le serviteur de Christ doit se garder parfaitement libre de l’influence humaine. Il devrait n’avoir affaire qu’avec son Seigneur, à la fois dans son travail et pour ce qui concerne sa subsistance. Mais dans toutes ces choses, la règle doit toujours être : « selon votre foi ». Ce n’est pas du tout notre affaire de juger les autres ; chacun doit se tenir debout ou tomber pour son propre Maître.

Si votre conscience n’est pas au clair devant le Seigneur, ne bougez pas d’un pouce à ce sujet. Ne laissez pas les arguments persuasifs d’un millier d’amis vous pousser à faire quelque chose avec une pensée de doute. « Tout ce qui n’est pas sur le principe de la foi est péché ». Nous ne donnons aucun avis sur la question abstraite que vous avez placée devant nous, mais, en jugeant d’après vos propres déclarations, il est très évident que votre propre cœur vous condamnerait en franchissant un tel pas. Sur cette base, nous vous conseillons solennellement de ne pas bouger sur ce sujet. Que nous soyons fidèles à Christ ! Que nous Lui donnions un cœur non divisé !

Le Seigneur seul peut vous donner la sagesse et la grâce d’agir dans les circonstances douloureuses que vous décrivez. Si vous vous attendez vraiment à Lui, Il vous enseignera quand parler et quand garder le silence. Il y a du danger à parler sous le coup de la colère plutôt que dans un esprit d’amour, en répondant à des remarques impies des inconvertis. Il faut être gardé de cela. De plus, nous devons nous souvenir qu’il y a très souvent un témoignage bien plus puissant dans un silence solennel et digne, plutôt qu’en parlant pour l’amour de parler. Mais le Seigneur guidera le cœur humble et dépendant. Il vous dira quand parler et quand être silencieux. Alors, vous pouvez en être sûr, parler et le silence seront tous deux fructueux en leur saison.

Il est toujours bon de veiller sur nos cœurs traîtres, même dans les choses justes, de peur qu’ils ne nous trahissent. Mais dans le sujet auquel vous faites référence, nous voudrions vous rappeler l’extrême bonté et la tendresse de notre Dieu. Il nous permet avec une immense grâce de Lui ouvrir nos cœurs de la manière la plus libre. Il comprend parfaitement chacun de nos sentiments, et Il sait tout ce qu’il en est de nos relations et des justes affections qui en découlent. Il ne serait pas naturel de ne pas ressentir un zèle unique par rapport au salut de nos proches selon la chair. Sans aucun doute, nous devons chercher à être conduits en toutes choses par la gloire de Dieu. Mais oh ! que nous puissions toujours demeurer dans le doux sentiment de Son amour, et être en garde contre une analyse malsaine de nos pauvres pensées et sentiments. Dieu vous bénisse et vous garde !

Nous sympathisons entièrement avec vous dans votre crainte d’agir sous une simple impulsion. Il est toujours bon d’être sûr de chaque pas que nous faisons, de pouvoir donner un « Ainsi dit le Seigneur » pour tout ce que nous faisons ou tout ce que nous refusons de faire. Il est causé beaucoup de tort à la cause de la vérité et à la piété vivante par des agissements impulsifs et par ce que nous pourrions appeler un dévouement agité. Nous apprécions grandement une décision calme et approfondie pour Christ — une décision produite par un véritable amour pour Sa personne et par une profonde soumission à l’autorité de Sa Parole. Ces choses sont très nécessaires, en ce jour de la volonté de l’homme, du jugement de l’homme et de la raison humaine. Quant au sujet qui semble exercer votre cœur, vous devez agir simplement devant le Seigneur. C’est uniquement une question pour votre propre conscience. N’agissez pas d’après le jugement d’un autre. Si vous vous sentez libre dans votre conscience devant Dieu, il vaut mieux continuer comme vous l’avez fait, pour l’amour des autres. Par tous les moyens, gardez une bonne conscience, quoi qu’il en coûte.

Nous sommes tout à fait d’accord avec vos remarques sur l’Assemblée. Le corps professant est une ruine. Le corps de Christ est un et indissoluble. C’est notre saint et heureux privilège, comme c’est notre devoir impérieux, d’avoir nos pieds sur le terrain de Dieu et nos yeux sur Dieu Lui-même — de voir et reconnaître notre propre ruine, mais cependant de tenir ferme la fidélité de Dieu. Cela nécessite un œil simple pour discerner le terrain de Dieu, et une foi simple pour l’occuper ; mais Lui est toujours suffisant, et Son fondement demeure sûr. Il n’y a pas de raison pour que nous continuions une heure en lien avec ce qui est mauvais. « Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur ». C’est concluant. Rien ne peut justifier que nous restions en lien avec ce que nous savons être faux. Que le Seigneur Lui-même vous bénisse grandement, bien-aimé ami, et fasse de vous une bénédiction !

