Le jour de la visitation — Bethsaïda

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 31]

L’Écriture considère un jour ou un temps de la visitation (Jér. 8, 12 ; Luc 19, 44 ; 1 Pier. 2, 12).

Un tel jour peut venir sur un individu (1 Pier. 2), ou sur une ville (Luc 19), ou sur une nation (Jér. 8).

Il est soit en grâce (Luc 19 ; 1 Pier. 2), soit en jugement (Jér. 8).

Et encore, il peut être soit utilisé pour glorifier Dieu par son moyen (1 Pier. 2), soit il peut être méprisé (Luc 19).

La visitation en grâce vient avant la visitation en jugement — et l’intervalle entre elles peut être long ou court. Nous voyons cela dans l’histoire morale de différentes nations — comme l’Égypte, Israël, et le monde lui-même.

Quant à l’Égypte : Joseph fut donné à ce pays en grâce, et par lui, Dieu en fit la tête des nations, et le grenier du monde entier. Mais Joseph fut oublié, la grâce fut méprisée, et alors Moïse et les plaies furent envoyés.

Quant à Israël : Jésus fut donné, le Messie fut envoyé, et la guérison fut dispensée, et les bénédictions de l’alliance amenées à la porte. Mais Jésus fut rejeté, et maintenant, la désolation et la captivité lui ont succédé.

Quant au monde : La mort de Christ est désormais prêchée dans sa vertu salvatrice, comme ce qui a pour toujours et pleinement donné satisfaction pour le péché. Mais cela étant méprisée, la même mort de Christ sera visitée en jugement sur le monde, qui en est coupable.

Quelle simple cohérence peut être trouvée dans les voies de Dieu ! Quelle perfection morale ! Quel soulagement de le découvrir, au milieu de toutes les confusions humaines et terrestres !

La visitation en jugement peut ne pas suivre avant un long moment, comme je l’ai déjà remarqué — comme dans le dernier cas que j’ai indiqué, l’histoire morale du monde — car le jour actuel de la grâce dure en effet longtemps, et le jugement est mis en sommeil siècle après siècle. Mais là encore, l’intervalle peut être court ; et nous voyons cela en deux occasions distinctes, dans les opérations morales de Dieu envers Son peuple. L’Esprit fut versé largement juste avant la captivité des dix tribus par l’Assyrien, comme sur les prophètes Ésaïe, Osée, Michée, et d’autres. Il fut de nouveau encore plus largement répandu juste avant la captivité de Juda par les Chaldéens ; comme sur Jérémie, Ézéchiel, Habakuk, Sophonie, et d’autres.

Ces choses sont ainsi. — Mais je dois ajouter qu’un tel jour, un jour de visitation, laisse le lieu ou la personne, si ce jour est méprisé, dans une condition pire que celle dans laquelle ils ont été trouvés.

Bethsaïda, dans l’histoire de l’évangile, illustre cela, je crois.

Cette ville a eu un jour de visitation. Elle avait été grandement favorisée. Les puissantes œuvres du Seigneur y avaient été faites, au-delà de la mesure habituelle — et André, Pierre et Philippe, trois des apôtres du Seigneur, avaient appartenu à cette ville (voir Jean 1, 45).

Mais une telle faveur, un tel jour de visitation en miséricorde et en grâce, a été méprisé. L’endroit ne s’est pas tourné vers Celui qui l’avait béni. Il ne s’est pas repenti (Matt. 11, 20). Il n’était cependant pas complètement hors d’atteinte pour la grâce abondante, quoique méprisée, de Christ. Le Seigneur la visite, après tout ceci — et quand Il la visite, Il a avec Lui les ressources de Sa grâce et de Sa puissance.

Toutefois, la manière selon laquelle ces ressources sont maintenant présentées, après avoir été, comme nous l’avons vu, méprisées et inutilisées, est pleine de signification, et présente une grande morale ou une grande leçon pour nous (Marc 8, 22-26).

