Néhémie 8

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 29]

Ce chapitre enseigne et illustre à la fois une vérité qui imprègne tout le Livre de Dieu, et dont dépend notre salut — que la grâce prévaut ; l’œuvre de Dieu, par le sang de Christ, est au-dessus de l’œuvre de Satan, du péché et de la mort ; l’évangile de paix est au-dessus de toutes les terreurs et les accusations de la conscience.

Il en fut ainsi dans l’histoire et dans l’expérience d’Adam. Il se ruina lui-même, et se retira de la présence de Dieu comme pécheur ; mais la voix de la grâce, révélant le mystère de la semence de la femme, brisée et brisant, le suivit dans son éloignement coupable, et le ramena à Dieu en paix et en assurance.

La fin de toute chair vint de nouveau devant Dieu, au jour de Noé. Mais l’arche que Dieu avait prescrite, et que la foi avait adoptée, flottait au-dessus des eaux du déluge.

Le jugement entra dans le pays d’Égypte, ayant un droit contre toute maison là, celles des Israélites aussi bien que celles des Égyptiens. Mais le sang sur le linteau, que la grâce avait prescrit et que la foi avait utilisé, abrita la maison qui avait été ainsi mise dans le secret de Dieu.

Les tonnerres de Sinaï firent trembler toute l’armée. Même Moïse ne pouvait se tenir devant eux. Il tremble et craint extrêmement. Il ne peut pas davantage se tenir là, que le plus faible Israélite. Mais il est pris au-dessus du lieu des tonnerres, dans le lieu où Christ lui est révélé dans les ombres des biens à venir, et là, il est avec sa face découverte.

Après cela, le jugement entre en Canaan, comme il était précédemment entré en Égypte. Mais de nouveau, la grâce prescrivit ce que la foi utilisa de nouveau ; le cordon d’écarlate était désormais suspendu, comme le sang avait été alors aspergé, et le jugement passa par-dessus.

Il en fut selon le même modèle, en quelque sorte, tout au long des temps d’Israël ; car durant cette période, toute mosaïque, légale ou conditionnelle qu’elle fût, il y avait des ordonnances qui parlaient de la vieille vérité, la vérité qui avait été enseignée depuis le commencement. Le temple mit alors le sabbat de côté ; c’est-à-dire que le sacrificateur faisait le travail du temple, le jour du sabbat ; en d’autres termes, le service de la grâce prévalait sur les exigences de la loi (Matt. 12).

Au temps convenable, l’évangile vient pour révéler cette grande et première vérité dans toute sa gloire. Car c’est l’évangile dans le sang de Jésus. « La grâce triomphante règne ». Elle règne par la justice, en vie éternelle, par Jésus Christ notre Seigneur.

Ce magnifique chapitre 8 de Néhémie comporte une illustration vivante de cette même vérité, qui ainsi, comme nous le voyons, imprègne, et j’ajouterais, imprègne nécessairement, le Livre de Dieu.

La loi fut lue, en présence de la congrégation d’Israël à Jérusalem, le premier jour du septième mois. Ce jour était le jour mystique, ou typique, du renouveau, le jour du retentissement des trompettes, et de la nouvelle lune (voyez Lév. 23 ; Ps. 81).

Le peuple, écoutant la loi en un jour tel que celui-ci, est dirigé par ceux qui étaient alors assis dans la chaire de Moïse, pour laisser leurs pensées être formées selon le jour, et non selon la loi. C’est-à-dire qu’il leur fut dit de ne pas mener deuil, mais de se réjouir. Il est très juste qu’ils auraient dû mener deuil, s’ils avaient seulement entendu la loi ; mais en l’entendant en un jour tel que le premier du septième mois, ils l’entendaient comme en présence de la grâce, de la vivification et du salut de Dieu, et leur position et leur devoir était d’avoir leurs âmes formées par la grâce. Il est juste, je le redis, il est même nécessaire, que nous ayons le cœur brisé dans le sentiment de notre péché et de notre ruine, et à l’ouïe de la loi ; mais quand la guérison de Dieu nous visite, nous devons apprendre la joie qu’implique la guérison, et avoir nos pensées formées en conséquence. Si la loi et le premier jour du septième mois arrivent ensemble, comme ici — si le service du temple et le sabbat sont en collision — l’exigence de la loi doit faire place à celle de ce jour mystique, et le sabbat doit céder devant le temple — comme nous l’apprenons de Matthieu 12, 5.

Nous pouvons nous souvenir de notre condition de pécheurs, mais nous devons nous réjouir de notre condition comme sauvés (Éph. 2, 11-18).