Nous ne voyons pas d’autre chemin ouvert devant vous qu’un chemin de décision claire pour Christ, quoi qu’il en coûte. Vous devez cesser de mal faire avant de pouvoir vous attendre à apprendre à bien faire. Confiez-vous en Christ et agissez hardiment pour Lui. « Si ton œil est simple, ton corps tout entier sera plein de lumière ». Mais si vous regardez aux circonstances, pesez les conséquences ou consultez le sang et la chair, votre œil n’est pas simple et vous devez être dans les ténèbres et la perplexité. Le Seigneur peut vous fournir très rapidement une situation. Attendez-vous seulement à Lui. Que Lui soit votre seule référence. Il ne fait jamais défaut à un cœur confiant. Cherchez, cher ami, à montrer la réalité de la seule dépendance envers le Dieu vivant. Il n’y a rien de pareil. Toutes les espérances humaines ne sont que comme une vapeur qui s’évanouit. Que le Seigneur agisse en votre faveur, dans Sa bonté infinie.

C’est une chose très sérieuse de jouer avec la vérité de Dieu, ou de refuser le chemin que Sa Parole place clairement devant nous. Béni soit Son nom, Il nous supporte dans notre ignorance, notre incrédulité et nos diverses infirmités. Mais pécher contre la lumière est une chose terriblement solennelle. « Donnez gloire à l’Éternel, votre Dieu, avant qu’il fasse venir des ténèbres, et avant que vos pieds se heurtent contre les montagnes du crépuscule : vous attendrez la lumière, et il en fera une ombre de mort et la réduira en obscurité profonde » (Jér. 13).

Remarquez les mots ! « Avant qu’il fasse venir des ténèbres ». Dieu fait-Il venir des ténèbres ? Oui, en vérité, et l’aveuglement, si le peuple refuse Sa lumière. Il n’y a pas de ténèbres plus profondes, d’aveuglement plus affreusement complet, que celui que Dieu envoie judiciairement sur ceux qui prennent Sa Parole à la légère. Regardez 2 Thessaloniciens 2 : « À cause de cela, Dieu leur envoie une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice ». Nous avons là la destinée future de la chrétienté. Dieu enverra une grande illusion. Il fera tourner la lumière qu’ils professent en de grandes ténèbres et en ombre de la mort. Tout cela est très solennel. Cela devrait nous faire trembler à la pensée même de refuser d’agir selon la lumière que Dieu nous accorde dans Sa grâce.

Considérez le contraste béni que nous donne Luc 11 avec tout cela : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met dans un lieu caché, ni sous le boisseau, mais sur le pied de lampe, afin que ceux qui entrent voient la lumière ». Pourquoi Dieu donne-t-Il la lumière ? Afin qu’elle soit étouffée, éteinte, cachée ? Certainement pas ; mais afin qu’elle soit vue. Mais comment peut-elle être vue si nous n’agissons pas selon elle ? Si, pour un gain matériel, pour un avantage personnel, pour nous plaire à nous-mêmes, ou pour plaire à nos amis, nous refusons d’obéir à la Parole de Dieu et cachons ainsi la lumière sous un boisseau — alors quoi ? Il peut en résulter de « grandes ténèbres », « l’ombre de la mort », une « énergie d’erreur ». Quelle chose affreuse !

Notre Seigneur poursuit : « La lampe du corps, c’est ton œil ; lorsque ton œil est simple » — c’est-à-dire, quand vous n’avez qu’un seul objet devant vous — « ton corps tout entier aussi est plein de lumière » (magnifique état !) « mais lorsqu’il est méchant, ton corps aussi est ténébreux. Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres. Si donc ton corps tout entier est plein de lumière, n’ayant aucune partie ténébreuse, il sera tout plein de lumière, comme quand la lampe t’éclaire de son éclat ».

Quel contraste frappant ! Au lieu de trébucher sur les montagnes du crépuscule, l’âme obéissante non seulement a la lumière sur son propre chemin, mais elle est en vérité un luminaire pour d’autres. La progression morale, dans le passage ci-dessus, est particulièrement juste. Il y a d’abord l’œil simple — le propos unique, simple, ferme, appliqué du cœur de marcher droit dans le chemin de l’obéissance, quoi qu’il en coûte. Puis le corps est plein de lumière. Que peut-il y avoir de plus ? Mais il y a quelque chose de plus, car assurément, il n’y a pas de redondance dans les Écritures. « Si donc ton corps tout entier est plein de lumière, n’ayant aucune partie ténébreuse » — aucune réserve, aucune chambre du cœur gardée fermée à cause d’amis, d’intérêt propre, d’aisance matérielle ou toute autre chose — « il sera tout plein de lumière ». Vous devenez transparent, et votre lumière brille de sorte que les autres la voient. Non pas que vous pensiez le faire, car un œil simple ne regarde jamais à soi. Si je fais mon but d’être un porteur de lumière, je serai plein de ténèbres et une pierre d’achoppement. Quand Moïse descendit de la montagne, la peau de son visage rayonnait. La voyait-il ou le savait-il ? Non pas lui. D’autres le voyaient ; et il devrait en être ainsi de nous. « Nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3).

