Le puits de Bethléhem

2 Samuel 23
(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 70]

« Et David convoita, et dit : Qui me fera boire de l’eau du puits de Bethléhem, qui est près de la porte ? ». Tel était le soupir du cœur de David, un désir qui rencontra une prompte réponse de cœur de la part de trois membres de cette bande dévouée et héroïque rassemblée autour de lui dans la caverne d’Adullam. « Et les trois hommes forts forcèrent le passage à travers le camp des Philistins, et puisèrent de l’eau du puits de Bethléhem, qui est près de la porte, et la prirent et l’apportèrent à David ». Aucun commandement n’avait été donné. Personne n’avait été désigné en particulier et chargé d’y aller. Il y avait la simple expression du désir, et c’est ce qui donna occasion à l’affection authentique et au vrai dévouement. S’il y avait eu un commandement spécifique donné à quelqu’un, cela aurait seulement donné occasion à une prompte obéissance, mais l’expression d’un désir développa cet ardent attachement à la personne de David, qu’il est si agréable de contempler.

Et remarquez comment David agit dans cette scène très touchante : « Et il ne voulut pas la boire, mais il en fit une libation à l’Éternel. Et il dit : Loin de moi, Éternel, que je fasse cela ! N’est-ce pas le sang des hommes qui sont allés au péril de leur vie ? Et il ne voulut pas la boire ». C’était un sacrifice trop coûteux pour quiconque, excepté l’Éternel Lui-même. C’est pourquoi David ne permit pas que la bonne odeur de celui-ci soit interrompue dans son ascension vers le trône de Dieu.

Combien peu ces trois hommes forts imaginaient-ils que leur acte d’amour dévoué serait enregistré dans les pages éternelles de l’inspiration, et lu là par des millions de personnes. Ils n’avaient jamais pensé à cela. Leur cœur était fixé sur David et ils ne tenaient pas leur vie pour précieuse à eux-mêmes, afin de pouvoir lui faire plaisir ou rafraîchir son esprit. S’ils avaient agi pour se faire un nom ou une position pour eux, cela aurait ôté tout son charme à leur acte, et l’aurait livré à un mépris et un oubli mérités. Mais non ; ils aimaient David. C’était la source de leur activité. Ils montraient qu’il était plus précieux à leur cœur que la vie elle-même. Ils oubliaient tout pour le seul objet qui les absorbait, servir David, et le parfum de leur sacrifice montait au trône de Dieu, en même temps que l’enregistrement de leur acte brille dans les pages de l’inspiration, et continuera de briller tant que dureront ces pages.

Oh ! combien nous aspirons à quelque chose de semblable, en lien avec le vrai David, dans ce jour de Son rejet. Nous désirons grandement un dévouement plus intense et renonçant à soi, comme fruit de l’amour étreignant de Christ. Il ne s’agit pas de travailler pour des récompenses, pour une couronne ou pour une position, quoique nous croyons pleinement à la doctrine de la rémunération. Non ! du moment même où nous faisons de la récompense notre objet, nous sommes en dessous du niveau. Nous croyons que le service rendu avec un œil fixé sur la récompense sera défectueux. Mais alors, nous croyons aussi que tout brin ou iota de vrai service sera récompensé au jour de la gloire de Christ, et que chaque serviteur aura sa place dans le registre et sa position dans le royaume, selon la mesure de son dévouement personnel ici-bas. Nous tenons cela pour une grande vérité pratique, et nous la plaçons comme telle devant l’attention du lecteur chrétien. Nous devons confesser que nous aspirons à voir la mesure du dévouement grandement augmentée au milieu de nous, et cela ne peut être le cas qu’en ayant notre cœur plus entièrement consacré à Christ et à Son nom. Ô Seigneur, ravive ton œuvre !