Les enfants

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 88]

Le point important en ayant affaire avec les enfants est d’insister sur l’obéissance. Elle est de la plus grande importance. Si cela est réalisé dès le début, bien des soucis seront épargnés à la fois aux parents et aux enfants.

Les enfants sont appelés à rendre une obéissance implicite à leurs parents. C’est leur rôle de la part de Dieu. Les parents ont à prendre garde à ne pas provoquer leurs enfants à la colère par une conduite arbitraire, en manifestant de la partialité en faveur de l’un plutôt que d’un autre, et en s’opposant inutilement à la volonté de l’enfant simplement pour affirmer leur autorité parentale. L’enfant devrait toujours voir que les parents ont à cœur son véritable intérêt, et qu’un amour vrai est la source et le motif de tout acte. Mais nous devons insister sur l’obéissance des enfants, même à notre époque d’indépendance — une époque tout particulièrement marquée par la désobéissance aux parents et par un manque grossier de respect.

Bien des jeunes gens, à l’heure actuelle, semblent considérer leurs parents comme appartenant à l’ancienne école, et comme étant déficients dans l’éducation. De là la tendance à contredire leurs parents et à présenter leur propre opinion. Tout cela est contraire à la nature et impie. Ce ne devrait pas être toléré. Et nous pouvons aussi ajouter un conseil quant à l’habitude très discutable adoptée par bien des jeunes, d’appeler leur père et leur mère par des noms sans affection et choquants. Nous voudrions supplier tous nos jeunes amis de veiller sur ces choses, et contre l’esprit duquel elles procèdent, et de cultiver un esprit respectueux, qui conduira assurément à des manières respectueuses envers leurs parents. C’est une belle preuve d’une bonne éducation, quand les enfants respectent leurs parents. Avons-nous besoin d’ajouter que dans toutes les choses où l’autorité de Dieu est concernée, elle doit s’élever au-dessus de toute autre exigence ? Oh, la puissance d’ajustement de la grâce et de la vérité !

Nous ne pouvons pas comprendre comment quelqu’un qui s’appelle un parent chrétien, peut adopter un système de traitement dur et cruel envers ses enfants. Cela ne peut aboutir qu’à en faire des menteurs et des infidèles. Ils diront des mensonges pour échapper au fouet. Ils mépriseront la religion qui est en lien avec une sévérité si excessive. Des traitements tels que ceux que vous décrivez sont plus dignes d’un maître d’esclave cruel que d’un parent chrétien. Il y a des cas où une certaine discipline est nécessaire, mais elle devrait être administrée d’une manière telle, qu’elle convainque l’enfant qu’elle est seulement pour son bien, et non pas le fruit d’un mauvais tempérament ou d’une sévérité arbitraire. La verge ne devrait être levée qu’avec beaucoup de répugnance. Elle devrait être la toute dernière ressource. En résumé, le parent chrétien devrait toujours garder devant lui comme son modèle, les actes de son Père céleste envers lui. Inflige-t-Il une punition pour un péché confessé ? La pensée en est blasphématoire. Il ne châtie qu’en amour, pour nous rendre participants de Sa sainteté. Cela Le peine d’avoir à utiliser la verge. « Son âme fut en peine de la misère d’Israël ». Cela devrait être le modèle du parent chrétien.

Nous ne croyons pas en un système de flagellation perpétuelle. Il ne fait qu’endurcir et rendre brutal. Et nous voudrions aussi ajouter, cher ami, que le père et la mère doivent être entièrement un dans l’administration de la discipline. Car le fait qu’un enfant doive faire appel à un parent pour le protéger de l’autre, révèle une condition des choses dans le cercle domestique tout à fait choquante pour tout esprit bien réglé. Le père et la mère ne devraient pas avoir une seule pensée divergente quant au système d’éducation. Ils doivent apparaître devant leurs enfants comme une seule autorité, une seule influence. La fermeté du père et la tendresse de la mère devraient être si intimement mêlés, que leur action commune devrait être ressentie dans toute la manière de les élever. Mais comment tout ceci doit-il être réalisé ? En ce que les parents sont beaucoup ensemble sur leurs genoux devant Dieu. C’est le vrai secret de la formation domestique. Si le père et la mère ne prient pas ensemble, ils n’agiront pas ensemble ; et s’ils n’agissent pas ensemble, l’éducation des enfants doit en souffrir. Que le Seigneur, dans Son infinie bonté, aide tous les parents chrétiens à remplir correctement leurs hautes et saintes fonctions, de sorte que Son nom soit glorifié dans les maisons des siens !

