Dans la formation du caractère d’un ministre prospère de la Parole de Dieu, deux ingrédients sont essentiels — une connaissance exacte de la Bible, et un sentiment juste de la valeur de l’âme et de ses besoins. La combinaison de ces deux qualités est de la plus grande importance, pour toute personne qui est appelée à travailler dans la Parole et dans la doctrine. En posséder seulement une seule fera de quelqu’un un ministre complètement déséquilibré. Je peux lire en profondeur dans l’Écriture ; je peux avoir une grande connaissance du contenu du Livre et un sentiment des plus exquis de ses gloires morales, mais si j’oublie l’âme et ses profonds et nombreux besoins, mon ministère sera lamentablement défectueux. Il manquera de relief, de mordant et de puissance. Il ne répondra pas aux aspirations du cœur ni ne parlera à la conscience. Ce sera un ministère du Livre, mais non pas pour l’âme. Vrai et magnifique, sans doute, mais déficient dans son utilité et sa puissance pratique.
D’un autre côté, je peux avoir clairement devant moi l’âme et son besoin. Je peux désirer être utile. Ce peut être le désir de mon cœur de m’occuper du cœur et de la conscience de mon auditeur ou de mon lecteur ; mais si je ne connais pas ma Bible, si je ne suis pas un scribe bien instruit, je n’aurai pas de matériau avec lequel être utile. Je n’aurai rien à donner à l’âme, rien pour atteindre le cœur, rien pour agir sur la conscience. Mon ministère se trouvera être stérile et ennuyeux. Au lieu d’enseigner les âmes, je les ennuierai. Au lieu de les édifier, je les irriterai. Mon exhortation, au lieu d’inciter les âmes à progresser sur le chemin du disciple qui monte, aura, par manque de base, pour effet de les décourager.
Ces choses sont dignes de considération. Vous pouvez parfois entendre quelqu’un qui travaille dans la Parole, qui possède beaucoup de la première des qualités citées ci-dessus et très peu de la seconde. Il est évident qu’il a le Livre et ses gloires morales devant son regard spirituel. Il en est occupé, et même captivé — si captivé qu’il oublie presque qu’il a des âmes devant lui. Il n’y a aucun appel perçant et puissant au cœur, aucune lutte fervente avec la conscience, aucune application pratique du contenu du Livre aux âmes des auditeurs. C’est très beau, mais pas aussi utile que ce devrait l’être. Le ministre manque de la seconde qualité. Il est davantage un ministre du Livre qu’un ministre de l’âme.
Ensuite, vous en trouverez certains qui, dans leur ministère, semblent être complètement occupés de l’âme. Ils appellent, ils exhortent, ils pressent. Mais, par manque de connaissance et d’occupation régulière de l’Écriture, les âmes sont absolument épuisées et usées, sous leur ministère. Il est vrai qu’ils font apparemment du Livre la base de leur ministère, mais ils l’utilisent de façon si maladroite, ils le manient de façon si gauche, ils l’appliquent de façon si inintelligente, que leur ministère se révèle être aussi inintéressant que sans profit.
Or, si on nous demandait lequel de ces deux caractères du ministère nous préférerions, nous dirions sans hésitation le premier. Si les gloires morales du Livre sont dévoilées, il y a quelque chose pour intéresser et toucher le cœur, et si quelqu’un est tant soit peu sérieux et consciencieux, il pourra progresser. Alors que, dans le second cas, il n’y a rien qu’un appel fatigant et une exhortation réprobatrice.
Mais nous aspirons à voir une connaissance exacte de la Bible et un sentiment juste de la valeur de l’âme, combinés et sainement ajustés dans chacun de ceux qui se lèvent pour s’occuper des âmes. L’instruction ne suffira pas sans persuasion, ni la persuasion sans instruction. C’est pourquoi, que tout ministre étudie le Livre et ses gloires, et pense à l’âme et à ses besoins. Que chacun se souvienne du lien entre le Livre et l’âme.