« Un gain pour moi »

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 82]

« Mais les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à cause du Christ, comme une perte » (Phil. 3, 7). Quel changement merveilleux ! Saul avait eu de nombreuses sources de gain. Il avait accumulé bien des honneurs sur son nom. Il avait fait des progrès dans le judaïsme au-delà de beaucoup de ses semblables. Il avait atteint une justice légale dans laquelle nul ne pouvait trouver de défaut. Son zèle, sa connaissance et sa moralité étaient de l’ordre le plus élevé. Mais du moment que Christ lui fut révélé, il y eut une révolution complète. Tout fut changé. Sa justice, son savoir, sa moralité, tout ce qui pouvait en quelque manière être un gain pour Paul, devint comme des ordures. Il ne parle pas de péchés flagrants, mais de ces choses qui pouvaient à juste titre être estimées pour lui un gain. La révélation de la gloire de Christ avait modifié si complètement tout le courant des pensées de Paul, que les choses mêmes qu’il avait autrefois estimées comme un gain positif, il les regardait maintenant comme une perte positive.

Pourquoi ? Simplement parce qu’il avait trouvé son tout en Christ. Ce Bien-aimé avait tout supplanté, dans le cœur de Paul. Tout ce qui appartenait à Paul était remplacé par Christ. C’est pourquoi posséder en lui-même quelque justice ou sagesse, quelque sainteté ou moralité, aurait impliqué une perte réelle, en voyant qu’il avait trouvé toutes ces choses en perfection divine en Christ.

Si Christ m’est fait de la part de Dieu justice, n’est-ce pas pour moi une perte d’avoir quelque justice par moi-même ? Assurément. Si j’ai obtenu ce qui est divin, ai-je un besoin quelconque de ce qui est humain ? Clairement, non. Plus je suis complètement dépouillé et vidé de tout ce en quoi « je » pouvais me glorifier ou qui aurait été un gain pour « moi », mieux cela vaut, dans la mesure où cela me rend seulement davantage plus éligible à un Christ complet et pleinement suffisant. Quoi que ce soit qui tende à exalter le moi, que ce soit la religion, la moralité, la respectabilité, la richesse, la gloire, la beauté personnelle, l’intelligence ou la philanthropie, c’est une entrave positive à notre jouissance de Christ, à la fois comme fondement de la conscience, et comme objet du cœur. Que l’Esprit de Dieu nous rende Christ toujours plus précieux !