Les deux débiteurs

Luc 7, 36 à 50
(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 33]

La pleine assurance actuelle de l’âme est la source de l’affection la plus pure et du service le plus libre. En effet, elle est nécessaire à chacun d’eux. Le pardon actuel des péchés doit être affirmé avec toute confiance.

Je demande : Quel a été le travail du Dieu béni dans ce monde qui est le nôtre, sinon précisément celui de nous placer dans une telle condition ? Notre péché L’a fait venir là — et alors, ôter nos péchés Lui a donné ici Son histoire, après qu’Il fut venu parmi nous. Il mourut et ressuscita d’entre les morts. Car que vois-je dans cette histoire, la mort et la résurrection du Fils de Dieu, si je n’y vois pas les péchés ôtés ?

Aussitôt que le péché fut entré, Il fut révélé dans cette relation avec nous. Non pas comme un législateur ou un juge, mais comme un Sauveur. Il est vu dans la toute première promesse. C’était comme un Sauveur, quelqu’un qui purifiait des péchés, qu’Il fut alors révélé, dans le mystère du talon brisé et de la tête brisée — et c’était Sa mort et Sa résurrection comme Fils de Dieu et Agneau de Dieu. Et, je le demande encore, qu’est-ce que je vois dans ces grands faits, si je n’y vois pas le péché ôté ? Comment puis-je, avec quelque raison, avec quelque simplicité d’esprit, me tenir devant la croix de Christ, et ne pas saisir les péchés ôtés là ? Si je ne saisis pas cela, tout reprendra, et devra reprendre, les ténèbres de mon âme. Le voile déchiré, accompagné par les rochers fendus de la terre et les sépulcres ouverts des saints, ne nous dit-il pas que la mort du Fils de Dieu accomplie alors, avait rétabli l’homme pour Dieu, établissant une route depuis la maison des prisonniers de celui qui avait le pouvoir de la mort, jusqu’aux cieux brillants, et au trône de la majesté qui s’y trouve ? Le sépulcre vide ne s’ensuivit-il pas, en ce jour désigné, pour rendre un semblable témoignage, et pour dire que Dieu était satisfait de la mort de Christ, et que celle-ci avait expié le péché et fait la réconciliation ? Et alors, le don et la présence de l’Esprit Saint ne vinrent-ils pas, à l’heure convenable de la Pentecôte, sceller le même grand fait ? Et je demanderai de plus : Quelle fut la prédication, l’évangile, le témoignage des apôtres immédiatement après, tel que nous le voyons dans le livre des Actes ? Assurément, c’est la rémission, le pardon des péchés, en vertu du sang ou de la mort de Jésus, pour tous ceux qui Le recevront. Pierre, dans son premier discours en Actes 2, et puis dans son deuxième en Actes 3, et dans son premier témoignage aux Gentils à Césarée en Actes 10, répète ce grand fait — et quand Paul reprend le témoignage, il reprend le même merveilleux récit, comme nous le voyons en Actes 13. Et dans leurs épîtres, où ils enseignent plutôt qu’ils ne prêchent, instruisant les saints plutôt que réveillant les pécheurs, nous trouvons la même chose, l’épître aux Hébreux en faisant un de ses grands sujets caractéristiques, pour nous montrer le Purificateur de nos péchés maintenant dans les plus hauts cieux, au milieu de Ses propres gloires multiples là.

Il en est ainsi, en vérité et en réalité. Et maintenant, notre âme doit garder ce fait béni, que le péché est ôté, comme au premier plan. Il ne s’agit pas de le traiter comme quelque chose que nous pourrions décrire à distance, flou et vague, après quelque examen anxieux. Il doit être mis au premier plan, là où le voile déchiré, la résurrection, la Pentecôte, la prédication et l’enseignement des apôtres l’ont déjà mis, afin que nous le saisissions comme dans la lumière même du plein jour, et le possédions en toute assurance.

L’Écriture, comme quelqu’un l’a remarqué autrefois, fait de la mise de côté des péchés une chose bien plus simple que n’en fait la religion. L’Écriture la met au tout début ; la religion humaine en fait le grand aboutissement. L’Écriture met le péché en compagnie du sang de Christ, et il disparaît.

