Les dernières paroles de David

2 Samuel 23
(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 71]

Il y a quelque chose de profondément touchant et de très consolant dans les dernières paroles du « doux psalmiste d’Israël ». Il est bon et profitable d’écouter les « dernières paroles » de tout saint de Dieu ou serviteur de Christ. Il est bon de prêter l’oreille aux douces paroles de ceux qui ont les cheveux blancs et ont de l’expérience, de ceux qui ont atteint la dernière étape du chemin rugueux de la vie. Nous savons tous que, au tout début de notre course, il y a une certaine forme de romantisme en nous. Nous nourrissons de grandes attentes des hommes et des choses. Nous nous imaginons volontiers que tout ce qui brille est de l’or, et nous espérons follement que toutes les promesses et les prétentions de la scène qui nous entoure seront pleinement réalisées. Mais hélas ! en avançant, nous découvrons notre erreur. La dure réalité nous guérit du romantisme de notre jeunesse, et les souffles brûlants du désert emportent bien des fleurs de nos jeunes années. Le jeune croyant est enclin à se confier en quiconque fait une profession ; et cette confiance simple est aimable. Si seulement elle trouvait toujours une réponse qui en soit digne. Mais ce n’est pas le cas. On rencontre bien des choses, même dans une carrière chrétienne ordinaire, qui refroidissent, dessèchent, contractent et repoussent. De là le poids et la valeur des « dernières paroles », en particulier quand nous les obtenons, non pas simplement comme le fruit d’un jugement mûr, mais, comme dans le cas de David, par l’inspiration du Saint Esprit.

« Et ce sont ici les dernières paroles de David. David, le fils d’Isaï, a dit, et l’homme haut placé, l’oint du Dieu de Jacob, et le doux psalmiste d’Israël, a dit : L’Esprit de l’Éternel a parlé en moi, et sa parole a été sur ma langue. Le Dieu d’Israël a dit, le Rocher d’Israël m’a parlé : Celui qui domine parmi les hommes sera juste, dominant en la crainte de Dieu, et il sera comme la lumière du matin, quand le soleil se lève, un matin sans nuages : par sa clarté l’herbe tendre germe de la terre après la pluie ».

Ici, David présente la norme divine du caractère de quelqu’un appelé à gouverner les hommes. « Il doit être juste » ; et sur la base de la justice est érigée une superstructure de lumière sans nuage, de la plus riche bénédiction et d’une abondante fertilité. Tout cela ne sera réalisé que quand le Fils de David, maintenant caché dans les cieux, montera sur le trône de Son Père et étendra Son sceptre sur une création restaurée.

David ne présente pas seulement la norme divine ; il se compare lui-même à elle, et c’est dans cette comparaison que nous trouvons la grande vérité morale et pratique que je désire attacher au cœur de mon lecteur. « Quoique », dit David, « ma maison ne soit pas ainsi avec Dieu, cependant il a établi avec moi une alliance éternelle, à tous égards bien ordonnée et assurée, car c’est là tout mon salut et tout mon plaisir, quoiqu’il ne la fasse pas germer ».

Le seul moyen d’avoir une vue juste de nous-mêmes est en regardant à Christ. C’est ce que fait David, dans ces dernières paroles. Il se pèse lui-même dans une balance parfaite, et se déclare lui-même manquant de poids. Il se mesure d’après une règle parfaite, et confesse qu’il y a entièrement manqué. Il contemple le parfait modèle et s’exclame : « Je ne suis pas tel ». Il regarde en arrière le passé, et voit ses manquements et ses fautes. Il tourne page après page de la triste histoire de la vie, et son œil, éclairé par les rayons de la lumière du sanctuaire, discerne les taches et les défauts. Mais, béni soit Dieu, il peut se rejeter sur « une alliance éternelle, à tous égards bien ordonnée et assurée », et trouver, dans cette alliance bien ordonnée, « tout son salut et tout son plaisir ».

Il y a une beauté et une puissance peu communes dans le lien entre le « quoique » et le « cependant », dans le passage ci-dessus. Le premier laisse bien de la place dans laquelle insérer les paroles d’un cœur convaincu de péché et humilié, le dernier ouvre les vannes pour laisser entrer la marée complète de la miséricorde divine et de la bonté de l’amour. « Quoique » place l’homme dans la poussière comme ayant manqué ; « cependant » introduit Dieu dans toute la plénitude de Son amour qui pardonne. Le premier est le langage d’une âme qui a appris à se connaître ; le dernier est le souffle d’un cœur qui a appris quelque chose de Dieu.

Oh ! bien-aimé lecteur, n’est-ce pas une grande grâce que, quand nous atteignons la fin de notre histoire et revoyons le passé — quand, en regardant à nous, nous ne pouvons que dire : « Ma maison n’est pas ainsi avec Dieu » — nous puissions alors pleinement éprouver la stabilité éternelle de cette grâce dans laquelle nous avons trouvé « tout notre salut et tout notre plaisir » !