Tête et Seigneur

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 80]

Il est profondément intéressant et très profitable de remarquer les différentes lignes de vérité présentées dans la Parole de Dieu, et de noter comment toutes ces lignes demeurent inséparablement liées à la personne de notre Seigneur Jésus Christ. Il est le centre divin de toute vérité. C’est en gardant l’œil de la foi fermement fixé sur Lui que chaque vérité trouvera sa juste place dans notre âme et exercera sa juste influence et sa puissance formatrice sur notre course et notre caractère.

Il y a en nous tous une tendance à pencher d’un côté, à prendre quelque vérité particulière et à y insister à un tel point, qu’elle interfère avec l’action salutaire de quelque autre vérité et entrave la croissance de notre âme. C’est par la vérité, et non par quelque vérité, que nous croissons ; c’est par la vérité que nous sommes sanctifiés. Mais si nous ne nous emparons que d’une partie de la vérité ; si notre caractère est modelé et notre chemin formé par quelque vérité particulière, il ne peut y avoir de croissance réelle ni de vraie sanctification. « Désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, afin que vous croissiez par lui » (1 Pier. 2, 2). « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité » (Jean 17, 17). C’est par l’ensemble de la vérité de Dieu, contenue dans les Écritures, que le Saint Esprit forme, modèle et dirige, dans l’Assemblée collectivement, et dans chaque croyant individuellement. Et nous pouvons être bien certains que là où il est indûment insisté sur quelque vérité particulière, ou là où quelque autre vérité est ignorée en pratique, il doit y avoir en conséquence un caractère défectueux et un témoignage inapproprié.

Prenez par exemple les deux grands sujets placés en titre de cet article — « tête et seigneurie ». N’est-il pas important de donner à chacune de ces vérités sa juste place ? Christ n’est-Il pas la Tête de Son corps, l’Assemblée, aussi bien que le Seigneur de chacun des membres individuels ? Et s’il en est ainsi, notre conduite ne devrait-elle pas être dirigée et notre caractère formé par l’application spirituelle de la première aussi bien que de la dernière ? Indiscutablement. Eh bien donc, si nous pensons à Christ comme Tête, cela nous amène à une sphère de vérité très claire et très pratique. Cela n’interférera pas avec la vérité de Sa seigneurie, mais tendra à garder l’âme bien équilibrée, ce qui est si nécessaire dans les jours actuels. Si nous pensons à Christ seulement comme Seigneur de Ses serviteurs individuellement, nous perdrons complètement le sentiment de notre relation les uns avec les autres comme membres de ce seul corps dont Il est la Tête. Nous serons alors entraînés dans une simple indépendance, agissant sans le moindre égard aux membres qui nous entourent. Chacun se tiendra dans sa propre individualité, ne reconnaissant pas, en pratique, un quelconque lien vital avec ses frères.

D’un autre côté, quand la vérité de Christ comme Tête trouve sa vraie place dans nos âmes — quand nous connaissons et croyons qu’« il y a un seul corps » et que nous sommes membres les uns des autres — alors nous reconnaîtrons complètement que chacun de nous, dans son chemin et son service individuels, est responsable envers le « seul Seigneur ». Il en résultera, comme grande conséquence pratique, que notre marche et nos voies affecteront tout membre du corps de Christ sur la terre. « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ». Nous ne pouvons plus nous considérer comme indépendants, des atomes isolés, en voyant que nous sommes incorporés comme membres du « seul corps » par le « seul Esprit », et ainsi liés avec la « seule Tête » dans le ciel.

Cette grande doctrine est clairement et pleinement exposée en Romains 12, 3 à 8 et 1 Corinthiens 12, sur lesquels nous attirons l’attention sérieuse du lecteur. Qu’il se souvienne que cette vérité de Christ comme Tête et de notre qualité de membres, n’est pas seulement une chose passée ; c’est une réalité présente, une grande vérité formatrice qui doit être tenue fermement et réalisée pratiquement chaque jour. « Il y a un seul corps ». Cela demeure vrai aujourd’hui, tout autant que quand l’apôtre inspiré écrivait l’épître aux Éphésiens. De là s’ensuit que chaque croyant individuel exerce une influence, bonne ou mauvaise, sur les autres croyants.

Cela semble-t-il incroyable ? Si c’est le cas, c’est uniquement pour une raison charnelle et à cause d’une incrédulité aveugle. Assurément, nous ne pouvons pas réduire l’Assemblée de Dieu, le corps de Christ, à une question de position géographique. Cette Assemblée, ce corps, est uni par quoi ? La vie ? Non. La foi ? Non. Alors, par quoi ? Par Dieu le Saint Esprit ! Les saints de l’Ancien Testament avaient la vie et la foi, mais qu’auraient-ils pu connaître d’une Tête dans le ciel ou d’un corps sur la terre ? Absolument rien. Si quelqu’un avait parlé à Abraham d’être membre d’un corps, il ne l’aurait pas compris. Comment l’aurait-il pu ? Rien de la sorte n’existait. Il n’y avait pas de Tête dans le ciel, et par conséquent, il ne pouvait pas y avoir de corps sur la terre. Il est vrai que le Fils éternel était dans le ciel comme une personne divine dans la Trinité éternelle, mais Il n’y était pas comme un homme glorifié ou comme la Tête d’un corps.

Même dans les jours de Sa chair, nous L’entendons dire : « À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ». Il n’y avait aucune union, aucune Tête, aucun membre, aucune relation vitale, jusque après Sa mort sur la croix. Ce ne fut pas avant que la rédemption devienne un fait accompli, que le ciel contempla la merveille des merveilles — l’humanité glorifiée sur le trône de Dieu. La contrepartie de ceci fut que Dieu le Saint Esprit habitait dans des hommes sur la terre. Les saints de l’Ancien Testament auraient compris la seigneurie, mais pas la Tête. Cette dernière n’avait pas d’existence, sinon dans le propos éternel de Dieu. Elle n’existait pas de fait, jusqu’à ce que Christ prit Sa place en haut, ayant obtenu une rédemption éternelle.

De là le fait que cette vérité de la Tête est très glorieuse et précieuse. Elle réclame l’attention la plus sérieuse du lecteur chrétien. Nous voudrions le supplier solennellement et sérieusement de ne pas la considérer comme une simple spéculation, comme un sujet sans importance. Qu’il soit assuré que c’est une grande vérité fondamentale, ayant sa source dans un Christ ressuscité dans la gloire ; son fondement dans une rédemption accomplie ; cette terre comme sa sphère de manifestation actuelle ; le Saint Esprit comme sa puissance de développement ; son autorité dans le Nouveau Testament.