Nous pouvons accorder, en passant, que quand la grâce de Dieu qui apporte le salut et qui a brillé avec tant d’éclat dans la première promesse, et a maintenu sa position durant la période des patriarches, est reliée, sous Moïse, à la loi, elle devient obscurcie. De façon naturelle, je dirais, car elle est alors mêlée avec un élément étranger. Le pardon des péchés, la propre ressource de Dieu pour l’état du coupable, a eu là un témoignage grand et varié, je le reconnais ; mais ce témoignage était porté par les ombres, les ordonnances et les services religieux officiels, qui soit l’obscurcissaient, soit l’entravaient. Toute l’économie mosaïque avait à répondre à d’importants buts — mais pour ce qui concernait la grâce, elle entravait et cachait ses actions et ses manifestations. La grâce n’apparaissait pas dans sa simplicité, comme dans les jours des patriarches. Et en accord avec cela, le Nouveau Testament, dans son raisonnement et ses commentaires divins, place habituellement l’évangile de la grâce en compagnie des patriarches, mais en contraste avec Moïse. Abraham fut béni comme le croyant Abraham ; Moïse mit un voile sur son visage, et la loi est déclarée avoir engendré un esprit de servitude pour la crainte.

Mais la grâce, finalement, émerge de cet élément mélangé, de cette atmosphère embrumée ; et maintenant, établie et produite par la mort et la résurrection de Christ, elle brille, comme nous l’avons vu, dans son infinie clarté, et réclame d’occuper la première place dans le christianisme, et le tout premier plan à la vue et à la compréhension de notre âme.

D’après le but et le caractère différents de chacun d’eux, nous découvrons que cette vérité, le pardon des péchés, nous est présentée de façon diverse dans les évangiles, les Actes et les épîtres. Nous la voyons prêchée aux pécheurs dans les Actes ; nous la voyons enseignée ou exposée aux croyants dans les épîtres ; et nous la voyons illustrée dans des individus, dans les évangiles. L’Esprit, je pourrais dire, est un évangéliste ou un prédicateur, dans les Actes ; un docteur des saints, dans les épîtres ; et dans les évangiles, nous trouvons des récits vivants, illustrant ce qui est prêché et enseigné ailleurs.

Combien cette éminente vérité, le pardon des péchés sur l’autorité et au nom de la mort et de la résurrection de Christ, est prêchée simplement dans les Actes. Pierre commence le témoignage qui lui est rendu, et le répète encore et encore, comme nous l’avons déjà dit, et Paul le continue.

Combien la même vérité nous est exposée largement et avec force dans des épîtres telles que celles aux Romains et aux Hébreux, nous la montrant dans la stabilité du fondement sur lequel elle repose, et dans les gloires qui en résultent — toutes les épîtres, je dirais, la supposant !

Et combien la puissance de cette même vérité est touchante pour l’âme de celui qui la reçoit, comme cela est illustré dans ce récit de la pécheresse de la ville dans la maison de Simon le pharisien, à la fin de Luc 7.

Tel est le cas, en effet. Et cette manière variée de présenter cette grande vérité primordiale est douce. Nous la voyons prêchée aux pécheurs, exposée et ouverte aux croyants, illustrée dans des individus.

Dans cette maison de Simon le pharisien, le Seigneur entre en contact avec deux personnes, qui représentent deux générations morales. Je veux parler de Son hôte et d’une pécheresse de la ville. Et ceux-ci constituent les deux débiteurs de la parabole que le Seigneur donne à cette occasion, et qui se trouve au cœur de ce récit.

Simon, je le considère comme quelqu’un qui reconnaissait certainement l’excellence du Seigneur Jésus. Il L’avait invité dans sa maison, comme une marque d’honneur. Il était aussi quelqu’un, je n’en doute pas, qui rendait chaque jour la dette d’une gratitude reconnaissante pour les bénédictions des soins et de la miséricorde de Dieu, et se savait être moins que la moindre d’elles. Il était comme quelqu’un à qui avaient été remis cinquante deniers.