Nous ne voyons aucune difficulté quant au terme « enfants », en Éphésiens 6, 1. Dans tout le contexte, le Saint Esprit exhorte les chrétiens dans leurs diverses relations, à remplir les fonctions qui leur incombent ici-bas. Il ne s’adresse et n’exhorte que les chrétiens, dans les épîtres. De là s’ensuit que les « enfants » à qui il est parlé ici, sont des chrétiens. Les parents chrétiens sont exhortés à élever leurs enfants dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur. Cela englobe tous nos enfants, que nous avons à élever dès le début pour le Seigneur, comptant sur Lui pour eux, et Lui ne fera jamais défaut à un cœur qui se confie en Lui. Nous devons adopter le terrain de Dieu pour nos enfants, dans tout le système de leur éducation morale depuis leur naissance. Il honorera assurément la foi qui compte ainsi sur Lui pour les enfants, et les élève pour Lui. Il ne peut se renier Lui-même, béni soit à jamais Son saint nom !

1 Corinthiens 7, 14 est en contraste avec l’ordonnance mosaïque qui obligeait les hommes à chasser, non seulement les femmes étrangères, mais aussi la descendance de ces mariages mélangés. Maintenant, il ne s’agit plus de l’état pratique des enfants eux-mêmes — s’ils sont sauvés ou non. Le passage déclare simplement que les enfants étaient sanctifiés du fait de leur relation avec le parent croyant, et qu’ils n’avaient donc pas besoin d’être chassés. Mais l’idée d’édifier sur un tel passage l’erreur monstrueuse que les enfants de parents chrétiens sont sauvés, en tant que tels, sans la grâce vivifiante du Saint Esprit, est trop grossière pour nécessiter la moindre considération.

Nous pouvons vous assurer de notre sympathie de tout cœur et de notre intérêt, au sujet de votre lettre. Votre chemin est très simple. Vous n’avez qu’à élever vos chers enfants pour Dieu, et à compter sur Dieu pour vos enfants. Seul l’Esprit de Dieu peut faire qu’un enfant comprenne les choses divines, et il ne nous appartient pas de fixer une limite quant à l’âge précis auquel un enfant peut saisir la vérité de Dieu. C’est l’œuvre de l’Esprit. Il peut permettre à de petits enfants tout autant qu’à des personnes d’âge mûr, de comprendre. Un petit enfant est le modèle même d’après lequel chacun de ceux qui veulent entrer dans le royaume de Dieu doit être formé.

Nous pensons que Matthieu 18, 10 à 14 fournit le fondement de la précieuse vérité du salut des petits enfants. Ne le croyez-vous pas ? N’êtes-vous pas pleinement persuadé que tous ceux qui meurent prématurément sont sauvés ? Que dans la mesure où leur petit corps subit la peine du péché d’Adam, leur précieuse âme a part au bénéfice de l’expiation de Christ ? Eh bien, si vous croyez cela, pourquoi votre cœur serait-il troublé concernant la destinée de votre petit enfant, dans le cas de la venue du Seigneur ? Ne pouvez-vous pas avoir pleine confiance en ce Bien-aimé, qui dans les jours de Sa chair, disait avec une tendresse si touchante : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car à de tels est le royaume des cieux » ? Votre cœur peut-il concevoir un instant la pensée indigne que votre Seigneur plein de grâce, quand Il viendra pour les siens, pourrait prendre la mère pour être avec Lui et laisser son bébé en arrière pour qu’il périsse ?

Vous me demandez si nous « pouvons vous citer un passage qui montre ce que deviendra un petit enfant de croyants quand le Seigneur prendra son Assemblée à Lui ». Nous répondons, Matthieu 18, 10 à 14 : « Prenez garde de ne pas mépriser un de ces petits ; car je vous dis que, dans les cieux, leurs anges voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le fils de l’homme est venu pour sauver ce qui était perdu[1]. Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles se soit égarée, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf sur les montagnes, pour s’en aller chercher celle qui s’est égarée ? Et s’il arrive qu’il la trouve — en vérité, je vous dis qu’il a plus de joie de celle-là que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux, qu’un seul de ces petits périsse ».

Or, cher ami, n’est-ce pas une précieuse réponse à votre question ? N’est-elle pas divinement prévue pour calmer toute votre anxiété au sujet de votre précieux bébé, dans le cas de la venue du Seigneur ? Pensez-vous que le Sauveur plein d’amour qui a prononcé ces paroles, les ignorera quand Il viendra pour Son Assemblée ? La pensée même en est un blasphème. Ah non ! notre Seigneur plein d’amour sera pleinement glorifié en recevant dans Son sein et en prenant dans Sa demeure les petits enfants des siens, aussi bien que les parents. Ce n’est pas Sa volonté maintenant, et ce ne pourra être Sa volonté alors, qu’un seul de ces petits périsse. Que votre cœur trouve un repos assuré quant à cette question, dans la vérité éternelle de Dieu et dans la riche et précieuse grâce qui resplendit si brillamment et de façon si bénie en Matthieu 18, 10 à 14.