Un aveugle de Bethsaïda (ou à Bethsaïda) est amené au Seigneur, et ils Le supplient de le toucher.

Assurément, un toucher ou une parole auraient été suffisants. La guérison s’en serait ensuivie, obéissant au Seigneur de la vie, et ensuivie immédiatement. Mais il n’en est pas ainsi. Il y a de la réserve et un délai, un processus plus graduel que ne l’aurait requis la puissance de Christ (si elle s’était sentie pleinement libre d’agir), et qu’elle ne l’a même jamais demandé dans quelque occasion précédente. Nous avons à remarquer soigneusement cela.

Il prend l’aveugle par la main et le conduit hors de la ville. C’était significatif. Bethsaïda avait, à ce moment-là, perdu le droit de voir les œuvres de Christ. Car Il avait appelé, et cet endroit n’avait pas répondu. Il avait déjà fait là Ses œuvres, et ils ne s’étaient pas repentis. Il tire maintenant l’aveugle hors de la ville ; comme autrefois Moïse avait amené le tabernacle de l’Éternel hors du camp (Ex. 33). Ces deux actes étaient judiciaires. Ils parlaient d’une distance que désormais, le Seigneur avait pris avec justice, soit du camp, soit de la ville.

Mais cette réserve ou cette distance laisse à chaque Israélite individuellement la liberté de chercher l’Éternel à cette tente d’assignation hors du camp — et ici, cet aveugle de Bethsaïda peut rencontrer la puissance de guérison de Christ, hors de la ville.

Quelle cohérence dans les voies de Dieu ! Combien elles brillent puissamment ! Combien la gloire divine est imprimée sur le grand matériau ou la substance de l’Écriture, et comment elle luit dans le ton même ou le style de l’Écriture !

Mais tandis que cet homme de Bethsaïda doit rencontrer la vertu guérissante du Seigneur, ce doit être d’une manière qui se distingue de façon toute particulière.

Il cracha sur ses yeux, et posa Ses mains sur lui, et puis lui demanda « s’il voyait quelque chose ». C’était une chose étrange et particulière. Le Seigneur avait-Il jamais auparavant mis en question Sa puissance ? Avait-Il jamais hésité quant à la perfection de Ses actes ? Non — et Il ne le fait pas maintenant, quoique Ses paroles puissent sembler le laisser croire. Il ne mettait pas en question Sa puissance, et Il n’ignorait pas la condition actuelle de ce pauvre homme. Mais Il doit et Il veut donner un caractère particulier à cette occasion. C’était un moment particulier, et Il doit laisser cela le distinguer. Il voulait qu’il soit maintenant connu que la grâce méprisée est sensible. Il devait en être ainsi. Il en est ainsi avec nous, nous en sommes nous-mêmes juges. Voudrions-nous aller et réitérer nos bontés et nos services à ceux qui les ont déjà méprisés et ignorés, sans au moins faire savoir que nous en ressentons quelque chose ? Que la bonté soit en exercice, assurément, mais il est moralement convenable que quelque expression l’accompagne. Et s’il en est ainsi pour nous, il en est ainsi pour Dieu. Tout le cours du livre des Juges nous fait savoir cela. Chaque libérateur successif est suscité en faveur d’Israël, avec une réserve accrue, parce qu’Israël avait péché contre les miséricordes précédentes. Et il en est ainsi avec le Seigneur Jésus dans ces œuvres, concernant cette ville de Galilée.

La guérison se produit lentement. À la demande, s’il voyait quelque chose, l’homme doit répondre : « Je vois des hommes comme des arbres qui marchent ».

