Séparation du monde

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 104]

Le Nouveau Testament enseigne en bien des endroits que le chrétien est mort au monde ; non seulement à certaines choses grossières dans le monde, mais au monde dans tous ses aspects. Qu’est-ce donc qu’un homme mort a affaire avec la politique du monde ? En tant que chrétiens, nous sommes envoyés dans ce monde tout comme Jésus y fut envoyé. Qu’a-t-Il eu affaire avec la politique du monde ? Il paya le tribut ; nous devons faire de même. Il obéit aux pouvoirs qui étaient en place ; nous devons faire de même. Il souffrit de la part des puissances de ce monde, et nous pouvons être appelés à la même chose.

Nous sommes enseignés à prier pour les autorités, et nous avons à le faire tout à fait indépendamment de la nature ou du caractère de ce pouvoir. De fait, quand l’apôtre écrivit ce principe, le sceptre impérial était tenu par un des pires hommes qui aient jamais vécu. Le chrétien est enseigné à être soumis aux autorités qui existent ; il n’est jamais enseigné à détenir cette puissance, tout au contraire. « Notre bourgeoisie est dans les cieux ». Nous sommes seulement pèlerins et étrangers dans le monde. La croix de notre Seigneur a rompu tous les liens entre nous et ce monde. La résurrection nous a introduits dans un monde complètement nouveau. Dans la mort de Christ, nous avons quitté les rivages de l’ancien monde. Dans Sa résurrection, nous avons abordé les rives du nouveau. « Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ». C’est pourquoi « mettez votre affection aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre » (Col. 3). Oh ! que nous puissions connaître la puissance formatrice et sanctifiante de cette précieuse ligne de vérité !

Vous avez raison dans votre jugement concernant Genèse 9, 6. Il demeure non abrogé. La loi ne l’a pas touché ; l’évangile ne le touche pas. Il demeure dans toute sa force solennelle comme un décret du gouvernement de Dieu. Si nous essayons d’y toucher, dans notre sagesse ou notre sensibilité, nous nous faisons simplement plus sages et plus tendres que Dieu. Nous ne devons pas confondre la grâce de l’évangile avec le gouvernement du monde par Dieu. Le christianisme n’interfère pas avec les dispositions de la providence divine. Il enseigne aux chrétiens à agir en grâce envers tous, mais appliquer les principes de l’évangile au gouvernement de ce monde serait jeter toutes choses dans la confusion. De plus, cher ami, qu’avons-nous affaire, en tant que chrétiens, avec l’envoi de pétitions ou de protestations au gouvernement ? Absolument rien. Nous avons à prier pour le gouvernement et à lui obéir ; ou à souffrir, s’il nous appelle à désobéir à Dieu.

Mais interférer avec les décrets du gouvernement, c’est en pratique renier notre bourgeoisie céleste. Et tenter d’entraver le cours de la justice, c’est aller à l’encontre du propre commandement direct de Dieu : « Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ». Où ce commandement a-t-il été abrogé ? Nulle part. C’est pourquoi, que les chrétiens prennent garde à la manière dont ils tentent d’y toucher, sous l’influence de sentiments naturels ou de sentimentalité. Nous n’osons pas ajouter : de principe chrétien, parce que le vrai principe chrétien nous conduira toujours à nous incliner devant l’autorité de la Parole de Dieu, quoique nous ne puissions pas la comprendre exactement ou la concilier avec nos propres sentiments.

Nous considérons que 2 Corinthiens 6, 14 à 18 est une réponse concluante à votre question. Si ce passage ne gouverne pas la conscience de quelqu’un, raisonner est plus qu’inutile.

« Notre bourgeoisie est dans les cieux ». « Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ». Qu’est-ce qu’un homme mort a affaire avec la politique ? Le chrétien est quelqu’un qui est mort en Christ — mort au péché, mort à la loi, mort au monde. C’est pourquoi il n’a, dans l’état où Dieu le voit, pas plus affaire avec ces choses qu’un homme gisant mort sur le sol. Il est vivant en Christ — vivant à Dieu, vivant à tout ce qui est spirituel, céleste, divin. Il est dans la nouvelle création. Sa morale, sa religion, sa politique, sont toutes dans la nouvelle création — toutes célestes, toutes divines. Il en a fini avec le monde, en esprit et en principe. Il est dans le monde, pour y marcher comme pèlerin et étranger. Il y est pour y vivre comme un chrétien, comme un homme spirituel et céleste. Il n’est pas du monde, pour y marcher comme un homme du monde, charnel, naturel. « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création ». Que nous vivions dans la puissance de ces choses.