Prière

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 84]

De toutes manières, persévérez dans la prière pour l’objet que vous mentionnez. Dieu peut trouver bon de vous garder dans l’attente. L’exercice est très sain pour l’âme. Il y a une parole très encourageante en Philippiens 4 : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ». Et alors quoi ? Paul dit-il : « Vous recevrez immédiatement ce que vous demandez » ? Non, mais « la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le christ Jésus ». C’est une parole très précieuse. Elle présente un caractère de la prière si bienheureusement simple. Par elle, nous sommes encouragés à venir à Dieu au sujet de toute chose, quelque petite qu’elle soit, sans soulever de question quant à savoir si nous avons la foi. Nous devons « exposer nos requêtes à Dieu », bien qu’assurément, Il les connaisse à l’avance. Il aime à ce que nous venions à Lui au sujet de toutes nos petites affaires et à ce que nous nous reposions dans l’heureuse assurance qu’Il fera ce qui est juste et nous donnera ce qui est bon. Qu’Il donne ou qu’Il retienne, Sa paix gardera nos cœurs et nos pensées.

Pour ce qui concerne votre difficulté au sujet de la prière, beaucoup sont éprouvés de la même manière. Il se peut que vous demandiez des choses qui ne seraient en réalité pas bonnes pour vous, ou il se peut que le Seigneur trouve bon d’exercer votre cœur en vous gardant dans une attitude d’attente prolongée envers Lui. Nous avons souvent été frappés par l’enseignement de 1 Jean 3, 21 et 22 et des versets 14 et 15. Si nous sommes en communion avec Dieu, nous demanderons ces choses qui Lui plaisent, nous demanderons avec foi, et nous obtiendrons assurément une réponse. Voyez aussi Jean 15, 7 : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait ». C’est très pratique. Que Dieu Lui-même vous l’enseigne.

Il est hélas possible qu’un chrétien ne se trouve pas dans un esprit de prière. Quand tel est le cas, il devrait se juger lui-même et crier à Dieu de l’amener à un bon état d’âme. Il n’y a aucune valeur dans une forme sans puissance, mais Dieu est la source constante de toute puissance et de toute fraîcheur. Et, béni soit Son nom, « Il nous a donné un esprit de puissance, et d’amour, et de conseil ». Par conséquent, quand vous ne vous trouvez pas dans un esprit de prière, n’ayez pas recours à des formes, mais au Dieu vivant.

Notre Seigneur n’interdit pas de fréquentes répétitions, mais de « vaines redites ». Lui-même, béni soit Son nom, dans Son agonie dans le jardin, a prié trois fois pour la même chose. C’est suffisant pour prouver qu’il peut y avoir des répétitions qui sont de fait bien loin d’être « vaines ». Un individu dans l’intimité de son cabinet, ou un certain nombre de chrétiens dans une assemblée publique, peuvent insister et ré-insister avec sérieux, avec ferveur, avec persévérance, et avec importunité, sur un certain sujet qui pèse lourdement sur le cœur, sans être sujets à l’accusation de « vaines redites ».

En Romains 8, 26 et 27, il nous est enseigné que l’Esprit Saint fait des intercessions pour nous. Il est Celui qui est l’auteur de tout vrai et bon désir dans notre cœur. Il nous enseigne à prier le Père au nom de Jésus. C’est seulement par l’Esprit que nous pouvons prier comme il faut. Quant à la question de prier à l’adresse du Saint Esprit, nous ne pensons pas que ce soit intelligent. Il est vrai que le Saint Esprit est Dieu et qu’Il doit être vu dans Sa propre personnalité distincte ; mais cependant, le Nouveau Testament nous enseigne qu’Il prie en nous à l’adresse du Père par le Fils. Une personne priant à l’adresse du Saint Esprit peut difficilement discerner clairement l’habitation en elle de l’Esprit.

En Actes 7, 59, nous voyons Étienne adresser une prière au Seigneur Jésus. Nous ne voyons pas comment quelqu’un pourrait objecter à ce que nous fassions de même. Nous devons prendre garde à ne pas être critiques à l’excès.

Un adorateur intelligent s’adressera toujours à Dieu dans le caractère et par le nom sous lequel il Lui a plu de se révéler. Pour nous, Son nom est « Père ». Il est vrai que Celui qui est notre Père était et est « le Dieu de Jacob », « le Dieu Tout-puissant… l’Éternel », mais pour nous, Il est le Père. Précieux titre ! Que nous vivions toujours dans la lumière de Sa face ! Nous dirions tous volontiers qu’il ne s’agit pas d’une attitude corporelle dans la prière, mais plutôt de l’état du cœur — de la véritable attitude de l’âme. En même temps, nous devons avouer que nous aimons voir les personnes s’agenouiller, quand elles le peuvent. Nous disons : « quand elles le peuvent », parce que dans de nombreux cas, c’est tout à fait impossible, quand les gens sont si serrés qu’il est presque impossible de bouger. Il n’y a pas d’attitude qui exprime si convenablement la prosternation d’une âme, que de s’agenouiller. Cela semble de la paresse et un manque de respect que de voir des gens toujours assis pour prier. Mais nous ne devons pas nous juger les uns les autres à cet égard. Bien des choses doivent être prises en compte. Le Seigneur regarde au cœur. Qu’Il trouve toujours notre cœur dans la bonne attitude devant Lui ! C’est là le point important.