Les matins de l’Écriture

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett
[Courtes méditations 1]

L’âme est le lieu d’habitation de la vérité de Dieu. L’oreille et l’esprit n’en sont que la porte et l’avenue ; l’âme est son foyer, ou sa demeure.

La beauté et la joie de la vérité peuvent avoir indûment occupé les avant-postes, rempli les avenues, et peuplé les portes — mais c’est uniquement dans l’âme que sa réalité peut être connue. Et c’est par la méditation que la vérité fait son chemin depuis la porte, le long de l’avenue, jusqu’à sa demeure appropriée.

Dans le cours de l’Écriture, nous avons plusieurs périodes d’enfance, si je peux m’exprimer ainsi, ou matins.

La création en fut une — mais c’est évident. C’était le jour de naissance des œuvres de Dieu — le matin du temps. Et quand les fondements, en cette saison, furent posés, « les étoiles du matin chantaient ensemble », comme nous le lisons dans le livre de Job.

L’Exode fut un autre de ces matins. Israël, en tant que nation, était alors né, ou dans sa toute première enfance. « Quand Israël était jeune, je l’ai aimé, et j’ai appelé mon fils hors d’Égypte », dit le Seigneur par le prophète Osée. L’année commençait alors de nouveau, comme si elle était nouvellement née. Le mois de l’Exode fut fait le premier des mois. La vie d’entre les morts, un matin de résurrection, fut célébrée dans le cantique de Moïse et de la congrégation, sur les rives de la mer Rouge.

La naissance du Seigneur Jésus en fut un autre. Cet événement se leva sur le monde comme la lumière du matin. Une très longue et triste nuit l’avait précédé. Israël était captif, et dans la poussière. Il n’y avait aucun signe. La voix du dernier des prophètes s’était tue depuis des siècles. Ni urim ni thummim, ni éphod du sacrificateur, ne fournissaient des oracles, ou réponses de la part de Dieu. Aucune gloire ne remplissait le temple. Rien ne distinguait la cité de paix, le trône favori de Dieu sur la terre, sauf de temps à autres l’ange agitant les eaux du réservoir de Béthesda, survenant inopinément et à peine bienvenu. Mais la naissance du Seigneur Jésus, comme le matin, éveilla la création ; et les lueurs de bien d’autres jours apparurent ensemble, pour dire que la longue et sombre nuit avait finalement laissé place à un matin très brillant et joyeux. Le ciel se réjouit, comme les fils de Dieu à la création. Les anges, autrefois si bien connus en Israël, réapparurent. La grâce qui avait agit dans l’enfance, dans les jours des patriarches, se manifesta de nouveau. Les promesses à Abraham et à David, qui anticipaient la nouvelle naissance du peuple et du royaume, sont citées et répétées. Tout cela est vu dans cette grande occasion, cette nouvelle heure matinale dans le cours des voies de Dieu. Et l’enfant né à Bethléhem est accueilli par le voyant de Dieu comme « l’Orient d’en haut », le lever du soleil ou le matin (voir Luc 1 et 2).

La résurrection du Seigneur fut un autre de ces matins. Elle survint après la nuit la plus sombre qui ait jamais recouvert la face de la création. Mais c’était la lumière, et quelle lumière ! C’était le gage, le signe avant-coureur d’un jour éternel. C’étaient les ténèbres de la mort transformées en matin. Cela eut lieu « au crépuscule du premier jour de la semaine », quand ce grand mystère se dévoila — comme nous le lisons en Matthieu 28.

Le royaume sera un autre de ces matins. Ce sera le jour après la nuit, le jour de Christ après la nuit du péché et de la mort, le monde de Christ après celui de l’homme. « Celui qui domine parmi les hommes sera juste, dominant en la crainte de Dieu, et il sera comme la lumière du matin, quand le soleil se lève, un matin sans nuages : par sa clarté l’herbe tendre germe de la terre après la pluie ». Cela est écrit de ce royaume à venir (2 Sam. 23).

Les nouveaux cieux et la nouvelle terre en seront un autre. Ce sera la création à sa seconde naissance. « Et je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre », dit le prophète ; « car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés ». Ils sont appelés la demeure de la justice, la scène où « Dieu sera tout en tous ».

Il est doux de voir matin après matin se lever ainsi, tandis que nous parcourons les âges que mesure l’Écriture.

Mais il nous reste encore une chose à contempler. L’homme a, encore et toujours, tourné le matin de Dieu en ombre de la mort. La création, qui provint de Dieu si belle et si pleine de joie, fut rapidement transformée en un désert d’épines et de ronces. Le sol fut maudit, lequel, dans son heure matinale, avait témoigné de la joie du Seigneur à son égard, et de la bénédiction du Seigneur sur lui. — Israël, qui chanta le cantique de sa résurrection sur les rives de la mer Rouge, devint captif dans les prisons de Babylone, et le pays de gloire fut laissé vide et désolé, sous le pied de ses oppresseurs incirconcis. — Le soleil qui, au matin de Bethléhem, se leva sur le monde comme sa lumière, et sur Israël comme le gage d’un jour nouveau, aboutit à la nuit du Calvaire — car l’homme était un pécheur, et Le rejeta. — Le même bien-aimé Jésus qui se leva une seconde fois sur le monde et sur Israël comme la vie d’entre les morts, nous apportant la lumière et la vie pour l’éternité avec Lui, doit maintenant voir les ombres de la chrétienté qui déclinent et s’affaiblissent au crépuscule, lesquels sont proches de se terminer dans le minuit des jugements apocalyptiques. — Le royaume, qui doit surgir comme la lumière d’un « matin sans nuages », doit se terminer avec la grande apostasie de Gog et Magog, dans le jugement de la mort et de l’enfer, et de tous ceux qui ne sont pas écrits au livre de vie, et dans les cieux et la terre s’enfuyant de devant la face de Celui qui est assis sur le grand trône blanc. — Le matin, cependant, des nouveaux cieux et de la nouvelle terre, Dieu le maintiendra à toujours dans sa beauté et sa fraîcheur primitives. Il n’y aura pas d’ombres du soir de la corruption et de la révolte de l’homme, pas de nuit du jugement dans son histoire. Il sera maintenu comme le jour éternel, dont le soleil ne descendra jamais.

Quelles visions que celles qui sont passées devant nous ! Le Dieu béni recommence encore et toujours à poser Ses fondements, comme dans la fraîcheur du matin, et l’homme, encore et toujours, tourne Son matin en ombre de la mort. Mais Dieu ne peut pas habiter dans les ténèbres. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants — et donc, bien que l’homme ne puisse se joindre à Lui pour maintenir la lumière, mais plonge la scène de ce monde dans les ténèbres encore et encore, Lui-même fera resplendir Sa propre gloire et assurera Sa propre joie, et ayant au commencement appelé la lumière hors des ténèbres en cette heure matinale de la première création, il tiendra dans une éternelle beauté le matin de la seconde création.