Le mot qui forme le titre de cet article se trouve en Éphésiens 5, 33. C’est un mot très important, qui indique ce que nous sommes si enclins à oublier, qu’il y a deux côtés à toute question, et en particulier pour la grande question qui est devant la pensée de l’apôtre dans ce passage. Il parle du sujet du mariage et des devoirs relatifs du mari et de la femme, et il utilise comme une illustration, « le grand mystère de Christ et de l’Assemblée ».
Il y a deux côtés à ce sujet. Il y a un côté céleste, et il y a un côté terrestre. Nous avons besoin des deux. Nous ne pouvons pas nous passer de l’un ou de l’autre, et le Saint Esprit a, dans Sa sagesse infinie, lié les deux ensemble par le petit mot : « Toutefois ». Et ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! C’est une vérité bénie que la relation de l’Assemblée avec Christ est céleste. L’Assemblée est appelée à connaître un Christ céleste, à se réjouir en Lui, à se nourrir de Lui, à marcher avec Lui, à Le suivre et à Lui être conforme.
Tout cela est une vérité vitale et fondamentale, qui ne peut être abandonnée ou perdue de vue un seul instant, sans abandonner, jusqu’à un certain point, le côté céleste du christianisme.
Mais ne sommes-nous pas en danger d’oublier l’application pratique de tout cela dans notre marche actuelle sur la terre, au milieu des dures réalités de la vie présente, jour après jour ? Maris et femmes, parents et enfants, maîtres et serviteurs, ne sont-ils pas des relations terrestres ? Indiscutablement. Il est vrai qu’elles sont formées d’après un modèle céleste, et doivent être vécues selon un modèle céleste, comme aussi elles reposent sur une base céleste. Cependant, ce sont des relations dans la nature, formées sur la terre et qui doivent être réalisées dans la vie quotidienne. Il n’y aura pas de telles relations dans le ciel. Elles n’appartiennent pas à l’état de résurrection. Elles appartiennent à la nature, à la terre, à notre condition temporelle, et nous sommes appelés à y marcher comme des hommes, des femmes et des enfants chrétiens, et à glorifier Dieu par notre esprit, notre tempérament et nos manières, par tout notre comportement dans ces relations, d’heure en heure et de jour en jour.
Ainsi, par exemple, à quoi sert-il à un homme de parler de théories élevées concernant la relation céleste de Christ et de l’Assemblée, tandis qu’il manque chaque jour de sa vie dans sa relation terrestre comme mari ? Sa femme est négligée. Elle est peut-être traitée froidement ou durement. Elle n’est pas nourrie, chérie, soutenue et entretenue selon le modèle céleste de Christ et de Son Assemblée.
Sans doute, la même question précise peut être posée pour ce qui regarde la femme et toutes les autres relations sacrées de notre existence terrestre et naturelle, car « il y a deux côtés à toute question ».
De là la très grande importance du « toutefois » de l’apôtre. Il a une vaste application. Il est très évident que le Saint Esprit anticipait le besoin d’une telle clause pour restreindre, modifier ou réguler quand, ayant parlé sur le côté céleste du sujet du mariage, Il ajoute : « Toutefois, que chacun de vous aussi en particulier aime sa propre femme comme lui-même ; et quant à la femme, qu’elle craigne son mari ».
Lecteur chrétien, souvenons-nous des deux côtés. Pesons profondément le « toutefois » inspiré. Nous pouvons être assurés qu’il est bien nécessaire. Il y a le plus urgent besoin de l’application pratique de la vérité divine et céleste à nos relations naturelles et à nos voies terrestres. Nous avons à nous souvenir que Dieu reconnaît la nature, sinon, pourquoi aurions-nous le mariage ? La chair n’est pas reconnue, mais la nature l’est, et elle est même admise comme enseignant (voyez 1 Cor. 11, 14). Nous ne sommes pas encore effectivement dans le ciel. Nous y sommes, grâces à Dieu, quant à notre position, là en esprit, là en principe, là par la foi. Notre vie, notre portion, notre espérance, notre demeure est là, parce que Christ y est.
Mais nous sommes ici sur cette terre, appelés à représenter Christ dans ce monde comme Lui nous représente dans le ciel. Dieu nous voit comme des hommes, des femmes et des enfants, appelés à fouler le sable du désert et à faire face aux réalités positives de la vie quotidienne. La vie est une réalité, une vraie réalité authentique et concrète. Et notre Dieu a pourvu pour nous à cet égard, par le ministère sacerdotal de Christ en haut et par le ministère du Saint Esprit et l’enseignement de l’Écriture sainte ici-bas. Nous devons posséder ce qui est réel, pour répondre à ce qui est réel. Nous ne sommes pas appelés, grâces à Dieu, à être occupés de notions visionnaires, de théories creuses, d’une sentimentalité sans puissance, ni même d’un seul côté de la vérité. Non ; nous sommes appelés à être des hommes, des femmes et des enfants chrétiens vrais, sincères, sains et pratiques. Nous sommes appelés à manifester, dans notre histoire quotidienne ici sur cette terre, les résultats pratiques de ce que nous connaissons et dont nous jouissons par la foi dans le ciel. En un mot, nous ne devons jamais oublier que quand les vérités les plus élevées ont été dévoilées devant nous, il y a une application salutaire et sainte de ces vérités, indiquée par le « toutefois » inspiré.