La pécheresse qui était entrée dans sa maison, était très certainement une pécheresse ; mais elle se connaissait comme telle. Mais Jésus était un Sauveur ; et elle Le connaissait comme tel. Elle n’était pas seulement convaincue de péché, de manière à être confondue et prête à tout abandonner ; elle était pardonnée de façon consciente, après avoir été convaincue. Elle était dans un jour de grâce, hors du jugement. Elle n’était pas, comme David autrefois, devant l’Ange de Dieu avec une épée nue dans sa main. Elle était devant Lui comme son salut — non pas simplement dans le sens de grâces providentielles, mais d’une acceptation éternelle. Elle était comme un débiteur à qui il avait été remis cinq cents deniers.

Telle était, je crois, cette femme, la pécheresse de la ville, et, au milieu des récits des évangélistes, elle illustre les vertus et les victoires qui accompagnent la connaissance du pardon.

Cela la rendit hardie. Elle s’aventura, toute pécheresse qu’elle fût, dans la maison d’un pharisien. C’était très osé de sa part. Elle avait sans doute compté sur ce même qu’elle a obtenu — le mépris et des murmures injurieux, les murmures d’une réprobation de propre juste. Et elle obtint ce à quoi elle s’était attendue.

Cela la rendit heureuse. Cela la rendit indépendante de la créature, et la plaça au-dessus du monde. Cela mit en elle l’esprit de sacrifice et d’adoration. Tout ce qu’elle était et tout ce qu’elle avait, n’était pas suffisant ni assez coûteux pour Celui qui l’avait sauvée, qui l’avait aimée et qui s’était donné pour elle. Elle apporta tout avec elle aux pieds de Jésus, et ne se soucia pas que quiconque s’occupât d’elle, sinon Lui. Elle lisait le nouveau nom sur le caillou blanc. Les pensées de mépris du pharisien n’avaient aucun effet sur elle ; tout comme les reproches de Mical n’en avaient eu aucun sur David, dans un moment de joie semblable. Elle avait son tout en Jésus, et elle obtint sa réponse à tout de la part de Jésus.

Elle était quelqu’un qui connaissait la grande caractéristique principale du christianisme, comme nous l’avons dit, celle du pardon des péchés. « Ses nombreux péchés sont pardonnés ». Elle connaissait Jésus d’une manière telle que Simon ne Le connaissait pas. Elle se tenait dans une autre relation avec Lui. Il était devant elle comme son Sauveur. Simon ne lui accorda qu’une attention très mince et partielle. Il ne pouvait pas la comprendre, et ce qu’il savait, il le savait d’une manière qui le trompait complètement. Il disait en lui-même, qu’« elle était une pécheresse ». Assurément, elle l’était. Nul autre qu’un pécheur ne pouvait offrir des sacrifices tels que celui qu’elle offrait alors. Mais Simon ne savait pas que son caractère de pécheresse était en réalité la racine et la base de tout ce dont il était alors témoin. Et il ne connaissait pas non plus son invité. Il doutait qu’Il puisse être un prophète — mais Lui lui fit bientôt savoir, qu’Il n’était pas simplement un prophète, mais un prophète d’un ordre divin, qui pouvait lui dire les œuvres secrètes de son propre cœur. Il disait que la femme touchait le Seigneur. « Était-ce là tout, Simon ? », pourrions-nous lui dire. Assurément, toute l’action lui échappait, car il ne la comprenait pas. Les baisers et les larmes, et les trésors du vase d’albâtre, il les voyait sans les voir. Les cinquante deniers étaient en effet bien loin de la mesure des cinq cents.

Il en est assurément ainsi — et je le prends comme la leçon caractéristique de ce petit récit, et de la parabole qu’il comporte. Elle illustre la valeur de l’âme qui a des pensées justes quant à ses relations avec Dieu, la valeur de savoir que nous sommes pécheurs, désespérément pécheurs, éternellement ruinés, mais que Jésus n’est rien moins pour nous qu’un Sauveur présent, un Sauveur parfait, un Sauveur pour l’éternité.