Des cabanes étaient faites lors de la fête des tabernacles. Mais elles n’étaient que des commémoratifs, afin d’augmenter la joie actuelle des tribus du Seigneur, dans les villes, les villages et le pays de leur possession, leur disant, comme le faisaient ces cabanes, qu’ils avaient autrefois traversé un désert. Ainsi encore, dans l’ordonnance de la corbeille des premiers fruits. L’Israélite devait rappeler, à l’occasion de cette ordonnance, que son père avait été un Araméen qui périssait ; mais sa corbeille bien remplie était, à ce moment-là, dans sa main et sous ses yeux, afin qu’il puisse adorer dans le sentiment du bon héritage actuel. Voyez Lévitique 23, 33 à 43 ; Deutéronome 26, 1 à 11.

Et de même ici, dans ce beau chapitre. La loi avait fait mener deuil au peuple, à juste titre — mais, le jour où elle leur était lue étant le premier du septième mois, mener deuil sous la loi devait faire place à la joie. Oui, et plus que cela. Elle doit maintenant former les pensées et le caractère du peuple.

Et il est béni de voir la grâce formant le caractère (voir Tite 2, 11-14). Nous pouvons la voir agir ainsi dans chacun des cas que j’ai signalés.

Laissez-moi demander qu’est-ce qui forma le caractère d’Adam, tel que nous le voyons avec sa compagnie en Genèse 4 ? Ce fut la rédemption qu’il avait apprise. Il est vu là comme un étranger sur la terre, et un adorateur de Dieu.

Qu’est-ce qui forma le caractère de Noé dans l’arche ? La délivrance qu’il éprouvait alors. Nous ne le voyons pas dans un esprit de crainte, avec une pensée mal à l’aise, tâtant les planches enduites de gopher de sa maison, pour déterminer si elles garderaient l’eau au-dehors ; mais nous le voyons ouvrant la fenêtre, pour regarder au-dehors, dans l’attente du nouveau monde.

Qu’est-ce qui forma le caractère d’Israël dans la nuit pascale en Égypte ? Ils se nourrissaient de l’agneau dont le sang, à ce moment-là, les abritait. Ils faisaient cela avec liberté de cœur, et non pas en pensant anxieusement à la scène au-dehors, si effectivement l’ange était passé devant leur porte.

Qu’est-ce qui donna à Moïse un caractère tel, quand il était en haut avec Dieu, au-delà des feux du Sinaï ? Il est là, avec la face découverte, comme chez lui avec le Seigneur.

Qu’est-ce qui donna à Rahab son caractère, après qu’elle eut suspendu le cordon d’écarlate ? Elle en rassembla autant qu’elle en put sous le salut qu’il représentait, désireuse de partager sa bénédiction bien assurée et dont elle jouissait.

Et qu’est-ce qui caractérise ici la congrégation de Néhémie, aussitôt qu’ils eurent appris le mystère du premier jour du septième mois ? Ils envoient des portions à d’autres, mangent ce qui est gras et boivent ce qui est doux, et apprennent la leçon de la gloire, se tenant maintenant dans le salut de la grâce.

Et je demanderai maintenant de plus : Qu’est-ce qui donne au croyant son caractère, qu’est-ce qui forme sa pensée et son expérience ? Assurément, la conscience d’être vivifié, sauvé et accepté. Il doit savoir qu’il est approché par le sang de Christ ; bien qu’il puisse se souvenir qu’il était un Gentil, un pécheur, incirconcis, éloigné, sans Dieu, sans espérance, un enfant de colère comme aussi les autres. La joie de l’Éternel doit être sa force, comme elle devait être celle d’Israël aux jours de Néhémie 8 — une force qui délivrerait de la recherche de soi et de l’amour du monde dans ses vanités et ses convoitises, le conduisant avec largeur de cœur, comme elle le fit alors pour Israël, à chercher à rendre les autres aussi heureux que soi-même, et à attendre la gloire, ou la fête céleste des tabernacles.

Car, comme l’évangile prévaut sur la loi dans le cours des dispensations de Dieu, ainsi il doit prévaloir dans le cœur et la conscience du peuple de Dieu. Beaucoup d’entre nous peuvent être faibles, entravés par la nature et par Satan, et le bon Seigneur sait comment réconforter ceux qui sont affaiblis et soutenir les faibles ; mais nous devons cependant reconnaître que ce dont nous parlons est Sa voie, et reconnaître aussi que ce devrait être notre voie.

Nous devons saisir Dieu en grâce. Nous devons Le connaître comme amour, et trouver notre demeure en Lui, au titre du sacrifice que Lui-même a accompli en Jésus. La loi peut nous avoir enseigné à avoir affaire avec Lui comme juste, et à penser à Lui comme à un juge — et Il est tout cela, c’est vrai ; car toutes gloires Lui appartiennent, en puissance ou en sainteté, ou en majesté, ou en vérité, et tout le reste ; mais l’évangile nous enseigne à Le connaître de même en grâce, nous donne communion avec Lui comme Sauveur, et forme notre caractère en conséquence.