C’est encore une chose étrange ! Combien tout distingue ce cas ! Il n’en fut pas ainsi avec l’aveugle de Jéricho, ou avec le mendiant aveugle dans le chapitre 9 de Jean. L’un d’eux n’eut qu’à dire : « Je m’en suis allé, et je me suis lavé, et j’ai vu ». Et des autres, il est écrit : « Jésus, ému de compassion, toucha leurs yeux, et aussitôt leurs yeux recouvrèrent la vue, et ils le suivirent ». Mais ici, la guérison est tardive et difficile. Jésus avait encore du travail à faire. Il posa Ses mains sur lui une seconde fois, et le fit ensuite regarder. Et alors, mais pas avant, pas avant la fin de ce long processus, il fut rétabli. C’est-à-dire qu’il ne fut pas amené pleinement sous la grâce et la puissance du Fils de Dieu ; car c’est là notre restauration, de devenir rien de moins que ce que la grâce et la puissance veulent que nous soyons, et veulent faire de nous. « Il voyait tout clairement ».

Récit précieux, sérieux et important ! Combien tous Ses actes, dans les jours de Sa chair ici-bas parmi nous, illustrent quelque secret de la grâce et de la sagesse divines ! Oh, la merveilleuse variété morale et la plénitude de ce que nous trouvons dans l’Écriture ! Bethsaïda n’était pas un nouveau matériau dans la main de Christ. Elle Lui avait été infidèle, et elle doit savoir qu’Il le ressentait, quoique Sa grâce abonde.

Et quand la grâce est accomplie, et que l’aveugle voit tout clairement, le Seigneur clôt la scène en lui disant : « N’entre pas dans la bourgade, et ne le dis à personne dans la bourgade ». Et c’est tout à fait dans le même caractère que tout le reste. En tant que ville, le jour de Bethsaïda était passé. « Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix ! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux ». Sa condition était scellée. Le jugement était devant elle, à cause de la grâce méprisée — comme le Seigneur l’avait déjà clairement dit d’elle, en Matthieu 11, 22. C’est pourquoi il lui est maintenant dit : « N’entre pas dans la bourgade, et ne le dis à personne dans la bourgade ».

Il en est ainsi — mais en contraste avec ce cas, dirais-je. Oh, quelle consolation peut-on trouver maintes fois, dans un nouveau matériau. Le Seigneur Lui-même l’y trouvait ; l’Esprit le trouve encore ; et nous, les saints de Dieu, le trouvons ainsi — aussi certainement que peuvent nous en rappeler bien des exemples de l’opération divine dans ce jour actuel de renouveau ou de visitation.

Le Seigneur Lui-même le trouvait ainsi. C’est ce qu’Il fit en Samarie. Combien Il était là libre et heureux, aussi bien au puits de Jacob, que dans le village de Sichar. Il était là comme chez lui, pendant deux jours ; car le terrain avait été fraîchement labouré et visité. Les pécheurs apprenaient le salut, et leur foi Lui offrait un festin. Il avait de la viande à manger là, qui ne devait pas même Lui être fournie par la diligence de ceux qui étaient continuellement avec Lui.

L’Esprit le trouve encore ainsi. Il voudrait toujours nous avoir « comme des enfants nouveau-nés » — venant avec une fraîcheur de goût et de désir, au lait de la Parole que Lui-même a préparé et nous fournit (1 Pier. 2, 2).

Et nous-mêmes le trouvons ainsi — comme je l’ai mentionné, dans notre expérience de ce jour actuel que nous traversons, dans la grâce de Dieu.

Le Seigneur Jésus s’est invité dans la maison de Zachée et à son hospitalité, lui qui était alors dans sa fraîcheur, avec l’éclat de la première affection sur lui — mais « Il fit comme s’il allait plus loin », quand Il atteignit la maison de ceux qui avaient marché avec Lui un long moment, mais qui raisonnaient avec les pensées qui surgissaient de leur cœur.

Assurément encore, je dirais : Oh, la merveilleuse diversité morale que l’on trouve dans le Livre de Dieu ! Et quelles expressions des secrets divins, les secrets de la grâce et de la sagesse, quelles indications de sympathies et de sentiments divins, trouvons-nous dans le chemin de l’Esprit du Seigneur au travers des circonstances de la vie, tandis qu’Il les traversait jour après jour !