L’évangile, parmi la multitude des gloires morales qui y brillent, a ceci, qu’il forme le lien le plus merveilleux et le plus précieux entre Dieu et Ses créatures, un lien qui, sous ses divers aspects, est inestimable à la fois pour le donateur et pour celui qui reçoit — l’œuvre du salut avec tous ses résultats de la part de Dieu, et un amour reconnaissant en réponse de la part du pécheur — le plus grand bénéfice pour le plus éloigné et le moins méritant.

Les anges ont gardé leur premier état, formés comme ils l’étaient dans une excellence de force et de lumière ; et leur origine, leur « premier état », comme elle est appelée, étant ainsi gardée, est le lien entre eux et leur Créateur. L’innocence d’Adam, comme nous pouvons l’admettre un moment, le gardait dans sa relation avec Dieu en tant que créature formée droite, pour marcher dans le jardin d’Éden. Mais que sont des liens de ce genre, en comparaison avec ceux que la grâce a formés dans le grand système du salut ?

Et comment donc cela devient-il notre devoir, notre obéissance même, notre service, de recevoir de riches et sûres pensées du pardon des péchés et du salut de Dieu ! Les affections retourneront alors à Lui sur le modèle de cette pécheresse de la ville. Et combien est divinement beau et merveilleux, je dirais assurément, ce Livre qui s’ouvre en montrant le lien de l’innocence entre l’Éternel Dieu et Ses créatures, et se termine en manifestant celui du salut ! La femme de l’Agneau en gloire aimera comme Adam dans le jardin ne pouvait pas avoir aimé. Elle aimera, je prend la liberté de le dire, selon le modèle de cette femme dans la maison de Simon le pharisien. Elle aimera dans la force et la joie de cette grâce qui a pardonnée cinq cents deniers.

Et en effet, j’estime que je peux dire que je ne sache pas que quiconque d’autre, dans le cours de l’Écriture, du commencement même à la toute fin, a illustré l’affection de l’Épouse de l’Agneau de façon plus profonde et plus affectueuse qu’elle. La famille de Béthanie et Marie de Magdala expriment une affection personnelle très fervente. Leurs cœurs étaient attirés, entraînés et retenus d’une manière très belle. On jouit grandement de les voir. Et je dirais que la puissance morale qui se trouve dans le sentiment du pardon et de l’acceptation est magnifiquement présenté dans le premier rassemblement des croyants à Jérusalem, en Actes 2. Et de même, David dans le psaume 32, et Ésaïe au chapitre 6 de sa prophétie, et Israël repentant, tel que l’anticipent Ésaïe 53 et Michée 7, parmi de nombreux autres passages, présentent quelques très belles émotions de l’âme sous le sentiment nouveau du pardon et de la réconciliation. Et ainsi, Pierre et Matthieu et Zachée, et la Samaritaine, aux jours des évangélistes, et Paul par la suite, tandis qu’il décrit la condition de son cœur envers le Seigneur Jésus, en Galates 2, 19 à 21. Il en est ainsi, et tous ces cas nous donnent de grands exemples de la puissance du sentiment du pardon. Mais, je le redis encore une fois, je ne connais pas d’autre endroit où nous en trouvons une illustration si touchante, comme celle de cette pécheresse de la ville en Luc 7. Elle nous présente la pleine mesure et la manière parfaite selon lesquelles, par moments, le sentiment du pardon et la conscience de l’acceptation saisissent toute l’âme, la commandant avec une autorité incontestable et sans égale, posant son joug facile et accueillant sur toutes choses, et remplissant l’esprit des affections les plus riches et les plus généreuses.

Que sera-ce, d’avoir des cœurs en possession, pour l’éternité, d’une joie telle que la leur assurent ces conditions !

