Une devise pour la nouvelle année

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 77]

Cher lecteur, nous désirons que vous acceptiez une petite devise pour l’année dans laquelle vous venez d’entrer. Nous pensons que vous trouverez que c’est une devise précieuse pour chaque année pendant laquelle votre Seigneur trouve bon de vous laisser sur cette terre. Elle consiste en deux courts passages du Livre divin, de toute importance. Vous les trouverez au psaume 119. Le premier est celui-ci : « Éternel ! ta parole est établie à toujours dans les cieux » (v. 89). Le second est : « J’ai caché ta parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi » (v. 11).

Ce sont des phrases en or pour le moment actuel. Elles présentent la véritable place de la Parole — « établie dans les cieux » et « cachée dans le cœur ». Et ce n’est pas tout ; elles relient aussi le cœur au trône même de Dieu par le moyen de Sa propre Parole, donnant ainsi au chrétien toute la stabilité et toute la sécurité morale que la Parole divine est capable d’accorder.

Nous n’oublions pas que pour entrer dans la puissance et la valeur de ces paroles, il faut la foi opérée dans l’âme par le Saint Esprit. Nous devons nous en souvenir. Mais notre sujet actuel n’est pas la foi, ni l’œuvre précieuse de l’Esprit de Dieu, mais simplement la Parole de Dieu dans sa stabilité éternelle et sa sainte autorité. Nous estimons que c’est une grâce et un privilège indicibles, au milieu de tous les conflits et la confusion, des discussions et des controverses, des opinions et des dogmes opposés des hommes, des sables toujours mouvants des pensées et des sentiments humains, d’avoir quelque chose d’« établi ». C’est un doux soulagement et un repos pour le cœur, qui a peut-être été ballotté pendant bien des années sur la mer agitée de l’opinion humaine, de trouver qu’il y a, en dépit de tout, ce sur quoi on peut s’appuyer avec toute la calme confiance de la foi, et en quoi on peut trouver la stabilité divine et éternelle.

Quelle grâce, en face de l’agitation et de l’incertitude du moment présent, de pouvoir dire : « J’ai obtenu quelque chose d’établi à toujours et dans les cieux » ! Quel effet, pouvons-nous demander, peuvent avoir les raisonnements téméraires et insolents de l’infidélité ou les divagations maladives de la superstition, sur l’âme qui peut dire : « Mon cœur est relié au trône de Dieu par le moyen de cette Parole qui est établie à toujours dans les cieux » ? Absolument aucun. L’infidélité et la superstition, les deux grands agents de l’enfer au jour où nous vivons, ne peuvent affecter que ceux qui n’ont en réalité rien d’établi, rien de fixé, aucun lien avec le trône et le cœur de Dieu. Les hésitants et les indécis — ceux qui demeurent indécis entre deux opinions, qui considèrent ce chemin-ci et celui-là, qui se laissent flotter, qui n’ont ni ciel, ni ancrage — sont en danger imminent de tomber au pouvoir de l’infidélité et de la superstition.

Nous attirons l’attention spéciale du jeune lecteur sur tout ceci. Nous voudrions faire résonner une note d’avertissement à leurs oreilles. Le temps actuel est un moment d’une profonde solennité. L’ennemi par excellence met en avant tous ses efforts pour saper les fondements mêmes du christianisme. Dans toutes les directions, l’autorité divine et la toute-suffisance des saintes Écritures sont remises en question. Le rationalisme gagne du terrain dans une mesure effrayante dans les sièges de la connaissance, et pollue les sources d’où se répandent sur le pays les flots de pensées et de sentiments religieux. La vérité est mise de côté, même parmi ceux qui devraient en être les gardiens. Nous pouvons de nos jours contempler le spectacle étrange de docteurs professant être chrétiens, prenant part à des réunions où président des infidèles déclarés. Malheureusement, des hommes qui sont eux-mêmes des infidèles déclarés peuvent devenir pasteurs et docteurs, dans ce qui s’appelle elle-même l’Église de Dieu.

En face de tout cela, combien est précieuse et importante notre devise : « Éternel ! ta parole est établie à toujours dans les cieux » ! Rien ne peut y porter atteinte. Elle est au-dessus et au-delà de la portée de toutes les puissances de la terre et de l’enfer, des hommes et des démons. « La parole de notre Dieu demeure à toujours ». Le Seigneur soit loué pour cette douce et ferme consolation !

Mais souvenons-nous de la contrepartie : « J’ai caché ta parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi ». Là gît la grande sauvegarde morale pour l’âme dans ce jour sombre et mauvais. Avoir la Parole de Dieu cachée dans le cœur est le secret divin pour être préservé de tous les pièges de l’ennemi et de toutes les mauvaises influences qui sont à l’œuvre autour de nous. Satan et ses agents ne peuvent absolument rien faire contre une âme qui s’en tient respectueusement à l’Écriture. Celui qui a appris, à l’école de Christ, la force et la signification de cette expression qui commande tout : « Il est écrit », est à l’abri de tous les dards enflammés du méchant.

Cher lecteur, nous vous supplions sérieusement de peser ces choses. Souvenez-vous que le point primordial, pour le peuple de Dieu dans tous les temps, est l’obéissance. Il ne s’agit pas de puissance ou de don ou de manifestation extérieure ou de nombre ; il s’agit simplement d’obéissance. « Obéir est meilleur que sacrifice ». Obéir à quoi ? À l’Église ? Non ! L’Église est une ruine sans espoir et ne peut donc être une autorité. Obéir à quoi ? À la Parole du Seigneur ! Quel repos pour le cœur ! Quelle autorité pour le chemin ! Quelle stabilité pour toute la carrière pratique ! Il n’y a rien de semblable. Elle tranquillise l’esprit d’une manière merveilleuse et accorde une sainte conséquence au caractère. C’est une réponse divine à ceux qui parlent de puissance, se vantent du nombre, se réfèrent à l’apparence extérieure et professent le respect pour ce qui est ancien. De plus, c’est l’antidote divin à l’esprit d’indépendance, si courant de nos jours, et aux orgueilleuses élévations de la volonté de l’homme et à l’affirmation hardie de ses droits. La pensée humaine est ballottée comme une balle entre la superstition et l’infidélité, et ne peut trouver aucun repos. Elle est comme un navire sans boussole, sans gouvernail ni ancre, porté çà et là.

Grâces soient rendues à Dieu pour tous ceux à qui le Saint Esprit a appliqué nos devises.