Enfin, cher ami, laissez-nous vous supplier de vous soumettre sans réserve à la Parole de notre Seigneur. Ne permettez pas à vos « amis » de se mettre en travers de votre chemin. Vos amis répondront-ils pour vous devant le tribunal de Christ ? Peuvent-ils remplir maintenant votre cœur de cette douce paix que l’on ne peut trouver que dans le chemin de l’obéissance ? Ils ne méritent pas le nom d’amis, s’ils se tiennent sur votre chemin à la suite de Christ. Ils sont simplement comme les hirondelles qui battent des ailes autour de nous pendant l’été, mais à la première approche des souffles de l’automne, elles s’envolent pour des climats plus ensoleillés. Obéissez, nous vous en supplions, à la Parole de votre Seigneur. Ne laissez pas de piètres excuses, des considérations matérielles, des pensées de grandeur personnelle, entrer en considération pour vous un seul instant. Que vaudront toutes ces choses à la lumière du tribunal de Christ ? Que penserez-vous d’elles dans l’éternité ?

Mais vous nous direz que vous êtes sauvé ; vous êtes une « fille chrétienne » ; vous avez la vie éternelle ; vous ne pouvez jamais périr. Grâces soient rendues à Dieu pour tout cela. Mais vous ne voulez certainement pas dire que c’est une des raisons pour laquelle vous n’obéiriez pas à ce que vous savez être la Parole de Dieu. N’est-ce pas plutôt la base même de l’obéissance, et l’amour de Christ le motif qui vous y contraint ? Que sont tous les amis dans le monde, comparés à Christ ? Verseront-ils leur sang pour vous faire du bien ? Non, mais ils vous rendent misérablement triste afin de leur plaire. Vous préférez peiner le cœur de Jésus en négligeant Ses commandements, plutôt que de peiner vos amis en Lui obéissant.

Que le Seigneur vous aide, cher ami, à mettre de côté tout fardeau et le péché qui vous enveloppe, et à courir avec patience et vraie application du cœur, la course qui est placée devant vous.

Peu de choses sont plus solennelles que de résister à la lumière. Considérez de nouveau ce très important passage en Jérémie 13. « Donnez gloire à l’Éternel, votre Dieu, avant qu’il fasse venir des ténèbres, et avant que vos pieds se heurtent contre les montagnes du crépuscule : vous attendrez la lumière, et il en fera une ombre de mort et la réduira en obscurité profonde » (v. 16). Il y a quelque chose de très affreux à la pensée que Dieu fasse venir des ténèbres et tourne la lumière en ombre de mort, parce que nous n’agissons pas selon la lumière qu’Il nous a donnée en grâce. Le contraste avec tout ceci, nous l’avons vu dans ce beau passage de Luc 11, 34 à 36. Quand nous agissons d’après la lumière que Dieu donne, nous sommes non seulement nous-mêmes pleins de lumière, mais nous devenons des luminaires pour d’autres. C’est très différent que de trébucher sur les montagnes du crépuscule.

Nous ne sommes pas étonnés, cher ami, du faible crépuscule dont vous parlez. Ce qui est étonnant est que ce ne soient pas de profondes ténèbres. Il en serait ainsi, si ce n’était la grâce infinie. Mais nous vous supplions de ne pas hésiter plus longtemps. « Combien de temps hésiterez-vous ? »« Je me suis hâté, et je n’ai point différé de garder tes commandements ». « Ainsi donc, sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre ». Que rien ne vous fasse traîner. « Écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers ». C’est une erreur fatale que de refuser d’agir d’après une lumière divinement donnée, sous le prétexte plausible d’utilité. Notre utilité consiste à faire ce que commande notre Seigneur. L’obéissance est notre tâche. Que Dieu vous donne la grâce d’être décidé pour Christ ! Qu’Il vous conduise en avant dans cette sphère bénie dans laquelle vous pourrez marcher avec Lui, vous appuyer sur Lui, travailler pour Lui et trouver en Lui toutes vos sources ! Nous vous recommandons instamment à Lui.