Il y a cependant, des leçons accessoires ou secondaires, dans ce petit récit. Nous y voyons, ou nous apprenons par son moyen, que tout doit réapparaître en son temps et en son lieu. Les services de la femme et les négligences de Simon sont tous rappelés par le Seigneur, à la fin. Tout semblait avoir été oublié, au moment où les choses furent soit faites, soit omises ; mais il n’en était pas ainsi. Et cela illustre une vérité intéressante et sérieuse. Rien n’est sans importance, mais tout a en soi un caractère, un caractère moral, alors qu’il y a des balances actuellement cachées dans le sanctuaire de Dieu, qui sont destinées à peser bientôt tout cela. Et ici — les baisers et les pleurs, et le service des cheveux de la tête, et les trésors embaumés du vase d’albâtre, qui ont marqué la manière de faire précédente de cette femme aimante, en contraste avec les négligences correspondantes du pharisien, sont tous répétés par le Seigneur Lui-même, en un moment où peut-être les deux l’ignoraient — comme il est écrit : « Le maître de cet esclave-là viendra en un jour qu’il n’attend pas, et à une heure qu’il ne sait pas ».

Cela mérite d’être pris à cœur. Avons-nous rendu un service secret à Christ ? Avons-nous quelque intérêt dans le jour de la manifestation de toutes choses ? Comment sommes-nous en lien avec ce jour ? Je ne présente pas cela comme des questions vitales, mais comme des appels pieux envers mon cœur et mes voies, que les œuvres présentes seront placées dans la lumière des jours à venir.

Et revenons encore une fois à cette histoire instructive. À la fin, le Seigneur déclare le salut de la femme, en face de tous ceux qui étaient assis à table avec Lui. Il appose Son propre grand sceau officiel sur le fait qu’elle était pardonnée, comme en présence du monde entier, quelques pensées accusatrices ou questions incrédules qu’il puisse y avoir. « Tes péchés sont pardonnés », lui dit le Seigneur — « et ceux qui étaient à table avec lui, se mirent à dire en eux-mêmes : Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés ? ». Quelle voix au-dessus des eaux doit avoir été celle de Jésus ! Les eaux s’enflaient de nouveau — les vents et les vagues de la Galilée étaient de tous côtés — mais la voix de Jésus avait surgi de nouveau. La femme n’entendait pas les murmures et les accusations. « Qui intentera accusation contre des élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie ». Cela lui suffisait[1].

Mais alors, en se tournant de ses accusateurs vers elle, le Seigneur change de voix. Le fruit du pardon peut être, et est, l’amour, mais la racine et la source du pardon est la foi. Ce n’était pas son amour, tout ardent et renonçant à soi-même qu’il fût, qui l’avait sauvée. Sa foi était venue avant son salut, avant que s’ouvre cette scène ; l’amour vient maintenant après, comme nous l’avons vu. Et en accord avec tout cela, quand Il se tourne maintenant de ses accusateurs vers elle, Il dit : « Ta foi t’a sauvée ; va-t’en en paix ». Aucune mention de l’amour ou de ce qu’il a fait, en compagnie du salut. Le salut est par grâce, accompagné du sang de Christ et de la foi qui saisit et se repose sur ce sang. Le salut est une chose trop élevée pour être mis au même niveau que les œuvres de l’homme. C’est l’œuvre de Dieu, et il vient « à celui qui ne fait pas les œuvres », comme le dit l’apôtre. « C’est sur le principe de la foi, afin que ce soit selon la grâce ».

Et laissez-moi ajouter que celle qui a le premier rôle dans le livre du Cantique des cantiques, représente la même génération à laquelle appartenait cette femme. Elle se tient au-dessus des filles de Jérusalem, comme celle-ci au-dessus de Simon le pharisien. Elle avait découvert qu’« elle était noire mais agréable », et c’était le secret de son affection ardente et sincère. Elle nous rappelle ainsi l’élue du Cantique des cantiques, et elle présage, dans son affection, la femme de l’Agneau. Elle se tient comme entre elles, et elles appartiennent toutes à la même génération. « Je suis noire, mais je suis agréable », exprime le secret d’une telle affection. C’est la joie et l’amour des pécheurs conscients d’être pardonnés et acceptés, qui remplit l’esprit de la femme du Cantique, de cette pauvre pécheresse de la ville, et de la compagne de l’Époux, la sœur et l’épouse, la femme de l’Agneau, pour toujours.